Spirit of Metal Webzine
Let's Rock !
Liste: # A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
  
Liste par genre  
Langues :    

Galgenfrist

Nortt discographie



logo Nortt

NORTT - GALGENFRIST (CD)

Album précédant
2008 - Avantgarde Music
Nortt : Galgenfrist, chronique, tracklist, mp3, paroles Tracklist

1. Galgenfrist
2. Til Gravens Vi
3. Af Døde
4. Kaldet
5. Over Mit Lig
6. Havet Hinsides Havet
7. Hjemsøgt

ajouter les paroles de l'album
Note
18/20
Vous devez être loggé pour déposer une note

Mp3

pas de mp3 disponibles


Ajouter un Mp3

Action
modifier l'album ajouté par Apophis2036  imprimer cet article
possédé par 18 membres  acheter/vendre l'album d'occasion
ajouter une chronique

article vu 1981 fois


Chronique

parlez-en à vos amis  Imprimer
note : 19/20

Traînant son abominable carcasse depuis déjà 13 ans (les superstitieux apprécieront !) dans les profondeurs abyssales de l'underground et auteur de plusieurs albums ainsi que d'une série de maxi et de split culminant dans un black/doom/ambiant des plus sinistres, Nortt s'est une nouvelle fois extrait de son ossuaire putride pour venir, tel un oiseau de mauvais augure, hanter nos chaumières et répandre sa "bonne" parole avec son dernier (mort)-né "Galgenfrist" ("La Tentation de la Potence" en danois).

Confirmant la direction prise par son prédécesseur "Ligfaerd" ("Marche Funèbre"), à savoir la prise de pouvoir de la facette dark ambiant et des longues nappes de synthés froides et glauques, ainsi que la mise en sourdine de l'aspect black au profit d'un doom que l'on pourrait qualifier de drone tellement il est distordu et agonisant pour ce qui est de la facette metal, cette nouvelle œuvre maudite enfonce le clou par la même occasion : passages ambiants toujours plus longs, son de guitare toujours plus grave, percussions toujours plus espacées, textes réduits au strict minimum et interventions vocales toujours plus rares et noyées dans la masse brumeuse. Ces dernières sont les ultimes liens (ténus) rattachant encore le one-man band danois avec ses racines black.
Toujours plus extrême, Nortt se rapproche désormais de Until Death Overtakes Me dans sa forme, tout en représentant paradoxalement son exact opposé dans le fond : le second nommé tutoie la stratosphère, tandis que le premier s'escrime à creuser sa tombe toujours plus profondément.
Toute notion d'esthétisme, de beauté et de sophistication se trouve ici réduite en cendres. Ne restent que la crasse, la pourriture, la décomposition, la puanteur et la solitude. La solitude d'une mort survenue sans personne pour vous tenir la main durant vos derniers instants.
Même les notes de piano de "Af Døde" et "Havet Hinsides Havet" ne parviennent pas à réchauffer l'étouffante et persistante atmosphère de caveau humide où la température reste désespérément bloquée en dessous de zéro.

Un album véritablement jusqu'au-boutiste, une pure folie constituée de sept titres érigés à la gloire du dégoût de toute chose ayant le malheur d'être en vie, s'enchaînant sans interruption et renforçant par là-même l'impression de se trouver en face d'un monolithe aussi compact et inamovible que menaçant et gorgé d'ondes néfastes.
En quarante-sept minutes, Nortt a accompli son œuvre de désespoir, Nortt s'est totalement coupé de toute attache avec le genre humain, auquel il a définitivement tourné le dos, et s'en retourne irrémédiablement auprès de ses semblables, habitants du royaume des Morts, comme le suggère si bien la pochette. Serez-vous prêts à l'y suivre ?

8 commentaires Vendredi 07 Mars 2008


Chronique

parlez-en à vos amis  Imprimer
note : 16/20
Un peu plus de deux ans après Ligfaerd, et suite à quelques délais, l’Infâme Nortt nous revient pour hanter nos esprits masochistes. Troisième longue durée donc pour Nortt, qui a du coup signé chez Avantgarde Music. Que sonne le glas, car l’annonce d’une telle sortie a un arrière goût de fin du monde. Ni espoir, ni devenir, comme le disait Fucked up Mad Max, telle semble être le leitmotiv de Nortt.

L’artwork est explicite : un homme encapuchonné s’avance au milieu d’une forêt, tenant dans ses mains une corde avec un nœud coulant (Galgenfrist signifie quelque chose comme "L’appel de la potence"). Il est intéressant de noter l’évolution des artworks. Gudsforladt présentait une pochette assez abstraite, un lointain paysage nocturne et orageux, puis sur Ligfaerd apparaissait une étrange figure au milieu d’un cimetière, le tout sur un ton très épuré, sans détails. Ici, c’est une photo en noir et blanc. Je serais presque déçu de cet artwork, non représentatif de l’idée que je me fais de la musique de Nortt. Certes, on conserve le caractère sombre et morbide, mais le travail est trop explicite, trop direct. J’eusse préféré une approche plus insidieuse, plus abstraite.

