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Power Mélodique Sonata Arctica The Days of Grays
CD paru le 18 Septembre 2009 - Nuclear Blast
Sonata Arctica : The Days of Grays, chronique, tracklist, mp3, paroles

NOTE : 18/20
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Tracklist
1. Everything Fades to Gray
2. Deathaura
3. The Last Amazing Grays
4. Flag in the Ground
5. Breathing
6. Zeroes
7. The Dead Skin
8. Juliet
9. No Dream Can Heal a Broken Heart
10. As If the World Wasn't Ending
11. The Truth Is Out There
12. Everything Fades to Gray (Full Version)

Bonustrack (Digipak edition)
13. In the Dark

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6,38 €
Chronique
19 / 20
    metalpsychokiller, le Vendredi 11 Septembre 2009 parlez-en à vos amis  
A l’instar des Edguy, Nightwish, Pagan’s Mind et encore quelques autres faisant partie de la poignée d’élus appelés à devenir les Motorhead, Saxon, Judas Priest, ou Iron Maiden de demain ; Sonata Arctica est une entité à part entière du cercle des élus qui marqueront toute une –voir plusieurs – générations de métaleux. Autant dire que s’il en est des albums que tout un chacun attend plus ou moins impatiemment, ce sixième opus des finlandais du Frontman Tony Kakko était encore plus épié que le lait sur le feu. Car le précédent « Unia » de 2007 avait déboussolé plus d’un fan de la première heure et s’étant inclinés irrémédiablement conquis devant la magnificence sublime des quatre bijoux initiaux « Ecliptica », « Silence », « Winterheart’s Guild » et « Reckoning Night ». Tous ces adorateurs là du Power mélodique scandinave, qui s’étaient déchirées les cordes vocales en s’égosillant à reprendre le Victoria’s Secret du divin live « For the Sake of Revenge » s’étaient retrouvés surpris et démunis devant la complexité, la technicité et l’apathie apparente de l’album précité. A l’image de la femme du boulanger, certains ont pensé qu’on leur avait « volé » leur Sonata ; d’autres ont pensé que Maitre Tony évoluait musicalement, et les derniers tout simplement que la boucle était bouclée où que l’inspiration s’essoufflait…


Et tous ceux-ci se sont trompés malgré leur bonne foi, contrairement aux mauvais coucheurs qui enterraient déjà le combo juste par perfidie ou jalousie. Car autant le dire d’emblée et ne pas vous faire languir, ce « Days Of Grays » est une pure réussite et à coup sur une des trois meilleures sorties de cet an de grâce 2009. Dès l’instrumental de rigueur en ouverture, le saisissement est total. Ici il ne s’agit pas d’introduire l’album en claquant deux lignes organiques ambiantes et plus ou moins évanescentes ou un tant soi peu mystérieuses ; mais d’entrée de nous sidérer par un véritable titre structuré d’esthétisme mélancolique teinté symphonique et Pagan. Froide et nostalgique, cette véritable rampe de lancement s’achèvera par l’intro et la mise à feu d’un « Deathaura » somptueux, grandiloquent, surpuissant et ciselé.
Dès cette seconde plage, les aficionados du Sonata originel seront rassurés et subjugués. Tous les ingrédients ayant fait les caractéristiques et la renommée du groupe y seront en effet repris, dans une fusion power sympho d’exception. Loin d’un coup d’épée dans l’eau ou d’un hommage à la genèse du band de Kemi, «The Last Amazing Grays » aux gros riffs saignants le heavy metal en intro, sera le satellite rageur et découlant du titre précédent Petite cerise sur le gâteau – une fois n’est pas coutume-, la présence d’une « female voice » pour renforcer le concept musical et non attirer l’œil vers les wonderbras…


Une des constantes de la tracklist délivrée – enfin plutôt assénée- sera d’ailleurs cette propension retrouvée à nous surprendre et charmer par toutes sortes de subtilités ou originalités continuelles : quid de la multiplicité des chœurs, quid d’une voix nasillarde ou gutturale sur un « The Dead Skin », quid d’une intro piano/chant sur « Breathing »… La liste vous serait vite ennuyeuse et en aucun cas exhaustive, car après quatre semaines d’écoutes intensives pour ne pas pondre de review « à chaud », les richesses des compos continuent encore à se dévoiler… Et ce quand bien même le remplacement du guitariste Jani Liimatainen par Elias Viljanen n’engendre que peu de différences notoires aux niveaux des jeux des six cordes.


