Titan

Paroles
Type Album
Date de parution 20 Juin 2014
Produit par Mader Logan
Enregistré à Devasoundz Studios
Style MusicalDeath Gothique
Membres possèdant cet album210

Tracklist

1. War in Heaven 05:39
2. Burn 03:18
3. Order of Dracul 03:33
4. Prototype 05:36
5. Dogma 04:04
6. Prometheus 06:35
7. Titan 03:53
8. Confessions of a Serial Killer 04:51
9. Ground Zero 03:55
10. The First Immortal 03:56
Bonustracks (Deluxe Edition)
11. Dogma of Prometheus (Orchestral Version) 07:10
12. A Prototype in Heaven (Orchestral Version) 04:52
13. The First Immortal (Orchestral Version) 03:47
14. Order of a Serial Killer (Orchestral Version) 03:46
15. The Burning (Orchestral Version) 06:02
Total playing time 45:20

Chronique @ chrysaetos

27 Juin 2014

Titan: l'inspiration extrême.

Neuvième album de la formation Grecque, le Titan sort enfin du ventre de ses géniteurs - une métaphore qui se justifie lorsqu'on pose une oreille sur cet organique opus. Après avoir dévoilé les nombreuses facettes d'un univers lorgnant ouvertement du côté de la mythologie, on pouvait légitimement se demander comment, après l'impressionnant The Great Mass, Septicflesh allait pouvoir encore surprendre et émerveiller. Inutile de tourner plus longtemps autour du pot, le groupe a plus que jamais des choses à exprimer - et Titan en est la merveilleuse démonstration. Tout le mystère se résume à ceci: comment ces musiciens parviennent-ils à engendrer quelque chose d'aussi monumental sans donner l'impression de se répéter? Il existe certes une façon de composer propre à ce groupe, mais ce dernier possède surtout une fibre - ce qui ne s'invente pas mais se découvre. À ce jeu la formation hellène n'a d'ailleurs besoin de personne et, mieux encore, elle peut se vanter d'être l'une des seules à savoir ce que "composition" veut dire. Il existe en effet des formations motivées et d'autres talentueuses et, exceptionnellement, il en apparaît aussi quelques-unes douées d'une musicalité particulière. Mais les groupes de génie (au sens le plus littéral du terme) il n'y en a guère eu beaucoup dans le monde du metal extrême symphonique, sans doute parce que beaucoup confondent magistralité orchestrale et grandiloquence pompeuse. Septicflesh ne fait pas cette erreur, et sait associer la grandeur à l'obscurité, la douceur à l'agressivité. Titan porte on ne peut mieux son nom: du début à la fin l'album est une narration quasi-ininterrompue, une entité homogène, compacte, gigantesque et spatiale, qui envoie l'auditeur dans une dimension qu'il reconnaîtra instinctivement, mais qui n'a jamais été formulée de la sorte. Ce qui est surprenant, donc, c'est la façon dont Septicflesh s'y prend pour amener son public où il le veut: on retrouve évidemment cette patte très singulière qui fait la renommée du groupe, mais associée à quelque chose d'incroyablement indescriptible, un quelque chose qui donne l'impression que c'est l'inspiration elle-même qui est allée chercher les musiciens, et non pas l'inverse.

