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Cet album de Nevermore est exceptionnel a plus d’un titres car non content d’envoyer méchamment, ils ont réussi à le rendre plus mélodique et encore plus technique que les précédents. Quelle merveille vraiment. Cet effet vient du faite que la composition de cet album s’est faite en collaboration avec tous les membres du groupe, même le fraîchement débarqué Steve Smyth a participé à l’écriture de quelques morceaux. Warrel Dane prouve encore une fois qu’il est l’un des tous meilleurs chanteurs de métal qui existe. On est toujours surpris par l’étendu de son registre vocal. Il passe sans problème du chant appuyé à un chant relativement claire et calme, non rien à redire sur ce point. De toute façon il n’y a rien a redire tout court. On sent que chaque morceaux est travaillé comme si il devait être le dernier. Aucun morceau ne peut être jeter à la poubelle, ils ont tous une touche particulière qui fait qu’il est unique et indispensable. L’alternance des titres dit « à refrain », des titres franchement méchant et même des balades (certes atypiques). En parlant de refrain, celui de « Bittersweet Feast » est assez monstrueux et martèle la tête a gros coup de riffs. Les solos de guitares sont comme vous vous en doutez exécutés à la perfection !!!!!! Mention spéciale à celui de « Born » qui m’a franchement impressionné. Les gammes utilisées sont pour une fois super originales et ça donne un résultats fort appréciable. La balade que j’appelle syndicale est elle aussi d’excellente facture : « sentient 6 » est le genre de balade qui même lorsque l’on aime pas les morceaux plus « mous » on y retrouve son compte grâce à l’alternance de passages calmes et de passages plus péchus. Donc plus qu’une chose à faire : ATTENDRE LE 26 JUILLET AVEC IMPATIENCE !!!!!!!!! J’en connais qui vont passer un bon été avec cette tuerie de CD, à posséder absolument
Alors il est certain que son absence sur "Ennemies of Reality" avait fait quelques peu de mal à un album souffrant d’un coup d’un manque évident de puissance et de profondeur musicale, problème heureusement réglé avec la sortie du remaster quelques temps plus tard (tout ceci étant dû à la close du contrat avec Century Media les ayant obligé à réduire leur temps de studio et les moyens financiers mis en œuvre). "This Godless Endeavor" sonne donc la révolte artistique, celle qui nous frappe dès la première écoute, qui nous subjugue au point de se demander comment nous avons pu vivre sans écouter un tel opus avant. Ennemies of Reality avait surpris par une approche beaucoup plus directe que le somptueux "Dead Heart in a Dead World" (d’une fluidité et d’une noirceur rare dans le thrash technique !), "This Godless Endeavor" voit le retour d’une certaine mélodie mais également d’une noirceur de tout les instants, à chaque recoin de ces riffs proprement hallucinants de Jeff Loomis (ici épaule par Steve Smyth, guitariste de Testament), incroyablement technique mais empreint d’un feeling aussi unique qu’immédiatement identifiable. Ce thrash si technique que les membres de Seattle s’évertue de produire depuis tant d’années, mis en valeur par les vocalises avant-gardiste d’un Warrel Dane une nouvelle fois au sommet de son art pour nous pondre des mélodies magnifiques et nous plonger la seconde suivante dans une symphonie de sentiments contradictoires et complexes, le tout dans des phrasés vocales très expérimentaux, à tels points que nous pourrons même nous demander le degré de sincérité d’un tel chant quelques fois…mais musicalement si recherché. Une analyse en profondeur d’un tel album reste indispensable pour en apprécier toutes les subtilités. Au-delà du sublime visuel proposé par Hugh Syme (notamment les pochettes de Megadeth et Dream Theater), d’une noirceur sans précédent nous offrant cette jeune fille si énigmatique dans ce champ chaotique de mort et de guerre, "Born" ouvre les hostilités dans un monde autant particulier qu’il n’est attirant. Riffs asymétriques et tordus, batterie en blast étranges, comme étouffés, la voix très étrange et hautaine de Warrel, puis un riff d’une précision chirurgicale et d’une épaisseur innommable, où l’on ressent toute la grandeur d’Andy Sneap. Et ce refrain, très mélodique, comme seul Dane est capable d’en