Car le « Dieu Tony » est le seul maitre à bord, la véritable locomotive d’un combo ou il règne de manière incontestée et incontestable tant son empreinte vocale éclabousse la musicalité de Sonata Arctica de son talent. Pas question donc pour le nouveau venu -et Shredder de talent-, E Vil, de se lâcher sur les plages délivrées ; la priorité restant le but à atteindre, à savoir la finalité du concept musical dévolue par le Boss. Celle-ci se veut donc un retour originel au Power mélodique d’excellence menant un train d’enfer et dont les wagons se nomment grosses guitares riffants l’acier liquide en fusion, lignes organiques d’exception, mélodies ciselées accrocheuses, refrains entêtants, parements symphoniques et multiplicités des chœurs. Les rails de la maturité ont lancé le convoi à pleine vitesse, rien ne peut l’arrêter ou le freiner, et le seul obstacle sur les voies, un certain écueil dénommé Unia, a été renvoyé aux oubliettes…


Pas un temps mort, pas une faute de gout ou de casting dans sa tracklist; « The Days of Grays » n’est que du bonheur de bout en bout. Et exceptionnellement, votre jeune chroniqueur amateur (et fan, faute avouée !!!) va se livrer à un succinct titre par titre. Un « Flag In The Ground » dans la même veine que le « Victoria’s Secret » précédemment cité, un « Breathing » au solo de gratte aérien, ou encore un « Zeroes » énorme et ponctuant la mi galette. Ce dernier morceau tiendra paradoxalement du véritable clin d’œil aux « Superheroes » des Edguy mais nanti de lignes organiques débridées et s’envolant somptueusement sur le break avant un retour au thème rageur. Tony Kakko, survitaminé et empli de testostérones nous y jette à la face sa pleine forme rayonnante… Tout comme sur un « The Dead Skin » tout simplement d’anthologie et dont le pont risque de briser toutes vos vitres si vous poussez le son. Malgré un retour en douceur, le Frontman ne pourra cependant pas s’empêcher de relancer la sauce. Taillé sur mesure pour le live, cette plage bien nommée s’avèrera une nouvelle tuerie en concert à n’en pas douter.
.


Pour terminer ce survol, « As If The World wasn’t Ending » ressemblera quand mème assez au “Shamandalie” du “Reckoning Night. « No dream Can Heal A Broken Heart » aux consonances folk et gaéliques par les lignes vocales se voudra très rafraichissants si l’on peut le décrire ainsi; quand à l’inverse « The truth is out There », véritable brulot incisif dans la saignée du Blind guardian, verra les vocalises de Tony flirtées avec celles d’Hansi Kursch. Enfin, le « Everything Fades To Gray » instrumental qui vous avait fait vaciller initialement, vous sera offert en « Full Version » pour vous faire comprendre que le Show est bien terminé. Car comme au spectacle, quand celui-ci est bon, personne n’a envie de partir et tout le monde en redemande et veut encore…


La conclusion s’imposera d’elle-même… Que les fans de Sonata Arctica se rassurent, après une parenthèse appelée « Unia » en ayant plongé une bonne partie dans l’incrédulité, la bande à Tony est de retour. « The Days of Grays » sera pour beaucoup d’entre nous le meilleur album proposé à ce jour par les finlandais, et d'ores et déjà pour moi l’album de l’année 2009, incontestablement.

