The Obsidian Conspiracy

Paroles
Type Album
Date de parution 08 Juin 2010
Labels Century Media
Style MusicalPower Metal
Membres possèdant cet album190

Tracklist

1. The Termination Proclamation
2. Your Poison Throne
3. Moonrise (Through Mirrors of Death)
4. And the Maiden Spoke
5. Emptiness Unobstructed
6. The Blue Marble and the New Soul
7. Without Morals
8. The Day You Built the Wall
9. She Comes in Colors
10. The Obsidian Conspiracy
Bonustracks
11. Crystal Ship (The Doors Cover)
12. Transmission (The Tea Party Cover)

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Nevermore (USA-1)


Chronique @ Eternalis

25 Mai 2010
La création d’un mythe, naissance d’une vision d’un absolu musical, symbole d’une foule d’idolâtrie, de convoitises et de tentation. La perfection était presque ici. Elle est née, présente, maintenant connue et respectée…
…il faut aujourd’hui donner suite.

Dans le cas d’un artiste, succédé à son œuvre majeure prend toujours la forme d’un pari risqué, parfois suicidaire, tant l’attente est grande et la marge de manœuvre étriquée. Bon nombre sont s’y cassés les dents…et perdu une partie de leur aura…l’heure de Nevermore serait-elle arrivée ?
Prolonger le plaisir après un chef d’œuvre tel que "This Godless Endeavor" aura tout de l’exploit. Non pas que les opus précédents étaient mauvais, très loin de là (on se souvient d’un "Dead Heart in a Dead World" devenu presque culte dans le monde du thrash mélodique), mais "This Godless Endeavor" faisait partie de ces albums rares où chaque riff, chaque mélodie, chaque ligne de chant ou solo paraissaient au bon endroit au bon moment, sans que l’on ne puisse jamais se dire que tel morceau aurait été mieux ainsi ou ainsi. Il était une jouissance continuelle qui dura plus de cinq ans, le temps aux principaux cerveaux de Nevermore, Jeff Loomis et Warrel Dane, de se ressourcer et de proposer leurs albums solo respectifs.

Cinq ans plus tard, presque mois pour mois, "The Obsidian Conspiracy" s’apprête à fouler les sombres rangées des disquaires. Une nouvelle fois esthétiquement magnifique, que ce soit la pochette toujours aussi sombre et mystérieuse ou un digipack merveilleux, Nevermore continu sur la même lignée graphiquement parlant. Néanmoins, on ne pourra pas dire qu’il en est de même musicalement…

Plus sombre mais moins psychédélique, disposant d’une accroche mélodique bien moins travaillée mais d’un aspect largement plus cru (à l’instar de "Enemies of Reality"), "The Obsidian Conspiracy" choque de prime pour son manque d’accroche certain et sa linéarité qui semble cruellement sentir le manque d’inspiration. Une nouvelle fois, il faudra de nombreuses écoutes avant de comprendre…même si le chef d’œuvre attendu n’est clairement pas…

Très varié, peut-être trop dispersé justement, l’album alterne de très grands moments d’adrénaline ("The Termination Proclamation", "And The Maiden Spoke", "The Obsidian Conspicary") avec des mid tempo ravageurs et jouissifs ("Your Poison Throne", "Emptiness Unobstructed") mais se perd un peu parfois dans un pilotage automatique désagréable ("Without Morals").
Un titre comme "Your Poison Throne", complètement taillé pour le live, développe une atmosphère martiale assez rare chez les américains (ce « Rise Rise Rise ! » jouissif amené à détruire les festivals du monde entier) et surtout continu de prouver que Warrel est définitivement un chanteur exceptionnel, livrant une ligne vocale étrange, tordue, malsaine mais pourtant tellement belle lorsque l’entame mélodique du refrain s’envole. On ressent également une énorme aigreur dans le texte, un cynisme présent, presque désabusé d’un monde définitivement pourri et sans avenir, ressenti dans le côté lancinant de la rythmique. S’ouvrant de nulle part, le solo déboule comme un guitar hero et impressionne, sans réellement subjuguer…(peut-être nous habituons-nous…).

