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Metal Progressif Porcupine Tree Fear of a Blank Planet
Album, date de parution : 12 Fevrier 2007 - Roadrunner Records / Transmission
Style: Metal Progressif

NOTE : 18/20
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Tracklist
1. Fear of a Blank Planet 07:28
2. My Ashes 05:07
3. Anesthetize 17:42
4. Sentimental 05:26
5. Way Out of Here 07:37
6. Sleep Together 07:28
Total playing time 50:48

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86 avis 6 18/20
Chronique
18 / 20
    Julien, Mercredi 02 Mai 2007 parlez-en à vos amis  
Avec un Deadwing plutôt métal, une signature chez un grand label habitué a nous servir des groupes péchus, nous étions en droit de nous poser la question suivante : Mais à quoi va ressembler le nouveau Porcupine Tree ? La réponse est simple et ne tarde pas a se faire ressentir. Ça ressemble a du Porcupine Tree, et ça, sans compromission. Il n’y a qu’à voir que le nombre de titres a réduit pour se faire la simple réflexion, « ça risque d’être plus prog’ et moins direct ». Bravo M’sieur Wilson.

Nous sommes donc de retour à quelque chose de plus « Pink Floydesque », tout en gardant un véritable côté métal. Oui oui, c’est vrai. Avec ça l’on vous sert un concept relativement peu optimiste sur notre belle jeunesse qui se perd dans les méandres de la vie moderne et vous obtenez Fear of a Blank Planet.
Chaque pièce de l'album est un véritable régal d’écriture. Les ambiances sont typiques et le fan averti ne sera pas dépaysé. Le côté très prenant est en harmonie symbiotique avec les passages appuyés, où chaque riff puissant ferait pâlir n’importe quel groupe. On prendra comme exemple le plat de résistance qu’est « Anesthetize ». Ce titre est le plus long de Fear of a Blank Planet (plus de 17 minutes) mais les passages d’une ambiance à une autre entrecoupé de passages pêchus est un véritable bonheur. Le groupe n’hésite pas a mêlé une ambiance Floyd avec un bon coup de double. Le mélange est détonnant (mais j’ai l’impression de me répéter). Mais si il y a de la redondance dans ce que je dis ce n’est pas le cas dans cet album. Là où un groupe Dream theater peut saouler où force de nous coller des plans dans tous les sens, Porcupine Tree cultive le culte de la fluidité et de la relative simplicité. C’est ainsi que l’on peut lancer des comparaisons avec la bande de David Gilmour. On trouve chez Porcupine Tree une émotion qu’il n’y a pas chez les américains et c’est probablement ça qui fait la différence. Un titre comme « Sentimental » touche plus les tripes que la main du musicien et pourtant il doit être bien balèze à jouer, enfin...
Pour ceux qui ne le savent pas encore Steven Wilson est un ingé son de talent et il sait comment doit sonner son groupe. Le son est gros puissant mais avec un côté cristallin inimitable. C’est le son typique du groupe et on en redemande.
Dernier petit point sur les guest car il faut le mentionner. Sur "Way Out Of Here", l’on retrouve le guitariste de l’un des plus grands groupes de prog’ de tous les temps, Monsieur Robert Fripp. Si vous connaissez bien King Crimson vous retrouverez sa patte et son apport est véritablement significatif.

Les années n’ont aucune emprise sur le génie de ce groupe référence. Avec Fear of a Blank Planet, Porcupine Tree nous offre un album aussi captivant émotionnellement parlant que techniquement parlant. Neuvième album, neuvième incontournable.



Un grand chapeau !!!!!!!




3 Commentaires
Chronique
19 / 20
    Eternalis, Dimanche 15 Mars 2009 parlez-en à vos amis  
Dans les profondeurs d’un minimalisme embrassant parfois le domaine de l’ambiant, Porcupine Tree est devenu avec le temps le seul véritable détenteur de la tristesse la plus pure et la plus viscérale, réussissant à toucher comme peu sont encore capable de le faire dans cet univers aseptisé qu’est devenu la musique, métal ou non.
Steven Wilson et sa troupe apparaissent sans doute avec ce que l’on peut nommer un aboutissement avec ce "Fear of a Blank Planet", d’une noirceur aussi terrible que la beauté en émanant.
Si l’art des britanniques peut paraître d’une opacité hermétique lors des premières écoutes, il bouleversera au fur et à mesure que l’on pénétrera et sera pénétré par les atmosphères obscures, classieuses et intimes de ces six longs morceaux.

