Qui aurait pu prévoir qu'en 1997 apparaîtraient les premiers méfaits d'un des phénomènes metal les plus médiatisés et controversés de tous les temps ? Mais bien sûr... Y a-t-il quelqu'un qui ne connaisse pas
Slipknot dans la place ?
Au commencement il y eu Made, Feed,
Kill, Repeat... Un album somme toute très honnête sonnant très Death expérimental aux passages carrément clownesques, probablement l'époque la plus constructive pour le groupe. Mais elle fut rapidement oubliée lorsqu'il arriva. Il ou cet orang-outan irascible du nom de
Corey Taylor. Ses prestations teigneuses et charismatiques sur l'album éponyme du groupe apparurent au grand jour comme un divertissement amusant mais lassant. Ce deuxième opus ne ressemblait en rien au précédent, les bidouillages expérimentaux léguèrent leur place à la facilité soûlante et à l'efficacité bancale.
Slipknot fut un album raté et une raison louable pour maudire le groupe.
Mais
Slipknot a marché. Il a même séduit pas mal de jeunes metalheads en quête de rébellion instinctive propre à l'adolescence. Ceci peut paraître être un amalgame effronté et immature, pourtant il suffisait de se promener en agglomération à la sortie des classes pour constater le nombres de fans du groupe, reconnaissables aux nombreux artifices vestimentaires à l'effigie des neufs clowns de Des Moines. Alors que leur succès s'étendait, en 2001 sortit
Iowa, nom de l'état respectif des membres. Peu de curiosité à son égard, on pouvait déjà presque écouter la galette d'avance s'imaginant un album insipide et aseptisé. Pourtant, j'ai gravé cet album à l'époque par pure curiosité et son écoute, malgré certaines choses prévisibles, m'a réellement surpris.
Je parlais de musique clownesque pour qualifier le premier et je crois pouvoir réutiliser cet adjectif pour décrire
Iowa, cela dit dans un tout autre contexte.
C'est très simple :
Iowa est l'un des plus mauvais, des plus ridicules, des plus lamentables disques qualifiés de metal qu'il m'ai été donné d'entendre et ces propos radicaux n'ont pas réellement besoin de justification à l'écoute de cette horreur.
Comment le décrire ? C'est là que ça devient compliqué. Dur de lui attribuer une étiquette, si ce n'est celle d'un neo metal épicé au proto-death bas de gamme et au caca d'oie.
Le groupe se disait fortement inspiré par
Slayer et certaines rythmiques thrash peuvent transparaître au beau milieu de ce joyeux bordel. Mais ne vous y fiez pas...
L'intro met l'auditeur insouciant dans le bain. Des bruits d'hélico parviennent, rien de très inquiétant jusqu'à ce que cette grande gueule de Corey apparaisse déculottée au bord de la carlingue, il râle, il pleure. Car monsieur semble avoir des problèmes de constipation, ces gémissements donnent l'image parfaite d'un pauvre gars hurlant contre cette taupe coincée dans sa galerie.
Alors il est pas content Corey. Oh, non pas content du tout.
Vite, il appelle ses huit poteaux qui arrivent dans un van rouillé, embarquent le pauvre homme et nous bourrent droit dans la gueule. Malgré l'aspect repoussant du véhicule, on aura plutôt tendance à esquisser un sourire à la vue de cette couleur fluo très kitsch à l'image de la brutalité caricaturale et puérile du disque.
Ils sont neuf. Un Corey sans aucun sens de l'expression lyrique, digne d'une peluche qui grogne, un batteur correct mais au jeu inutile, deux guitaristes entraînés à reproduire des riffs tout aussi simplistes que démembrés quand ils ne jouent pas des accords nuls et répétitifs malgré la rythmique qui pourrait facilement feinter le manque de caractère, un bassiste qui suit le troupeau, un sampler et un dj qui dorment quand leurs breaks insignifiants, voir encombrants, sont terminés et deux bouffons de scènes dont la principale activité se résume à taper sur des barils et à faire des gestes obscènes à une foule aux neurones grillées.
Les artifices numériques tentent à donner à l’œuvre une dimension imposante, mais la nullité des compositions l'emporte sur tout.
Toutefois,
Iowa possède un atout remarquable : Sa bouffonnerie qui constitue une force désopilante. La voilà la référence au mot clownesque.
Oui, certains passage m'ont réellement fait rire.
The Heretic Anthem, le hurlement d'un Corey qui balance des tartes à la face des spectateurs.
Des rythmiques au son ankylosé sur Disasterpiece ou cette impression de boîtes de conserves qui s'animent toutes seules.
L'incroyable Metabolic, l'apothéose du ridicule, agit tel un sort hilare par sa forme et son fond tout aussi grotesques.
Les misérables essais pour nous faire peur avec Skin Ticket durant lesquels la constipation de notre homme semble refaire surface.
D'un autre côté, il y a ces morceau dont l'imbécilité se traduit en nous tel un sentiment de honte :
New
Abortion et ses passages aromatisés au mauvais Hip Hop.
People = Shit pour effrayer sa grand-mère et faire rire le nouveau-né.
Iowa, quinze minutes inutiles et répétitives à écouter Corey se lamenter sur son sort minable.
Un réarrangement du très bon Gently présent sur leur premier opus mais cette fois-ci insulté jusqu'à la moelle.
Tout compte fait, ce
Iowa est un disque à écouter au moins une fois dans sa vie. Mais dans quel but allez vous me demander ? Probablement que certains se fendront bien la gueule à son écoute.
Iowa pourrait être un fabuleux remède contre la déprime, nous rappelant qu'il existe toujours plus nul que soi. C'est vrai quoi... ne niez pas que cette chose n'est rien d'autre qu'un déchet...
5/20. 2 points pour le contour pro, 2 points pour son potentiel comique et 1 points pour son aura anthologique : La nullité pure qui mit pourtant de nombreux fans dans son sac. Pour le reste, un zéro carré. Oui, un zéro, tu m'a compris, Coco. Maintenant postule chez Zavatta.