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Liste des groupes Heavy Symphonique Nightwish Imaginaerum
CD, date de parution : 30 Novembre 2011 - Nuclear Blast / Roadrunner Records
Produit par : Tuomas Holopainen
Style: Heavy Symphonique
1 2

NOTE SOM : 15/20
Toutes les notes : 17/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. Taikatalvi 02:36
2. Storytime 05:22
3. Ghost River 05:25
4. Slow, Love, Slow 05:51
5. I Want My Tears Back 05:08
6. Scaretale 07:32
7. Arabesque 02:52
8. Turn Loose the Mermaids 04:19
9. Rest Calm 06:59
10. The Crow, the Owl and the Dove 04:10
11. Last Ride of the Day 04:31
12. Song of Myself 13:30
13. Imaginaerum 06:18
BONUS DISC - ORCHESTRAL VERSIONS (LIMITED EDITION)
1. Taikatalvi 02:36
2. Storytime 05:22
3. Ghost River 05:25
4. Slow, Love, Slow 05:51
5. I Want My Tears Back 05:08
6. Scaretale 07:32
7. Arabesque 02:52
8. Turn Loose the Mermaids 04:19
9. Rest Calm 06:59
10. The Crow, the Owl and the Dove 04:10
11. Last Ride of the Day 04:31
12. Song of Myself 13:30
13. Imaginaerum 06:18
DVD 1
1. Making of Imaginaerum
2. Storytime (Official Video Clip)
Total playing time 1:14:33

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284 avis 6 17/20
Chronique
16 / 20
    MetalAngel, Jeudi 08 Décembre 2011 parlez-en à vos amis  
Avec ‘Imaginaerum’, la formation s’est engouffrée un poil trop loin dans l’expérimentation...

L’Enfance est une période de la Vie durant laquelle l’imagination n’a pas de limites et où règnent l’innocence et l’espoir, perdus au beau milieu d’un univers de magie et de rêves. La plupart des adultes ont oublié depuis longtemps cette magnifique contrée, se contentant aujourd’hui d'errer dans un monde gris, terne et sans saveur, où le « rien n’est possible » a définitivement remplacé l’existence d’un lieu peuplé de fées, licornes, gnomes, dragons et autres créatures fantastiques issues des dimensions parallèles et fertiles de la Conscience enfantine.

Obsédé par ce pays multicolore et étant lui-même un grand enfant, à en croire son adoration pour Mickey Mouse et compagnie ainsi que ses nombreux textes faisant référence à lui-même (« FantasMic », « Dead Boy’s Poem», « Bless the Child », « The Poet And The Pendulum ») et au thème du passage à l’âge adulte et de la perte de l’innocence que cela induit, Tuomas Holopainen, le claviériste et leader de la formation carélienne Nightwish, nous propose aujourd’hui de l’accompagner, lui et ses compères scandinaves, dans un périple à travers l’espace et le temps, odyssée qui nous mènera vers une destination parfaitement connue de nous tous et que nous avons choisie d’oublier, soi-disant pour évoluer et grandir...

Ce monde fabuleux, créé de toute pièce par le génie virtuose finlandais, nous est présenté sous forme d’un opus cOnceptuel, rythmé par le mystère, les atmosphères ténébreuses et un brin de folie décalée. Judicieusement exploités, ces trois éléments se retrouvent ici parfaitement intégrés dans un voyage musical philosophico-dramatique. En effet, l’histoire parle d’un vieil homme qui s’imagine être encore un petit garçon. Ainsi, ses rêves d’adulte et d’enfant s’entremêlent dans une farandole d’expériences musicales et visuelles toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Ce conte des temps modernes apporte véritablement un plus dans la carrière de Tuomas Holopainen. Mais, l’on s’interroge pratiquement toute la durée de la rondelle sur la pertinence d’avoir rallié cette œuvre surprenante au répertoire de Nightwish.

En effet, même si certaines parties caractéristiques du son du groupe demeurent inchangées sur ‘Imaginaerum’, comme ces guitares acérées ou ces refrains grandiloquents reconnaissables entre mille sur « Storytime », « Ghost River », « I Want My Tears Back », « Last Ride Of The Day », « Song Of Myself », beaucoup d’autres structures sont à des années-lumière de ce que font habituellement les membres du combo. Citons, par exemple, les longues parties orchestrales dignes des plus magistrales bandes originales de films qui inondent littéralement cet album d’ambiances particulièrement fortes en émotions (passage fleuve à partir de la 6ème minute sur « Song Of Myself » suivie d’une récitation par 15 personnes chères aux membres du groupe, l’interlude oriental « Arabesque », l’instrumental « Imaginaerum ») ou les essais farfelus plus ou moins concluants (le jazzy « Slow, Love, Slow », le pas effrayant pour un sou « Scaretale » et les couplets chantés par Anette, devenue sorcière pour l’occasion, ou encore « The Crow, The Owl And The Dove », composition la plus pop, la plus lumineuse, mais aussi la plus molle du genou), sans oublier THE balade : avec ses accents celtiques qui font de lui une magnifique ode à la Vie et son pont western à 2’36’’, clin d’œil à Ennio Morricone, « Turn Loose The Mermaids » est l’un des cinq tours de force présents sur ‘Imaginaerum’ aux côtés de « Storytime », « Slow, Love, Slow », « Song Of Myself » et « Imaginaerum », car marier dans une seule et même mixture les ingrédients qui ont fait le succès de la formation avec de nouvelles saveurs venues d’autres galaxies musicales lointaines, il fallait oser le faire. Tuomas et ses collègues ont eu les couilles de prendre d’énormes risques, quitte à perdre une grande partie de leurs fans dans leur recherche de diversité culturelle.

