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Metal Symphonique Shaylon Forgotten Realms of Wonders
EP, date de parution : 14 Juillet 2015 - Auto-Production
Style: Metal Symphonique

NOTE : 14/20
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Tracklist
1. Forgotten Realms of Wonders 04:45
2. Revelation's Time 04:52
3. The Wolf and the Mermaid 05:46
Total playing time 15:23

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1 avis 1 14/20
Chronique
14 / 20
    ericb4, Vendredi 09 Octobre 2015 parlez-en à vos amis  
Une poignante offrande, au message si laconique mais déjà si riche en arpèges...

Quand le spectre de Nightwish plane au-dessus des terres nord-américaines et qu'il élit domicile en Californie, à San Francisco, plus précisément, il propage ses magnétiques effets, laissant entrevoir quelques échos auprès de jeunes formations, encore clairsemées dans ces contrées, mais qui, à leur tour, viennent se frotter à un registre metal, celui du symphonique à chant à féminin, à la concurrence européenne et sud-américaine déjà affutée. Néanmoins, non décontenancé à l'idée de devoir guerroyer à grands renforts de riffs pour ne pas se faire happer, Shaylon entre dans l'arène, avec pour objectif avoué de vouloir imposer à un tympan international ses premiers accords et ses fraîches mélodies. Avec une inaliénable détermination doublée d'un zeste de prudence, le quartet nous propulse alors au sein des trois pistes de son introductif EP auto-produit pour un parcours initiatique d'un quart d'heure tout au plus. Que nous réserve donc ce « Forgotten Realms of Wonders » ?

La menue production repose sur les épaules conjointes de nos quatre acolytes, depuis leurs débuts, il y a un an à peine. Pour précision, à cette époque, le compositeur, interprète, guitariste et claviériste Charly Urso décida de mener à bien un projet rock symphonique à la base, ayant évolué, incluant dès lors de nombreux éléments metal dans sa structure. Pour ce faire, il s'est entouré d'une équipe de jeunes talents, à l'instar de la mezzo-soprano Tina Diggs (A Persuasive Reason), du bassiste Alex Tamas et surtout de la patte experte du batteur Marco Bicca (The Element, CODA, Sigma Project, ex-LoNero, ex-Relic, ex-Evora, ex-Hades Warden, ex-Móbil Gigante). Les compositions, techniquement complexes et enjouées, avec un certain souci du détail, témoignent d'un travail de studio rondement mené car fort minutieusement échafaudé. On suit d'autant mieux ce ruban auditif que la qualité d'enregistrement est au rendez-vous tout comme celle du mixage, sans effets de compression, ni parasitages quels qu'ils soient.

Dans un mouchoir de poche, on découvre trois plages d'une durée similaire et aux saveurs mélodiques exquises, mais différemment insufflées, selon l'ambiance requise par le valeureux combo. Plus précisément, on se situe dans une triangulation entre Nightwish sur les plans harmonique et atmosphérique d'obédience power, Within Temptation, sur les arpentages mélodiques greffés sur un axe heavy partiel, et Xandria, seconde mouture, sur l'assise rythmique et les lignes de basse, dans une logique symphonique pure. Sur les traces d'Anaria, le collectif affiche clairement ses prérogatives, sans complexes, pouvant ainsi s'en démarquer pour inscrire, en tapinois, son sceau sur chacune de ses portées.

Sur un tempo alerte, le groupe distille de redoutables suites d'accords et de subtiles variations de tonalités, perceptibles au bout de plusieurs écoutes. Dans cette mouvance et dans la lignée de Xandria, le percutant et entraînant titre éponyme ne manque pas de nous retenir. Et cela, aussi bien à la lumière de ses couplets finement esquissés que sous l'égide de refrains éminemment catchy. Jouissant d'arrangements susceptibles d'offrir des effets d'orchestration tout à fait convaincants, ce frétillant instant se cale sur une rythmique enjouée et des riffs acérés, pour nous éblouir d'une ligne mélodique des plus immersives. Aussi, sur ce « Forgotten Realms of Wonders », la déesse, à la façon de Manuela Kraller, ne laissera pas de marbre les âmes les plus rétives. On comprend dès lors qu'on est assurément en présence d'un titre taillé pour les charts, avec des chances non négligeables de commencer à affadir les schémas mélodiques de certains homologues stylistiques. Son voisin de piste ne tarit pas non plus d'intensité instrumentale, propice à un scotchant headbang. Ainsi, une rythmique vrombissante et fouettante nous étreint, conjointement à un riffing écorné sur « Revelation's Time », titre nuancé dans le déploiement de ses harmoniques. Non sans rappeler Nightwish, dans la veine de « Wishmaster », cette magmatique et souriante piste ouvre le voie à un cheminement mélodique serein, esthétiquement inspirant mais sans mièvrerie aucune, et ce, dans tous les compartiments. En prime, on appréciera un sémillant solo de guitare, l'environnement synthétique l'assistant avec emphase, selon des suites de notes bien inspirées et ajustées. Avec de faux airs de Tarja, la belle déambule avec une confondante aisance où qu'elle se meut, sculptant de son timbre placé dans les médiums chaque blanche et chaque noire de la souriante partition.

Le combo n'a nullement failli dans son offre de mots bleus, nous octroyant également une très émouvante ballade, comme il en a le secret. On découvre, non sans ravissement, une hypnotique gourmandise, à l'aune de « The Wolf and the Mermaid », telle qu'aurait pu la concevoir Within Temptation. On se laisse alors transporter par les arpèges de la soyeuse instrumentation, avec un sensible piano en chef de file, dans une envoûtante atmosphère « nightwishienne », avant qu'une section rythmique tout en retenue ne nous parcourt le pavillon. Prend alors le relai le flux angélique et quasi ininterrompu des patines vocales de la vénérable parolière et interprète, et cela, sur une onde vibratoire à laquelle il devient rapidement difficile de s'extraire. Autrement dit, pour ressentir encore une fois l'émotion nous submerger, on éprouvera l'irrépressible désir d'y revenir. Sachant élever d'un demi-octave ses impulsions sur le refrain, tout en parsemant la plage de câlinantes vibes, la sirène, à la façon de Melissa Ferlaak (Plague Of Stars, ex-Echoterra, ex-Visions Of Atlantis) nous illumine par une technique éprouvée et qui lui est propre, le plus naturellement du monde. Au seigneurial instrument à touches de fermer la marche, pianissimo...

Au final, remettre le couvert est une démarche que l'on ferait machinalement, pour goûter encore aux truculentes saveurs de cette jeune offrande. Pas de doutes, le combo affiche un potentiel déjà convaincant, même s'il ne peut encore nous faire oublier Anaria, ni, a fortiori, ses sources d'influence. A condition de graver plus nettement encore ses lettres de noblesse dans le marbre et d'étoffer son offre, en la diversifiant, nos acolytes trouveront la clé qui leur ouvrira la porte les séparant encore de la cour des grands. Pour l'heure, on a le sentiment d'être face à un énième combo marchant sur les traces de ses illustres prédécesseurs, sans prendre de risques, ni faire preuve d'un soupçon d'originalité. Toutefois, cet initial message musical est déjà susceptible de toucher les amateurs de metal symphonique à chant féminin, sensibilisés aux gammes de leurs inénarrables aînés, toutes proportions gardées. Pour se démarquer de la concurrence, il en faudra plus, on l'aura compris, mais, en attendant, on pourra se laisser tenter par une ou deux écoutes attentives, pour le plaisir de la découverte. Et, il se peut que la sauce prenne plus rapidement que prévu, avant une livraison plus substantielle qu'on espère à court terme...




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