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Heavy Metal Ozzy Osbourne Randy Rhoads Tribute
Live, date de parution : 19 Mars 1987 - Epic Records

NOTE : 18/20
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Tracklist
1. I Don't Know 05:43
2. Crazy Train 05:20
3. Believer 05:07
4. Mr. Crowley 05:46
5. Flying High Again 04:27
6. Revelation (Mother Earth) 05:49
7. Steal Away (the Night)(with Drums Solo) 08:20
8. Suicide Solution (with Guitar Solo) 07:46
9. Iron Man 02:54
10. Children of the Grave 05:19
11. Paranoid 03:04
12. Goodbye to Romance 05:22
13. No Bone Movies 04:09
14. Dee (Randy Rhoads Studio Outtakes) 04:22
Total playing time 1:13:29

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52 avis 2 18/20
Chronique
19 / 20
    ZazPanzer, Lundi 19 Mars 2012 parlez-en à vos amis  
The day the Music died... again.

Il y a 30 ans jour pour jour, le 19 mars 1982, alors qu'affublé d'un pull à l'effigie de mon idole Yakari Le Petit Indien, je comptais en trépignant les heures qui me séparaient de mon sixième anniversaire, de l'autre côté de l'Atlantique, à Leesburg en Floride, un Beechcraft Bonanza F-35 se crashait, son aile gauche ayant transpercé le bus au dessus duquel il faisait depuis quelques minutes des acrobaties à une vitesse de 150 nœuds.

À son bord, le conducteur de bus cocaïnomane Andrew Aycock qui était également aux commandes de l'avion, Rachel Youngblood, coiffeuse de son état, et Randy Rhoads, guitariste virtuose et novateur, artiste visionnaire, inoubliable et inoublié, inégalable et inégalé.

Les larmes d'Ozzy, celles de Tommy Aldridge et de Rudy Sarzo ne furent probablement que des gouttes dans l'océan de tristesse qui inonda ce jour le petit monde du Rock, et ce malgré les techniques machistes des vieux fans du Sab', qui discrètement épongèrent du bout de leurs moustaches les quelques perles liquides qu'ils n'avaient pu retenir.

Le chagrin fut véritablement universel, car si même le remplacement d'un Ozzy usé ayant trop abusé par le déjà respecté Dio fit grincer des dents et provoqua des scissions parmi les fans, le début de carrière solo d'Ozzy, lui, ne déclencha aucun débat. Laissé pour mort et retombé dans un anonymat sordide, le Madman naquit une seconde fois le 18 août 1980, lorsque toutes les vestes de ses détracteurs se retournèrent après l'uppercut envoyé par le riff d'ouverture de la face A du "Blizzard of Ozz". Le verdict ne se fit pas attendre : chef d'œuvre, et starification immédiate et légitime du petit blond qui avait ressuscité le Prince des Ténèbres, d'ailleurs présenté à Ozzy par l'intermédiaire de Dana Strum (Slaughter, Vinnie Vincent invasion et plus récemment Vince Neil Band).

Le live qui fait l'objet de cet hommage devait sortir à la suite du Diary of a Madman Tour fin 1982 mais fut déprogrammé par pudeur et décence, ce qui serait d'ailleurs inimaginable aujourd'hui au sein de cette société mercantile et décomplexée dans laquelle l'éthique n'a plus aucune place. Pour honorer son contrat avec Jet records/CBS qui prévoyait donc ce disque en public, Ozzy recruta Bernie Torme, qui mal à l'aise avec les morceaux de Randy interprétés à sa sauce plus Blues/Rock laissa vite la place à Brad Gillis. C'est donc ce line-up temporaire (Ozzy/Gillis/Sarzo/Aldridge) qui enregistra fin Septembre le "Speak / Talk of the Devil" sur lequel figurent uniquement des morceaux de Black Sabbath, bien que la setlist de cette tournée contractuelle et endeuillée inclût quelques titres de "Blizzard" et de "Diary".