Pourtant, il faut être honnête et reconnaître que, malgré de très bonnes idées, la mayonnaise ne prend finalement pas tant que ça, voire devient carrément liquide assez régulièrement. Non pas que la musique soit intrinsèquement mauvaise, néanmoins la personnalité de Nightwish est mise souvent au second plan pour satisfaire les envies étranges du brun pianiste... Tuomas « Beatie » Holopainen serait-il enceinte ? La réponse à cette question est simple : plus maintenant, puisqu’il vient d’enfanter d’un chef d’œuvre à deux visages, à la fois monstrueusement puissant grâce à l’adjonction de briques orchestrales londoniennes intelligemment imbriquées les unes dans les autres (y aurait-il une influence Tetris là-dedans ?), avec, comme liant, plusieurs cuillerées de power metal, ce qui le rend plus efficace, et à la fois horriblement faiblard, un peu comme si Mister T(uomas) avait englouti un camion entier rempli de fraises à la chantilly et de bocaux de cornichons en regardant en boucle les intégrales des Feux De L’Amour, Dynastie et Santa Barbara ainsi que Titanic, Love Actually, Coup De Foudre A Notting Hill, etc, en compagnie de son caniche prénommé Fifille durant la vingtaine de mois de gestation, à cause d’un environnement symphonique trop prononcé et pas assez en retrait... Oui, Tuomas est devenu fleur-bleue et fier de l’être en plus, la honte !

Sérieusement, on peut être un inconditionnel des compositeurs Danny Elfman, Howard Shore, John Williams, James Horner, j’en passe et des meilleurs, s’inspirer partiellement de leurs œuvres et créer des chansons irrésistibles, sans pour autant omettre que le groupe que nous menons d’une main de fer depuis plus de 15 ans fait partie de la grande famille du metal et que, de facto, il est important de ne pas changer de cap trop brutalement sous peine de se fracasser violemment contre des rochers de fans en colère... Avec ‘Imaginaerum’, la formation s’est engouffrée un poil trop loin dans l’expérimentation et n’a pas assez respecté les codes en vigueur dans le metal, ce qui tranche fortement avec ses deux précédentes réalisations ‘Once’ et ‘Dark Passion Play’, bien plus homogènes et mieux pensés.

Cependant, ce 7ème album est très abouti. La production met réellement chaque morceau en valeur, même s’ils sont inégaux en qualité, et un grand travail a été fourni au niveau des paroles, plus profondes que de coutume, des ambiances et des contrastes, grâce, notamment, aux chœurs d’enfants utilisés. En outre, la première chose qui frappe lorsqu’Anette se met à interpréter ses lignes de chant est qu’elle a énormément progressé. Sa voix semble avoir gagné en maturité, en rondeur et en modulation. Il suffit de jeter une oreille attentive sur « Slow, Love, Slow », « Scaretale », « Turn Loose The Mermaids », « Song Of Myself » ou bien « Storytime » pour s’en rendre compte. Marco, quant à lui, est toujours aussi bon. La délicatesse est de mise sur ‘Imaginaerum’, un disque tout en subtilité et variations.

Chroniquer cette rondelle aura, finalement, été une activité tout à fait divertissante, plaisante, certes, mais, également, une torture. ‘Imaginaerum’ ne permet pas de se forger une opinion définitive. Une dizaine d’écoutes n’auront pas été suffisantes pour savoir vraiment si cette pièce théâtrale pourra plaire ou non et devenir un classique du groupe. Par conséquent, quelques mois, si ce n’est des années, seront nécessaires pour appréhender du mieux possible, avec tout le recul dont il faut faire preuve, cet OVNI, faisant désormais partie de la discographie de Nightwish. Il n’y a que vous qui pourrez apprécier, ou pas, à sa juste valeur le nouveau bébé de Tuomas Holopainen. Sachez, toutefois, que celui-ci ne représente pas un chef-d’œuvre en tant que tel et que l’impression générale qui s’en dégage est partiellement négative. Il n’y pas d’équilibre parfait entre les titres directs et les morceaux plus tendres, ces derniers étant, malheureusement, trop lisses et trop omniprésents. Et puis, quitte à écouter une bande-originale de films pour avoir des frissons, autant se ruer sur le CD de la version instrumentale de l’album.

En résumé, ‘Imaginaerum’ n’est pas le disque de l’année et ne finira pas dans mon top 5, mais il demeure, malgré tout, un très beau témoignage de ce qui se fait de mieux en matière de metal scandinave. Reste à voir ce que donnera le film en mars prochain...




142 Commentaires
Chronique
18 / 20
    Eternalis, Vendredi 23 Décembre 2011 parlez-en à vos amis  
Une œuvre avec un grand « O », composée par un artiste avec un grand « A ».

Que dire ? Comment débuter…
Inutile aujourd’hui de partir vers de longues contrées métaphoriques en guise d’introduction ou afin de poser le contexte, vous n’en avez de toute façon ici rien à faire. L’objet même de la chronique devient délicat à l’heure où, de toute manière, la très grande majorité d’entre vous avez déjà probablement écouté l’album à l’effigie de cette page.
Dès lors, que vous proposer de plus ? Un track by track ennuyeux dont vous n’aurez que faire ? Non. Une chronique exhaustive ? Mouais…
Il serait bien plus sympathique, et prenant, de tenter de lier complètement musique et cOncept, d’unir ces deux éléments n’en faisant ici qu’un, et qui mènera très prochainement à l’aboutissement final d’"Imaginaerum" ; à savoir le tant attendu film éponyme. Nightwish n’avait encore jamais été sur tant de fronts à la fois, mais semble posséder aujourd’hui les épaules suffisamment solides pour tenir de main de maître un projet aussi titanesque et, quelque part, de prime abord très prétentieux.