19/20 MetalPsychoKiller


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Chronique
19 / 20
    Eternalis, le Vendredi 25 Septembre 2009 parlez-en à vos amis  
Remember…
Remember the past…
Le mont Olympe approche. Ce n’est plus qu’une question de temps, il est en vue. Chacun sait qu’ils peuvent le faire, ils y sont déjà plus ou moins. Ils sont déjà adulés des nymphes et de sujets littéralement à leurs pieds. Les grands maitres fondateurs Stratovariens ne sont plus que poussières et souvenirs, et ne semblent pas en mesure de revenir dans la course effrénée et malsaine de la popularité.
La gloire éternelle approche. L’affront de la création. Cette innocence, voir même insolence dans la maitrise de leur art malgré leur âge encore relativement faible ne pouvait qu’affirmer une soif de désir et une envie de conquête. Les deux premières armes furent si éclatantes et pures, sous les douces appellations d’"Ecliptica" et de "Silence", que personnes n’en revint. Cette fluidité caractéristique des pays du froid, de la Finlande particulièrement, cette aisance dans l’art du riff meurtrier et de la mélodie divinement belle, cette simplicité farouche à jeter en pâturage au public des refrains qu’ils s’époumoneront à apprendre puis répéter.

Mais là où ces aveugles pâturages trouvèrent autant de génie dans les salves suivantes, quelques spécialistes avisés prirent peur. Pourtant, "Victoria’s Secret" ne fut-elle pas nommé par certains acharnés comme la meilleure composition de ses habitants du froid ?

Il ne restait alors plus qu’un pas, un seul, et le fauteuil de leader serait à eux, pour toujours sans doute. Définitivement. Mais un certain Tony Kakko, fondateur émérite, eut un jour, envie de rêver. Il voulu penser, oser, choquer, comme las de travestir son for intérieur.
"Unia" (rêves en finnois) vit alors le jour, et la réaction fut aussi immédiate que prévisible.
L’Olympe s’éloigna, inéluctablement. Le risque, le rêve de Tony ne fut pas compris, même Jani, vaillant guitariste, délaisse le groupe. Cette complexité créative, cette approche progressive et en constant mouvement, cette richesse sonore quasi jouissive, cette prépondérance pianistique absolument sublime, cette beauté pure, enfin, et non lisse et insipide, déçu le plus grand nombre, au grands dam de quelques ardents défenseurs.

A l’orée d’une nouvelle création, aidé par un nouveau virtuose nommé Elias Viljanen (effectuant son premier passage en studio), Sonata Arctica allait-il tenter un nouveau coup d’Etat afin de reprendre son règne ? ou au contraire continuer à rêver, toujours et encore plus profondément dans les tréfonds visiblement de plus en plus tourmentés de son principal compositeur et vocaliste ?

Les masses ne seront une nouvelle fois pas assouvis, et c’est tant mieux. En préférant la musicalité à la simplicité, Sonata gagne des jalons de musiciens, et non plus de simples interprétes, aussi bonne copie soit-elle de Stratovarius.
Car "The Days of Grays" va encore plus loin que son prédécesseur, plus progressif, plus torturé, plus original, probablement plus cohérent également, il s’écarte définitivement du chemin tout tracé que bons nombres avaient gravés pour eux. Si le retour au speed fut envisagé, il n’en fut rien.

Présenté dans un coffret digipack véritablement somptueux, le livret offre la couleur. Mélancolique. Froid. Mais bariolé, un peu fugace, probablement empreint de folie.
"Everything Fades to Grays" débute le périple. Une tension grimpe, déjà, paroxysmique ? Non, une mélodie de piano prend rapidement le relais, emplie de mélancolie et de beauté, en évitant avec un talent sidérant la niaiserie caractéristique de l’exercice. L’orchestre, réel ici, est néanmoins présent, en trame de fond. "Deathaura" laisse perdurer la mélodie, puis écrase le tout par un riff sombre et presque extrême, les cuivres emplissent l’espace sonore…puis, une légère brise féminine, le Silence, le minimalisme, la pureté. Tony débute mais le rythme s’emballe, les orchestrations prennent de l’espace, la double pédale également, mais les cassures rythmiques se succèdent, apportant théâtralité et richesse à cette longue composition d’ouverture (onze minutes les deux bout à bout). On remarque une ligne vocale directrice, mais une multitude de chœurs, mis en valeur par une production très sombre et ample.

