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Death Gothique Septicflesh Mystic Places of Dawn
Album, date de parution : 1994 - Season Of Mist / Holy Records
Style: Death Gothique
1 2

NOTE : 17/20
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Tracklist
Re-Issue in 2002 by Holy Records
Re-Issue in 2013 by Season Of Mist
1. Mystic Places of Dawn 06:15
2. Pale Beauty of the Past 05:57
3. Return to Carthage 03:40
4. Crescent Moon 08:25
5. Chasing the Chimera 04:50
6. The Underwater Garden 06:50
7. Behind the Iron Mask 03:11
8. (Morpheus) the Dreamlord 06:58
9. Mythos 08:48
a/ Elegy
b/ Time Unbounded
Bonustracks (Re-Issue 2002 and 2013)
10. Erebus 05:27
11. Another Reality 04:41
12. Temple of the Last Race 07:25
13. Setting of the Two Suns 04:08
Total playing time 01:16:35

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55 avis 3 17/20
Chronique
17 / 20
    eulmatt, Samedi 01 Mai 2010 parlez-en à vos amis  
une atmosphère antique tellement prégnante qu'elle est une invitation dans un voyage dans le passé

C'est en 1990, à Athènes, que naît Septic Flesh, dans la nébuleuse de la scène extrême grecque - l'un des plus vivaces foyers européens de black metal (Rotting Christ, Necromantia, Varathron...). Formé par les frères Antoniou (Christos et Spiros) et par Sotiris Vayenas, le jeune groupe emprunte très tôt une voie différente de ses grands frères. Sa première démo, Forgotten Path (ressortie en 99), montre un death metal assez obscur mais encore incertain, mêlant des éléments thrash/death primitifs et des inspirations plus heavy metal, avec quelques touches cérémonielles pouvant évoquant par moments du vieux Paradise Lost. Suivant ce premier brouillon, un EP nommé Temple of the Lost Race permet d'esquisser plus précisément la personnalité artistique du groupe, en rajoutant les premiers éléments symphoniques qui vont faire de Septic Flesh l'un des précurseurs d'une nouvelle approche du death metal, où les claviers et orchestrations ont leur place. Tandis qu'au nord de l'Europe, on se focalise sur le doom-death britannique ou sur l'étonnant Tiamat qui rompt avec les standards de ses confrères suédois, c'est dans le sillage d'un compatriote de cette même veine musicale, Nightfall (première signature du jeune label français Holy Records), que Septic Flesh va grandir. A son tour signé par l'écurie française, qui ne démentira jamais son goût pour le metal grec, le trio, accompagné du batteur de Nightfall justement, enregistre son premier album (produit par le leader de Necromantia), Mystic Places of Dawn, qui sort en 1994.

Dès le titre éponyme, force est de constater que le groupe a déjà acquis une maturité musicale absolument bluffante. De son death metal originel, on retrouve le growl sépulcral de Spiros, la lourdeur et la puissance des fondations rythmiques, la maîtrise du tempo oscillant méthodiquement entre structure plombée, accélération enlevée et du blast nerveux utilisé à bon escient (même si le jeu du batteur de session n'a pas la même finesse que celle des autres musiciens). Cette structure granitique à la croupe puissante est le premier étage du monument, déjà fondamentalement différent du death mélodique scandinave. Ce qui frappe ensuite, c'est la finesse d'écriture et l'implacable justesse de la construction mélodique. A la fois très complexe dans les enchaînements de ses construction à tiroirs, et très cohérent, le morceau reste centré autour d'une ligne mélodique superbe, emprunte de majesté, lourde en émotion et en atmosphère mystique. Riffs furieux et emballants, breaks aériens et émouvants, envolées lyriques, blasts surmontés de claviers symphoniques: Septic Flesh réussit l'étonnant tour de force de construire un univers immersif chargé d'émotion, en six minutes étonnamment homogènes, sans tomber dans la moindre linéarité. Son death metal, symphonique donc, progressif d'une certaine façon, néo-classique dans sa structure implacable qui ne laisse rien au hasard, évoque un univers antique, l'odeur des vieilles civilisations méditerranéennes, avec la magie de leurs mythologies.
Le tour de force en est vraiment un, puisque les 55 minutes du disque sont du même acabit...la superbe nostalgie de Pale Beauty of The Past, sa justesse mélodique et sa profusion émotionnelle; la furie brutale des Return to Carthage ou Behind The Iron Mask, magnifiée par des claviers au souffle épique; la magie de Crescent Moon, sa longue montée paroxystique qui s'amuse à jouer entre passages initimistes (où le superbe jeu de basse de Spiros fait merveille) et les élans monumentaux où riffs de fer et claviers magnifiques donnent le sentiment de parcourir des mondes mythologiques antédiluviens; le jeu clair obscur très gothico-progressif de The Undervater Garden...malgré sa durée, le disque s'avale assez facilement, sans véritable creux, preuve d'un talent incontestable et éclatant.

