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Chronique
 | note : 14/20 | Formé en 1986 par le leader Patrick Mameli, épaulé par Marco Foddis & Randy Meinhard (futur Sacrosanct), Pestilence évolue durant ses premières années sur un thrash au son lourd et aux riffs rapides, influencé par la scène death métal nord américaine encore naissante, reprenant notamment les thèmes de mort et de maladie des formations telles que Death, Insanity & Xecutionner. Après la première démo Dysentery, le groupe recrute le vocaliste Martin Van Drunen (également bassiste durant les sessions live), et enregistre une seconde maquette, The Penance, qui lui ouvre les portes du label Roadrunner. La célèbre écurie envoie alors son jeune poulain en studio avec Kalle Trapp, l’ingénieur du son de Destruction, débouchant sur la sortie de Malleus Maleficarum en fin d'année 1988, muni une pochette sans grande personnalité.
L’album débute sur une intro à l’atmosphère épaisse, s’enchainant les bons Anthropomorphia & Parricide, sur le couple basse batterie complexe de Marco & Patrick, qui soutient les riffs rapides & techniques de Patrick & Randy, et leurs soli furieux. Mais, malgré des titres de bonne facture, à l’image de Subordinate To Domination & Chemo Therapy, ou encore de l’intro acoustique de Commandments & de l'interlude Osculum Infame, Malleus Maleficarum ne parvient toutefois pas à garder une intensité constante durant ses 38 minutes.
En outre, pourtant proche de la scène death métal et de ses protagonistes de l’époque, Pestilence ne bénéficie pas des moyens techniques lui permettant d’obtenir la lourdeur recherchée. La production de Kalle Trapp enferme tout d’abord les compositions dans un format thrashisant proche des allemands de Destruction, ne correspondant pas aux aspirations du jeune groupe hollandais. Parallèlement, Martin Van Drunen ne délivre pas encore son guttural effrayant & si particulier, renforçant ainsi le côté thrash que le groupe désirait pourtant éviter.
Dévoilant une formation technique et inspirée, qui ne possède cependant pas encore son mordant & sa précision légendaires, Malleus Maleficarum demeure une bonne entrée en matière. En revanche, Pestilence manque d’un brin d’expérience et de maturité, se laissant guider par son label et son ingénieur du son, n’obtenant ainsi ni la lourdeur et ni l’identité véritablement désirées, qui lui auraient permis de s’imposer d’entrée comme une entité de death métal redoutable, en lieu et place d’une formation thrash death somme toute assez banale. Une seule année et un Consuming Impulse culte à en mourir suffiront cependant à changer complètement la donne.
Fabien.
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Mercredi 28 Mai 2008 |
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