"Tribute" (Live in Cleveland, Ohio, 11 Mai 1981) arrivera dans les bacs le 19 mars 1987, cinq ans précisément après la tragédie, sous forme d'un double LP produit de main de maître par Max Norman. Le format vinyle a l'avantage de présenter des clichés souvenirs particulièrement émouvants, émoi que pourront peut-être connaître les propriétaires du CD sous réserve qu'ils soient également philatélistes et donc détenteurs d'une loupe. Ils ne pourront en tous cas pas profiter des pompes jaunes canari que porte fièrement un Ozzy manifestement blindé sur la photo principale du groupe, zoomée en plan américain pour la réédition CD. Le sourire aux lèvres qu'esquissera le fan après avoir parcouru l'album-photos s'affaissera rapidement à la relecture des lettres d'Ozzy et de Dee Rhoads, devant lesquelles il est difficile de rester de marbre, mais qui sont pourtant un conditionnement nécessaire à l'écoute religieuse de ce fantastique témoignage. "Not only did I lose my best friend but the greatest musician I had ever known. [...] He was what I had dreamt about on a guitar player and helped make all my dreams come true."

Rappelons l'instinct d'Ozzy qui après avoir auditionné les plus fines lames de Los Angeles engagea Randy alors qu'il s'était seulement échauffé et n'avait pas encore commencé à jouer. Remémorons-nous également que les chansons de Randy précédant les opus d'Ozzy, avec Quiet Riot, groupe qu'il fonda à l'âge de seize ans, ne sont pas restées dans les annales, et que c'est bien cette rencontre avec le Madman qui lui permit de s'affirmer pleinement en tant que compositeur de génie et de laisser libre cours à sa créativité. Souvenons-nous enfin que ces deux héros étaient comme le Yin et le Yang, le trentenaire incontrôlable junkie et alcoolique allié au gosse studieux, raisonnable, petit-copain idéal; et que ces deux personnalités antinomiques, comme ce fut le cas dans nombre d'aventures musicales, s'imbriquèrent l'une dans l'autre synergiquement et inexplicablement pour créer une œuvre tenant de la perfection.

Et c'est bien ce qu'on entend sur ce disque : la fusion du Jour et de la Nuit, du Bien et du Mal, la Lumière éclairant les Ténèbres. Et Dieu que c'est bon. Si la performance d'Ozzy est certainement moins technique qu'à l'époque "Sabotage" où sa voix était encore préservée, elle est malgré tout magistrale puisqu'on y on sent le Prince of Darkness possédé, porté par ses morceaux, vivant le Rock'N'Roll comme il se doit, immergé dans une folie indescriptible provenant de la Jackson Original Sin "Concorde" noire à poix blancs désormais mythique et objet de convoitise de tout apprenti-guitariste qui se respecte.

Le son de guitare est dantesque, la patte de Randy illuminant chaque note de cet opus qui porte parfaitement son nom et dont il sera inutile de détailler les morceaux, tous aussi bon les uns que les autres. Peut-être un mot quand même sur les trois reprises de Black Sabbath, parfaitement jouées évidemment, et dégageant une sensibilité plus moderne et intéressante, mais à mon sens moins pertinentes que lorsque interprétées par notre maître à tous, Monsieur Iommi.

La section rythmique tenue par le génial Tommy Aldrige et le beau gosse cubain Rudy Sarzo ne sera évidemment pas prise en défaut même s'il faut avouer qu'elle ne fait pas beaucoup d'ombre au charismatique Randy, qui fait naturellement main basse sur l'espace sonore. Il est à noter que les deux derniers morceaux, "Goodbye To Romance" et "No Bone Movies", furent captés sur la première partie de la tournée (2 octobre 1980 à Southampton), sur laquelle jouaient encore les non moins talentueux Bob Daisley et Lee Kerslake qui enregistrèrent les deux albums studio avec Randy avant de se faire virer comme des malpropres par la charmante Sharon - qui ne jugea d'ailleurs pas utile de les créditer sur "Diary of a Madman".

