PORTAIL : SPIRIT OF METAL | SPIRIT OF ROCK
login :
Inscription   Pass perdu ?   
 
Liste: # A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
  
Liste par genre  
Liste des groupes Heavy Metal Satan Jokers S J 2009
CD paru enMars 2009 - XIII Bis Records
Satan Jokers : S J 2009, chronique, tracklist, mp3, paroles

ajouter les paroles de l'album
NOTE : 18/20
Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. Silicone Baby
2. U.S.A. (Union Sacrée Des Assassins)
3. Voodoo
4. Combat
5. Paris Nuit
6. Indien De Demain
7. Mouroir
8. Electrique
9. 200 Chrono
10. Addiction (Souffrir Avec Moi)
11. Ma Guitare
12. Lunettes Noires
13. Professionnelle
14. Sorcier (Remix 2008)


modifier l'album  imprimer cet article
possédé par 11 membres Album suivant
ajouter une chronique Album précédent
11,42 €
Chronique
15 / 20
    dark_omens, le Dimanche 07 Juin 2009 parlez-en à vos amis  
En ce début des années 90 l’incapacité d’une nouvelle scène française Heavy Metal, et dans une moindre mesure Hard Rock, à se décomplexer face à la présence, et même l’absence, d’un Trust reste embarrassante. Une pleine réussite pour la bande à Bernie dont l’ombre omniprésente pèse sur une scène sclérosée qui ne cesse de tenter d’en devenir le légataire légitime assumé ou non. Cette relève figé dans ses errances n’a de cesse de lui rendre des hommages appuyés, plus ou moins évident, plus ou moins talentueux, dans des stigmates visiblement adulateur, et non désintéressé, là où la recherche de sa propre voix eut été bien plus salutaire. Cette inaptitude conjuguée à l’impuissance de bon nombre des « anciens » de cette scène à se projeter vers un avenir créatif plus novateur, restant quelques peu sourd à l’émergence de nouvelles tendances plus agressives signera le commencement d’une fulgurante agonie qui entrainera quasiment tous le monde, les bons et les moins bons, dans sa chute. Cette radicalisation illustrée par l’avènement de nouveaux groupes bien plus belliqueux tels que Massacra avec son Final Holocaust, ou que Loudblast et son Sensorial Treatment, par exemple, accélérera encore une issue fatale. Ainsi les musiciens bien trop passéistes tels les Blasphème, Sortilèges, Warning, Nightmare, qui firent les heures les plus glorieuses d’un paysage artistique à l’essence identitaire riche, variée, intéressante, unique, remarquable en somme, n’eurent plus d’autres choix que le silence. Condamnant, de ce fait, aussi, les plus talentueux et visionnaires d’entre eux. Aux bancs des accusés, on peut aussi évoquer ce particularisme hexagonal du choix de la langue française qui, quoiqu’on en dise, n’aura, à l’époque, jamais séduit autre chose qu’un microcosme francophone plutôt étroit.

De cette hécatombe seul ceux qui, déjà depuis longtemps, proposaient une vision plus véhémente de leur musique et ceux qui tentèrent de se convertir à l’anglais survivront. Ainsi Killers, Vulcain et leurs Heavy corrosifs, mais aussi ADX et son Weird Vision, ainsi que quelques rares autres, continueront sur un chemin périlleux où le moindre faux pas, la moindre expiration hasardeuse, le moindre morceau moins accrocheurs leurs compliquera sacrément la tâche. Tant et si bien que nombres d’entre eux, handicapés aussi, il faut le souligner, par des structures et un soutien quasi inexistant en leur terre, d’un public et d’un business qui préfère applaudir et aduler au-delà de ses frontières tous ceux qui chantent dans la langue de Shakespeare, finiront par avoir définitivement raison de la plupart.

Et puis vint Manigance.
Plus de dix ans après.
Et avec lui un certain renouveau du Heavy Metal hexagonal, regain qui fut ravivé par la fougue et le talent de ces palois. Aidé pour cela de cette nostalgie et de sa capacité indéniable à produire de la musique à la fois très contemporaine et à la fois influencé par un certain héritage du passé, le groupe sut réussir là où les autres échouèrent. Audace parmi les audaces, Didier Delseaux et les siens se permirent même cette prouesse délicate que plus personne n’osait ici, ou alors, de manière très anecdotique : le chant en français. Trust n’étant plus que l’ombre de lui-même, plus rien ne s’opposait à ce que cette scène ne reprenne vie. Poussé par l’engouement d’un public désireux de retrouver ces émotions passés, les groupes, anciennes gloires, ressuscitèrent les uns après les autres.

Dans cette vision d’une musique union de divers univers, il n’était pas absurde, bien au contraire, que le plus avant-gardiste des groupes qui donna naissance inconsciemment aux prémisses de la fusion, Satan Jokers, ne renaisse de ces cendres. Et c’est articulé autour de quelques grands noms de la scène française, notamment de Marc Varez (Vulcain, Blackstone) à la batterie, mais aussi d’Olivier Spitzer (Stators, Rebel) et de Michael Zurita (Gogol 1ier, Tai Phong) aux guitares, ou encore de Pascal Mulot (Steve Vai, Blues Saraceno) à la basse, que Renaud Hantson (Chant, Batterie), entre Furious Zoo et sa carrière solo, décide, après, aussi, le succès d’un album live sortis en 2005, Satan Jokers Best of Live, et d’une compile, Hardcore Collectors sortis en 2008, de faire revivre le plus ardent de ses rêves.