Ne pas évoquer la comparaison de forme avec "The Poet and The Pendulum" serait impossible, tant cela semble évident, mais Sonata va bien plus loin, explorant mille et une facette de son étrange et désormais unique personnalité.
Laissant libre cours au talent inouï d’Henrik Klingenberg, les finlandais ne se fixent aucune limite. Éclaboussant de sa maitrise l’art de cette cuvée 2009, on citera la ligne mélodique magnifique de "Breathing", sincère et poignante, minimaliste, au riff se distillant dans le temps, et au chanteur unique, évoquant un vide immense, non pas créatif, mais émotionnel, comme s’il représentait cette sensation si complexe de vide intérieur, de mélancolie exacerbée. Mais à son parfait contraire, on trouvera la folie, voir la schizophrénie d’un génial "Zeroes". Débutant sur un chant en retrait étrangement malsain, les chœurs qui prennent le pas semblent presque désabusés, tandis que le refrain semble renvoyer au "Superheroes" de Edguy par le texte. Puis il y aura ce solo, amené par une batterie terriblement bien mixée et des hurlements quasi brutaux de Tony, qu’il maitrise de mieux en mieux. Débridé, complètement barré, hésitera t-ont à dire expérimental ? Henrik y dévoile une force quasi indescriptible. Magique.

D’une variété incroyable, mais en gardant une impressionnante cohésion, "The Dead Skin" marquera par son approche radicalement différente tout au long de sa progression. D’une introduction mélodieuse, la démence, les effets de distance dans le chant, tout amène à une longue descente aux enfers émotionnelle, qui trouvera comme égale son point culminant en la présence d’un break dantesque. Le chant de Tony atteint ses différents paroxysmes, beau, cynique et surtout des cris de plus en plus présents, très extrêmes dans leur fonds et leurs sens.

"The Last Amazing Grays", à l’instar de "No Dream Can Heal a Broken Heart", continuera d’apporter une profonde mélancolie à l’œuvre, par le biais de mélodie centrale au piano remplaçant les riffs en eux même. The Last Amazing Grays, magnifique, évoque un "Paid In Full" ou "For the Sake of Revenge" plus symphonique et mature, mené à la baguette par un Tony ayant presque tout créé ici. L’influence de Nightwish se ferait presque insistante, notamment dans la présence de cuivres, même si la profondeur d’interprétation laisse pantois (les chœurs suivant le refrain sont d’une beauté indéfinissable).
En fin de compte, le single imposé par Nuclear Blast, "Flag in the Ground", pourrait presque (presque) ne pas être à sa place s’il avait été speed. Puisqu’il n’en ait rien, se parant de quelques coups de double pédale mais en mettant en avant une nouvelle fois les vocaux de Tony (ce pont est magistral) et un aspect celtique jusque là totalement nouveau de l’univers du groupe.

Ayant su composer des compositions dotées d’une âme, ne pas toutes les décrire en devient frustrant, tant "The Truth is Out Here" est également nouveau pour un groupe aujourd’hui complètement personnel, en dehors de toute scène et de toute concurrence, libre de son talent et de ses actes. Se rapprochant presque de l’univers onirique d’Ayreon, cette composition très complexe dans les placements vocaux et les nombreuses pistes (de la plus mélodique au hurlement primaire), trouve sa plénitude sur un solo de Henrik renversant, unique, se rapprochant d’une sonorité d’un saxophone, jazz apportant un spleen encore plus grand et déchirant, prenant aux tripes comme jamais le groupe ne l’avait fait. Même "In The Dark", pourtant uniquement bonus track, se transforme en un bijou d’interprétation que l’on rapprochera des grands crooners.