Petite pique en passant aux âmes insensibles qui n'ont jamais réussi à entendre dans "Goodbye To Romance" autre chose qu'une niaiserie pour pucelles rêveuses, peut-être pourront-ils enfin voir la lumière à l'écoute de cette interprétation et de ce solo touché par la grâce, sait-on jamais.

Un dernier cadeau nous est offert, et pas des moindres : des prises non retenues de "Dee" entrecoupées par la voix de Randy commentant brièvement ses pains. Poignant. J'imagine personnellement le kid dans la cabine du Ridge Farm studio, au milieu de la nuit; Ozzy, évidemment explosé, l'écoutant avec un sourire béat sur un canapé, et Max Norman, concentré, derrière la vitre. Et nous, avec eux. On est bien. Puis Randy pose sa guitare, ses pas s'éloignent, le bras de la platine se lève, et de nouveau on se retrouve seul, sans lui.

Retour à la réalité, voilà, c'est fini. Randy est parti, et ça fait trente ans. Le temps a passé, mes héros ont changé. C'est désormais mon fils qui lit mes bandes dessinées de Yakari, et qui je l'espère, appréciera aussi un jour à sa juste valeur l'héritage laissé par un gamin de vingt-cinq ans qui allait devenir le père spirituel d'une génération de solistes. Il me manque.

Only the good die young.




34 Commentaires
Commentaire
17 / 20
    Julien, Jeudi 27 Janvier 2005 parlez-en à vos amis  
C’est avec beaucoup d’émotions que sort en 1987 ce live de Ozzy Osbourne. En effet, c'est 5 ans après l’accident d’avion qui a coûté la vie à Randy Rhoads, que sort ce live. Ce « Tribute : Randy Rhoads » nous permet donc de découvrir les talents live de ce guitariste génial. Pour ceux qui ne le savent pas il a laissé pour la postérité son modèle de guitare chez Jackson (c’est celui utilisé par Alexi Laiho entre autres). Il a aussi permi à Ozzy de remonter un groupe digne de ce nom d’où ce petit hommage.

Trêve d’histoire et parlons musique !!

Ce disque sonne vraiment d’époque et il faut pousser le volume pour entendre convenablement et en prendre plein les oreilles. En effet Randy ne se ménage pas et Ozzy n’est pas encore totalement ravagé par la drogue. La play list est remarquable, on y retrouve tous les titres ou presque qui ont fait la gloire de Ozzy. On trouve même les titres mythiques de Black Sabbath (« Iron man » et « Paranoid »). Le public n’est pas très présent mais compte tenu de la date d’enregistrement, il ne faut pas trop en demander. Le live monte en température assez rapidement avec dès le deuxième titre le « Crazy Train » qui relança la carrière de Ozzy en 1980. Les tubes s’enchaînent comme des perles (Mr. Crowley par exemple) jusqu’à ce qu’arrive la merveille : « Suicide Solution » avec le solo de Randy Rhoads !!!! Son solo est un pur Joyau et (pour avoir un pirate de la même époque) il était différent à chaque concert. Là pour les guitaristes c’est une vrai leçon. Après c’est un bond en arrière de 15 ans avec 3 titres mythiques de Black sabbath. Sans manquer de respect à Tommi Iommi, les petits plus ajoutés par Randy Rhoads nous prouvent encore une fois qu’il était unique et que du haut de ces 25 ans il n’avait peur de personnes.
Le petit cadeau est la présence de « Dee », prise studio de Randy Rhoads assez représentative de son talent.

Ce disque est à conseiller à tous les guitaristes et bien sûr à tous les fans de Ozzy, c’est un chef-d’œuvre !!!!




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