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| 1998 - Season Of Mist |

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1. La Quintessence Du Mal
2. Hymne Au Vampire (Acte I)
3. Hymne Au Vampire (Acte II) ...Vers Une Nouvelle Ère
4. Le Cercle De La Renaissance
5. Les Silences d'Outre-Tombe
6. Dans Les Yeux Du Serpent
7. ...À La Mémoire De Nos Frères |
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| Chronique |
 19 / 20 |
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SETH ! Ce premier album du groupe parut un peu tard sur la scène black metal, en 1998. À cette date, les albums les plus importants du genre étaient déjà publiés. Dans toute l’Europe, le style, sinon la scène, se mourait. C’était sans compter sur notre fameuse exception culturelle ! Le black metal avait pénétré bien tard en France ; il allait y accoucher ses derniers fruits.
Plus que BELENOS et ANOREXIA NERVOSA, -pour citer ses seuls rivaux d’envergure, - SETH allait atteindre, et ce, dès son premier album, un sommet artistique sans précédent dans le black metal.
La musique d’abord. Techniquement maîtrisées, les compositions se révèlent souvent complexes et rapides. Toute l’harmonie consiste à savoir, par les basse et guitares, lier une atmosphère onirique, une 3ème dimension musicale, à un riff en muraille, et à une batterie de rythme et d’endurance, au jeu varié. Le synthé n’intervient plus que comme un luxe, accentuant ce caractère de profondeur, non le créant (prenez-en de la graine, ô néophytes). Sans oublier quelques solos enchanteurs. Ou un chant black metal qui oscille entre diction, hymne et mélopée. Étrange charme métallique !
L’originalité propre à SETH réside dans ce que cette musique ne se présente pas comme incantation ni invocation, mais incarnation d’une beauté sombre et terrestre. L’auditeur est envoûté. Cette magie me semble due au caractère annelé de ces mélodies, toutes en arabesques. Mais SETH n’est-il pas le dieu-serpent oriental ! que ce soit par cercles en hauteur, ou morsure de sa propre queue. Le serpent nous invite ainsi à une réflexion intérieure, à une vie de l’âme : son caractère guerrier, et les blessures par là même infligées, constituent la thématique de l’album. Les paroles révèlent alors le sens de cette œuvre.
Plus que de paroles, d’ailleurs, il faut parler de poèmes en vers libres, d’une philosophie à l’évidence nietzschéenne (alliance de l’aigle et du serpent, ô Zarathoustra), teintée fortement d’un romantisme noir byronien. Elle regorge de métaphores et oxymores, comme seuls moyens littéraires d’exprimer l’infini (ô Maldoror). Les textes sont rédigés en français. Le vocabulaire en est très riche, le langage soutenu. Initiation serpentine oblige : l’image du Serpent, par toute une voie lactée d’allusions et d’adjectifs, est rappelée en permanence. Voici pour l’architecture générale.
L’album se divise en sept morceaux, dont un instrumental.
Le premier, La Quintessence du Mal, définit d’emblée l’ambition intellectuelle de cette œuvre : non de proposer une morale (socio-politique, par exemple), mais un idéal, en deçà et au-delà des apparences grossières de nos préjugés. SETH veut nous éclairer sur nous-mêmes, à partir d’un travail de destruction effectué sur lui-même devant nos yeux fascinés. Œuvre belle comme le suicide…
J’ai opposé idéal à morale, à cause d’un petit scandale ayant eu lieu au moment de la sortie de l’album. En effet, la Fnac avait refusé, durant quelques mois, de le mettre en vente, le cataloguant « fasciste », voire « néonazi » ; ce qui révélait seulement que ses censeurs jugent sur des on-dit, qu’une simple lecture des premiers vers aurait fait sourire. Rien de grave en définitive. En 2007, le site de la Fnac propose Les Blessures de l’Âme en téléchargement payant !