D’emblé ce cru 2009 de Satan Jokers s’inscrit dans une certaine mouvance Heavy Metal résolument moderne. Loin de s’égarer dans les stigmates les plus pesant et les plus poussiéreux d’un passé qui serait ridiculement anachronique, et dans lequel, d’ailleurs, il ne se laissait déjà pas enfermé à l’époque alors qu’il semblait normal de respecter le legs d’une certaine tradition séculaire, Satan Jokers nous offre un premier titre, Silicone Baby, très actuel aux riffs nerveux, au tempo véloce, à la double grosse-caisse ravageuse ; où le timbre écorché d’un Renaud Hantson, loin du lyrisme ambiant parfois un peu trop solennel du genre, sert admirablement le propos. Satan Jokers c’est assurément de la musique d’aujourd’hui, épuré de ces sempiternelles et obligatoire envolés mélodiques asséné à coup de synthé omniprésent, et de l’emphase grave et grandiloquente d’orchestration classique. Si ce premier morceau est indéniablement rapide, il ne constitue pas réellement la ligne directrice d’un album suffisamment varié pour offrir les plaisirs sincères et simple d’une véritable réussite, et, d’ailleurs, excepté sur l’excellent 200 Chrono, on ne retrouve nulle part cette vélocité. La musique de Satan Jokers n’en demeure pas moins vive, et succulente, sous les riffs simples étonnamment efficaces de titres tels que Combat, ou d’Indien de Demain, duo avec Zouille (Sortilèges) enrichis de quelques ambiances occidentales. En réalité chaque morceau possède cet intérêt propre qui réside dans le soin apporté à certains détails de composition. Les énoncer dans une longue litanie monotone, et ce afin de leur rendre l’hommage qu’ils méritent serait ennuyeux et priverait l’auditeur du plaisir de la découverte. Citons tout de même, pêle-mêle, le très bon refrain d’un Mouroir plus Hard que véritablement Heavy; ou bien la trame émotionnelle adroitement construite sur une excellente ballade, Addiction, qui, loin de sacrifier au mièvre habituel de l’exercice, jette l’auditeur au milieu de sentiments émouvant. Ou encore sur un superbe Ma Guitare, au refrain savoureux et au solo Rock. Mais aussi sur un très bon Lunettes Noires, ou quelques lignes de chants rappellent, comme un clin d’œil, l’intro d’un Immigrant Songs d’un certain Led Zeppelin, excusez du peu, et ou le refrain est, encore une fois, un véritable bonheur. Tous ces éléments témoignent, sans contexte, d’une intelligence de composition assez rare.

A retenir des défauts, car il est essentiel de garder toute objectivité, on peut noter la longueur d’un album un peu trop long, où certains morceaux un peu moins, et j’insiste sur le "un peu", évidents aura tendance à faire baisser l’intensité d’un opus, pourtant, très intéressant. La conséquence pourra amener certains d’entre-nous à une authentique lassitude face à autant de titres, d’idées, de nuance, de subtiles variances. Il faut aussi signaler cette pochette des plus hideuses. Au-delà de ces petites imperfections, on notera, aussi, l’aspect totalement désuet d’un morceau comme Sorcier (Remix 2008) qui, même s’il possède toutes les qualités nécessaires à notre contentement, et qu’il fut, aussi, l’élément déclencheur de cette résurrection, parait bien étrange au milieu de ces textes traduisant des inquiétudes bien contemporaines (la prostitution sur internet pour Professionnelle, une satire assez cynique de la société américaine dans U.S.A. (Union Sacrée des Assassins…) là ou lui, comme il était de bon augure de la faire autrefois, narre les affres d’une histoire plus "imagée". Ce titre plus onirique et moins social est quelque peu décalé, mais n’altère en rien notre plaisir.

Quoiqu’il en soit Satan Jokers cultive avec talent l’art du mélange délectable. Cette union subtilement composée de Heavy, de Hard-Rock, de Rock, qui définit de manière assez précise une identité qui est, incontestablement, la sienne, est, sans aucun doute, le fruit de ses aptitudes, mais aussi de l’expérience de musiciens qui n’ont cessés de travailler, acquérant au fil de temps, non sans garder à l’esprit une vision résolument tourner vers l’avenir, la maîtrise nécessaire pour offrir une œuvre aboutie satisfaisante. Nul ne sait si cet opus sera véritablement celui de la renaissance, cependant avec un tel résultat, Satan Jokers aura mis toutes ses chances de son côté, et pourra, sans contexte, fièrement revendiquer son appartenance à la scène actuel comme un de ces défenseurs les plus doués, et paradoxalement les plus prometteurs.


Bookmark and Share


0 commentaire
Spirit of Metal Webzine © 2003-2009 ‘Think different, think metal.’ Contact - Plan du site - Liens