"War in Heaven", qui ouvre l'album, annonce à lui seul la teneur de ce dernier: aucun retour en arrière, le groupe continuant sur sa lancée orchestrale en alternant des passages de pure sauvagerie à d'autres qui semblent être comme en suspension (ces blast-beats sur lesquels tombent des accords lourds au possible, portés par un philarmonique parfois dément). La formation grecque pousse même le travail des contrastes jusqu'à l'inconnu - comme en témoignent ces choeurs d'enfants qui, à certains moments, rappellent l'universalité même de la musique. Pour autant certains autres instruments, tels le clavecin ou le haut-bois, interviennent parfois de façon presque inattendue - ce qui ne veut pas dire que leur utilisation est injustifiée, loin s'en faut même. La ligne directrice est tellement claire que tout apport s'auto-légitime en temps réel. Ici on n'est donc pas dans l'expérimentation, mais et bel et bien dans la mise en oeuvre d'une intention claire, dans l'expression d'un ressenti et de la conviction qui en découle au moyen de la musique. "Order of Dracul", par exemple, est abordé de façon tout à fait particulière: l'orchestre est certes présent mais l'ensemble est très peu réverbéré (voire pas du tout), ce qui appuie le côté intimiste - presque secret - de la composition. Quoi de plus pertinent, après tout, lorsque le but plus ou moins avoué de l'opération est de parler, je cite, d'un "fils du dragon": le mixage utilisé ici permet presque d'entrer dans l'esprit ô combien particulier du personnage traité. Un traitement en huis-clos, pour ainsi dire, qui appuie l'impression (sans aucun doute voulue) d'entendre la musique du point de vue du personnage évoqué. Septicflesh ne fait pas du metal orchestral dans le but immature d'auréoler ses compositions d'un masque de beauté tape-à-l'oeil, mais bel et bien parce que les thèmes et ambiances qui sont chers au groupe demandent une démesure sur mesure. "Prototype" est une des meilleures illustrations de ce propos: les lignes de cordes, par exemple, se greffent progressivement sur le riff de départ, jusqu'à envahir l'espace afin de métamorphoser la structure même du morceau, et ainsi permettre ces changements parfois abrupts (mais jamais hors-sujet) qui jalonnent Titan. Cet album fait également preuve d'une générosité incroyable: loin de morceaux épurés de façon aseptisée, ici l'auditeur est réellement plongé au milieu d'un univers empli de notes aux textures nombreuses, d'effets sonores monumentaux, de choeurs venant d'une autre dimension, un peu comme si les géants des légendes avaient décidé d'entrouvrir les portes de l'espace-temps afin de se faire entendre. Les séquences orchestrales, lorsqu'écoutées seules, révèlent d'ailleurs quelque chose de particulièrement intrigant: les musiciens sont-ils partis d'une base électrique, symphonique ou bien des deux à la fois? La complémentarité est telle que l'album semble avoir été envisagé comme une seule et même pièce, et non pas comme l'addition mathématique et binaire de deux types de sonorités: certains passages sont réellement soutenus avant tout par les guitares, tandis que d'autres sont architecturés autour des évolutions de l'orchestre - et ce bien souvent au sein d'un même morceau.

Inutile de disséquer davantage l'album (c'est finalement à tout un chacun de l'entendre à sa façon), mieux vaut encore parler de cette impression de vie qu'il dégage, un peu comme si les plus grandes puissances de la nature avaient décidé de s'exprimer à travers les notes du groupe. Je disais au début de cette chronique que Titan a quelque chose d'organique, en ce sens que les morceaux évoluent comme un être vivant: en quelques mesures tout semble se transformer, et l'utilisation de l'orchestre n'y est évidemment pas pour rien, ce dernier étant désormais totalement constitutif de la musique des Grecs. Au milieu de choeurs (d'enfants ou d'adultes) éclosent, s'imposent et disparaissent des instruments qui créent des ponts entre ciel et terre, avec pour axe central la voix toujours aussi sépulcrale de Spiros. Le mixage lui-même fait preuve d'une belle finesse d'esprit en ne mettant pas forcément en avant la batterie, même si l'on ne peut pas dire que l'ensemble manque d'énergie. Il se trouve simplement que l'énergie en question s'associe autant aux phrasés des cordes qu'aux percussions, le tout souvent porté par le rugissement intensif des guitares (quoiqu'elles fassent parfois preuve d'intimisme), qui savent laisser la place à des reprises de souffle mélancoliquement apaisantes. Ce sont en fait les cuivres, dans Titan, qui noircissent le tableau dès que les compositeurs décident de mettre en lumière l'obscurité. En réalité, et c'est là la plus grande marque du génie, les musiciens de Septicflesh n'ont jamais été des jusqu'au-boutistes de la démonstration technique (ceci ne signifiant pas que l'interprétation d'un tel opus soit à la portée de quiconque - ce serait confondre là essentialité et simplisme), préférant au contraire jouer la carte de l'honnêteté la plus authentique en enrichissant magiquement leurs compositions. Titan est bâti sur ce procédé (maîtrisé de façon époustouflante), presque inconcevable pour le compositeur standard. On ne peut pas parler de cet album... comme d'un album. Ici il s'agit d'une sorte de symphonie d'un nouveau genre, qui n'a même pas besoin d'imposer quoi que ce soit: tout est fluide alors que c'est du jamais entendu, et ce malgré le côté très contemporain des ruptures rythmiques et des dissonances: The Great Mass avait déjà emboîté le pas à ce genre de structures, Titan en est naturellement une évolution directe. D'aucuns pourront toujours reprocher au groupe son usage sans cesse plus intensif d'instruments symphoniques, ce à quoi il sera bienvenu de répondre qu'à ce jour quasiment aucune formation n'a vraiment atteint un tel niveau de symbiose entre l'électricité et le bois, exception faite de Emperor qui, sans avoir jamais enregistré avec un véritable orchestre, n'en possédait pas moins la capacité de le faire avec une pertinence égale à celle de Septicflesh.