Les autres morceaux traitent du caractère impérial et tragique de tout destin digne de ce nom, du sacrifice à la grandeur et au sublime comme sel de la vie (L’Hymne au Vampire, actes I et II), du voyage intérieur par biais de l’onirisme, comme dessillement de l’esprit (Le Cercle de la Renaissance). Le cinquième se révèle une initiation (Les Silences d’Outre-Tombe). Le sixième, instrumental, m’évoque la puissance vitale de notre Moyen-Âge, notamment par son tambourin (Dans les Yeux du Serpent…). Le septième et dernier (sept, le chiffre sacré et magique !) est un chant à la Fraternité née de cette poésie au charme étrange (…À la Mémoire de nos Frères).
Précisons encore, pour terminer, le goût, la qualité et le raffinement extrême de la plastique de l’album (tant la pochette que l’étui) qui accompagne dignement l’écoute. La ténèbre solaire de SETH y fuse de rayons noir, blanc, violet, bleu foncé, or orangé, toutes couleurs crues, - visuel du chromatisme musical. L’ensemble ondulé de parchemins ésotériques.
Le seul point noir de cette œuvre me paraît un coté parfois brouillon dans la syntaxe des textes, défaut ayant pour cause une puissance d’évocation trop ambitieuse encore, chez notre poète. Et c’est bien la seule chose qui interdit (j’en pleure) le critique sincère (mais ne dit-on pas chroniqueur, de nos jours, par anglicisme ?) de déclarer Les Blessures de l’Âme parfait.
19/20
4 commentaires |
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| Mini-Chronique |
 18 / 20 |
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Aaah SETH, célèbre groupe français de black metal...
J'ai eu de l'attirance pour "Les Blessures De l'Âme" car c'est le premier album de black que j'ai connu chanté en français et, encore aujourd'hui, je le considère comme l'un des meilleurs albums de black français, voire peut-être comme le meilleur. Les textes sont assez bons et, surtout, les paroles sont assez compréhensibles, du fait que le chanteur n'hurle pas.
SETH nous sort ici un bon black mélodique riche, voire très riche, doté de plusieurs bonnes grattes, d'un bon synthé et d'un exellent batteur ! Sincèrement, la première fois que j'ai écouté ce CD, j'ai eu l'impression que les compos étaient assez plates et se ressemblaient assez, mais que nenni !! Ne jamais juger un album sur la première écoute ! Plus j'écoute celui-ci et plus je l'apprécie. La composition est vraiment soignée et impeccable, la violence est ici apportée par la très bonne batterie.
Alors, les morceaux ? Tous des bombes... On peut le dire, de "La Quintessence Du Mal" à "A La Mémoire De Nos Frères", il y a de quoi se faire frétiller les oreilles. Les deux "Hymne au Vampires" se ressemblent assez au niveau des paroles, la fameuse citation "Les blessures de l'âme sont éternelles" ressortant dans les deux (peu importe, elle fait plaisir), mais sont très différentes au niveau des compos, et toutes les deux s'avèrent excellentes ; l'acte II démarre sur une très belle intro assez calme, alors que l'acte I vous met directement dans le bain.
"Dans Les Yeux Du Serpent" est un titre musical vraiment très beau, avec une petite variation vers 2'20" pour mieux repartir encore ! C'est de l'art ça !
"La Quintessence Du Mal", le premier titre, commence par une introduction parlée en voix claire qui met directement dans l'ambiance, avant de partir de plus belle !! Une très bonne partie musicale s'entend vers la 2'50" !! Ce titre me fait un (tout) petit peu penser à "Withstand The Fall Of Time" d'IMMORTAL, enfin à un passage !
"Le Cercle De La Renaissance", le morceau le plus long de l'album, excellent pendant plus de neuf minutes, avec des riffs vraiment très bons, variant entre des passages très calmes et des passages plus violents. Je donne une mention spéciale à ce morceau à partir de 3'30".
Evidemment, certains puristes crachent sur SETH... mais après l'écoute d'un tel album, on ne peut vraiment pas nier leur talent !
Bonne écoute !
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