La voix lointaine, comme étouffée de ce visionnaire torturé et pessimiste qu’est Steven Wilson, se voudra comme un des rares points de repères des titres, majoritairement très lents et atmosphériques. Dire que Porcupine Tree défini une nouvelle notion de la musique atmosphérique ne serait pas forcément usurpé, tant leur musique dégage des sensations que je n’avais personnellement jamais entendu autre part.
Il n’y a qu’à écouter le fantastique "Anesthetize", long de plus de dix huit minutes, pour s’en convaincre. La batterie, ici mixée d’une manière extrêmement synthétique, apporte une ambiance glaciale et incroyablement tranchante au rendu sonore, tranchant notre âme dans ses plus profondes crevasses. Les nappes de claviers, parfois expérimentales parfois prenant la forme d’un épais brouillard grésillant et malsain tissent une toile de fond ne laissant passer aucune forme ni d’espoir ni de réconfort. L’obscurité est totale…mais nous n’avons pas peur, au contraire. Les guitares narratives et répétitives agissent comme une berceuse qui hypnotise pour mieux nous surprendre lors de cette attaque vicieuse et relativement agressive (l’épaisseur de ce riff inhabituel n’étant pas sans nous coller une grande baffe lors de l’écoute !) à l’orée de la onzième minute n’étant pas sans rappeler le génie canadien Devin Townsend (dans le fond !).
Un titre qui ne connaitra ni introduction ni conclusion, mais simplement un déroulement presque logique, à l’instar d’une vie synthétisée le temps d’une piste robotiquement numérique, et se terminant d’une manière aussi brutale que peut l’être la mort, une mort prenant la forme d’une renaissance lors du splendide "Sentimental", démarrant sans aucune coupure préalable.

On remarque également que, sur la totalité de l’album, "Anesthetize" est le seul à être mixé de manière si particulière, comme une expérimentation à l’intérieur d’un album définitivement unique.
Le chant désespéré de Steven, emplit de souffrance mais avant tout de mélancolie et d’un certain désintérêt, quasiment désabusé, contant la nouvelle vie d’une humanité vouée à l’échec, grave dans nos esprits un message d’une grande profondeur. Cette jeunesse pervertie par les médias, annihilée par les jeux vidéos, détruite par la télévision, cette jeunesse effrayant autant que fascinant le créateur de cette œuvre…

Le vide que l’on peut ressentir à l’écoute de la mélodie centrale de "Sentimental" ou de l’atmosphère funèbre de "My Ashes" et "Sleep Together" dépasse de loin tous les clichés et autres tentatives ayant déjà été faites dans le genre.
La mélodie de piano proprement limpide et sublime de Sentimental couplée au chant infiniment sensible et suave de Wilson créer une alchimie que personne n’avait encore fondée par le passé, cette sensation désagréable et gênante de plonger dans un grand trou noir, de ne plus rien apercevoir dans une vie qui nous apparait tout d’un coup comme un échec. Une perception encore accentuée par le rythme constamment en mouvement des guitares et particulièrement d’une batterie quittant son rôle unique d’assise rythmique pour une place bien plus prépondérante dans le corps de la musique.
Quand au phénoménale "My Ashes" (de loin mon titre préféré de ce disque), le minimalisme ambiant de cette chanson prendra autant aux tripes qu’elle fera couler en vous une infinité de larmes. Le refrain, si l’on peut oser appeler cela ainsi (dans le sens où il s’agit d’une structure se répétant dans le temps), restera comme un des plus beaux jamais entendu, sans oublier les interventions étranges, lointaines et terrifiantes de claviers hurlants et sifflants, sonorités tranchantes et inconnus résonnant comme des couperets imminents. Quand aux envolées vocales, déchirantes, elles se caractérisent comme le cri intérieur d’un homme blessé par sa vision du monde.

