Second Life Syndrome

Paroles
Type Album
Date de parution 31 Octobre 2005
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album68

Tracklist

1. After 03:31
2. Volte-Face 08:40
3. Conceiving You 03:39
4. Second Life Syndrome 15:40
5. Artificial Smile 05:27
6. I Turned You Down 04:34
7. Reality Dream III 05:01
8. Dance with the Shadow 11:38
9. Before 05:23
Total playing time 1:03:34

Chronique @ AlonewithL

01 Avril 2012

Une pareille consécration tiendra autant de leur génie musical que du miracle surnaturel.

Le succès du prodige polonais « Riverside » ne se sera pas fait attendre. Il faut dire que leur premier album « Out of Myself » avait tapé à l’œil et aux oreilles de plus d’un. Au point qu’ils se retrouveront aussitôt à signer chez le label référence du progressif, InsideOut Music. Rien ne laissait toutefois présager l’album majeur qu’ils allaient préparer pour le suivant. Cette succession aura lieu deux ans plus tard en 2005 et se nommera: « Second Life Syndrome ». L’album enregistré au Serakos Studio avec leur nouveau claviériste Michal Lapaj, aura le privilège de bénéficier des services de l’illustrateur Travis Smith, ayant déjà travaillé pour « Anathema » et « Opeth ». La pochette se confondrait d’ailleurs parfaitement avec l’univers complexe et émotionnel que « Riverside » inclus dans sa musique, dans ses paroles. En l’espace de deux coups, le groupe de Mariusz Duda devient un géant incontesté du metal progressif. Une pareille consécration tiendra autant de leur génie musical que du miracle surnaturel.

Chose en apparence étrange, le groupe choisit de débuter l’album par le titre « After », et de le clore avec « Before », comme si on devait remonter un cheminement en marche arrière. « Riverside » cherche ainsi à brouiller les pistes autant que possible, à rendre difficile l’approche que l’on a de sa musique, afin que nous puissions consacrer tout notre temps à elle, à la décoder. « After » justement, est une ouverture vers un autre monde, fantomatique, atmosphérique. Des paroles murmurées annoncent le déroulement à suivre, des passages planants, une osmose entre une multitude de voix et un battement faible, mais néanmoins régulier, primaire. Presque tribal dans son apparence et extasiant, le morceau traduit une souffrance à la fois profonde et insoluble. Cette langueur, cette mélancolie possessive, se retrouveraient dans une structure délicate et patente cette fois sur l‘autre versant de l‘album, à savoir « Before » faisant songer à une composition de « Porcupine Tree ». Très posé, s’écoulant comme une légère brise d’air sur une première partie; puis sans nous en rendre trop compte nous sommes entrainés par un rythme qui devient de plus en plus oppressant, par la diligence corrosive d’une guitare qui réclame vengeance. Ce bouillonnement intérieur sera au final évacué par le cri de Mariusz.

C’est la voix feutrée de celui-ci qui va tendrement animer « I Turned You Down », puisant sa force dans les airs atmosphériques, dans ses refrains marquants et riffés par un Piotr Grudzinski épousant parfaitement l’ambiance fluide et liquide du titre. Un véritable espace vierge, sans trace de vie se découvre, seulement éclairé par les étoiles. « Conceiving You », objet d’un single, serait un autre de ces endroits ravissants dont nous fait découvrir la formation polonaise. Ce sera le piano qui nous servira de guide dans cette ballade emprunte de douceur et de belles mélodies. Nous voila totalement perdus dans ce monde étrange, ne ressemblant à rien de connu, et apparemment abandonné. Les sensations ressenties seront parfois changeantes et contradictoires. C’est le cas sur le mystérieux « Dance with the Shadow ». On ne sait s’il s’agit d’une célébration à la vie ou à la mort. C’est à la fois très épris, très physique et transportant. On y aurait même ajouté quelques légères influences orientales dans le riffing, par moments insistant et répétitif.

Au niveau de la bonne qualité du riffing et de la forte implication de Piotr, il faudra retenir le caustique et costaud « Artificial Smile ». Un titre direct et puissant. On y ressent la rage, la colère plus qu‘aucun autre sentiment. Des sentiments qui l’agitent fortement, qui pressent Mariusz à faire le forcing par sa voix. Sur le plan énergétique « Volte Face » serait pas mal lui aussi. Offrant par contre un jeu glissant, un développement plus élaboré et progressif. Se rencontre également la dualité des émotions, le partage entre tranquillité de l’esprit et bouffées de colère. Sa fin figurera d’ailleurs comme une nette prise en volume. Parmi les longues enfilades contenues dans l‘album, nous croiserons un éponyme « Second Life Syndrome » tout aussi déboussolant et complexé dans sa nature. Le chant serait le seul et vrai point de repère terrestre au milieu de ces interventions instrumentales certes cohérentes, mais ayant le don de filer dans tous les sens pour nous perdre davantage dans cette mer ballotante et enivrante. Aux environs de 9:30, plus rien ne semblerait exister. Le décor se serait évanoui. Il n’y aurait plus que quelques râles de guitare, des claquements en fond, des airs arabisants. Puis, tout revient à la normal. Du moins c’est-ce que l’on croirait, car la musique finira par s’adonner au fantastique, à l’irréel, vers quelque chose de merveilleux et d’impalpable.

« Reality Dream III » troisième « Reality Dream », les deux autres étant présent sur le volume « Out of Myself », troisième partie aussi du « Daydreaming » de « Riverside », est un instrumental que l’on pourrait décrire en premier lieu classique, puis contemporain dans un second temps. Effilé et radieux à ses débuts, prenant au fil de son flux de la confiance, de l’éclat. C’est une voie vers des eaux troubles, vers la frénésie de la guitare, vers les méandres schizophréniques de claviers en arrivée.

« Riverside » aurait gagné deux vies supplémentaires grâce à son captivant « Second Life Syndrome ». La qualité du produit , celle de ses compositions riches et touchantes, est telle que « Riverside » s’inscrit après tout juste quatre années d’existence réel et deux albums irréels, comme un acteur de premier ordre de la scène progressive européenne. L’album aura beaucoup contribué à la notoriété actuelle de la formation, comptant désormais parmi les groupes polonais les plus connus à l’étranger avec « Behemoth » et « Vader ». C’est à compter de se second opus, qu’une nouvelle vie allait débuter pour « Riverside ».

16/20

18 Commentaires

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seppuku - 02 Avril 2012: Ah bon Riverside et Mariusz ne font pas du death ? Je croyais pourtant ;)
Plus sérieusement, c'est peut être parce qu'il est oppressant, voir stressant, que je n'avais pas accroché. Mais je vais m'y repencher un de ces jours puisque vous êtes d'accord sur le fait qu'il est bien ^^
AlonewithL - 02 Avril 2012: C'est comme tu le sens. Tu vois par exemple,tout le monde s'accorde pour dire que le "city" de "Stapping Young Lad" est un chef d'oeuvre, moi je m'y ferais jamais à cause du stress contenu.
seppuku - 02 Avril 2012: Je te ferai part de mes impressions ;)
Waltari13 - 28 Septembre 2013: Ce mardi en concert au Korigan de Luynes (Aix-en-Provence) 13
A ne pas louper !
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