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Seul 3 ans sépare In Search of Sanity de l'album de référence d'Onslaught : The Force, mais en réalité, c'est tout un monde qui a évolué entre ces 2 albums aux allures radicalement différentes.
En quelques mots, tout d'abord, je dirais qu'il s'agit la d'un thrash moins pur, poli aux chants clairs du nouveau chanteur Steve Grimett et affiné par un élargissement des mélodies. Fini la matière à l'état brut, on a ici affaire à un thrash retravaillé.
Un petit rappel de l'histoire dans l'histoire du groupe nous permet de comprendre ces si grandes modifications, que je développerai ensuite, dans la manière du groupe d'aborder la construction de cet album : un an avant la sortie de ce troisième album, soit en 1988, les qualités et le succès des premiers albums d'Onslaught avaient logiquement attiré l'attention de plus gros labels du genre aux Royaume-Uni.
Onslaught se présentant alors comme le leader de la scène thrash montante en Outre-Manche, le groupe finira par signer sous un nouveau label : London Records.
Signer sous un label plus important signifie plus de moyens mais aussi moins de liberté, ce dernier se réservant un droit de regard que London Records se ferait un malin plaisir à mettre un profit.
Tout d'abord, le groupe pré-produira l'album sous la direction du producteur Stephan Galfas qui sera la cause d'un effet pervers: alors que les performances des membres du groupe ont eu tendance à s'améliorer grâce à ses manœuvres de déconstruction/reconstruction du matériel, cela aura eu un impact fort sur la spontanéité et l'énergie des membres du groupe par rapport à ce qu'ils avaient l'habitude de donner lors des précédents opus.
Après un mixage réalisé à New York dans les studios Atlantic, le résultat sera considéré plus comme du power metal que du thrash, tant les caractéristiques musicales sont différentes du passé.
C'est alors que London records usa de son influence...
Déçu notamment par la prestation de Sy Keeler, apparemment largement amoindri par l'œuvre de Galfas, le label exige la venue d'un nouveau chanteur. Tout droit venu de Grim Reaper, Steve Grimett prend donc la relève et l'album est réenregistré.
Il est à mon avis important de savoir cela pour comprendre les raisons de cette perte d'intégrité qui causera la déception d'un bon nombre de fans.
Mon cheval de bataille va à l’encontre de ce sentiment de goût aseptisé. Bien au contraire, je me souviens de ma première pensée lors de ma première écoute de cet album.
Bon dieu, de temps en temps, une voix « claire » sur du thrash, ça fait du bien ! Ce n’est pas que les voix puissantes me déplaisent, bien au contraire, mais dans un style où le chant est régulièrement le talon d’Achille car trop stéréotypé, Grimett se démarque de cette tendance.
Bien entendu, c’est un exercice très difficile car il faut aller à contre-courant des « principes » du thrash. Certains chanteurs se sont attirés la colère des fans à ce petit jeu. Mais, en y repensant, Belladonna n’était pas un foudre de guerre au chant mais pourtant, c’était d’une effroyable efficacité, pour ne citer qu’un illustre exemple.
Grimett s’en sort pas trop mal avec un chant juste, qui s’accorde avec un thrash certes radouci mais au rythme tout de même soutenu. J’apprécie réellement sa prestation à sa juste valeur.
L’album contient surtout une perle, plus de 12 minutes de plaisir que constitue« Welcome To Dying ». A certains égards, et toute mesure gardée, je ressens dans ce morceau une similitude dans la maîtrise des transitions entre passages lents et rapides avec ce qu’on pouvait entendre pour un Welcome Home (Sanitarium).
Voyant que je me suis déjà un peu trop étendu sur le sujet qui, à mon avis, intéressera assez peu, je conseille rapidement aux intéressés ou aux intrigués d’écouter aussi « Power Play », « Blood Upon the Ice », « Lightning War » et « In Search of Sanity ». On peut se passer de « Asylum », intro un peu trop longue » et « Let There Be Rock », reprise d’AC/DC sympa mais loin, très loin de l’original.
Le plus gros souci de cet album pourtant réussi est la concurrence contre lequel il doit se battre pour conquérir le cœur des fans. Entre un The Force qui restera à jamais comme une figure de l’histoire du thrash et un Killing Peace qui sonna comme un retour aux sources salvateur frôlant à certains moments la perfection, il ne reste plus beaucoup de place dans ces cœurs pour accorder plus d’intérêt que cela à In Search of Sanity.
C'est aussi dommage que compréhensible...
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