Kinetic Zero

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Nom du groupe Otargos
Nom de l'album Kinetic Zero
Type Album
Date de parution 15 Avril 2007
Labels Rupture Music
Produit par Elmobo
Style MusicalBlack Brutal
Membres possèdant cet album61

Tracklist

1. Intro 00:38
2. Open the Circular Infinite 05:18
3. Kinetic Zero 05:00
4. M87 05:09
5. Crystallinzing Nuclear Aurora 05:17
6. 1E 1740.7-2942 01:29
7. Spheres of the Anticosmic 03:22
8. VO-I-D 03:40
9. Stygian Metamorphosis 05:14
10. Time Quanteon 05:29
11. Outro 02:59
Total playing time 43:35

Chronique @ Coercition

01 Octobre 2007
Il est bien connu qu'un bon concept peut rattraper, commercialement du moins, une musique banale, voire mauvaise. Car ici, après son Ten-eyed Nemesis remarqué, Otargos se débarrasse de toute panoplie
satanique pour s'orienter vers un thème hautement métaphysique s'il en est, comme nous donne en avant-gout la mention sur le package : "no god to save us; no power to resist...".
Sur fond de nuages stellaires dans lesquelles le blackeux imaginatif verra des visages menaçants, ça a de la gueule.Okay, on aura droit à une interrogation sur la place de l'Homme dans l'univers, à son devenir... Seulement, l'élève Otargos a, au moment de rendre sa copie, trop privilégié le fond à la forme, ce qui se retrouve dans les compos.
Dimension spatiale pour tous les titres, "Nuclear Aurora", "Time Quanteon": intrigants et assez forts pour susciter la curiosité chez les auditeurs potentiels. L'album entame par une intro "novatrice", mouais. En fait aide et hors de propos, même en illustration des "théories" d'Otargos : un bruit inaudible suivie d'une voix pâteuse pleine de disto. Ici, de nombreux voyageurs cosmiques auront commencé à se questionner sur le bien-fondé de cette aventure futuriste; le black-metal ayant toujours puisé ses racines dans le passé...
La première des compos proprement dites démarre sur un riff nettement plus agressif que la moyenne sur cet album. Hélas, celui-ci s'égare vite dans l'immensité cosmique et le reste de la chanson se traine...
"M87",plus orientée efficace et bestiale, ferait presque mouche. Rien à signaler jusqu'à "V-O-I-D", morceau court dont l'envolée supersonique de la guitare, à la fin, vaut vraiment le coup.
Et puis... quoi ? Cet album a un problème : ( presque ) pas une compo sans riff remarquable ou bonne idée ponctuelle; idée qu'Otargos néglige, préférant des riffs essentiellement insipides, noyant et dissimulant les bon moments, de sorte que tous les morceaux paraissent ratés. La batterie n'aidera pas à rattraper l'ensemble, souffrant d'une production faible et aseptisée ( connue aussi sous le nom de "syndrome du ploc-ploc" : bruits mou, aucun tintements métalliques accentuant la brutalité ). L'outro, elle, est simplement ratée.
Otargos, donc, ne parvient pas à exploiter le réel intérêt de ses cogitations philosophiques et son effet musical n'aura pour répercussion que quelques instants brillants mais hélas ! trop rares. Otargos ne se démarque donc pas vraiment de la scène black-metal actuelle, proposant essentiellement son fracas sous true, reniant l'aspect progressif qui cherche à suer de sa musique au hasard d'un refrain. En cela, Otargos abandonne ce qui aurait fait cet album, accompagné son imagerie et lui aurait fait cueillir l'excellence.
L'Univers est silencieux et paisible; Otargos n'a ici pas comblé son vide en le troublant. Il a fallu des milliards d'années pour que les galaxies se forme; Otagros, sans soute, saura exploiter ce qui lui a glissé ici des doigts.


Note : difficile de l'attribuer à cet album tiraillé entre d'excellents mais rares morceaux de bravoure et un fond plat.

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Razort - 21 Août 2009: C'est vrai qu'après la claque de Ten-Eyed Nemesis on a du mal à se faire à cet album plat.

"Kinetic Zero" et "Stygian Metamorphosis" nous mettent cependant une putain de raclée et j'adore le concept de privilégier le cosmos et cette poussière de chaire que nous sommes.



Le vocabulaire des paroles est cependant hallucinant de par sa complexité !

Ça veut jouer les Einstein mais ça en oublie un peu la composition Black Metal.
Arkhamian - 11 Juin 2010: J'ai du mal a comprendre la logique de la chronique :-/

l'album est descendu en flèche et pourtant le chroniqueur lui accorde 15/20...

Enfin, mon avis n'est peut-être pas objectif, mais je prends personnellement un immense plaisir à l'écoute de cet album.

Ah, et le son bizarre au début, c'est la voix du héros de 2001, s'écriant, dans l'intro de 2010: "Mon Dieu, c'est plein d'étoiles", altérée par une sorte de distortion spatio-temporelle...



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Chronique @ TasteofEternity

01 Mai 2016

Champ d'action élargi pour une force de frappe redéfinie !!!

"Au-delà bien, mal et black metal"

Il était une fois, en 2007, un groupe qui s'appelait Otargos, et qui était attendu au tournant, c'est bien ça ! Car les Bordelais avaient su marquer les esprits grâce à un premier album efficace à défaut d'être pleinement original, permettant à leur "black brutal" d'évoluer vers un "black metal" surproduit à la Dark Funeral, lui conférant un aspect froid et mécanique, accrocheur, secondé par des performances scéniques remarquées.