Tuomas Holopainen, plus que jamais monstrueusement fier de son œuvre, donne enfin naissance au successeur du tant décrié "Dark Passion Play", premier album post Tarja Turunen qui avait évidemment divisé les fans de la première heure tout en ouvrant le groupe à un succès inattendu et démentiel pour un album qui, plus de quatre ans plus tard, s’est écoulé à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde (quintuple platine en Finlande, et d’autres en pagaille dans le monde entier).
Après un succès aussi éblouissant, ce septième opus était évidemment attendu de tous, scruté par des millions d’oreilles, de fans et de détracteurs, surtout avec un cOncept aussi ambitieux et une attente qui n’avait jamais été aussi longue entre deux albums.
C’est maintenant chose faite...et les avis se veulent plutôt dithyrambiques, bien que quelques uns y voient encore des choses à redire, notamment au niveau du chant d’une Anette Olzon ayant énormément progressé, mais n’étant de toute façon plus le centre d’attraction du groupe. Plus que jamais, Nightwish a mis en œuvre des moyens colossaux pour aboutir au résultat final, et il est aujourd’hui loin le temps où les lignes vocales, à l’instar de "Wishmaster", formaient le sillon des compositions. Le chant n’est plus qu’un instrument comme les autres, utilisé lorsque les morceaux en ressentent le besoin, et on retrouve énormément de longs paysages musicaux, des intermèdes instrumentaux ou de grandes plages instrumentales pour laisser libre cours à la fabuleuse participation du London Orchestra et de son chœur (utilisé pour les BO du Seigneur des Anneaux ou de Pirates des Caraïbes pour ne citer qu’eux…).

"Taikatalvi" lance parfaitement le disque, loin des débuts en fanfare des opus précédents. C’est tout d’abord le son d’une boîte à musique qui est remontée, puis une ambiance féérique, et le chant bienveillant et parfaitement conteur de Marco, en finlandais, qui nous accueillent. Les portes du monde d’"Imaginaerum" s’ouvrent progressivement à nous, la flûte évoque déjà le dépaysement de ce « Neverland » faisant ouvertement penser au syndrome de Peter Pan dont Tuomas est plus ou moins atteint (phrase à prendre avec des pincettes) et du magnifique "Big Fish" de Tim Burton, dont l’influence suinte partout, dans le scénario, les visuels et la musique qui rappelle inévitablement la patte magique de Danny Elfman. "Storytime", premier single, se veut plus simplement du pur Nightwish, au refrain accrocheur, au riff simple et soutenu par une caisse claire martelée lors des moments forts comme le fait si bien Jukka. Forcément, la puissance et la justesse des orchestrations impressionnent encore plus que sur "Once" et "Dark Passion Play", qui repoussaient déjà beaucoup de limites. Il n’y a objectivement plus vraiment de différence entre la dimension symphonique de Nightwish que celle que l’on trouve chez les grands compositeurs de bande originale de film actuelle (Hans Zimmer, Howard Shore, Danny Elfman, John Williams…), à cela près que l’on aurait ajouté ici des instruments rock et des lignes vocales. Comment ne pas succomber dès les premiers instants de ces chœurs somptueux sur le pont ? N’y avait-il pas que sur le morceau fleuve "Ghost Love Score" que l’on était à ce point soufflé ? Si un single est déjà capable de cela…que peut donc nous réserver l’album dans son intégralité…

Par soucis de logique, nous évoquerons les chansons chronologiquement, afin de coller le mieux possible au cOncept. Après la découverte justement de ce monde, "Ghost River" se fait rapidement bien plus menaçante et violente, mettant en scène le côté le plus démoniaque du ‘sieur Marco Hietala. Le refrain, sombre à souhait, rappelle les différentes émotions qui altèrent la vie des hommes, et l’influence des uns sur les autres. Que serait la lumière sans l’ombre ? L’amour sans la haine ? La beauté sans la laideur ? Les sensations de peurs qui émanent d’une Anette paniquée face à un Marco très ténébreux, plus qu’agressif, sur le refrain, sont parfaitement retranscrites dans la musique. Le riff d’Emppu est bien plus épais, proche d’un "Romanticide", et on retrouve énormément de cuivres, apportant noirceur et drame à la musique... avant qu’une chorale d’enfant ne reprenne le refrain. A la fois extrêmement belle et sombre, la voix des enfants, à laquelle se mêlent ensuite les chants conjugués du barbu finlandais et de la belle suédoise conférent une dimension épique déjà démesurée et une émotion à couper le souffle. Nightwish ne recule dEvant rien et, tel un alchimiste, mélange les saveurs et les atmosphères dans un ensemble cohérent touché par la grâce.

Quel est cet air ? Du jazz ? Que se passe-t-il... les Finlandais muent, le temps d’une composition ("Slow Love Slow"), dans une ambiance piano bar des années 30. L’on imagine sans peine Anette, assise sur une chaise haute, vêtue de noir, chantant à la manière d’une chanteuse noire, autour de ses musiciens classiques. Un rythme latent, sensuel et charnel s’élève dans les airs. Quelques chœurs lointains, mais très discrets, font d’éparses apparitions, tandis qu’un solo d’arpèges souffle sur la composition.
Nous sommes bien loin des "I Want my Tears Back" ou "Last Ride on the Day" qui forment le lien avec le passé du groupe, puisqu’ils s’inscrivent quant à eux parfaitement dans la droite lignée des anciens albums. Si le premier reprend l’ambiance celtique d’un "Last of the Wilds" avec un refrain entêtant et enjoué parfait pour les cOncerts (où Marco s’y montre une nouvelle fois très mélodique, preuve de l’incroyable travail vocal réalisé sur cet album), le second retrouve le côté le plus metal symphonique « traditionnel » (si ce mot peut aujourd’hui être attribué à Nightwish). D’une production sensationnelle (l’impression de puissance qui émane de ces chœurs est juste incroyable), Anette est plus que jamais à l’honneur et passe en revue ses capacités vocales tout en montrant le chemin parcouru en quatre longues années d’efforts et de cOncerts. Jamais elle n’avait montré autant de hargne dans son chant, très rock et à l’antithèse complète de Tarja. Il suffit d’entendre la façon dont elle s’arrache littéralement sur le final, tandis que Marco susurre quelques mots derrière, à peine audibles (on découvre une foule de détails au fil des écoutes si l’on prend la peine de se cOncentrer sur la production).