Musicalement, on retrouve la formule Nortt, à savoir un funeral doom très lent. Il y a toujours ces guitares plus incisives que pachydermiques en fond sonore, qui sonne comme l’éclair qui déchire le ciel. Le son n’est pas ultra lourd comme on peut le trouver dans le doom habituellement, ce qui constitue un infime lien au black metal. On retrouve également clairsemé le long de l’album la voix fantomatique et grondante de l’âme pensante du combo, dans un registre plutôt black metal également. On s’arrête là pour les influences black, le reste n’a rien à voir avec ce genre musical. La batterie fait figure de tambour du jugement dernier, jouée à un tempo si lent qu’il n’est même plus possible de parler de tempo. Greffé à cela, on retrouve des nappes d’ambient, comme auparavant ; mais, et c’est là une nouveauté, le côté ambient est largement plus présent dans cet album. Il risquerait même d’en dérouter certains. Pourtant, il ne m’étonne guère de voir Nortt coupler autant de parties atmosphériques, déjà pourtant bien présentes précédemment, à son funeral doom. On retrouve également le piano, avec des mélodies simples, très simples, pour ne pas dire simplistes, et pourtant ces mélodies sont d’une profondeur et d’une gravité bleuffante. Un son nouveau fait également son apparition, une sorte de larsen de gratte, un son très aigu et continu, qui vient renforcer le côté apocalyptique de la musique (d’un point de vue doom bien sûr...). Ce son se rapproche des mélodies jouées à la guitare sur Ligfaered, mélodie extrêmement lente. Ce n’est pas tout à fait le même son ici, il fait clairement plus penser à un son bruitiste. Cependant, l’utilisation de ce son n’est pas toujours totalement réussie, et il semble un peu à part du reste de la musique, comparé à tous ses éléments très graves, comme entourés d’une aura sombre. Mais c’est là une critique légère. La musique reste toujours extrêmement noire, s’enfonçant inlassablement dans les abysses de la terre et de l’esprit. Un voyage funéraire dont le but n’est autre que la Mort.

La Mort est en effet vue selon le géniteur comme une libération, comme la seule possibilité de salut. Si la Mort tient un rôle si important dans l’univers de Nortt, ce n’est pas pour rien. Le salut ne peut venir que d’elle, car il n’y a rien à attendre de la vie. Voilà donc la vérité que nous assène la musique de Nortt : la vie est un non sens. Et nous, pauvres mortels, cherchons vainement à combler ce vide, toujours à espérer, sans savoir quoi au juste. Si la musique de Nortt est si grave, c’est parce que cette vérité n’est pas simple à admettre. Le vice de l’espoir finit par ressurgir, et espérer c’est prendre le risque de se confronter au désespoir. Nortt m’a toujours semblé au-delà de la dépression et du désespoir. Il n’y a pas vraiment de tristesse chez Nortt, au sens où la tristesse résulte d’un besoin affectif. Nortt est bien au-delà, c’est une étape où les concepts d’espoir et de vie n’existent plus. Il s’agit de la résignation la plus complète, il n’y a plus que l’atroce Vérité, insupportable et douloureuse, il n’y a plus d’envie ni même de besoin. L’étape finale avant la corde. La bande son du deuil de votre vie. Car c’est bien là le but de Nortt : répandre le non sens de la vie afin que chacun se rende compte de sa médiocrité et finisse par accepter ce qui aux yeux de certains paraît impensable : nous ne sommes nés que pour mourir. Il n’y a rien d’autre, il n’y a même peut-être rien.

Galgenfrist est donc une nouvelle piqûre de rappel pour ceux qui se seraient lâchement remis à espérer et à donner un sens à leur vie. Je ne qualifierais pas cet album de perle ni même d’exception. Plusieurs raisons à cela : d’une part, un artwork qui ne colle pas complètement à la musique proposée, puis deux trois éléments musicaux qui ne permettent pas de parler de perfection. Et puis, il faut bien être honnête, Nortt n’a pas renouvelé le genre, ce n’est de toute façon pas ce que j’attendais. Ainsi, si les autres albums ne vous ont pas accrochés plus que ça, pas la peine de vous procurer ce Galgenfrist. Nul doute que l’écoute de cet album demande un investissement de la part de l’auditeur ; il faut être prêt à renoncer à ses certitudes et laisser la musique pénétrer vos pensées. Sans cela, la musique de Nortt ne vous paraîtra qu’ennuyeuse et sans intérêt. En revanche, les inconditionnels du genre peuvent foncer, c’est une valeur sûre. Nortt fait selon moi partit de ces groupes capables de complètement faire oublier la musique pour nous transporter dans leur univers, et ce troisième album ne déroge pas à la règle. Un excellent album.

2 commentaires Vendredi 25 Avril 2008


Spirit of Metal Webzine © 2003-2008 ‘Think. Feel. metal.’ Contact - Plan du site - Liens