Grief Is My New Moniker

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Nom du groupe Revok
Nom de l'album Grief Is My New Moniker
Type Album
Date de parution Fevrier 2011
Style MusicalHardcore
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1. Miles End
2. Grief Is My New Moniker
3. Tunnel
4. To Serve More
5. Somewhere Between Nowhere and Goodbye
6. Ephemerol Skies
7. Caught in the Shelter
8. Constellation of Black Holes
9. The Glowing Edge

Commentaire @ Trndblck

12 Mars 2012

Revok, ou le miroir de votre petite déchéance quotidienne

Rah c’ui-là, j’ai eu du mal. Franchement, je trouve qu’il n’est pas facile à appréhender. Après un « Bad book and empty pasts » très réussi, accrocheur et écorché, je m’attendais à un truc énorme avec la nouvelle galette de Revok. Et puis pffft, c’est tombé à plat à la première écoute. Pourtant pas de doute, y’a de l’idée, c’est carré et efficace, on poursuit le chemin entamé avec leur premier opus. Mais là, rien, pas de déclic, pas de sursaut. Vite, passons à autre chose.
Quelle belle illusion...
Après quelque temps, j’ai effectivement décidé de retester la chose tant je ne comprenais pas pourquoi, soudainement, plus rien ne me bottait dans la musique du groupe. Et puis j’ai compris. Un vulgaire mécanisme de défense, autruchien au possible, qui a consisté ici à faire le sourd pour ne pas entendre le propos de Revok.

Mais fort heureusement, mon masochisme me vaincra. Alors je me le suis ré-insufflé, jusqu’au bout, j’ai maintenu mes yeux ouverts, quitte à en chialer.
Insidieuse, voilà ce qu’est la musique de Revok. Servie comme une bouillie infâme d’une mauvaise cantoche, bruitiste et presque insupportable, le premier réflexe est naturellement de s’en distancer. Pourtant, en osant farfouiller dedans on se rend vite compte que cette bouillie est justement l’âme même de l’album. Ici, des morceaux de souvenirs tâchés, là des cadavres, ceux qui nous hantent chaque nuit et qui nous font nous réveiller en sueur. Bref, le constat amer d’une vie menée à la va-vite dans un monde où s’entrechoquent chaque jour des milliers d’illusions, une inconsistance de l’être fondamentale qui creusent le ciboulot autant qu’une mauvaise drogue à base de liquide batterie. Tout est là, au fond, tel un cliché polaroïdique d’une situation absurde et moche ; le portrait d’une société malade, cancéreuse, où l’espoir est remplacé par l’illusion et les idées par les pulsions destructrices. Que reste-t-il alors ? Le cri, le bruit, l’agitation. En somme, tout ce qui nous évite de nous confronter à notre petit bout de vide qui gagne sans cesse du terrain.

Ne nous méprenons pas, cet album n’est pas dépressif, il n’est pas empli d’une noire tristesse. Non, c’est plutôt gris, pas le gris de la résignation, plutôt le gris béton des bâtiments surannés dans lesquels s’entassent des milliers d’âmes sombres tous les soirs, le gris du bitumes écrasés sans cesse, le gris d’un ciel nauséeux avant que ne gronde la tempête, le gris d’une crasse trop épaisse sur une vitre à travers laquelle ne perce que difficilement les rayons du soleil. Un gris sombre et épais, suintant autant de mélancolie que de rage.

Pas facile d’accès, c’ui-là, c’est sûr. Au fond, c’est un peu comme se regarder en face, dans le miroir, et oser établir un constat réaliste de notre situation. Balayé des rêves et illusions que reste-il ? Une face terne, anéantie par des nuits sans sommeil et des jours sans soleil, ruinée par des ruminements incessants, le tout accompagné d’un fatalisme aussi réaliste que destructeur. Revok, ou le miroir de votre petite déchéance quotidienne.

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