Que tirer de tout ça ? Oui, The Days of Grays n’est clairement pas une œuvre réalisée pour les foules, non, elle est bien plus que ça. Alliance subtile, alchimie vaporeuse de mélancolie, de beauté et d’agressivité émotionnelle. La féérie de Unia est encore plus ou moins présente mais, d’une manière similaire à "My Dream's But a Drop of Fuel for a Nightmare", se broie à une atmosphère malsaine. C’est cet aspect si dérangeant, d’une féérie finalement annihilée par la maturité de ses compositeurs, qui offre toute la richesse et l’intérêt d’un chef d’œuvre créer par des cœurs sincères et intègres.
Sonata Artica continu sa lente mutation, son évolution naturelle vers plus d’originalité, prouvant au passage que le métal mélodique peut encore offrir de bien belles sensations à qui veut bien les entendre. Et nous leur en remercions sincèrement. C’est donc bien bas que je me saluerais, étourdis devant tant de talent.




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Chronique
15 / 20
    Ebrithil, le Lundi 14 Septembre 2009 parlez-en à vos amis  
The Days of Grays n'est disponible à l'écoute que depuis quelques jours, et déjà les avis pleuvent, pour la plupart unanimes : cet album est un chef d'œuvre, une tuerie, le vrai Sonata est de retour, hallelujah, loués soient les dieux.

Pourtant, après moult écoutes attentives de cette galette arrivée chez mon disquaire avec une courte avance (la magie de la pré-commande, apparemment), je reste à la fois perplexe et déçu. Car j'attendais vraiment trouver en Days of Grays la tuerie annoncée, l'album qui après Unia confirmerait le génie de Sonata Arctica.

Hors, si The Days of Grays est véritablement une perle de composition, le tout ne me convainc pas à 100%. Preuves à l'appui.

On connaissait déjà les 2 singles : Flag in the Ground toujours aussi efficace et indéniablement très bon, sorte de croisement entre Ecliptica et Unia, et The Last Amazing Grays, ici servi dans une version agrémentée d'une intro encore inconnue, et qui rappelle les meilleurs moments d'Unia couplés au sens de la mélodie et du refrain de Silence (un petit côté Sing in Silence sur ce titre mélancolique). Restait à espérer que les autres titres soient aussi bons.

Et après une intro magnifique rappelant dans sa beauté le superbe Reckoning Day, Reckoning Night, Sonata nous balance en pleine tronche le titre le plus époustouflant qu'il ait jamais composé. Comprenez-moi bien : Wolf & Raven est sûrement plus adapté pour qui veut headbanguer, et Letter to Dana certainement plus belle. Mais nous parlons ici d'Art, au delà de toute efficacité. Et Deathaura est un pur concentré d'Art en 8 minutes : orchestrations à la Nightwish, riffs heavy, accélérations imparables, changements de rythmes ; tout y est parfait et nous place dans de très bonnes conditions pour aborder la suite.

Hélas, hélas, tout n'est pas aussi réussi que ce coup de maître. Que ceux qui espéraient le retour en force du speed mélodique retournent à Gamma Ray et Helloween, car Sonata Arctica est loin d'y être revenu, Flag in the Ground étant le seul titre rapide et direct du CD. Mais le problème n'est pas là...
Sonata avait, sur la première partie de Unia, réussi à coupler une efficacité relative et une recherche musicale omniprésentes sans sacrifier à l'intérêt et sans tomber dans le cliché du morceau complexe, mais chiant.
Hélas, la deuxième partie d'Unia comptait quelques titres où les trouvailles innovantes restaient gâchées par le fait que les morceaux étaient tout de même... rébarbatifs.

Or, manque de pot, The Days of Grays a précisément le même défaut. L'enchaînement No Dream Can Heal A Broken Heart et As If the World Wasnt Ending m'a fait consulter ma montre tant ces 2 ballades, malgré les beaux arrangements en toile de fond, ne dégagent pas grand chose d'accrocheur, et ce en dépit de l'apparition assez plaisante dune femme sur la première et une ligne mélodique plutôt belle sur la deuxième. Pris séparément, ces titres sont plaisants, mais l'un derrière l'autre, le tout est indigeste... Pire, The Dead Skin est certainement le plus mauvais titre composé par Sonata (après que le meilleur ait ouvert l'album...); joyeux bordel épuisant de bout en bout, où même Tony Kakko se perd dans son chant, au break inintéressant : 6 minutes à oublier. Enfin, The Truth is Out There est désespérément plat. Seul un solo de saxophone (certainement fait à partir d'un clavier) vient relever le titre, qui s'embourbe dans un mid-tempo interminable... avant qu'une version avec paroles de l'intro Everything Fades To Gray ne vienne clore l'album sur une note plus réussie.

