 15 / 20 |
|
Je parie que si je vous dis "Suède", vous allez directement penser "pays du Death Mélodique". Et... Vous n'aurez pas tort. Satariel sort bel et bien du même moule que Soilwork, In Flames, Dark Tranquillity et consorts. Sans compter leurs petits voisins comme Insomnium, Fear My Thoughts, Naildown... Je crois que c'est bon en ce qui concerne les énumérations pompeuses. Alors, je vous le donne en mille, nous avons affaire ici à un mix de tous ces fanas de mélodies.
Depuis 1993 que Satariel officie au sein de notre Metal chéri, et les musiciens ont bien appris leur leçon : riffs puissants, soli, voix growlée lors des couplets et majoritairement claire pour les refrains. Pour accoucher d'une musique plaisante à écouter, ce n'est pas plus compliqué. De même, il semble que l'originalité soit passée à la trappe.
C'est à chaque fois le même problème : une pochette attire l'œil, on se sent obligé d'écouter (chez le disquaire, sur un cd sampler ou encore sur youtube) pour voir ce que ça donne. On est à peu près sûr, après avoir vu "made in Sweden" et remarqué ici ou là le qualificatif "Melodic Metal", que l'on aura droit au même plat réchauffé à nouveau, sans doute une fois de trop. Pourtant, on tombe à chaque fois sur ces riffs, du genre de ceux qui nous griffonnent les tympans tout en nous envoûtant, puis nous font secouer la tête, un peu comme celui du morceau Claw The Clouds, ou encore de The Springrise (celui du titre d'ouverture, The Freedom Fall, étant - chose étrange - plus mou que les autres, plutôt tourné Dark que Death Metal). Ensuite, pour peu que le penchant plus "doux" (gay, vous diront certains, allez comprendre) dont peut faire preuve le Metal soit capable de nous toucher, on se laisse happer dans un refrain emmené par une voix claire et apaisante, bien que parfois un peu plus "nerveuse". Cela ne surprend plus personne, mais que voulez-vous, il arrive que l'on se laisse avoir, surtout si, à l'instar d'un Insomnium ou d'un Dark Tranquillity, le groupe se permet d'inclure à son brûlot une atmosphère relativement sombre.
Alors oui, Hydra est bel et bien un album excellent qui aurait fait fureur il y a quelques années, plein d'énergie, plein de feeling, de riffs typiques du genre, de refrains épiques qu'il est plaisant d'écouter à de nombreuses reprises. Mais il manquera dorénavant toujours un élément essentiel à ce style devenu si simple à consommer : le cœur (qui induit forcément l'émotion véritable, le sens du risque et de la composition surprenante). Un type de couplet par chanson, un refrain, un beau solo, et... Quoi, "et"? C'est déjà bien, non?
Comment dire... Si l'on avait l'intention de se payer un disque dans le but d'avoir une musique de fond sympathique, que l'on n'a qu'à laisser couler alors que l'on s'attelle parallèlement à une autre activité, oui, ce n'est pas si mal. Mais si l'on espérait se prendre la baffe de l'année, ou même du mois, c'est pas gagné... Si l'on voulait se laisser entraîner en terrain inconnu à l'aide d'une musique qui ne permettrait pas que l'on ose prêter un seul instant attention à autre chose, c'est carrément raté.
D'un autre côté, aucun titre n'est mauvais, et ils bénéficient tous de refrains particulièrement efficaces et mémorisables (The Freedom Fall ; Be You Angel, Be You Beast ; Claw The Clouds ; 300 Years Old ; croyez bien que j'en passe), ce qui peut être un énorme plus. Peut-on blâmer un album sur lequel rien, techniquement et mélodiquement parlant, ne nous a dérangé? Je pense que oui, en se rappelant que la musique est une création, pas seulement une copie, pâle ou non, de ce qui a déjà été fait. Sur cette voie, on finit souvent - à moins d'avoir la chance de son côté - par manquer d'intérêt aux yeux des auditeurs un tant soit peu exigeants. Il ne s'agit bien évidemment pas de créer un genre nouveau sur chaque disque, mais juste de remonter ses manches et tenter de pondre autre chose que l'archétype même de l'album de Death suédois.
Grâce à son talent insolent, et à quelques finesses (apparitions bien senties de claviers par moments, voix growlée très efficace, son peaufiné au maximum sans faire, pour une fois, trop "clean", ...), Satariel garde fièrement la tête hors de l'eau avec son Hydra. Espérons pour eux que ce requin nommé plagiat, parfois accompagné de son cousin auto-plagiat, ne vienne pas nager dans les mêmes eaux, car sa rencontre pourrait être un vrai désastre.
15/20
0 commentaire |