Jamais alambiquée, l'approche musicale des Grecs étonne par son ambition. Le jeu des guitares, s'appuyant la plupart du temps sur des mélodies assez simples, prend un relief étonnant dans la manière de se compléter, soit en contraste avec d'un côté un jeu puissant et basique complétant un lead lyrique aux inspirations heavy, soit dans un jeu entremêlé plus mélodique (avec souvent beaucoup de reverb, ce qui ajoute une note singulière, alors que pour les riffs plus massifs, la production un peu sourde peut gêner). L'ajout d'orchestrations (claviers, percussions), sans jamais donner dans le kitsch ou l'exubérant, vient parfaire cette construction parfaitement équilibrée, et lui donner une profondeur étonnante, qui contribue au rendu monumental du disque. Monumental, l'adjectif qui lui convient le mieux. Parce que son atmosphère antique est tellement prégnante qu'elle est une invitation dans un voyage dans le passé, dans cette civilisation aux parfums helléniques et orientaux sublimes. Et comme pour confirmer le caractère hautement symphonique du disque, celui-ci se clôture sur presque neuf minutes d'instrumentale, où les élans classiques au goût de mythologie grecque achèvent de convaincre du talent de composition du trio. Bien entendu, la débauche d'enchaînements peut dérouter les amateurs de compositions plus classiques, tant Septic Flesh va loin dans cette profusion. Ceux-là pourront se rassurer en sachant que les Grecs parviendront à simplifier leur écriture et à gagner en efficacité sans que l'ambiance en subisse le préjudice, sur les albums suivants...pour ma part je resterai éternellement sous le charme de ces envolées lyriques démonstratives aux contours un peu rêches, ce mélange d'art primitif et de baroque...

Avec sa lumière, son souffle épique, son mysticisme parfois poignant, Mystic Places of Dawn reçoit un accueil enthousiaste de la part de bon nombre d'amateurs de metal extrême. Son approche symphonique se démarque non seulement du death metal traditionnel, mais également du doom-death ou des premiers balbutiements du metal gothique, par son côté monumental et cérémonieux très ambitieux. Une preuve avant l'heure que le black metal n'est pas le seul à pouvoir cumuler approche extrême et élans symphoniques.

L'album reste à ce jour l'un des plus grands disques de la scène grecque, et une référence incontestable du metal symphonique. Et accessoirement, l'acte de naissance d'un des rejetons les plus doués de la scène extrême.