Toujours est-il que ce neuvième album (un chiffre prédestiné?) pose sans s'en soucier plus que cela les bases immatérielles d'un nouveau genre, qu'il sera d'ailleurs bien difficile de qualifier: symphonie électrique extraterrestre? death / metal onirico-orchestral? Laissons aux pensées intégristes de la raison le soin de se perdre elles-mêmes dans la quête impossible d'une définition, en admettant simplement que cette merveille envoie à des années-lumière tout ce qui a été entendu depuis longtemps dans le genre. Conjuguer orchestre philharmonique et sonorités metal demande un esprit de synthèse bien spécifique, que Septicflesh possède depuis le début de sa carrière et qu'il n'a pas laissé s'affaiblir derrière les effets de mode, bien au contraire: en persistant et signant, le groupe démontre que la Grèce a su conserver son génie d'antan. La forme s'adapte, mais le fond est le même. C'est avec une oeuvre comme Titan que l'auditeur - néophyte ou non - a une chance (rare) de comprendre ce que sont vraiment les matériaux de la création: des possibilités infinies et à disposition, qui ne demandent qu'à être entendues et exprimées, quels que soient le travail à fournir et les instruments à utiliser. Si l'intention est claire ces derniers trouveront naturellement leur place au coeur de morceaux qui, avant même d'être finalisés, sont un peu un souvenir de l'avenir, comme l'aurait dit Cocteau à propos des vers du poète. Cet album est le descendant direct de la grandeur hellénique: il inspire et fera sans doute école comme l'ont fait l'acropole, la philosophie, les connaissances ou les mythologies de la Grèce antique. Titan est une révélation en notes qui, en tirant sa vitalité du coeur même de l'âme de la musique, parvient à célébrer le mariage de l'Hadès et de l'Olympe. Incomparable.

Chrysaetos

28 Commentaires

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arkona60 - 27 Juillet 2014: Merci aux chroniqueurs car sans eux je n'aurais pas découvert septicflesh. Quant à leur dernier album, j'ai été un peu derouté lors de la première écoute mais au final c'est un chef d'oeuvre
exelkorto - 08 Août 2014: Bravo pour cette chronique! Elle m'a donné envie de découvrir ce groupe que je ne connaissais pas, ayant habituellement peu de goût pour le métal symphonique. Mais là, comme tu le soulignes, point de grandiloquence, d'orchestrations ampoulées venant masquer l'absence d'inventivité. Quelle claque! Comme tu le dis, c'est le génie à l'état pur qui préside ici aux noces tant de fois tentées mais si rarement réussies entre métal et musique symphonique. Que c'est beau la musique quand c'est tellement inspiré.
AmonAmarth55 - 21 Octobre 2014: Autant The Great Mass était absolument dantesque, Titan est décevant...
MCGRE - 03 Avril 2015: Ouai de toute façon pour moi Septicflesh j'ai stopper à Communion ,j'ai essayé TGM mais trop d'orchestres tue l'orchestre , bref dommage je passe encore mon tour .
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Chronique @ Eternalis