En réalité, en 2007, le Black Metal est rongé jusqu'à la moelle par une tripotée de groupes qui pourrissent le domaine, versant soit dans le mélo, ambient, dépresso-machin "t'as-pas-les couilles-de-prendre-un-gun-et-de-régler-le-problème-vermine", soit dans un trip old school qui tourne en rond, et en rond, et en rond, sur des boucles d'un millimètre. Ces deux courants partagent un point commun au-delà de leur inutilité pathétique, ils embaument de la même façon. Alors que le parfum de la charogne fraîchement décomposée devrait empuantir à des kilomètres à la ronde, cette vaste sous-classe de coprophiles est annoncée par un nuage de merde infâme, se distinguant toutefois par un fumet vaguement nostalgique digne de participants à cette grande émission qu'était la Chance aux chansons. De fait, en réalité, en 2007, Otargos, tout le monde s'en fout ! Sincèrement avec tout le respect qui leur est dû, que peut-on attendre d'un quatuor bordelais de metal en 2007 ? La Révolution ? Désolé Gojira, nos chers Landais sont déjà passés par là !!!

Alors, qu'en est-il de ce Kinetic Zero ? Le trip commence dès le titre si j'ai bien compris, la pochette n'est pas mal non plus : en effet, rien de bien distinct, mis à part quelques formes qui se détachent sur un fond multicolore censé stimuler l'imaginaire de l'auditeur, sans doute. Le genre de pochette qui prête à mille et une interprétations plus fumeuses les unes que les autres. En voici une digne de JCVD : dans la lumière comme dans l'obscurité, rien n'est défini, tout est en cours, et les deux ne font qu'un, d'où Kinetic Zero. Deux indices pourtant peuvent nous apporter un début d'explication: Le logo du groupe demeure le même, un ossuaire bâti à partir d'un crâne, un pentagramme et des cornes. Et une citation : "No God to Save us/ No Demon to Fight / No Power to Resist / No Issue at Last...".

Ma foi, tout cela me semble tout de suite plus clair, la symbolique de l'éphémère prenant un sens inattendu. La musique, quant à elle, ne s'embarrasse pas d'autant de tergiversations, et nous projette dans un metal extrême à la brutalité maîtrisée, toujours aussi froid mais prenant le risque d'inclure des éléments atmosphériques qui permettent d'ouvrir le champ d'action d'Otargos, évitant l'écueil de piétiner à l'infini le même pré carré. Ne cherchez plus le black metal, car le propos ne se joue plus du tout à ce niveau. Otargos a, comme qui dirait, décidé de prendre de la hauteur. En gardant une base similaire, une section rythmique puissante et dévastatrice, Otargos se lance dans le cosmos et y apporte sa touche de chaos, par l'intermédiaire de riffs toujours aussi tranchants, mais dans une perspective autre que de broyer l'auditeur dans une mécanique implacable. Cette fois, il est question de le perdre dans l'inconnu afin de le forcer à vivre le détachement ultime, celui qui peu ou prou l'amènera à un nouveau stade d'évolution, sans Dieu ni Maître d'aucune sorte, que son nom soit prononçable ou pas, ou qu'il faille le démasquer dans le désert.

Pour proposer une telle épreuve, il faut un peu plus que quelques riffs bien sentis sur une rythmique marteau piqueur, et c'est tout l'enjeu de l'album, de construire un contexte et de le transfigurer musicalement. Comment ? Grâce à la rencontre, car si le binôme originel, Dagoth et XXX, a du métier et du talent, cela ne sera guère suffisant dans ce genre de défi sans que l'auditeur ne se donne les moyens également de vivre le processus. Le coup de force ici n'est pas de donner la réponse, mais de pousser l'auditeur à se déconditionner de son quotidien à travers des vagues sonores hypnotiques, démultipliées par des textes hermétiques au possible, qui renforcent cette atmosphère cosmique, lugubre et dématérialisée abolissant passé, présent et futur. Le concept est risqué, la démarche musicale également. Et, en creusant un peu, c'est l'introspection de Dagoth, l'âme d'Otargos, qui nous est dépeinte ici comme une étape de transformation, aussi personnelle qu'artistique.

Je vous arrête de suite, même si j'ai été touché par cet album, il n'y a rien de comparable avec Darkspace, Inquisition ou encore Midnight Odyssey. Otargos taille sa route à sa façon. Et comme souvent, il y aura ceux prêts à vivre le voyage avec son contingent de peurs, de doutes et de rencontres et ceux qui le consommeront comme ils se laisseraient bercer par les contes que grand-mère leur lisait étant enfants, sans autre intérêt que d'occuper un moment de leur existence inutile, ce qu'il ne parviendront pas à faire. Ces derniers se sentiront dupés, alors qu'avec un peu de chance, ils auront touché du doigt le non-sens de leur existence, sans parvenir à s'y résoudre. Encore une expérience à part.

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Old_Boy - 01 Mai 2016: Sympa la chro. Et je pense que la pochette est sensée représenter un nuage stellaire, ce qui collerait pas mal avec les sujets abordés dans cette album. Après j'ai quand même bien aimé cette vision à la JCVD :)
samolice - 06 Mai 2016: Merci Arth' pour la chro. Intéressant à lire quand bien même ce groupe m'est (évidemment) totalement étranger. Pour ma part, la pochette me fait plutôt penser à un anus qui aurait mal digéré une merguez! A la lecture d'une remarque aussi profonde, tu comprendras que je me suis bien reconnu dans ton avant dernière phrase, avec mon existence inutile :-)
TasteofEternity - 07 Mai 2016: Sam', passe quand tu veux, c'est toujours un plaisir ;)))))

Merci pour vos coms les gars !!!!
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