17 Commentaires
Chronique
17 / 20
    dark_omens, Samedi 10 Mai 2014 parlez-en à vos amis  
Un premier pas monumental...

A force d'abnégation, d'acharnement et de talent, les Grecs de Septicflesh auront acquis une digne renommée dont Summerian Deamons (2003), Communion (2008) et The Great Mass (2011) seront les témoignages vivants les plus méritoires. Bénéficiant d'une aura quasi mystique faisant, peu ou prou, l'unanimité auprès d'un vaste auditoire conquis, et forçant le respect d'une assistance moins acquise à sa cause, certains de ses albums seront même devenu des objets de culte dont la rareté précieuse est avérée. La version originale de Mystic Places of Dawn, premier véritable album de cette formation sortie en 1991 et produit par Magus Wampyr Daoloth (Rottig Christ, Nekromantia...), est, par exemple, devenu une des icônes introuvables emblématiques de cette religion. Une première réédition voit le jour dans la première moitié des années 2000 sous l'impulsion d'Holy Records. En cette année 2013, une nouvelle version de ce graal culturel sort sous l'égide du label Season Of Mist.

Pour débuter ce laïus, comment ne pas comprendre l'engouement autour d'une telle œuvre? Comment, en effet, dénigrer ce manifeste qui n'accouche certes pas encore tout à fait du style définitif de Septicflesh, mais qui en propose déjà une version très satisfaisante dans laquelle on peut percevoir quelques-unes des superbes particularités de ce que sera bientôt l'identité artistique si atypique de cette formation hellène? Et ainsi, à la fois très brutal, très vif et très direct, mais aussi très travaillé, apaisé et très atmosphérique, ce disque empreint de cette majesté cérémonielle exhalant ces parfums délicieusement antiques dont Seth Siro Anton et ses complices ont le secret, nous séduit avec aisance. La prouesse de cette solennité poignante est d'autant plus remarquable qu'à l'époque cette grandiloquence est distillée avec une rare subtilité, dont d'aucuns feraient bien de s'inspirer, sans le renfort tonitruant d'orchestres philarmonico-symphonique. En résumé Septicflesh construit ici ces morceaux aux ambiances riches alternant des passages lents et épais à d'autres à l'âpreté vive et dévastatrice.

Pour en finir avec les spécificités de ce groupe, évoquons aussi les talents de son chanteur dont les interventions gutturales sont magnifiques. Fréquemment mis en exergue pour ces vertus musicales, sa capacité à créer des atmosphères splendides, ou pour son emphase mesurée et intelligente, il est fort regrettable d'omettre aussi souvent les qualités de ce vocaliste.

Quoi qu'il en soit, illustrant parfaitement toutes ces valeurs, citons les splendides Mystic Places of Dawn, Pale Beauty of the Beast, Return to Carthage, Crescent Moon ou encore, par exemple, Chasing the Chimera. L'instrumental Mythos (Pt 1 Elegy – Pt 2 Time Unbounded), quant à lui, affiche déjà quelques velléités supplémentaires dans cette volonté symphonique.

En outre de toutes ces bonnes impressions, il ne faudrait cependant pas oublier que cette réédition de Mystic Places of Dawn est le reflet d'une autre époque et qu'à ce titre il garde, malgré le travail effectué sur l'œuvre initiale, un son plus brut et plus primitif que celui dont use aujourd'hui le groupe. D'aucuns pourraient donc être un peu déstabilisés

Que dire de plus sinon qu'une fois encore, tout comme la version précédente, cet opus est agrémenté du mini cd Temple of the Lost Race sortis en 1991?

Peut-être faudrait-il évoquer sa pochette étrange et malsaine qui ne saurait contenter tout le monde. Elle est, en effet, très particulière. Avouons tout de même que ce défaut, mineur en comparaisons de tous les mérites de cet opus, ne saurait vraiment entraver notre plaisir.

Monumental premier pas, ce Mystic Places of Dawn, nous propose une vision tout à fait admirable du Death Metal Symphonique et Gothique de Septicflesh. Manquant encore un peu de maturité, de simplicité et d'efficacité, il échoue de peu à atteindre les honneurs ultimes d'un panthéon promis à ce groupe grec. Une consécration qui, cependant, viendra bientôt.


# Cette chronique concerne la réédition de 2013.




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