28 Juin 2014

"Titan" sera probablement moins marquant car il arrive après deux pièces maitresses

Oser vouloir changer les mentalités, dévoiler une nouvelle vision d’un art que l’on pensait déjà accompli et surtout, présenter une facette neuve et clairvoyante aux risques de s’éloigner stylistiquement et idéologiquement de ce qui fut les racines de sa propre création.
Septic Flesh a, depuis ses débuts, tenté de s’éloigner des sentiers battus en brèche par ses compères pour se forger une personnalité propre aux dépends des sirènes d’une gloire certes homérique mais en totale contradiction avec la volonté créatrice des grecs, ambitieux depuis les premières heures de leur propre gestation.

De l’ésotérisme d’un "A Fallen Temple" à la grandiloquence encore mesurée d’un "Sumerian Daemons", les grecs avaient été capable de créer une discographie cohérente et ascendante, avant un split inévitable où chacun voulu voir autre chose, convaincu qu’ils ne pourraient aller plus loin dans l’image et l’esprit qu’ils se faisaient de Septic Flesh.
Cependant, Christos, en bourreau de travail, devenant véritable chef d’orchestre et créateur de Chaostar, raviva la flamme avec Seth Siro Anton et Sotiris pour aller définitivement plus loin et définir un nouveau standard, élaborer un genre à eux-seuls, aboutir à ce qui deviendra dans les années suivantes l’un des genres prisés, grâce à un aspect novateur et jusqu’au-boutiste encore inédit dans la violence, l’extrême, la complexité et la conceptualité.
Ainsi naquirent l’incroyable "Communion" puis l’immense "The Great Mass", œuvre exceptionnelle jugée presque indépassable à sa sortie voici trois ans, symbole d’un pouvoir, d’une mainmise et d’une maitrise sans commune mesure sur la scène extrême symphonique qu’ils avaient eux-mêmes fondés précédemment. Jamais personne n’avait encore créé de compositions aussi violentes, écrasantes, puissantes avec l’intégration d’un véritable orchestre philharmonique, de véritables chœurs et surtout, sans utiliser la partie symphonique au simple rang d’arrangement. Non, Septic Flesh allait dès lors bien plus loin que tous les autres, sortant du giron propre au metal. Christos ne faisait pas que de plaquer une bande-son symphonique sur des compositions déjà metal. Non, les compositions prenaient vie à partir d’une symphonique initiale, puis les guitares, les percussions et enfin le chant s’ajoutaient progressivement, devenant alors eux-mêmes les arrangements d’une musique d’abord symphonique. L’écriture était alors complètement différente, le rendu également…les claviers et l’orchestre ne suivaient pas les guitares mais bien l’inverse, conférant ainsi une connotation avant-gardiste, expérimentale ("Babel’s Gate", "Mad Architect" et bien d’autres…) et unique et rejetant très loin derrière les pourtant excellents premiers opus du groupe.

