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Qu’en est-il musicalement ? Sumerian Daemons est le résultat de cette amitié fraternelle qui fonda le groupe. Sotiris apporte un art très mélodique, Spiros (rebaptisé Seth) une volonté puissante, violente, pleine de superbe, son frère Chris un art atmosphérique et une complexité architecturale qui approfondit et développe l’apport des deux premiers. Puis, tout cela se mixe, fusionne, se complète ou se répond dans un accord parfait, plein de morbidesses délicieuses, de grâces musculaires, dont la rhétorique vigoureuse pénètre aux tréfonds de l’âme. Car la musique de SEPTIC FLESH n’est pas l’expression d’une sensation superficielle, au contraire du commun des autres groupes. Les mélodies ont pour objectif de traduire chez l’auditeur, de réveiller en lui, ou lui faire prendre conscience, des instincts et des préjugés moraux les plus ancrés en sa conscience. Toutefois, ce n’est plus la conscience desséchée de la philosophie hellénistique, ni de notre rationalisme. Notre conscience purement abstraite reprend en effet chair, au moyen d’une transsubstantiation réalisée par le biais de cet art dionysiaque (comme disait Nietzsche) qu’est la musique. Dès lors, c’est une philosophie apollinienne qui se découvre : le fameux « Connais-toi toi-même », qui signifie « Remets-toi en cause, dans ce que tu as de plus cher, de plus précieux, dans tes certitudes les plus mûres ». Apollon, dieu du Soleil, de la divination et des arts, de la Sagesse. Sumerian Daemons invoque donc cette osmose désirée par tous nos grands poètes et philosophes (c’est un pléonasme…) nietzschéens depuis un siècle, à savoir : la réconciliation d’Apollon et Dionysos, oubliée depuis cette maudite philosophie des Lumières. À ceux qui m’opposeront le titre de l’album : « Démons sumériens », ces Sumériens dont la civilisation se situait dans l’actuelle Irak, je répondrais à une telle incurie que les échanges spirituels ne manquaient pas entre la Grèce et l’Orient antiques. Platon fut même accusé d’être plus Perse que Grec ! J’ajouterai que « Daemon » est un mot grec signifiant l’essence de l’âme, plus précisément l’éthique, par opposition à la morale. L’éthique se définit en effet comme la critique de la morale, comme un jugement sur la valeur, la vertu. C’est connaître la valeur de la valeur : par delà Bien et Mal, disait Nietzsche. Le « Daemon » était d’ailleurs constamment invoqué par Socrate pour justifier l’origine de ses arguments, de samaëutique, de sa dialectique. Mais, pour en revenir à l’union des caractères apollinien et dionysiaque, cette résurrection s’opère par un étrange syncrétisme. SEPTIC FLESH est né à une époque rationaliste dont toute la sève héritée du Moyen-Âge est épuisée. Lors, il a pioché son inspiration dans plusieurs époques et continents. Ce qui donne ce caractère à la fois antique (lumineux), moyenâgeux (chœurs grégoriens), industriel (samples), orientale (arabesques mélodiques et le chant soliste féminin), moderne (Thrash-Death-Black Metal extrême) et classique (Wagner et Carmina Burana de Carl Orff), à sa musique. Mais, à tous ces éléments d’un autre temps, ou du nôtre, desséchés, SEPTIC FLESH a su donner une âme, qui les lie en un Ordre unique, majestueux, impérial. Un Ordre nouveau, donc inhabituel, et ainsi difficile d’accès. Spiros domine sur cet album. Il en est le chef d’orchestre et le soudeur. La basse est omniprésente, d’un son monstrueux, joyeuse et sautillante de mélodies recherchées (ce qui est rare pour cet instrument). Sumerian Daemons n’évite pourtant pas les imperfections : la symbiose musicale entre Chris, Spiros et Sotiris connaît des ratés, et certaines mélodies sont parmi les plus mauvaises écrites par SEPTIC FLESH. L’on sent que le groupe nous dit adieu, qu’il nous offre un aboutissement, non plus un jalon dans sa carrière. Mais l’ambition est si gigantesque, l’aventure harmonique si profonde et originale, que l’auditeur peut bien passer outre ces disharmonies, face à la pluie de délices qui le trempe pour le restant de sa vie. Si, passé la découverte de ce style, un seul album doit vous traumatiser dans la vie, en transformant votre manière de la voir et de l’appréhender, ce sera à l’évidence Sumerian Daemons. SEPTIC FLESH est le thaumaturge qui dans une époque de décadence et de dégénérescence, sait créer de la vie en piochant les éléments cadavériques épars. Je crois que l’art plastique et photographique de Spiros en est la plus parfaite expression. C’est le coté mortuaire. La face lunaire, sélénite, se révèle par le caractère sombre (doom-grind dark) de l’album. Sumerian Daemons ou La Mortuaire sélénite.
