 14 / 20 |
|
Alors que la carrière de Pretty Maids apparaît n’être qu’un corps moribond jeté au fond d’un trou sur lequel un Stripped, aux parfums indécent de suicide artistique, vient de jeter l’ultime poignée de terre, semblant sceller définitivement le sort de nos chers danois ; une voix alarmante s’élève pour nous avertir que cet enterrement artistique somme toute relativement symbolique, pourrait prendre des aspects bien plus tangible. En effet Ronnie Atkins chanteur et fondateur de Pretty Maids, endurerait les affres d’une terrible maladie. En proie à d’indicible souffrance, il lutterait contre une sorte de parasite qui se serait installé sur ces cordes vocales et qui menacerait sérieusement son intégrité physique. Peu de précisions sur la gravité du fléau que vit l’homme viendront éclaircir un flou quasi-total. Quoiqu’il en soit après, on peut le supposer, une convalescence salvatrice Pretty Maids sort ce Scream, dont on ne sait qu’attendre au vu d’une discographie alternant parfois le pire (Stripped, Jump the Gun…) mais aussi le meilleur (Red, Hot and Heavy, Future World…). Les détails concernant la santé d’Atkins pourrait, bien qu’ayant évidement des retombées sur sa vie artistique, être purement d’ordre privé et personnel. Insister dessus est pourtant essentiel pour exprimer de manière la plus objective possible l’ambiance de ce disque, pour expliquer le rendu de certains titres. Lorsque l’artiste va puiser au fond de lui, ses émotions les plus profondes et sincères, et qu’il les retranscrit de la plus belle manière qui soit, réussissant à offrir et à partager ses sentiments, l’œuvre s’en trouve forcement enrichis, sublimer.
Or dès le premier morceau de cet album on ressent ce supplément d’âme.au sein de titres plus affutés, et habités comme jamais. Ce constat est vrai pour un Rise à l’envolé et à la fougue, mêlé à ces parties plus mélodiques, où les guitares sont lourdes et agressives dans les riffs, et aériennes dans les parties les plus harmonieuse, et ou rugit dans une sorte de vérité ultimes nous laissant le sentiment qu’il s’agit réellement d’une question de survie un Ronnie Atkins poignant. Mais aussi pour un Scream plus lent aux riffs plus pesants, cri symbolique que l’on ressent étrangement vécu, ou vrai, et qui à l’image de la pochette de ce disque raconterais derrière le voile d’une certaine pudeur les douleurs de ces heures de souffrance. Cependant il l’est encore davantage lorsqu’arrive Psycho-Time-Bomb-Planet-Earth, le titre le plus incontestable de l’album. La tension palpable dans ce crescendo nerveux d’un Heavy solide est admirable. Après ce triptyque imparable où Pretty Maids, en véritable maître d’œuvre, nous offre, enfin, le meilleur, propose un This Love qui, bien qu’un peu trop mélodique, n’est pas scandaleux, procurant cette nécessaire respiration salutaire, après le déluge furieusement Heavy Melodique des trois premiers titres. Pourtant il aurait été bien plus pertinent de poursuivre sur une note plus à l’image du début énergique de cette album, mais au lieu de ça nos danois nous inflige (et le mot n’est pas trop fort) un Walk Away sirupeux. Une ballade ennuyeuse, bien dispensable. Dès lors, l’œuvre a perdu quelques peu de cet intérêt construit sur une tension, une urgence, que l’on ne retrouvera pas vraiment durant la suite de ce disque. No Messiah est un titre bien construit, à mi chemin entre l’esprit développé par ces premiers titres et celui plus mélodique habituel du groupe, qui pourtant manque un peu d’agréssivité. Continuant encore et encore sur les pentes glissantes de ce feu qui s’éteint petit à petit la bande à Ronnie enchaine sur une deuxième ballade, In a World of your Own. Déjà deux ballades pour ce disque (Walk Away, In a World of your Own), et un morceau très mélodique (This Love) et ce seulement après sept titres, dont les trois premiers sont de véritables morceaux rageurs et essentiels, et l’on comprendra aisément quel sentiment frustré d’inachevé peut étreindre tout fan de Pretty Maids. D’autant plus qu’il faut attendre Adrenaline Junkie pour retrouver un peu de cette puissance délectable que Pretty Maids ne sait plus que nous offrir par touche parcimonieuse, et surtout l’excellent When it all Comes Down, après une troisième ballades, renouant avec la furie et la rage tendu authentiques et sincère d’un Rise, Scream ou autre Psycho-Time-Bomb-Planet-Earth….
Ce qu’il faut noter aussi, c’est que loin d’être tout à fait exemplaire et contemporain, cette œuvre offre tout de même quelques relents d’inspiration plus moderne, et ce notamment avec des riffs plus lourds et plus groovy (Scream, Rise, Psycho…). Parler d’une influence Néo-Metal serait, certes, très très exagéré, pourtant il est indéniable qu’il y a là une tentative du groupe de s’inspirer, un peu, de musique plus actuelle. Une expérience pourtant pas vraiment prédominante mais qui donne à ce disque une ambiance particulière, un parfum originale pas inintéressant qui aurait mérité d’être exploré un peu plus, imprégnant l’album plus fortement et plus franchement.
Tout en étant la suite logique de Sin-Decade, ce Sream apporte une pierre supplémentaire à l’édifice Pretty Maids en proposant quelques titres de Heavy lourd, puissant et mélodique, aux riffs plus modernes et groovy, mais aussi des titres plus classiques sur ce chemin chaotique que le groupe s’évertue à tracer depuis ses débuts. Le véritable échec de ce disque résidant dans ce manque d’homogénéité dans l’intensité d’un album s’écroulant quelques peu après les trois premières chansons, et dans ces ballades bien trop nombreuses venant saccager des titres qui pourtant semblait digne d’intérêt. Néanmoins le groupe nous propose là l’ébauche d’une véritable option intéressante, d’une incontestable pensée différente qui aurait sans aucun doute mérité d’être poussé plus avant, quelques titres attachants, et quelques titres vraiment novateurs dans ce vrai premier pas enthousiasmant, que l’on attendait plus depuis Jump the Gun. Un pas fébrile et mal assuré, mais très encourageant.
0 commentaire |