Loin de ces passages plus lumineux, "Scaretale" transforme l’espoir en cauchemar en nous plongeant dans les affres des rêves les plus noirs des enfants. La représentation cauchemardesque que peuvent se faire les enfants des monstres...
La chorale enfantine refait surface, marqué par le rythme ternaire de la valse mais aussi du cirque. Une grande symphonie prend rapidement le relais, extrêmement puissante et écrase tout sur son passage, mêlant orchestre, chœurs, double pédale et gros riff pour alourdir le tout. Anette prend le rôle de la sorcière, incarnant littéralement de son empreinte vocale un personnage maléfique et pernicieux. Son interprétation impressionne autant qu’elle surprend, encore une fois dans cette sensation qu’elle se défOnce à 300 pour cent, sans retenue et sans le caractère hautain de son illustre prédécesseur. Le passage central, narratif, rappelle inévitablement une nouvelle fois Burton, avec l’esprit d’un Monsieur Jack sous acide...
Tout cela mènera aux contrées magnifiquement belles d’"Arabesque". Intermède instrumental de trois minutes, il est pourtant l’un des plus forts moments du disque, avec un énorme travail des percussions et une atmosphère tribale et ethnique très puissante, enchanteresse, rappelant le travail de Howard Shore.

Il sera impossible de passer à côté de "Song of Myself", morceau de bravoure de quatorze minutes servant d’épilogue au cOncept, grand moment d’émotion dédié au poète Walt Whitman, dont Tuomas est adepte. Divisé en deux grandes parties, il débute d’un metal symphonique hautement épique, des plus impressionnants aux explosions dantesques, parmi les plus « grosses » de l’album et amené à être des moments forts des cOncerts à venir. Anette y est impériale une fois de plus, alternant ses différentes facettes et donnant tout ce qu’elle a. La seconde partie rappelle ce qu’avait réalisé Stratovarius sur un morceau comme "Back to Madness", à savoir de longs passages poétiques, à l’instar d’une litanie mélancolique sur un fond de piano et de violon très mélancolique et triste. Les personnes les plus proches des membres de Nightwish y laissent, tour à tour, quelques mots, comme un ultime hommage pour un album qui ne fait décidément rien comme les autres.
Le morceau éponyme reprendra les grands thèmes symphoniques des différentes compositions, dans un ensemble grandiloquent, grandiose mais empreint de sensibilité, de beauté et de poésie... l’album se referme comme il s’est ouvert, comme dans un rêve, dans un univers légèrement embrumé, comme un conte...

Tout est fini...seul reste le souvenir d’un très grand moment passé et la volonté de replonger dedans à nouveau, encore et encore, jusqu’à une satiété qui ne semble pas prêt d’arriver.
Il sera simplement bon de préciser quelques petites choses erronées que l’on peut lire ici et là. "Imaginaerum" n’a rien d’un disque expérimental, comme il est bon de le dire. Il puise simplement son inspiration dans de multiples genres, et se veut d’une richesse salutaire et incroyable, mais jamais le terme « expérimental » ne convient à la démarche artistique du groupe. Il ose simplement repousser les limites de la musique symphonique, prenant ici clairement le pas sur le metal, à tel point qu’Emppu a surement dû s’ennuyer sur certains morceaux, où sa participation est plus que réduite, ou minimaliste. Mais "Imaginaerum" est un tout, un cOncept et possède une âme forte... peu importe qu’il y ait peu ou pas de guitare, que les symphonies prennent le pas sur le metal, qu’il y ait au final parfois peu de chant pour laisser de longues plages instrumentales s’installer... peu importe comme nous tenons là un très grand disque, une œuvre avec un grand « O », composée par un artiste avec un grand « A ».
Le voyage ne fait que commencer... vous êtes invités à le continuer avec la tournée qui se prépare...




20 Commentaires
Chronique
18 / 20
    wildflower, Dimanche 18 Décembre 2011 parlez-en à vos amis  
Entrer dans notre imagination, se laisser porter et lâcher prise...

Après 4 ans d'attente interminable, il est enfin arrivé ! C'est un véritable évènement dans le monde du metal symphonique. Avec "Dark Passion Play" les fans ont fait la connaissance d'Anette Olzon et beaucoup d'encre a coulé ! Une nouvelle ère se préparait pour Nightwish...
Cet album a un héros, c'est un vieux compositeur qui part progressivement dans la démence et retombe en enfance sous les traits et l'imagination d'un petit garçon de 10 ans. Il a pratiquement tout oublié de sa vie d'adulte, elle lui revient par séquences floues. Il cherche à retrouver ce qu'il a perdu, avec l'aide de sa fille Gem.

La musique commence, on entend une clef remonter un mécanisme (peut-être une clef à remonter le temps ?) et le manège démarre.
Marco ouvre le bal délicatement avec "Taikatalvi", c'est l'hiver finnois, cette chanson rappelle "The Islander" de "Dark Passion Play". Dès la deuxième chanson, on sait que c'est bien un Nightwish transcendé qui revient, tout y est, des orchestrations dantesques, des passages folk, Troy Donockley (instruments celtiques) devient omniprésent, des cœurs. Des enfants vont rentrer en scène, ils ponctueront tout l'album comme un rappel à la source. La poésie des paroles est très travaillée sur cet album, si bien que des sentiments très différents vont nous assaillir le bien, le mal, la peur, le réconfort. Des passages chargés en émotion et en passion (qui ne sont pas sans nous rappeler "Once"). Marco apporte toute la profondeur de sa voix et parfois toute sa rage.