poser sur des morceaux aussi durs et rugueux. Grandiose et semblant descendre du ciel, le chant qu’il adopte lors des refrains en général leurs confèrent une beauté angélique. Le solo impressionnant de technicité et marqué du sceau de Loomis se pose en transition, descendant son manche en utilisant toutes les cordes à une rapidité hallucinante, un style parfaitement reconnaissable dans la masse insipide des guitars hero du genre. Mais le grand brio de ce disque, c’est de toujours se vouloir d’une très grande puissance, toujours à nous écraser de riffs destructeurs et épais sans pour autant délaisser ne serais-ce qu’un instant une mélodie partout présente. L’on peut d’ailleurs dire sans peine que Nevermore est le seul groupe actuel capable de réaliser telle alchimie. "Final Product" en est l’exemple le plus probant. Une intro d’une puissance phénoménale, une batterie / basse en béton armé (et ce son si monstrueux), un riff relativement simple et efficace et toujours ce Warrel absolument impérial, parfois proche d’un Geoff Tate de la très grande époque (bien que je doute que ce dernier est un jour chanté aussi bien !), faisant passer énormément d’émotion à travers un chant possédé et changeant au gré de la mélodie, dévoilant une schizophrénie passant de la peur à une démence qui n’oublierait jamais d’être belle. Puis un break à la double pédale déboulant sur une partie en tapping de Jeff monumentale et surtout d’une magnificence qui me coupe les mots. Le solo qui suivra sera une suite de note aussi improbable que délicieusement malsaine. Établir une comparaison avec un autre groupe serait vain tant l’originalité qui ressort de cet album est grande. "Sentient 6", à la ligne de piano abyssale et très noire, longera quelques peu un metal mélancolique où Warrel évoque un Bruce Dickinson dépressif et touché par la grâce, et retracera une montée en puissance. Le chant désabusé et emplie d’émotions se faisant l’écho de la grandeur d’une musique dosée au plus juste, n’en faisant jamais trop et au solo déchirant d’intensité et de tension, semblant vivre et frétiller sous nos oreilles ébahis. Le très lourd et torturé "My Acid Words", au riff imposant et maladif, intensifie rapidement son rythme (qu’il est bon ce secouage de tête !) pour nous offrir des variations de tempo aussi lumineuses que judicieuses (quel batteur ce Van Williams) et une nouvelle partition de Warrel impressionnante de perfection. Son chant ici, coincé entre beauté purement lyrique et parties vocales très appuyé et noires, presque violentes se place dans des schémas inhabituels, là où nous n’avons jamais l’impression qu’il devrait être, conférant une difficulté manifeste d’accès lors des premières écoutes. Le plus agressif et impulsif "Medicated Nation" sera au contraire très proche de l’opus précédent, notamment dans l’approche de son solo, à l’entame surprenante et soudaine et jouant avec une virtuosité devenant presque menaçante. Un album impérial qui terminera sa course sur un époustouflant titre éponyme de presque neuf minutes, à l’intro vocale magnifique de sensibilité (quel chanteur…incroyable !) et définissant au mieux ce qu’est et sera à jamais la musique si particulière de Nevermore, plus lourde et technique que jamais, sans pour autant tomber dans le piège de la démonstration facile et stérile. Relativement mid tempo, ce titre montera tout au long de sa structure labyrinthique et émotionnelle, faisant la part belle au chant et imposant un riff monumental de puissance à l’orée des cinq minutes après un ingénieux break de batterie et tombant dans un blast de folie à l’ambiance presque death pendant quelques instants intenses. Un nouveau solo injouable se pointera pour nous achever définitivement (sans doute un des plus impressionnants de l’album). Que dire de plus ? Nevermore a produit une grande œuvre, sachant rallier toutes les caractéristiques de sa personnalité afin d’en conserver ce que l’on pourra définir comme étant la quintessence de son art. Peut-être pas son meilleur album mais sans aucun doute sa plus sincère et celle dans laquelle il y aura jeté toutes ses tripes. Un nouveau cap à été dépasser, et la suite commençant sérieusement à se faire attendre, ne promet que le meilleur.
(Stench)
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