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Liste des groupes Stoner Doom Sleep Dopesmoker
Album, date de parution : 2003 - Southern Lord Records / Tee Pee Records
Style: Stoner Doom
1 2

NOTE : 18/20
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Tracklist
Re-Issue in 2012 by Southern Lords Records with 1 bonustrack.
1. Dopesmoker 1:03:31
2. Sonic Titan (Live) 09:36
Bonustracks (Re-Issue 2012)
2. Holy Mountain (Live at the I-Beam SF, CA. 1994) 11:35
Total playing time 1:13:07

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7 avis 1 18/20
Chronique
18 / 20
    Krokodebil, Vendredi 25 Mars 2011 parlez-en à vos amis  
Un trip abyssal, hypnotique, dont on sort engourdi mais dépaysé.

Sleep fait partie de ces groupes fascinants, au succès d'estime plus que public, dont regorgent les sous-genres les plus extrêmes du metal. Si certains explorent la rapidité d'exécution, et déploient des dizaines de morceaux par album dans une violence apocalyptique, le doom ne s'y prête pas, loin s'en faut. On songe au grand Reverend Bizarre et son doom puissant s'étirant souvent au delà du quart d'heure par morceau. Mais Sleep est allé plus loin, sur Jerusalem, comme sur ce Dopesmoker - qui est en fait une réécriture, un ré-enregistrement ou une version alternative si vous préférez, de Jerusalem - il s'agit d'une pièce musicale, pas vraiment une suite, de plus ou moins une heure. Autant dire que pour l'auditeur il faut un minimum de préparation et de concentration pour appréhender l'œuvre. Je considèrerai les œuvres comme clairement différentes pour les besoins de cette chronique, malgré leurs nombreuses ressemblances étant donné que Dopesmoker est un doublon prolongé de Jerusalem.

Contrairement à Jerusalem, Dopesmoker présente une intro qui entre dans le vif du sujet : un riff puissant, répétitif à souhait, puis l'entrée de la batterie assez rapidement par rapport à la durée du morceau. Et ensuite, il suffit de se laisser emporter dans ce gras tourbillon hypnotique de musique lente, lourde et malsaine. Basse et guitare distillent un son puissant, aux reflets parfois psychédéliques, dix minutes durant, puis la voix arrive.

Elle n'a pas changé depuis Jerusalem, une sorte de râle rauque hachant un texte assez long - forcément. La base du texte de Dopesmoker est la même que celle de Jerusalem, avec quelques ajouts sur la structure du morceau et quelques phrases en plus, délire autour de la Terre Sainte dans un passé relativement lointain et imaginaire. Les deux œuvres sont donc respectivement des processions lentes et difficiles, des sortes de pèlerinage tant bien musicaux que spirituels.

A tout ceci s'ajoutent quelques variations pour casser la linéarité du morceau, qui à trop être hypnotique finirait par lasser l'auditeur peu enclin à entrer dans les expérimentations du groupes. Le riff se tord, se mue parfois en un solo assez lent, aux sonorités plus aigües, la basse prenant de temps à autre le dessus dans un magma musical assez effarant. Des soli plus traditionnels émaillent le morceau, le premier intervenant aux alentours d'un quart d'heure de musique. Vers 36 minutes, une légère accélération se produit, avec quelques riffs plus mordants et une basse complètement hallucinante qui enveloppe le tout dans une chape de plomb. Plus intéressant, le riff cesse a vingt minutes de la fin pour quelques notes plus douces, plus planantes, où batterie et basse sont reléguées en arrière-plan pour un discret tapis musical, effectuant de légers va-et-vient sonores, jusqu'à ce que le riff se rebiffe et que les instruments repartent à l'assaut, plus lourds et écrasants que jamais.

La drogue n'est pas étrangère au processus de création de l'œuvre, les membres l'avouant eux-mêmes volontiers. Cela explique par exemple un texte aux néologismes abondants "Marijuanaut" parle de lui-même je pense, et aux images curieuses (grosso modo des pèlerins hippies rompus au cannabis qui vont à Jerusalem en caravane).

Auditeurs, abandonnez toute notion habituelle du temps et de durée pour apprécier ce disque étrange ! Œuvre circulaire, toujours recommencée (d'où le ré-enregistrement ?), il faudrait presque l'écouter en boucle pour en comprendre tous les enjeux. Le nom du groupe n'est après tout pas si anodin, et sa musique ensorcelante nous entraîne dans une belle spirale dégoulinant de stoner-doom lancinant.
Notons également quelques incantations aux allures de refrains primitifs :
"Proceeds the Weedian – Nazareth !" scandé grassement par Al Cisneros, bassiste et chanteur du trio.

Que reste-t-il à ajouter ? Un artwork superbe et assez mystique qui correspond bien au thème du morceau, l'utilisation d'extraits de l'œuvre par Jim Jarmush dans "Broken Flowers" (avec Bill Murray !), il semble bien aimer les trips de ce genre, après la fantastique BO de Dead Man (un morceau dépouillé de guitare de plus d'une heure, joué par Neil Young)... D'ailleurs il cite aussi Sunn O))) et Earth, des piliers du mouvement drone.
Pour le reste mieux vaut découvrir la chanson par soi-même et se faire un avis, sachez cependant que l'on ne s'ennuie pas, contrairement à ce que l'on pourrait penser, et pour peu que l'on soit déjà relativement au fait de ce genre musical.

Enfin - et j'allais l'oublier, "Sonic Titan", un live de 10 minutes, est une chanson à ce jour inédite en version studio, qui fait partie ce me semble des quelques projets parallèles sur lesquels le groupe a travaillé pendant l'enregistrement de Jerusalem puis de Dopesmoker. Enregistrement qui relève d'ailleurs de la prouesse technique, vu la longueur des pistes. Même si la musique paraît en apparence simpliste, tout le monde n'est pas capable de jouer d'un trait une composition aussi longue sans tomber dans l'improvisation. "Sonic Titan" donc, qui souffre un peu de la comparaison avec le morceau qu'il accompagne - on se demande un peu pourquoi l'avoir fait figurer sur l'album, ce qui en rompt totalement l'unité, mais bon. Néanmoins le titre à l'avantage de faire découvrir un aperçu de ce que peut être Sleep en live : plus rapide, plus agressif, plus flamboyant. D'indéniables qualités qui évoquent par moments une musique bien plus ancienne (de Cream/Blind Faith à Black Sabbath époque Ozzy, et je ne parle que de l'intro du morceau) éclatent immédiatement, puis le morceau s'installe dans un riff gras plus traditionnel et attendu chez le groupe. Le groupe impose un silence remarquable dans un pont où le riff se fait à la basse et très groovy, distillant un doom aux forts accents de sludge. Assez sidérant en somme, même s'il n'a pas l'ampleur de son "grand frère".

Prodigieux exercice de style - rajouter 10 minutes à un morceau qui en fait déjà 50 sans faire collage grossier n'est pas mince affaire et implique des bouleversement structurels importants - trip psychédélique et doom démentiel, voilà un album qui ne laissera pas l'auditeur indifférent. A écouter au moins une fois dans sa vie - à posséder pour les quelques fous comme moi qui sont friands de ce genre de délires.




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