Au fil de l'écoute, on va vite constater que l'album est conçu pour la voix d'Anette, Tuomas lui confie un panel vocal très étendu, un véritable cadeau. Tuomas Holopainen disait à propos d'Anette Olzon en juillet 2007 : « Elle avait tout à fait la voix que nous cherchions, puissante et émouvante à la fois... ". La preuve en est faite aujourd'hui. Avec "Slow, love, slow", "Last Ride of the Day" (très rock !), "Song of Myself ", Tuomas parvient à puiser en Anette la source tant aimée chez Tarja : une émotion rare.

En effet avec "Slow, love, slow" Anette va faire preuve d'une grande maitrise, cette chanson a la particularité d'être très jazzy, ambiance douce et feutrée. Jukka NEvalainen (batterie) et Emppu Vuorinen y jouent dans un contexte très différent et c'est une totale réussite. Cette chanson sonnera, après écoute de l'album comme une cerise sur le gâteau et quel délice ! Nightwish n'a pas fini de nous étonner.

Certains passages nous entrainent dans des danses effrénées et parfois parlent de l'amour, de choses disparues qu'on peut toujours retrouver. Le monde de la Fantasy est présent notamment dans " Scaretale " sous les traits de personnages qui se succèdent comme dans un grand cirque (la pochette de l'album prend alors tout son sens). Anette va apparaitre tantôt comme un petit chat acerbe et provocant, tantôt douce ou passionnée. C'est un monde parfois inquiétant, intense et malsain, comme certains de nos cauchemars. Sans conteste la chanson la plus théâtrale de l'album !

La deuxième partie de l'album est épique et proprement géniale. Nous sommes propulsés alors dans le monde d' "arabesque". Là, il nous entraine loin très loin, dans les tourmentes du Sahara, les tourments de notre âme, autre moment fort de l'album. On est soulevé, entrainé par la force de ses tambours, de ses envolés instrumentales puissantes! Ils cherchent à exorciser nos frayeurs cachées. Avec ce temps qui courre, et courre toujours... Tuomas explore aussi les contrées du Far West, les trompettes, l'univers d'Ennio Morricone, nous emmène sur les rives de notre enfance (on y revient !).
A noter que "Song of Myself" dure 13:38, en 2e partie des voix se succèdent, elles racontent des moments de vie d'adulte. Ce passage conté est très émouvant dans l'album, certains diront sans doute qu'il est un peu long, moi j'avoue qu'il m'a touché.

"Imaginaerum" clôt l'album comme un dernier au revoir avec tous les ingrédients de l'album intelligemment liés comme un bouquet final.
Comme précédemment un cd instrumental accompagne l'album. Tuomas avait envie de faire un clip pour chaque chanson, puis cette envie c'est mutée en l'idée de faire un film. Prochaine étape de taille pour le groupe !
En résumé, la force de cet album est de nous entrainer dans notre imagination, c'est ce qu'à cherché à faire Tuomas, il y arrive à merveille, il faut juste se laisser porter et lâcher prise.

Un très bon album à écouter sans réserve !





31 Commentaires
Chronique
16 / 20
    LunatikKat, Jeudi 28 Juin 2012 parlez-en à vos amis  

Après le décevant et inégal Dark Passion Play, je n'attendais pas spécialement le prochain Nightwish avec impatience. Je me disais: "maintenant, c'est fini, ils ne feront plus rien d'extraordinaire..." et je pensais snober Imaginareum. Mais ma petite soeur m'a offert l'album pour Noël. Je l'ai donc écouté une première fois. "Mouais... c'est bien ce que je pensais! Il ne vaut guère mieux que le précédent!". Mais à la deuxième écoute... grossière erreur de jugement! Imaginareum est en fait bien meilleur que Dark Passion Play!!!

Première constatation: Anette a fait de beaux progrès en chant! Ce qui n'est pas négligeable! Sur cet album, sa voix est plus variée, plus profonde, plus maîtrisée, moins limitée... et ce coup-ci, elle semble coller bien mieux à l'univers "nightwishien". J'ai pendant longtemps critiqué la petite suédoise mais cette fois je dois avouer qu'elle m'a fait réviser mon opinion. Parce qu'à part quelques petits couacs, sa performance impose le respect.

Deuxième constatation: les compositions sont plus "inspirées", moins négatives et moins surchargées inutilement. Les musiciens semblent plus présents grâce à un orchestre moins envahissant et utilisé à meilleur escient. Quelque chose de plus vivant se dégage de cet album malgré certains titres assez sombres. Un bon point, donc.

C'est à Taikatalvi d'ouvrir la marche avec Marco, seul sur cette chanson en finnois sur fond de boîte à musique. Une bonne introduction à l'album dans laquelle notre barbu préféré, tel un conteur, nous invite à entrer dans l'aventure Imaginareum. Aventure qui nous mène en des lieux sinistres (le hurlant Ghost River et l'excellent et délirant Scaretale qui nous entraîne aux portes d'un cirque horrifique avec une Anette chantant comme une sorcière et un Marco dans la peau d'un Monsieur Loyal dérangé... super performance!), nous fait danser (l'irrésistible "hit" celtique I Want My Tears Back avec son solo de cornemuse), nous séduit (le surprenant et sensuel Slow, Love, Slow, ballade blues/jazz fort bien interprétée par Anette dont la voix fait merveille dans cet univers musical), nous touchera (les ballades Turn Loose The Mermaids (influencée par les musiques de westerns) et The Crow, the Owl and the Dove (jolie chanson pop/celtique)) et nous emportera littéralement (avec l'épique et entraînant Last Ride Of The Day).