Bon, évidemment, je commence par le mauvais côté. Car des bons côtés, The Days of Grays en a. Premièrement, la maturité est désormais bel et bien là. Chaque titre, même ceux cités précédemment comme moins bons sont cohérents de bout en bout, les idées s'assemblant fort bien entre elles. Et ce pour des résultats parfois très réussis : Breathing par exemple, avec son solo de guitare tout en feeling, ou encore le poignant Juliet qui aurait encore gagné à être davantage dépouillé (les guitares grasses balancent sur tous les morceaux des riffs heavy qui n'apportent pas toujours quelque chose aux compos...). Zeroes est également une belle surprise, dans un style fort différent. Comme quoi l'expérimentation peut donner de bons résultats !

Bref, que retirer de l'analyse de ce Days Of Grays soufflant le chaud et (un peu trop) le froid ?
Hé bien, qu'une bonne partie de l'album tout de même vaut clairement l'écoute, mais que jamais aucun titre (sauf Deathaura) ne flirtera avec la magnificence de titres comme It Wont Fade ou Caleb... le niveau est très élevé, mais Sonata semble presque se perdre dans son talent, semble presque incapable de trier ses idées afin de rendre le tout peut-être plus clair, plus cohérent, ou plus digeste. Certains me diront que rendre le tout digeste enlèverait justement l'intérêt de cette recherche en rendant le tout trop simple, mais j'estime qu'il y a une différence entre intégrer des nouveautés à sa musique, et être incapable d'organiser ces nouveautés.

Sonata Arctica a définitivement trouvé sa voie : la recherche musicale, l'Art poussé à son paroxysme. L'Art avec ses approximations, ses hésitations, ses erreurs, ses imperfections ; peut-être réussiront-ils un jour à synthétiser leur talent indéniable en un album parfait de bout en bout. Ils en sont capables. Reste à concrétiser.

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17 / 20
    AmonAbbath, le Lundi 14 Septembre 2009 parlez-en à vos amis  
Unia... Le sujet qui fâche les fans de la première heure... Les fans de simplicité et des refrains joyeux et très positifs en somme. Toujours est-il que ce dernier est musicalement très varié et reste puissant (In Black And White, The Harvest, It Won't Fade, j'en passe) ce qui lui confère une somme de qualités indéniables. Après, toutes les attentes n'ont peut-être pas été satisfaites, mais les musiciens ont sorti le brûlot qui leur convenait, très travaillé, et je ne suis pas de ceux qui les en blâmerai. Ce n’est pas le tout, mais il faut dire que les Sonata ont tout de même une réputation à tenir, un nom à porter, et une marque de fabrique qui va avec. Alors, questionnement, comment allier les mélodies mémorisables et entraînantes des débuts avec ce côté sombre, mélancolique et diversifié amorcé avec Reckoning Night et sublimé avec Unia? The Days of Grays était la réponse.

Les deux singles, sortis de leur contexte, avaient de quoi faire peur. En effet, The Last Amazing Grays lorgne insolemment du côté de Nightwish, pendant que Flag In The Ground fait figure de retour aux sources (rassurant au passage les fans perdus dans l’ombre Unia) avec son refrain typé « bon vieux temps ». Pourtant, ils semblent prendre un tout autre sens considérés avec l’ensemble du tracklist.

