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La musique en particulier et l’art en général font partie de quelques-uns de ces derniers bastions où l’on fait des choix professionnels essentiellement dictées par la passion.
C’est Unleashed in the East de Judas Priest et les talents de Rob Halford qui suscitèrent la vocation de chanteur de Ralf Scheepers. Alors, lorsque le Metal God quitte le navire après de longue années, et surtout après avoir donné aux genres des albums magnifiques (dont notamment Painkiller, album culte s’il en est, excusez du peu) ; Ralf est bien décidé à saisir cette opportunité que le destin lui offre.
D’autant qu’il a su démontré, durant les années passées, rugissant au sein de différentes formations, qu’il pouvait avoir les qualités nécessaires pour assumer avec maestria la tâche qui serait la sienne, si d’aventure il était choisi. Et la besogne est ardue tant Rob a laissé une empreinte dans laquelle n’importe quel chanteur moyen pourrait se sentir trop petit, une ombre planante qui pèsera fatalement en défaveur de n’importe quel chanteur moyen.
Mais Ralf Scheepers n’est pas un chanteur moyen. Kai Hansen, qui le connaît, le sait mieux que quiconque… c’est pourquoi, lorsque Ralf envoie du matériel au management de Judas Priest, dont d’ailleurs les albums de Gamma Ray, il apprécie moyennement. Ralf ne peut être le chanteur du groupe allemand et du groupe anglais dans le même temps, or les deux hommes savent que les chances de Ralf de devenir le prochain hurleur aux côté de Glenn Tipton, KK Downing, Ian Hill et Scott Travis sont plus que sérieuses.
Kai et Ralf décident de se séparer sans heurts.
Voilà donc Ralf sans groupes, dans l’attente de passer cette audition promise afin de défendre ses chances. Une audition qui ne viendra jamais. Et après de longs mois d’attente, il finira par recevoir une lettre lui signifiant que malgré ses énormes qualités, il n’a pas été retenu. Sans réel projet sérieux et sous l’impulsion de Matt Sinner, renforcé de quelques musiciens teutons, ils forment Primal Fear.
Ce premier album éponyme sort, et nous offre dès l’entame de ce disque, après une courte intro, un Chainbreaker jetant les bases d’un Heavy Metal racé où les riffs et la double grosse-caisse, dont on sait qu’elle est au Metal allemand ce que la tour Eiffel est à la capitale française, sont omniprésents. Difficile de nier l’évidente influence de Judas Priest, et ce dès ce premier vrai morceau où on a l’étrange sensation d’entendre chanter Rob bien plus que Ralf.
Heureusement que ce sentiment s’estompe au fur et à mesure que les titres s’enchainent, même si Primal Fear n’arrive pas réellement à se démarquer totalement du quintette de Birmingham. Ceci étant, Chainbreaker - Silver and Gold - Formula One et Nine Lives sont des morceaux d’une efficacité assez exemplaire.
Ajouté à cela un Promised Land au refrain énergique, un Speedking incroyable, reprise de Deep Purple où la voix du Ralf est un vrai régal, quelques mids-tempos bien construits tel que Dollars ou le très bon Tears Of Rage et vous obtenez un album de Power Metal classique sacrément réussi.
Au final cet album est un condensé de morceaux forts, témoignant de cette rigueur si typiquement teutonne dans laquelle la fioriture est souvent absente. On pourrait croire, si l’on était mal intentionné, que Primal Fear se contente d’appliquer les bonnes vieilles recettes, maintes fois appliqué mais sans y apporter la moindre nouveauté, ce qui n’est pas totalement inexact… mais là où le groupe se démarque, c’est grâce au talent monstrueux de Ralf Scheepers qui maitrise sa voix dans les aigus de manière assez magistrale. C’est grâce au soin apporté à la production pour rendre le tout très cohérent, puissant et contemporain. C'est grâce à la qualité de ces compositions.
Cette œuvre n’amorce pas de réelles révolutions, ni même de grosses évolutions, mais elle nous assure un plaisir immense et presque sans faille, ce qui (après tout) est le principal !
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