Cependant, il était évident, avec "The Great Mass", qu’arriverait le moment où aller encore plus loin dans cette direction serait impossible. Il allait falloir trouver une nouvelle quête, une épopée différente, un point d’approche permettant de renouveler le son de Septic Flesh. "Titan" fut ce défi, Titanesque effectivement dans le travail accompli mais aussi dans la difficulté d’accès que cela lui procure, là où "Communion" et "The Great Mass" furent tout de même des albums à la richesse ultime mais néanmoins très simple d’accroche.
La production confiée à Logan Mader est un premier point initialement décevant sur lequel il faut travailler pour le comprendre. Aux premiers abords, on se prend à penser à un Septic Flesh fatigué, lessivé par tant d’intensité et se retrouvant compressé dans un son trop américain et aseptisé pour lui. Ce n’est qu’à force d’écoute et d’attention que l’on comprend que ce choix se motive surtout par des ambiances bien plus sombres et démoniaques, moins grandioses et épiques certes, mais infiniment plus ésotériques et ethniques. Lors de la première écoute de "War in Heaven", le constat semble lourd. Riff étrange, break complètement à contre-temps, un Seth trivial et grave et des symphonies moins imposantes. Pourtant, ce break devient, à force de temps, une merveille d’interprétation et d’inventivité. Rarement un tel travail sur les percussions n’avait été atteint par le groupe, l’aspect tribal propre à l’Europe de l’Est ressort plus que jamais, une ambiance mortuaire et sacrificielle prend possession de la composition et le ton plus dramatique de la composition prend tout son sens. Ce n’est plus un Dieu qui vous écrase de sa toute-puissance mais un messager qui vous annonce votre mort prochaine.

Le rendu que l’on peut imaginer bordélique et incohérent au début prend tout son sens après une dizaine d’écoute. Le travail de Fotis à la batterie, moins basé sur des blast beat mais bien plus sur des variations de toms, un jeu de cymbales incroyable confère aux compositions le côté tribal évoqué précédemment, plus shamanique même. "Order of Dracul" par exemple, pourrait laisser penser qu’il se focalise sur un certain retour death metal mais il n’en est finalement rien. Les arrangements diffèrent énormément là aussi, moins cinématographiques et plus proche du folklore, avec une forte utilisation des cithares et de cuivres plus lourds et noirs que jamais, afin d’imposer cette ambiance noire et funèbre encore inédite chez eux. Si la forme peut sembler connue au début, le fond et le rendu sonore est complètement différent. C’est encore plus criant sur le génial "Dogma", abyssal dans ses arrangements de cuivres, porté par un riff lourd et le chant de cygne d’un Seth dans sa plus grande théâtralité. Les tonalités utilisés sont aussi bien plus graves, malsaines et provoquent cet aspect de folie et de schizophrénie si particulier, accentué par les interventions ponctuelles de Sotiris en chant clair.

Evidemment, "Titan" reste, tout du moins dans la forme, dans une certaine continuité des deux précédents opus et, en cela, surprend moins à certains instants. "Prototype" par exemple est assez proche d’un titre comme "Five Pointed Star" ou "Pyramid God" du point de vue « méditerranéen » des mélodies, malgré l’ajout inédit et non négligeable d’une chorale d’enfant sur le refrain, chorale qui aurait d’ailleurs (pour le bémol) méritée une meilleure mise en lumière et des passages plus intimistes pour pleinement s’exprimer (surtout lorsque l’on entend le résultat sur Imaginaerum de Nightwish par exemple). Il en va de même concernant "Ground Zero" qui rappelle beaucoup "Anubis" pour bien des aspects. A l’inverse, "Titan" retrouve une vigueur très metallique, avec un refrain très distinct et surtout un fourmillement symphonique et une chorale plus traditionnelle dans leur utilisation apportant une dynamique et une grandiloquence bienvenue pour headbanger et prendre une véritable décharge de puissance pure (à l’instar d’un "The Vampire from Nazareth"). Quant à "Prometheus", il s’inscrit dans l’optique d’une véritable soundtrack pendant près de sept minutes, dans une dimension plus contemplative (beaucoup plus de cordes que de cuivres) avec des effusions sporadiques de violence plus instaurés par des guitares très saturés et le chant implacable de Seth.