Enregistré au Fredman Studio, cet album est particulièrement sombre et occulte. Assez brutal et mystique, le groupe a franchi certaines étapes importantes qui lui procurent un son imposant mais également des morceaux rapides et orchestraux comme le groupe n’en a jamais fais de tels. Cet album est un rapprochement entre ce groupe et les Dieux et Démons (esprits reliant les Hommes aux Dieux) de la Grèce Antique. Très passionné de mythologie et de civilisation (en particulier la civilisation Sumérienne qui est une des premières civilisation humaine), le groupe a ainsi tenu à rendre hommage à des choses qui leur tient particulièrement à cœur. Pour le guitariste du groupe (Sotiris Vayenas), la musique de Septic Flesh « célèbre les mystères de la vie et révèle la lumière émanant de l’obscurité ». Pour ma part j’ai trouvé cet album très mélodique et absolument passionnant, la musique vous prend de l’intérieur et ne vous lâche uniquement lorsque l’album se termine. Bien que peu connue dans le monde, la scène grecque recèle quelques beaux bijoux dont fait partie Septic Flesh et Sumerian Daemons n’est pas là pour le conterdire. Un album de Death Symphonique novateur qui montre une fois pour toute que Septic Flesh (et également la scène grecque) promet beaucoup pour un futur plus ou moins proche (maintenant que ce groupe a splitté, il faut espérer en trouver un autre d’aussi bonne qualité, mais je ne me fais aucun souci là-dessus).
Avec les projets Chaostar, faisant penser à des musiques de Films de science-fiction, et un "Revolution DNA" de Septic Flesh qui est beaucoup plus Rock/Electro que Metal, après avoir Transcender le Death Mélodique avec "Esoptron" le 2 ème album puis explorer le gothic dans "A Fallen Temple", je pense qu'aucun auditeur, et même un fan comme moi (je dois l'avouer), n'aurais pu imaginer qu'ils allaient mettre un grosse claque en incorporant un côté brutal jusque là encore peu développé dans leur musique. Et c'est là toute la puissance de cet album, dans la surprise d'une part, mais surtout dans l'art de mêler une extrême brutalité à des parties toujours plus ambiantes et plus maîtrisées, marque de fabrique du groupe. La voix et redevenu super grave, et il est vrai que le batteur est un véritable marteau-pilon !!!!! La pochette est très travaillée, et permet déjà de ressentir cette ambiance assez noire et apocalyptique qui se dégage dans le disque. Pour terminer, le son est énorme, et je pense que si la production était un petit peu moins chargée en grave, cet album serait une perfection métallique. Sur ce, allez l'acheter et je vais me le retaper tiens...
La double grosse caisse mène le morceau à un rythme infernal, les guitares suivent et Spiros à la voix gutturale amplifie ce déchaînement inhumain de violence à l’état brute ! Le morceau accélère, ralentie, repart, et on combien merveille du cd, on a droit en fond à des chœurs. Oui oui… des chœurs… Sceptic Flesh tente un mélange des plus saugrenu (mais cependant très réussi), et insère des chœurs sur presque tous les morceaux avec la voix divine de Natalie Rassoulis, donnant à l'album un côté très goth. Sceptic Flesh serait-il l’inventeur du death gothic ? Quoi qu’il en soit, tous les morceaux de l’album le confirment, il s’agit cependant plus de death que de gothique, cet aspect la venant uniquement enrichir des morceaux principalement puissants rapides et… violents !