Si le premier titre éponyme sonnait plutôt comme le témoignage d’une attitude plus métallique et agressive, le dernier morceau de l’album, le bien nommé "Sleep Together" se voudra terriblement éprouvant, ainsi qu’étonnamment composé dans une optique de fin, tant l’on ne peut espérer continuer à écouter le disque après une telle chanson.
Les violons, dévoilant une mélodie macabre et tournoyante, rehaussés par des claviers presque électroniques et une basse remplissant de son empreinte le spectre sonore, apporte une ambiance suffocante à cette grandiose et magnifique conclusion.
Les vocaux remplis d’effets, contribuant à paraître encore plus lointains et inaccessibles, semblent se perdre dans le temps, à l’instar d’une pensée définitivement perdu dans les abimes de la non connaissance et de l’inculture.

Un disque difficile d’accès, ne dévoilant ses richesses et ses secrets qu’après y avoir fournis une grande attention. Un album avant tout contemplatif d’une société en mal de devenir mais également d’une scène musicale manquant grandement d’individus de la trempe de ce multi-musicien. Un disque qui se vit avant de s’écouter, qui transcende la moindre de nos émotions et qui met à vif le moindre de nos tourments et blessures…un disque qui traverse chaque homme, femme et conscience, pour le frapper au plus profond de son être…




5 Commentaires
Chronique
18 / 20
    ploutosdrums, Samedi 17 Janvier 2009 parlez-en à vos amis  
Porcupine Tree : L'Arbre du Porc Epic !! Curieux nom pour ce groupe anglais qui s'avère aujourd'hui comme l'un des meilleurs groupes de rock progressif (celui-ci est plus précisément classé dans le heavy progressif du fait de l’influence d’une part de groupes de heavy : Led Zeppelin, Deep Purple et d’autre part de rock symphonique : Genesis, Yes ou encore King Crimson).

Cette formation n'en est pas, loin s’en faut, à son coup d'essai, puisque "Fear of a Blank Planet", sorti en 2007, est leur quatorzième album... Mais quel album ! Avec ses 6 titres, cet album s'avère extrêmement inventif, puissant, mélodique et véritablementt envoûtant...

Le guitariste/chanteur Steve Wilson est remarquable d'émotion lorsqu'il chante "Sentimental", secondé par un piano très aérien... Effet donné par le mélange ternaire/binaire entre le piano et la batterie. Que dire justement de l'excellent batteur GAVIN HARRISSON, qui n'a rien à envier à un Mike Portnoy. Ce batteur, très fin et très créatif est d'ailleurs l'auteur d'un DVD pédagogique s'intitulant "Rythmics Horizons" particulièrement intéressant et très instructif pour tous les batteurs qu’ils soient débutants ou confirmés...

Il faut également noter l’intervention de 2 guitaristes d’exception. D’abord dans le troisième titre : Alex Lifeson du groupe RUSH nous distille un solo de guitare comme lui seul sait les construire. Puis, dans l'avant dernier morceau de l'album « Way Out of Here », Robert Fripp (King Crimson) lui-même nous fait entendre le son inimitable de sa guitare, nous amenant cette ambiance si particulière, presque dérangeante, bien propre au groupe mythique du "Roi Ecarlate"...

Bien sûr, certains diront que le son rappelle trop nettement Pink Floyd... et tant d'autres... Mais ici, il y a quelque chose en plus, et ce quelque chose en plus n'appartient qu'à Porcupine Tree.

Et c’est bien là que l'on peut reconnaître la bonne, la vraie musique, celle qui emmène un pas plus loin, sans même que l'on s'en rende compte... De vrais créateurs à découvrir ou à redécouvrir...

J’ajoute qu’il existe d’ores et déjà la suite de cet Opus, dans un album sorti tout récemment, en 2008, s’intitulant : Nil Recurring ». Un disque dans le prolongement direct de Fear of Blank Planet, et qui, malgré sa durée assez courte (moins de 30 minutes) prolonge pour notre plus grand bonheur la magie de ce rock anglais de haut vol...

Du rock progressif anglais de haut vol s'il en fallait !!!




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