Juste quelques petits points négatifs maintenant (eh oui, il faut bien en parler aussi). Tout d'abord Storytime, titre sorti en clip vidéo, qui n'est pas un morceau détestable mais un peu trop "classique" (je veux dire par là que les éléments qui rendent la musique de NW si reconnaissable sont là, mais c'est justement un peu trop "attendu", sans surprises). Le refrain reste dans la tête dès la première écoute et cela devient presque agaçant! La chanson a donc tendance à tourner en rond. Tout comme la fin de Rest Calm, très bonne piste par ailleurs, répétée en boucle un peu trop longtemps à mon goût. Ensuite, je dois dire que Song Of Myself m'a déçue. En effet, il s'agit de la longue piste en plusieurs parties de l'album... mais rien à voir avec The Poet and The Pendulum ou le magistral Ghost Love Score! La première partie ressemble bel et bien à une "vraie chanson" mais après... il ne reste que de looongues minutes de parlotte sur fond orchestral. Alors oui, bon, ce n'est pas que ce que racontent tous ces gens n'est pas intéressant, mais... bon, vous m'avez comprise, ce n'est pas le chef-d'oeuvre qu'on aurait pu espérer. Cette piste s'écoute plus comme musique de fond que comme une véritable chanson. Et enfin, le dernier refrain de Last Ride Of The Day qui est un peu trop pour Anette. Du coup, petit problème de justesse et voix un peu trop poussée, comme dans For The Heart I Once Had dans Dark Passion Play (mais rien de désastreux cette fois-ci). A part ça, la chanson est excellente.

Pour résumer, je dirais que Imaginareum m'a agréablement surprise, que malgré quelques maladresses, c'est une très bonne galette et qu'il me fait espérer un avenir bien meilleur pour Nightwish que je ne l'avais imaginé. Un album riche, varié et assez audacieux. Qui a dit que Nightwish, c'était fini?




1 Commentaire
Commentaire
18 / 20
    Sollicitus, Mardi 28 Fevrier 2012 parlez-en à vos amis  
Imaginaerum consacre Nightwish à la place de maître incontesté et incontestable du genre.

Tout fan de Nightwish, quelques soient ses préférences attendait ce nouvel opus. On se pose donc de nombreuses questions avant de mettre le CD dans le lecteur. Est-ce que Nightwish confirme ce changement débuté avec Once, développé avec Dark Passion Play, à savoir un style plus heavy et plus symphonique ? A-t’on réellement droit à une bande originale de film ? Anette arrive-t-elle à nous faire oublier le débat constant. De nombreuses questions auxquelles je vais essayer de vous répondre. Tout d’abord je vous propose ma vision de l’album dans un track by track, puis ensuite je m’attarderais sur cet aspect bande-originale.

Taikatalvi : On remonte une boîte musique qui se lance peu de temps après, rejoins par Marco au chant, sur une douce mélodie en finnois. Très folklorique comme morceau, on retrouve un petit côté AFF, avec présence d’orchestre et de chœur, très discret, et une mélodie de piano toute aussi douce. Cette petite berceuse nous invite à fermer les yeux dès les premières notes, pour plonger dans le monde onirique de l’Imaginaerum … Les chœurs prennent de la consistance et nous voilà à …
Storytime : Premier single de ce nouvel album, ou l’on retrouve tout les classiques de Nightwish, des chœurs qui ne sont pas sans rappeler ceux de The Beauty of the Beast sur Century Child, avec un style classique beaucoup plus poussé, un refrain efficace. Le morceau commence sur une intro au piano avec des cordes en soutiens, j’ai envie de dire, un grand classique. Dès lors on sent un style à la Danny Elfman. Puis interviennent la guitare et la batterie sur un riff plutôt très efficace. On arrive alors au premier couplet, sans guitare sur la première partie du couplet, puis elle fait son entrée, renforçant la bête. Le chant quant à lui est à mis chemin entre l’enfantin et le flippant, on sent que les compos sont faites pour Anette, elle maîtrise d’avantage sa voix que sur Dark Passion Play, ce qui n’est pas pour déplaire. Un morceau direct, efficace, calibré single et intro de cOncert. Premier constat, on est loin du single Amaranth … et ça se confirme avec la suite, Ghost River J’ai d’abord envie de dire « ce riff » … J’en perds mon français. C’est une grosse claque, un morceau un peu plus abouti que Storytime, on est dans un morceau beaucoup moins classique. Le chant d’Anette joue sur les dissonances à certains instants, ce qui fait qu’à la première écoute je ne suis pas rentré tout de suite dedans. Mais à force d’écoute, c’est selon moi l’une des pièces majeures de l’album. Un morceau très heavy. Bon c’est sur ce morceau qu’on attend la première grosse présence de l’orchestre. La chorale d’enfant est du plus bel effet, Marco d’un diabolique surprenant, et une Anette qui paraît mil fois plus à l’aise que sur DPP. Première grosse tuerie de l’album, mais ce n’est pas finis. Arrive Slow, Love, Slow première balade de l’album, dans un registre … déroutant, et oui c’est ici un morceau de Jazz, donc pas seulement influencé par … On pourrait s’attendre à un morceau décousu du reste, genre « oh tiens du jazz, mais WTF ? ! » mais pas du tout. On commence avec un sample d’eau qui coule, rentre ensuite piano (sublime) puis batterie et basse et … le chant … Là ça se passe de commentaire et dans le bon sens, bienvenue dans un piano bar des années folles. Ce n’est pas tant cliché que ça, Marco est présent mais discret, tout en finesse. L’orchestre, qu’on pourrait croire pompeux sur au moins une des balades, bah c’est pas le cas. Et un solo de gratte, magistral, annoncé par un pont à la trompette. Je vous jure, on se croirait réellement dans les années 30 dans un cabaret enfumé. Un morceau sensuel et délicat qui se termine sur le balancier d’une horloge … Et c’est l’annOnce de la seconde tuerie de l’album, I Want My Tears Back, pour ceux qui avaient écouté DPP, vous vous souvenez sans doute de Last Of The Wilds et bien là c’est puissance dix. Quelques accords de gratte et le titre scandé par Marco & Anette … ça fait bien live ça. Le morceau est très classique dans sa structure, mais fait avec beaucoup de talent, c’est très dansant comme morceau et ça semble idéal pour du live … Bilan des premiers morceaux, d’une berceuse folklorique on passe à un univers burtonien avant de voyager dans le temps jusqu’aux années 30 au sein d’un piano bar avant de faire un saut dans une taverne Irlandaise. Je l’ai déjà dit mais j’insiste, tout s’enchaîne tellement bien qu’on a pas l’impression que quelque chose soit décousu du reste.

