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Dans l’univers incertains des idées, vagabondent les visions les plus fantasques et les plus complexes envisageables. Se nourrissant les unes des autres s’entremêlant dans un ballet incessant, elles donnent parfois naissance à des nouveau-né captivant, et d’une beauté rares ; et d’autres fois à d’horrible nourrisson hideux. Dans un cas comme dans l’autre l’enfant a le mérite d’être la genèse d’un intérêt passionné ou les vrais sentiments authentiques s’expriment souvent violement.
D’un père d’origine Italo-Suedoise et d’une mère Finlandaise, le petit Operatika tente d’exprimer le fruit de ses gênes dans l’affirmation de sa propre identité. Il a appris de manière méthodique et appliqué l’histoire et la tradition de ces aïeux, et ainsi il met en pratique ses leçons très studieusement. Dès l’entame de son propos il récite ses gammes, avec un The Calling où dans une dramaturgie très symphonique, il met en place les riffs d’une guitare rythmique très inspiré par la vague italienne soutenu par le coup de pieds rageur et sans nuances d’un batteur qui nous offre les rythmes endiablés et ennuyeux d’un prompt concerto avant que ne viennent se déchainer les montés et les descentes démonstratrices désespérantes des riffs d’un soliste fatiguant, dont il est facile d’imaginer le culte qu’il voue à certain guitar-hero venus du froids, et où d’une voix lyrique la belle Slava dans une démarche emprunte à la fois très hollandaise, et très finlandaise dans l’intention, ne nous narre d’épique épopées. Dans ce premier morceau aux nombreuses influences, ou plutôt aux similitudes embarrassantes trop évidentes, Operatika nous propose, sans variété, la mosaïque complète de son propos. En citant, pêle-mêle, Rhapsody et Malmsteen, pour les guitares ; Nightwish et Epica pour la voix, et ce dans des touches parfois subtiles, souvent maladroites, presque toujours grossières, on obtient, malgré la maitrise de musiciens capables, le mélange exact de The Calling. Le mélange exact, certes, mais aussi très, mais alors très, banal. Construit sur le même schéma, à quelques infimes modifications prêt (une batterie plus varié, un chant plus proche encore de celui de Tarja, des voix masculines plus graves à la Epica…) et ajoutant encore aux prestigieux noms déjà cités celui de Stratovarius, à l’aide de ces indigestes clavecins et autres claviers usant, Operatika tente de démontrer ses talents en abusant des titres maintes fois composés, en parcourant des chemins parcouru depuis longtemps et tant de fois que rien ne peux plus y pousser. Ainsi Tears Of The Sun, le fade Ice Queen et son refrain commun et ses soli rituels, l’exténuant Mask In The Mirror, et probablement l’un des plus accablant, un The Calling sans réelle saveur ; témoigne, fort des faiblesses déjà énoncés, d’une créativité sans grand relief. Découragement parmi les découragements, No 3/23 In A Minnor, solo de guitare de plus de 2 minutes, comme peu ose encore en proposer (si ce n’est Yngwie Malmsteen, ou peut-être Axel Rudi Pell) vient planter un dernier clou afin d’achever dans une agonie lente et infiniment douloureuse ce supplice, nous crucifiant définitivement.
Pas grand-chose à rajouter sur cet œuvre dont seul Life Saving Flame et son refrain sympathique, en étant indulgent, et faisant abstraction du solo de guitare plat parce que trop expansif, peut avoir une infimes portée.
Dénué de tout intérêt cet album n’est rien d’autre qu’un amas d’influence bien trop usées pour que le mélange en donne un nectar au goût exquis. Même si chaque ingrédient en est savamment maitrisés par des musiciens dont la technique individuelle n’est pas en cause, l’ensemble de ces tempéraments semblent incapables de s’accorder pour se mettre au service commun d’un œuvre commune. Et finalement, alors que tout semble réunis pour qu’Operatika puisses exceller, le groupe se contente de nous offrir l’éclat terne d’un album très moyen.
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