Dire que "Titan" est une déception est une vérité si l’on s’arrête à ce que l’on désire entendre de la part de Septic Flesh et l’impression qu’il donne lors des premières écoutes. Les grecs demandent ainsi une exigence de la part des auditeurs pour pénétrer les arcanes du disque, chose qui ne peut se faire après quelques écoutes superficielles. "Titan" est différent, moins cinématographique, moins écrasant et accessible pour instaurer une ambiance plus noire, glauque, voir fantomatique (l’impressionnant "Confessions of a Serial Killer" et les chants féminins qui le parcourent…) et bien plus ethnique que par le passé. Le pari est risqué mais artistiquement accompli et mérite, une fois de plus, d’être souligné car ils se refusent à stagner et répéter des formules déjà éculées (surtout à l’heure où de nombreux groupes s’inspirent ouvertement des grecs). "Titan" sera probablement moins marquant car il arrive après deux pièces maitresses, mais il est la réponse à ceux qui pensaient que le groupe tournerait inlassablement en rond en répétant les mêmes formules. Septic Flesh évolue, mute et grandi. Reste à savoir quelles facettes de cette évolution vous correspondront le plus.

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MakraM - 28 Juin 2014: A la première écoute de cet album, je n'ai pas aimé. Le titre éponyme ne m'a pas plus du tout. Mais, étant fan du groupe, j'ai voulu l'écouter plusieurs et en fait, cet album est rempli de petites perles. Les deux morceaux les plus énormes sont "Prototype", et la composition la plus malsaine qu'ils n'ont jamais écrites ; "Dogma". Très bon album, le talent et le génie sont là, c'est indéniable.
Furia - 29 Juin 2014: J'ai mieux aimé cette chronique que la précédente. Merci. Ca me réconforte car justement j'avais été déçu par les extraits entendus, je serai heureux de constater que c'est encore une fois un chef-d'oeuvre (ça m'arrangerait vu qu'ils passent au Summerbreeze :D )
mayhem13 - 30 Juin 2014: Toujours superbement écrit Eternalis, tu résumes bien l'album.
Deloth - 30 Juin 2014: Merci pour la chronique Eternalis, car elle résume assez bien mon avis !


J'ai découvert Septciflesh avec "The Great Mass" alors difficile de placer Titan au dessus, et pourtant, je trouve que les Grecs n'ont pas joués la carte de la facilité, ils ont essayé d'avancer, sans faire un "The Great Mass 2" qui aurait lui très décevant je pense.



Moi aussi j'ai été déstabiliser aux premières écoute, tout d'abords par le son, plus compressé, mais en même temps plus sombre, moins aéré que dans "Communion" et "The Great Mass". (Mais aussi dans les chansons, on à pas le droit à des trucs comme "Rising" ou "Sunlight/Moonlight" des albums précédents.) L'album se découvre clairement après quelques écoutes, même si je suis toujours moins fan de "Ground Zero"...


Les orchestrations sont plus que présentes et dans cette album de manière plus expérimentales, il suffit d'écouter "Confessions of a Serial-Killer" avec même l'utilisation d'une Thérémine, qui apporte une couleur tout à fait saisissante à l'ensemble. L'enchaînement de "Burn", "Order of Dracul", "Prototype", et la fabuleuse "Dogma" restera mon moment préféré de l'album (le chant claire sur le refrain de "Dogma" je le trouve excellent.)


Bref, j'aurais encore énormément de chose à dire mais je vais m'arrêter là. Merci encore pour la chronique.
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Chronique @ paul85

11 Août 2014

Le retour des Titans !




L'inspiration à son paroxysme !

Depuis leur reformation en 2007 et la sortie des deux chef-d’œuvre que sont Communion (2008) et The Great Mass (2011), Septicflesh n'a cessé de s'élever au rang de pilier du death metal symphonique, notamment grâce à leurs brillantes collaborations avec l'orchestre philharmonique de Prague. Les voici de retour aujourd'hui avec Titan, dont le titre n'aurait pu décrire plus justement la puissance Titanesque que renferme cet album.

Déjà au premier coup d'oeil, on constate que c'est Seth le chanteur-bassiste qui a dessiné la pochette. Son coup de pinceau est reconnaissable entre 1000, notamment grâces aux covers de Moonspell, Nile, Dagoba, Belphegor et de bien d'autres albums.