Fruit d'une collaboration étroite entre ses membres et d'une autre méthode de composition, voici Sumerian Daemons, qui devrait convaincre les plus imperméables à ses précédents efforts que Septic Flesh a bien renoué avec son style d'origine et a abandonné l'expérimentation. Comme tout les groupes qui proposent un death metal habillé d'orchestrations ou de mélodies atmosphériques, gothiques ou autres, Septic Flesh a subi des reproches, comme le groupe Nile, de la part des Grands du Death (qui les accusent d'habiller leur musique pour cacher leur mauvais jeu). Septic Flesh a su prouver qu'il pouvait écrire du Death Metal contondant, et capable de rivaliser avec ces mêmes Grands. Après un introduction bombastique digne des grands opéras, chargée en orchestrations et en choeurs, le premier véritable titre "Unbeliever" arrive. C'est un bon morceau death, violent, saturé. La voix de Spiros (désormais Seth) est encore plus imposante qu'auparavant. À côté d'une rythmique en acier et des guitares lourdes et heavy, des choeurs et des orchestrations légères viennent adoucir une musique pourtant vraiment violente. Les orchestrations de Septic Flesh ne sont pas là pour cacher quelque chose (au contraire, elle l'habille, le rende plus beau et puissant). La chanson suivante, "Virtues of The Beast", démarre en douceur. Seth et quelques choeurs viennent rompre ce silence peu après. Beaucoup plus mélodique que son compère précédente, ce titre marquera beaucoup plus facilement que "Unbeliever". Le titre suivant se nomme "Faust" et ce n'est pas peu dire. Il débute en douceur également avant de partir de plus belle dans un death heavy à souhait ! Fotis use sans arrêt de ses cymbales dans ce titre. Les choeurs se font plus importants qu'à l'accoutumée. Seth use de son timbre de voix digne d'un géant, sans parcimonie. Encore un très beau titre… à ajouter parmi les meilleures de Septic. "When All Is None" change la donne : il débute avec un intro guitare assez heavy et s'adoucit ensuite. Même la voix du démon se fait douce (tout est relatif). Une mélodie atmosphérique plane sur cette chanson et tisse une ambiance tout à fait particulière (et qu'on ne trouve que trop rarement). Vient ensuite une charmante chorale qui ouvre "Red Code Cult". La chanson part avec une abondance de doubles pédales et de hurlements glauques… pour se calmer peu de temps ensuite et pour mieux repartir. Riches en changements de rythmes, beaucoup trouveront cette chanson ratée. C'est pourtant une des plus belles pièces de "Sumerian Daemons". La suivante ("Dark River"), avec sa mélodie à la guitare si particulière, nous rapproche du Death mélodique voir atmosphérique. Soutenu par des voix féminines, Seth utilise la noirceur de sa voix comme un atout. Un autre grand morceau. "Magic Loves Infinity" débute plus en douceur, une atmosphère démoniaque planante tout au long de l'intro (annonciateur d'une chanson des plus sombres). Cris, guitares tranchantes et rythmique en fer forgé définissent le refrain. On a guère l'occasion de parler des finals dans les chansons du groupe, alors parlons-en ! Ce morceau est clôturé par un long instrumental à la guitare (sublime !!), qui redémarre de plus belle avec Seth et une femme au chant. "Mechanical Babylon", morceau des plus death avec des orchestrations à mille lieux des pompeux efforts de Within Temptation. Des cris travaillés et une mélodie riche, voilà comment on pourrait la décrire. "Infernal Sun" et son introduction à la guitare : planant ! Avec des rugissements dignes d'un dragon, Seth et sa basse propulsent son chant qui devient "instrument à part entière", se mariant parfaitement aux autres instruments. De suite, "The Watchers" poursuit la lignée du morceau précédent avec des guitares bien présentes (et un chant brutal), en alternance parfaite avec la mélodie (douce) qui nous parvient "de temps en temps". Une chorale imposante - digne de Therion - soutient Spiros Antoniou lors d'envolées lyriques de toute beauté ! Enfin, la dernière chanson : "Shapeshifter" D'emblée, elle calme la donne avec une ouverture planante, atmosphérique et quelques éléments électroniques. Des voix douces et fragiles de femmes se font entendre, suivi de celle d'un homme "mixé jusqu'au maximum". Ce n'est qu'au bout de 1"50 environ que les décibels éclatent et que Seth hurle (et les guitares qui explosent). Toujours accompagné de ses choeurs féminins, Seth hurle des phrases de temps à autre. Avec un final réussi qui rappelle l'introduction, ce titre est un bon choix de clôture de ces 50 bonnes minutes de Death Metal, tintés d'influences black / gothic / dark et classic. Sumerian Daemons est de loin l'un des meilleurs albums de nos chers Grecs. Ce n'est pas, à proprement parler, leur album le plus varié, mais il est si justement influencé : un peu de black par ici, un peu de gothic par là, beaucoup de Death ici… La musique de Septic Flesh a su évoluer avec le temps, loin des groupes qui proposent "jusqu'à 6 fois" le même album. Nos grecs proposent à chaque fois des albums différents, variés, influencés… Bref, de la musique quoi !!! Sur ce, je vous laisse écouter ce groupe qui mérite l'attention des gens, qu'ils soient passionnés de Métal ou non !
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