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Liste des groupes Heavy Speed Pretty Maids Stripped
1993 - Columbia Records / Sony Music
Pretty Maids : Stripped, chronique, tracklist, mp3, paroles

NOTE : 13/20
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Tracklist
1. If It Ain´t Gonna Change
2. Please Don´t Leave Me
3. In the Mind of the Young
4. Too Late, Too Loud
5. Say the Word
6. ´39
7. Heartbeat from Heaven
8. How Does It Feel
9. I´ll Be There
10. Savage Heart

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NEUF
Chronique
7 / 20
    dark_omens, le Mercredi 14 Janvier 2009 parlez-en à vos amis  
Tentant de survivre à une crise identitaire grave après la sortie d’un Jump the Gun au son bien trop lisse et au compositions bien trop mélodiques et disparates, Pretty Maids essayait de se redéfinir musicalement en se repositionnant avec un Sin Decade dans une mouvance plus rugueuse, plus proche du heavy qu'il pratiquait à ses origines. Entreprise certes pas totalement réussis mais constituant un premier pas essentiel sur le chemin de la guérison. Ainsi le groupe entamait plutôt bien sa rédemption au sein d’un milieu Metal ou le seul crédit qui lui restait alors, était celui de l’estime gagné durement, mais légitimement, au son de premières œuvres inspirées. Pourtant le malade n’était pas totalement tiré d’affaire, et son incapacité chronique à prendre sereinement la bonne décision, allait marquer de manière inaltérable le début de sa tragique rechute, le plongeant indubitablement dans la lente agonie de la maladie la plus pénible qui soit pour un artiste : l’oubli.

Après son dernier album sortis dans l’urgence, et dans le fracas d’une sinistre ruine qui semblait promise au groupe ; après une tournée plutôt difficile et plutôt moyenne ; autant dire que les relations entre Sony Music/Columbia Records, la maison de disque qui suivit le groupe depuis ses débuts, et Pretty Maids est des plus conflictuelles. C’est donc assez logiquement que la Major profite d’un contrat arrivant à son terme, pour annoncer à la bande à Ronnie Atkins qu’elle ne souhaite plus que le groupe fasse partie de son catalogue. Pour honorer pleinement ce contrat, il reste à Pretty Maids un seul disque à produire. Un seul malheureux disque. Une dizaine de chansons. Presque rien. Insister sur le peu que constitue un album de fin de contrat est essentiel au regard de l’étrange et dangereuse initiative que va prendre le groupe. En effet là ou certain se contente de compiler divers titres dans un best-of souvent dispensable aux assidus, mais parfois bien agréables aux néophytes ; ou encore de sortir un album live ; nos danois vont décider d’offrir au monde entier un témoignage évident de leur incompréhension des changements artistiques et musicaux d’alors. Face à l’apogée, à l’émergence de plus en plus marquante de styles plus sombres ( Grunge, Black, Death…) mais aussi à une certaine mutation redéfinissant des genres vers des tendances plus agressives, plus rapides et plus modernes en les enrichissant de riffs plus Thrash (Heavy Metal), le seul salut résidait, à mon sens, dans la composition de titres intègres, s’imprégnant intelligemment de ces nouvelles données. Le groupe fut-il réellement conscient de cet indispensable changement nécessaire ? A l’écoute d’un Sin Decade aux propos durcis, à l’évidence, bien plus en réaction à l’échec d’un Jump the Gun que réellement par la volonté d’une détermination établie après le constat lucide suivant une profonde réflexion sur la place de la musique de Pretty Maids au sein de ces nouvelles mouvances ; on peut raisonnablement penser que non. Et à considérer ce Stripped, on peut quasiment en être sûr.

Stripped est donc un album contenant dix morceaux essentiellement acoustiques, dont l’autre particularité gênante est d’être composé exclusivement de ballades, ou de morceaux romantiques, sentimentaux ou l’émotion est certes présente, mais juste inconvenante dans la situation, singulièrement difficile dans laquelle se trouve le groupe, et au vu de celle particulière du Metal d’alors. Il faut noter que le disque est le fruit d’un travail démarré et sortis un an plus tôt sous la forme d’un EP intitulé Offside, dont il reprend quasiment la totalité. Il va sans dire, aussi, que nos danois sont de très bons musiciens et que les titres seraient plutôt intéressant dans un contexte tout autre. Notons tout de même que Too Late, Too Loud, rare morceau électrique, et Please Don’t Leave Me dans une version plus douce, à la guitare sèche, ciselant parfaitement un indicible frisson, sont de très beaux moments à défaut d’en être de très bons. L’unique source de satisfaction née d’un réel plaisir pleinement atteint est Savage Heart, partagé entre une partie suave servis par un duo piano/voix du plus bel effet, et une autre plus intense communion voix/chœurs/guitares saturées qui nous amènent vers une apothéose intime et douce ou le piano répondant à Ronnie Atkins conclue de manière bouleversante un morceau qui clôt ce disque dans un dernier souffle. Malheureusement le reste n’a rien d’autre à promettre qu’un ennui profond, ou la quintessence est atteinte avec un 39’, reprise du groupe Queen, terne, transparente et sans âme.

Cet album, qui ressemble fortement à un suicide artistique, et qui n’a que peu à offrir, témoigne de façon déplaisante de l’impuissance d’un groupe à s’affirmer de manière claire. Continuant de nous abreuver d’une musique tantôt insuffisante, tantôt quelconque Pretty Maids poursuit une carrière l’éloignant de plus en plus des propos captivants qu’il su nous proposer autrefois. A défaut d’être prenantes ses mélodies avaient jusqu’à présent le mérite d’être au moins intéressantes. Plus maintenant.


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