Après une intro très mélancolique (Everything Fades To Gray), qui pose l’atmosphère du groupe sans faillir, la bande à Kakko n’hésite pas à débuter avec le plus long morceau de la galette (plus ou moins huit minutes), Deathaura, varié, très symphonique, avec une jolie voix féminine qui se permet de voler par moments la vedette à Tony (c’est d’ailleurs elle qui s’offre les premières lignes de chant du disque). À croire qu’ils tiennent à faire savoir qu’ils n’ont pas envie de faire plaisir à la majorité et qu’ils sont là pour asséner un power metal peut-être légèrement plus direct que celui d’Unia, mais toujours loin d’un retour aux sources. Ajoutons que Kakko est très en voix, il connaît parfaitement ses capacités et se montre un peu plus mordant que par le passé. Les choeurs sont toujours présents, moins grandiloquents, mais restent agréables et parviennent à transporter l’auditeur.

Les fameux singles viendront calmer quelque peu le jeu et rassurer ceux qui s’accrochent encore, emplis de sanglots et larmoyants (comment ça j’en fais trop?), à ce pauvre vieil Ecliptica. Du piano, de la symphonie, un refrain mélancolique mais emporté qui reste en tête, un break plus metal, The Last Amazing Grays sera certainement, non pas chanté, mais scandé en live par une foule en délire. La mélodie de Flag In The Ground nous ramène, elle, véritablement aux débuts, mais le morceau n’est pas très représentatif de l’album. Ceux qui, comme moi, ne s’intéressent que peu aux refrains joyeux, risquent de se sentir décontenancés au premier abord, mais finiront, pour la plupart, par accepter ce titre. Les autres devraient se sentir en terrain connu et encaisseront avec le sourire.

J’avais peur... Peur qu’ils sous aient servi en tant que singles le meilleur du panier. Mais non, c’est juste le plus accessible. Tout en écoutant le disque, j’en viens à ne plus savoir quoi vous décrire... Dois-je parler des superbes couplets de Zeroes, son refrain composé de mains (et d’esprits) de maîtres et son solo, non pas technique, mais simplement beau, ou bien devrais-je plutôt m’étendre sur The Dead Skin, sur laquelle Tony Kakko se lâche véritablement lors du pont, assénant, tour à tour, cris très « power », et voix calme habituelle. Subjugué je suis, point. Et je n’ai même pas parlé du passage basse/batterie et de la gratte par moments très agressive. Juliet suit la même veine, et offre également son lot de trouvailles et de mélodies.

Si cette fois, ceux qui ont buté sur Unia s’y retrouvent, c’est que la claque de ce dernier fut bien méchante, parce qu’à part un (léger) regain de rapidité, tout ce qui fut décrié il y a un peu moins de deux ans est présent! Passages progressifs, choeurs, instrumentations et orchestrations, et surtout exit les refrains speed et enjoués. Ce sont plutôt eux qui ont été jetés aux oubliettes (mis à part sur Flag In The Ground), et non pas l’album précédent!

Des deux ballades, une seule attirera mon attention, il s’agit de As If The World Wasn't Ending. Pas que Breathing soit mauvaise, mais Kakko y met tout simplement moins de coeur et de conviction. La forme de ces deux morceaux est somme toute assez classique et ils ne représentent pas une attraction indispensable.

Sympathique, No Dream Can Heal A Broken Heart (qui voit le retour de la female voice par moments) n’atteindra toutefois pas les sommets sur lesquels nous emmène le titre final, The Truth Is Out There. Encore une fois, Unia n’est pas si loin, et je préférerai vous décrire la réaction suscitée chez l’auditeur que je suis. Ce n’est pas tous les jours que je prends ma tête entre mes mains en me disant « mais c’est ça de la musique! ». Pas violent, pas speed, juste un morceau entre la power-ballade énergique et le heavy orchestral qui en met plein la vue avec ses lignes de chant très professionnelles et aucunement naïves, sans parler de ce violon envoûtant lors du break (enfin, violon, la sonorité est étrange à vrai dire, je ne suis pas sûr de l'instrument, d'autres plus haut ont parlé de saxophone ou de synthé...).

Peut-être pas parfait, peut-être pas non plus un chef d’oeuvre, The Days of Grays est un superbe album du combo finlandais, qui leur assure une place de leaders fort méritée. Bien joué!

17/20

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