Insertion du disque dans le lecteur... A la première écoute, on remarque que le groupe à bien compris ce qui a fonctionné sur les albums précédents, et a donc renouvelé sa collaboration avec l'orchestre de Prague, qui se fait d'ailleurs encore plus présent que sur The Great Mass.
On constate également que les compositions sont plus travaillées, et s'enfoncent parfois dans le progressif. Mais à aucun moment le groupe ne tombe dans la démesure ou la simple démonstration, l'émotion est présente et l'auditeur est transporté.

Certains titres sont taillés pour le live comme "Burn", "Order of Dracul" et "Prototype" (les 3 ont d'ailleurs été joués pour la première fois au Hellfest 2014, le jour de la sortie de l'album), et d'autres ont des ambiances plus particulières et plongent l'auditeur dans une dimension onirique comme "Prometheus", "Confessions of the Serial killer" et "The First Immortal", ce qui offre un équilibre et une certaine continuité a l'album.

Au niveau des paroles, Septicflesh garde un léger lien avec la mythologie grace aux titres "Titan" et "Prometheus", mais les thèmes qu'ils approfondissent ici sont beaucoup plus modernes, touchant presque à la science-fiction. Le titre "Titan" d'ailleurs ne parle pas de la légende grecque, mais bel et bien de la plus grosse lune de Saturne que Septicflesh décrit ici comme la future Terre d'asile de l'Humanité. Les textes de "Prototype" et de "The First Immortal" tournent autour de l'intelligence artificielle, et "Ground Zero" décrit des ruines après un accident nucléaire...On a plutôt avancé de 2000 ans par rapport aux lyrics de Communion ! Mais récités par Seth et son growl caverneux accompagné parfois des chants plaintifs de Sotiris, ces textes n'en voient leurs ampleur que décuplée !
Pour revenir à la musique, le groupe nous propose une variété de sonorités et d'instruments beaucoup plus large qu'avant, avec notamment sur "Order of Dracul" des xylophones, un clavecin et ce qui ressemblerait à des percussions brésiliennes, ainsi que les apparitions régulières d'un chœur d'enfant dont l'effet fait froid dans le dos !

Au niveau de la composition, la plume des frères Antonious est ici maniée avec plus de virtuosité que jamais, toujours dans la continuité des albums précédents mais avec parfois quelques inspiration dark metal à la Triptykon sur les titres "Dogma" et "Prometheus" (dont le passage mélancolique n'est pas sans rappeler "Persepolis" de l'album Communion). La puissance dévastatrice de la batterie (que Fotis Benardo martèle avec une dextérité déconcertante ), le son glacial et lancinant des guitares, la majesté occulte de l'orchestre philharmonique, et bien sur l'énorme voix de dragon de Seth, forment autant d'éléments qui fusionnent avec perfection. Ce n'est que l'album terminé qu'on peut reprendre notre souffle, et émerger de l'univers parallèle dans lequel le groupe nous a plongé du début à la fin.

Toute cette profusion luxuriante de sombres mélopées a été ajustée dans un mixage de qualité qui a été confié à Logan Mader, ex-guitariste de Machine Head devenu producteur pour Gojira, Soulfly, Devildriver et Dagoba. Dans une interview, Christos confie que le nombre de pistes à mixer pouvait s'élever jusqu'à 300...Logan Mader a donc été aidé par un autre compositeur/producteur plus spécialisé dans le classique. Bien que la tache ne fut pas facile, le son reste équilibré, et on se délecte de chaque instrument à sa juste valeur.

Avec Communion puis The Great Mass, Septicflesh avait mis la barre déjà très haut. Surpasser ces œuvres pharaoniques relevait presque de l'impossible. Et pourtant, le combo a de nouveau remporté le challenge, et une question reste entière: Sont-ils capables d'aller encore plus loin ? En attendant le prochain album, savourons pleinement celui-ci qui recèle autant de génie qu'on pouvait en attendre de Septicflesh, un groupe qui n'a pas fini de repousser ses limites.

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