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Liste des groupes Dark Ambient Proton Burst La Nuit
Album, date de parution : 1994 - Wotre Music
Style: Dark Ambient

NOTE : 17/20
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Tracklist
1. Mouvement I
2. Mouvement II
3. Mouvement III
4. Mouvement IV
5. Mouvement V
6. Mouvement VI

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5 avis 1 17/20
Chronique
18 / 20
    LaBalafre, Jeudi 12 Avril 2007 parlez-en à vos amis  
Je me souviens de la stupeur que La Nuit provoqua en France, à la fin de l’automne 1994. Le choc de cette première œuvre de Proton Burst était dû à ce mélange alors inouï, de riffs thrash et de metal industriel parfaitement métissés de samples et synthé. En outre, et ce n’était pas moindre, le chant osait la seule langue française.

Or, dans la scène metal française de l’époque, complètement sclérosée, où musique metal rimait à peine avec industrielle, et certainement jamais avec musique électronique, dans cette scène frileuse dont la seule ambition se résumait à d’hypothétiques exportations outre-rhin voire outre-manche, Proton Burst, par cette implosion des genres et par des textes entièrement en français, créait une révolution musicale.

Certes, depuis, le chant francophone est devenu un symbole, d’abord par l’influence de ces patriotes norvégiens si fiers de leur langue mère, mais aussi de groupes hexagonaux d’une rare qualité littéraire, et qui ont forcé le blason de la langue française en le redorant. Il faut en citer quatre : Misanthrope, Forbidden Site, Éros Nécropsique et Seth. Le premier fut à ce niveau le plus important.

Proton Burst n’a rien à leur envier : les textes de La Nuit sont issus de la bande dessinée éponyme de Philippe Druillet, qui a aidé à les adapter à l’album. La langue en est savoureuse, truculente, tant par ses métaphores étranges, animistes, car humanisant chaque objet extérieur à l’homme (par exemple, « la lune flippe » pour la lune se couche, ou bien « visage à air » pour masque à gaz), que par des néologismes syntaxiques ou grammaticaux en langue grossière, très…céliniens.

L’ensemble donne une impression de langue vulgaire, populaire, et pleine de chair, de vie.

Mais c’est afin de mieux nous conter une tragédie urbaine infâme. De ces humains dégénérés par la vie trop citadine, loin de la Nature salvatrice. Des hommes dont la vie de Cité trop artificielle a fini par rendre plus sauvage que les tigres. Et dont la condition de survie, humiliation suprême, est liée à une drogue immonde, brûlante, inconnue.

Le genre est proche de la science-fiction. Mais d’un futur promis à la dégénérescence civilisationnelle, non plus même à une décadence.

La musique de Proton Burst se révèle à l’instar des paroles : animiste et atmosphérique. Plus précisément, La Nuit me paraît une « peinture musicale », une fresque musicale d’une géométrie parfaite. Elle se déroule en effet à travers une architecture en apparence linéaire, mais en réalité foisonnante de signes et emblèmes, de blasons héraldiques, de gargouilles d’autant plus présentes par la pénombre même, cachées ou obscures, tels ces monstres trop haut situés des cathédrales (en avez-vous jamais escaladé une pour en observer ?...)

Et cette musique nocturne, pleine de lumières artificielles, désespérée. La Nuit est une œuvre d’un étrange baroque. Mais d’un baroque tragique.

Par La Nuit, Proton Burst a réalisé un des deux ou trois meilleurs albums de metal extrême français des années 1990, au coté des Blessures de l’âme de Seth, et…je vous laisse la responsabilité quant au choix du troisième.

Je termine cette longue chronique par les quatre premiers vers de cette œuvre merveilleuse dans sa beauté mortuaire :

« Au cœur de la ville – morte-
La Nuit sortent les tribus,
La lune molle devenue folle,
Jour terrible, retourne au tombeau. »




9 Commentaires
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