Tic Tac : il faut bien commencer à un moment !
L’histoire de
Slipknot débute quelques années plus tôt avec un "Mate.Feet.
Kill.Repeat" introuvable, sur lequel je n'ai donc jamais posé l'oreille mais défini comme étant "Technique, aventureux, original, sincère et inquiétant" par un sommien dont l'objectivité n'a d'égal avec la véhémence dont il démonte le groupe post-"
Slipknot" (pas de nom!).
Mais le commencement commercial et public se situe pour la plupart à la sortie de ce second opus éponyme ("
Crowz" n’a jamais été mis en vente). C’est également à ce moment de leur histoire qu’il devienne le groupe des neuf, comportant autant d’éléments indispensables que d’individus utilisés dans un but mercantile et non musical (deux percussionnistes, un dj, un claviériste …le genre de truc que peut faire le batteur où qui peut-être ajouté uniquement en arrangements !). Car je ne voudrais pas être mauvaise langue mais Sid ou Craig doivent sérieusement s’emmerder sur scène…ah ba non, que je suis bête, ils sautent partout pour pallier l’inconsistance scénique des membres principaux ! Pas idiots (enfin…)
Tic Tac : un monde de malades mentaux !
Quoi que l’on puisse dire, ce second opus présente quelques morceaux impressionnants de démence, malheureusement moins que de titres inintéressants et ridicules, dont je citerais en priorité "Liberate", où ce pauvre
Corey Taylor chante faux (quel désastre !), des riffs ultra simplistes et se dirigeant outrageusement vers le metal commercial qu’ils développeront avec "The Subliminal Verses".
Mais ne pas évoquer une furie aussi jouissive qu’"
Eyeless" serait une preuve de mauvaise foi et un manque d’objectivité dont je ne désire pas faire pour ce groupe. En effet, Corey n’a jamais été aussi torturé et taré que sur ce morceau, chantant, hurlant, vomissant des paroles sans queue ni tête très symptomatique d’une folie habitant chaque riff de "
Eyeless". C’est également un des trop rares titres a utiliser les percussions en réel support de la batterie de Joey Jordison (dont le son de bois de cagette insupportable ne permet pas de mettre en valeur son jeu si touffu et pas encore prétentieux comme ce sera le cas par la suite !), les samples agrémentent un côté légèrement malsain tandis que la cassure rythmique final alourdi l’ambiance de fort belle manière. Je ne m’avance pas trop en déclarant qu’il s’agit, artistiquement parlant, d’un des meilleurs morceaux de
Slipknot, réellement dérangé et brutal.
Le culte "Sur Facing" également est du même gabarit, ultra violent, rapide, dissonant, lourd avec un Corey déchainé déclamant un nombre éhonté de fuck (à toutes les sauces, et un "Fuck this world" par ci et un "fuck everything" par là !). Les guitares sifflantes, la présence quasi omniprésente de Sid (le seul album où il sert à quelques choses) font également de cette chanson une grosse claque dans la tronche. Tout comme l’initial "Sic", violent et décadent au possible. Cette trinité maladive représentera pour toujours le summum de
Slipknot, de leur talent qu’ils ont eux-mêmes détruits par une recherche continuelle d’une reconnaissance du plus grand nombre.
Tic Tac : mais il y a un « mais »
Mais pourquoi, si
Slipknot a composé des morceaux de cette trempe, est-il adulé uniquement par les ados en mal de vivre et rejeté en bloc par les metalleux intégristes ?
Simplement car au-delà de ces morceaux, les neuf gars ont pondu plus de déjection que de pépites, pour commencer à trop garnir leurs albums (entre quatorze et quinze morceaux).
L’espoir porté par la trinité ci-dessus est donc annihilé par leurs propres congénères. Citons par exemple le "
Wait and Bleed" tant adulé des pseudos hardos. Corey y chante aussi mal qu’il est possible de le faire (un clair ridicule, sans émotion, faux bref…) et réussi à même rater ses parties brutales, car superposer en plusieurs couches et sans aucun impact schizophrénique (la grande force d’"
Eyeless").
"
Spit It Out", également insupportable, néo de base sans inspiration à la mélodie vocale inspiré de
Korn et consorts avec cette production devenant exécrable au bout d’une demi-heure. Car si elle porte les premiers titres, elle devient le point faible de la seconde partie de l’album qui, sans les délires vocaux de Corey, devient aussi stérile qu’un bloc opératoire ("Tattered and Torn" et son inefficace ambiance horrifique !)
Tic Tac : la fête est finie
Il est navrant de se rendre compte que trois des meilleurs morceaux du groupe se tiennent dans les cinq premiers titres de l’album, album tombant inéluctablement en dépérissement au fur et à mesure du disque pour atteindre un sommet dans l’art du soporifique avec un "Scissor" dévoilant toutes les limites du combo à créer un album solide dans son intégralité. Le constat est donc amer et globalement négatif…heureusement que le début sauve le tout.
Tic Tac : les limites…
Oui,
Slipknot avait clairement franchit ses limites, en démontre un "
Iowa" dans l’ensemble inintéressant et un "Vol 3" soporifique et si mal produit qu’il rebuterait le fan de "St
Anger". Les structures des morceaux allaient être condamnées à se répéter inlassablement mais paradoxalement à satisfaire un public aveugle et futile.
Tic Tac : …l’heure des comptes
Des millions d’albums vendus, une reconnaissance mondiale, un symbole métallique d’un point de vue extérieur, des dizaines de milliers d’individus lors des concerts. Alors pourquoi ? Grande et vaste question. Je ne pourrais personnellement y répondre, trop ébahi que je suis devant cette ode à la médiocrité et au pacifisme créateur. Ce ne sont que des constats, uniquement des constats…