Petit pont cauchemardesque … bienvenue dans le doublon de l’album … Cloche et piano nous invite dans l’univers Burton/Elfman sans honte ni plagiat, des enfants, des cordes inquiétantes, des chœurs. Et une mélodie qui fait très Nightmare Before Christmas. Avant d’entendre des cordes très rapides, et une fois de plus du plus bel effet. Scaretale que je qualifierai de première pièce maîtresse de l’album. On est dans un morceau de musique de film, peu de paroles, et c’est bien dommage. C’est là que je râle enfin, et oui même si ce morceau est une tuerie délirante, surtout sur le pont, ou inquiétante, si on se ferme dans le noir avec des volets et un plancher qui grince éclairé à la bougie ; on est un peu dans quelque chose d’un peu sous exploité à mon goût, la fin aurait put être plus longue et les parties chantées plus variés. Ah oui et les cordes que l’on entend au début du morceau, à 1min03, gardez les en têtes pour plus tard. A part ça on est dans du Nightwish de haute voltige, on retrouve les codes du groupes, mais avec un talent qui se cachait depuis Oceanborn. Les chants d’Anette et de Marco sont très surprenants mais collent extrêmement bien à l’ambiance du morceau. Outre les défauts cités juste avant, et bien on se prend à nouveau une claque. Tuomas aime la musique visuelle, là on est servis. Puisque de Slow, Love, Slow à Turn Loose The Mermaids les morceaux sont très visuels. Cette pièce s’enchaîne sans coupure avec Arabesque premier morceau instrumental de l’album, que dis-je orchestral. On retrouve des tendances arabisantes, très loin du cliché, et plutôt bien réussit. Là encore on est dans de la musique de film, logique puisque ce morceau « était nécessaire pour le film », scène cruciale donc, qu’on ne s’attend pas à voir en live contrairement à Storytime, I Want My Tears Back ou encore Scaretale.

Arrive alors la triade de morceau calme, avec le premier Turn Loose the Mermaids un morceau que j’apprécie beaucoup, exit les guitares électriques, basse et batterie, pour laisser place à l’orchestre, au piano et à la guitare acoustique. Le morceau commence avec un chant sur fond de guitare, avant qu’entre la flûte, et là premier choc, une partie de la mélodie de flûte est celle de Meadows Of Heaven et ça fait tout bizarre à la première écoute. Musicalement parlant on retrouve un peu Creek Mary’s Blood, mais point trop. C’est à nouveau un morceau très visuel, on se retrouve en plein western, sans le côté désert, une belle rivière au milieu de la pleine verte. « Traveller » c’est le mot que je retiens du morceau et qui représente globalement bien ce qu’on ressent. On est face à une balade, loin d’être niaise, pleine d’émotion avec un orchestre toujours pas pompeux, loin de là, une orchestration parfaite de Pip Williams. On passe à Rest Calm qui est une nouvelle fois une grosse claque. Morceau inspiré de My Dying Bride et de Paradise Lost, c’est un morceau qui commence de façon bien lourde avec une rythmique en disto bien présente, Marco y scande les paroles sur une mélodie plutôt aigüe, avec que l’on bascule dans de l’acoustique avec Anette, et cette alternance dure jusqu’au pont, ensuite les chœurs d’enfants entrent pour finir le chant d’Anette, et ce avec une grande intensité, qui ne peut laisser impassible. Le morceau se termine avec un refrain répété plusieurs fois avec un crescendo d’intensité et de puissance marqué par la batterie et l’orchestre. Et on bascule sur The Crow, the Owl and the Dove le morceau commence sur de doux accords de guitares, Marco entonne les premières lignes de chants, rejoins discrètement par Anette. Le premier couplet, sur fond de percussions d’orchestre et de nappes de chœurs est à ravir, entre alors la batterie et la guitare sèche (à nouveau). Ce qui surprend c’est la voix de Marco, nombreux sont ceux à ne pas l’avoir reconnu. Refrain efficace, plutôt pop, à la limite du niais, mais sans l’être, et ce avec beaucoup d’émotion. Deuxième couplet, pas grand-chose de neuf, on entend d’avantage les chœurs. Un pont sur fond de piano monte le morceau en intensité et débouche sur … Troy Donockley, sur fond de guitare et de piano seulement, un boys band à lui tout seul, bon c’est jolie … mais … heureusement qu’il y a les flutes qui enchaînent et qui relèvent le morceau à un niveau plus haut, puis des jolies chœurs d’Anette. Puis on repart sur le refrain, une fois, deux fois mais avec les somptueuses cordes en fond qui rajoute une touche d’émotion au morceau, pour laisser la part belle à Anette qui termine doucement avec seulement le piano derrière, une fin calme, très agréable avant le retour à la puissance de Last ride of the Day.

