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| Juin 1992 - Earache Records |

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1 Climate Controller
2 Tribal Vodoun
3 Nocturne in Bm (Instrumental)
4 Arctic Crypt
5 Aquatica
6 Subterranean Infiltrator
7 Alter Reality
8 Gridzone
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| Chronique |
 17 / 20 |
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Deux années après le redoutable The Key, posant les bases d’un death métal technique, à l’atmosphère subtile & mystérieuse, Nocturnus retourne aux Morrisound Studios sous la coupe de Tom Morris. Le groupe affiche quelques remaniements de line up, recrutant Dan Izzo en tant que growleur à part entière, et accueillant également le bassiste Chris Anderson lors des sessions d’enregistrement. Baptisé Thresholds, le deuxième effort des floridiens sort ainsi chez Earache Records en juin 1992, dans les mêmes temps que les seconds albums de Cancer, Deicide et Unleashed.
Nocturnus conserve les bases son death brutal & technique, enrichissant au passage son couple rythmique grâce à l’apport de Chris Anderson, et délivrant un middle tempo propice au tandem Mike Davis & Sean McNenney qui, tels deux guitar heroes, entremêlent leurs riffs et se surpassent en multipliant les plans incroyables, s’emballant alors dans des duels de soli somptueux, à l’image des fabuleux Tribal Vodoun & Gridzone, ou encore de l’instrumental apaisant Nocturne in Bm.
Le groupe floridien délaisse en outre les atmosphères sombres de son précédent album, orientant ses claviers vers des sonorités spatiales & futuristes, grâce au jeu complexe et discret de Lou Panzer, en pleine osmose avec les guitares de Davis & McNenney, loin d’une omniprésence stéréotypée de mélodies pompeuses & synthétiques. Les claviers renforcent parallèlement le thème de chaque morceau, à l’instar du souffle du vent et des bruissements d’eau sur les intros respectives de Climate Controller et Aquatica.
Au final, seul le guttural monocorde de Dan Izzo et le mixage parfois confus de Tom Morris viennent tenir quelque peu la préciosité de l’ensemble, points faibles toutefois rapidement oubliés par le raffinement du climat de Thresholds, et la virtuosité de ses musiciens.
Hormis Arctic Crypt & Alter Reality possédant un côté plus direct & entraînant, Thresholds reste toutefois un album difficile d’accès, faute à son avant garde et ses structures alambiquées. L’album rencontre dès lors un succès injustement limité à sa sortie, précipitant la séparation de Nocturnus qui, à l’instar d’Atheist sur Unquestionable Presence, se démarquait pourtant du schéma traditionnel des formations death de l’époque. Depuis sa technique affolante jusqu'à ses ambiances futuristes, Thresholds figure en effet parmi les albums clés à insérer dans toute discothèque death métal, aux côtés de The Key, son invincible prédécesseur.
Fabien.
3 commentaires |
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| Chronique |
 17 / 20 |
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Les guitares ont un son génial, à la fois brillant et très grave. Les rythmiques sont très épaisses jouées la plupart du temps en accords et en alternate picking mais avec de multiples fioritures rapides mélodiques et techniques.
Le jeu est donc assez moderne avec un aspect technique géant. Les soli sont très nombreux, et placés partout, ils ont une vitesse fulgurante sont très intéressant et maintiennent l’attention de l’auditeur en permanence. Ils sont techniques avec beaucoup d’alternate picking, de tapping et speed picking mais joués très vite ce qui fait un peu perdre l’aspect mélodique aux arpèges mais donne un côté torturé génial. Ce type de jeu est excellent et l’on peut dire que ces guitaristes (très très peu nombreux dans ce cas dans l’extrême) apportent quelque chose au jeu de guitare en se hissant à un très haut niveau tout en gardant leur esprit extrême. C’est un jeu très intéressant car peu de guitar heroes se laissent aller à des phrases moins mélodiques. L’exécution est très bonne même si quelques passages partent un peu en couille ce qui donne un coté joué et fun assez génial. L’imperfection est ici un plus indéniable : nous sommes humains et c’est génial d’entendre des mecs se dépasser tellement qu’ils arrivent à accrocher. Les erreurs font partie de la musique et ne nuisent en rien quand le niveau est tel, au contraire c’est fabuleux de ne pas essayer de cacher ces plans par des artifices de studio et de partager la musique à ce point avec l’auditeur.
La basse est excellente et se fait même très présente sur certaines ambiances.
Les synthés sont futuristes et géniaux, ils suivent les mélodies de guitares, fioritures, etc, (ici pas de nappes bidon en permanence) soulignent des passages de très belle façon et nous offrent quelques leads mélodiques superbes et sombres. En suivant les guitares et en ajoutant quelques plans remarquables, les synthés donnent un son très personnel au groupe très futuriste et mélodique sans faire baisser la violence car ils ont été très biens produits et n’empiètent en rien sur les autres éléments musicaux. Il faut noter les excellents passages d’ambiance avec bruitage et synthé qui sont inoubliables.
La batterie est géniale, il y a beaucoup de double très rapide et des saccades, ce qui donne un bon côté moderne, le son est excellent surtout pour l’époque les roulements de toms tuent. Il y a peu de blast beats à la caisse claire (seulement sur le dernier morceau) ce qui permet à celle-ci de donner beaucoup de dynamique renforçant d’autant plus la puissance et la violence de la musique (à la différence des blast où la caisse claire très rapide est toute petite au fond) et de mettre en valeur les subtilités du jeu. L’ensemble guitare basse grosse caisse est un sommet de puissance. Pour l’exécution, elle est bonne et quelques pains font une fois de plus bien plaisir à entendre.
Le chant est plus déchiré que profond et suffisamment clair pour rester expressif, c’est assez particulier pour un groupe US.
Le son Morrisound est génial, pas daté, seul un son à la Fear Factory période Demanufacture aurait été encore meilleur. Ajoutons que cet album n’a pas fonctionné et cela a probablement précipité le split du groupe alors que c’est nettement mieux que leur premier album déjà génial. Enfin, depuis cet album j’écoute tous les disques qui ont été des échecs commerciaux car ça semble être un gage de qualité voire de génie!
Technique : 15/20 ; son 15/20 ; Style : 18/20 ; Inspiration 19/20
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