Last ride of the Day ou ma grosse déception de l’album, beaucoup se souviennent de l’hymne du Kiteen Palo sorti au mois de Juillet, un remix du riff principal du morceau, sauf que lorsque je lisais, « riff principal » je m’attendais absolument pas à ça, je m’attendais à un morceau épique, avec de très bonnes orchestrations mais là … Dans cet hymne d’une minute trente on entendait presque tout le morceau, intro-couplet-refrain et même ligne de chant, parce que pour la première fois chez Nightwish, il me semble, l’orchestre ne fait que du sur lignage vocal ou presque. Alors outre cela le morceau est efficace, bon pour du live, mais je le trouve JUSTE efficace. A la première écoute ce fut une déception, comme pour Rest Calm, je trouvais les couplets vides, mais après une seconde écoute j’ai beaucoup apprécié, puisque c’est devenu l’un de mes morceaux favoris. Mais celui-là je pardonne pas. Il n’est pas mauvais que ce soit clair, il est juste en dessous des autres morceaux, ce qui ne m’empêche pas de l’aimer quand même. On est loin ici des morceaux tueurs d’ambiances, sur Once on avait Romanticide et Dead Gardens sur Dark Passion Play on avait For The Heart I Once Had là on a pas de tueurs d’ambiances, sauf si on accroche pas au jazz ou au balades, mais là j’y peux rien. Et viens alors the master piece de l’album, une des déceptions de pas mal de personne pour les parties parlés sur les sept dernières minutes du morceau. Effectivement je pense que beaucoup s’attendait à quelque chose dans la même veine que les précédents morceaux de ce genre, qu’on a vu apparaître avec l’album Wishmaster, un truc genre épique, avec plein de mouvements, façon très classique, ici il n’en n’est rien. Vous vous souvenez des cordes au bout de la première minute de Scaretale maintenant écoutez celle de Song Of Myself au début du morceau, ça se ressemble non ? C’est anecdotique j’avoue, mais on retrouve une certaine similitude. C’est un bon morceau avec quatre partie musicale, une intro, typique de Nightwish, une première partie qui évoque l’intro, une troisième avec un côté beaucoup plus métallisé, et la dernière à savoir le poème inspiré de l’écriture de Walt Whitman poète du XIXème siècle, dont on entend beaucoup parler dans Le Cercle des Poètes Disparus, l’un des films fétiches de Tuomas. Ca reste une grosse claque, puisque le poème passe plutôt vite je trouve, mais on en retire beaucoup d’émotion.
Enfin dernier morceau éponyme Imaginaerum, un medley orchestral des grands thèmes de l’album, on retrouve tout les, ça fait très générique de fin de film, la lumière s’allume et on ouvre les yeux pour revenir à la réalité, et ça paraît normal puisque ce sera le générique de fin du film inspiré de l’album qui sortira en Avril 2012.
On a donc un album très homogène, où les 75 minutes passent, très voir trop vite. Les morceaux sont visuels pour beaucoup, mais loin des clichés. La setlist est étudiée soigneusement, les balades n’auraient pas eu le même impacte si Rest Calm avait été disposée ailleurs. De ce fait l’album ne retombe pas au niveau de l’ambiance, la tension est maintenue. On a aussi un juste équilibre entre morceaux heavy et symphoniques. Selon moi le meilleur album de Nightwish, de part l’absence de temps mort et l’équilibre trouvé. Anette a trouvée sa place au sein du groupe est cela s’entend, d’avantage d’émotion et de variété dans les morceaux. Si il y a un album a possédé depuis Oceanborn c’est celui-là.

Alors que je l’ai dit précédemment, on a un certain équilibre sur cet album, entre le métal et l’orchestre, sur DPP on avait que peu de morceaux heavy, The Poet And the Pendulum, Master Passion Greed et Whoever Brings the Night. Ici ils sont plus nombreux, mais pas au détriment de l’orchestre. Et puis on est loin des clichés de fin de morceaux avec changements de tonalités, le piano est plus présent, finis les morceaux avec une jolie mélodie de piano en guise d’intro. Nightwish brise les codes fixés jusqu’à maintenant, et c’est très plaisant, cela nous prouve qu’ils sont capables de se renouveler. Si l’on prend l’exemple de Scaretale on a une énorme présence de l’orchestre, mais on a aussi des accords de guitares biens présents avec une double grosse caisse très puissante. Même I Want My Tears Back, successeur de Last Of The Wilds est plus heavy que le titre de DPP, est comble les lacunes de celui-ci, Rest Calm la balade métal, ou encore Ghost River et son riff surpuissant. J’en viens donc à … Le chant d’Anette est définitivement à la hauteur des compositions, excellent. Elle s’approprie l’univers et nous le fait partager, avec un panel d’émotions et une amplitude vocale dépassant toutes les espérances, DPP n’était qu’un simple gallot d’essai, une transition, ici on entre dans une nouvelle aire.
Enfin dernier point, cet aspect bande originale. Tuomas compositeur très inspiré de musique de film s’est fait plaisir, et ça se sent. Cette grosse présence d’orchestre sur 11 morceaux sur 12, je ne compte pas le dernier titre, nous le fait ressentir. On sent une inspiration de Dany Elfman et Hans Zimmer prononcée, ce qui rend la musique très épique, et rajoute un fond plus important aux morceaux. On peut donc s’attendre à une OST plutôt idéale pour le film.

Cet album se démarque donc de ses prédécesseurs, pour égaler voir dépasser Oceanborn, faisant de lui le meilleur album de Nightwish. L’album du renouveau, qui « célèbre la vie » pour reprendre les termes de Tuomas, l’album est donc moins sombre que DPP, et plus approfondi. On sent que les compositions on été faites en considération des capacités d’Anette, donnant un rendu cohérent. On aurait pu penser que l’album partirait dans tous les sens avec cette multiplicité d’influences, et bien non. L’album s’enfile d’une traite. Je pense que cet opus est à écouter dans son intégralité, et pas de façon décousue, puisque certains morceaux, pour avoir expérimenté, perdent de leur charme. Imaginaerum consacre Nightwish à la place de maître incontesté et incontestable du genre.





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