Dans sa parfaite antinomie, Nevermore a composé avec "Emptiness Unobstructed" un tube en puissance d’une luminosité très rare pour eux. Ce refrain entêtant, très assimilable et ce riff dépouillé, en fond un support improbable pour les inconnu du groupe, sans pour autant sacrifier la qualité intrinsèque. C’est plutôt l’ombre du disque solo de Warrel qui plane ici, mélancolique mais beau, accessible sans être simpliste (ce refrain…). Pour souligner encore un peu plus son homogénéité, "The Termination Proclamation", qui ouvre le disque, se révèle être le titre le plus court de la discographie de Nevermore (intermèdes exceptés), très direct et thrash, à la complexité typique des gars de Seattle, et surtout au retour plus psychédélique des lignes de chant. Le marteau-pillon Loomis-Williams fait des merveilles tandis qu’un refrain malsain, noir et dérangeant se pose sur un fond d’arpèges diaboliques et lancinants. Warrel se montre impérial et génial, proprement unique dans son interprétation, possédé avant que Jeff ne livre un solo absolument merveilleux, inattendu, très technique (tapping) nous faisant littéralement décoller sur orbite.

Mais dans ce cas, en quoi est-il si différent de "This Godless Endeavor" ? Simplement que pour un autre "And The Maiden Spoke" très original, entre atmosphère et agressivité (l’un des riffs les plus monstrueux du disque ainsi qu’une véritable machine de guerre livrée par Van Williams), il faudra compter sur un "Without Morals" pas mauvais mais n’apportant rien au style si particulier de Nevermore, paraissant même un peu désuet. Pour un "The Blue Marble And The New Soul" s’inscrivant comme la première réelle ballade acoustique du groupe, sensible, malsaine mais tellement belle (toujours Warrel…quel chanteur exceptionnel), nous aurons un "The Day You Built The Wall" poussif et syncopé, qui malgré une ligne vocale mécanique très intéressante et une basse très en avant, manque d’un petit quelque chose.

Le tout se terminera sur l’un des morceaux les plus violents jamais composé par le groupe, comme une ultime démonstration de leur talent, où le groupe lâche tout ce qu’il a pour hurler sa rage. Assemblement vertigineux de riff d’exception, d’une double pédale écrasante, de parties de chants asymétriques, de parties brises-nuques proprement jouissives (le pré-refrain), de soli à pleurer et d’une dernière note incroyablement massive et pessimiste, Nevermore fini avec ce titre éponyme de la meilleure des façons son septième album.

"The Obsidian Conspiracy", s’il ne détrônera pas son maitre précédent, reste une valeur sure et l’expression d’un groupe frappé par le talent qui n’aura jamais réellement déçu de sa carrière, malgré quelques titres, comme ici, inégaux. Et si Andy Sneap n’est cette fois pas de l’aventure, Peter Witchers (ex-Soilwork), comme pour "Praises to the War Machine", a concocté un son lourd et très gras, moins tranchant mais s’acclimatant parfaitement à l’ambiance du disque. Alors certes, nous ne pourrons pas dire ici « ils l’ont fait », mais simplement avouer que Nevermore est une nouvelle fois bien au dessus du lot. Largement au dessus…

16 Commentaires

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IDAC - 07 Juin 2010: Nevermore à encore frappée , il est excellent agrémentée d'une noirceur , serte This Godless endeavor reste le meilleur , mais cette opus là ,prouve la veleur du groupes et son mérite de prouvé qu'il ne bacle pas leurs album aprés tant d'année , je dit bravo !!!!!

Belenos - 09 Juin 2010: Je suis d'accord, il est un cran en dessous de This Godless endevor mais ça reste un bon album malgré tout. Sinon exellente chronique
Silent_Flight - 16 Août 2010: Encore une tuerie, rares sont les groupes de trash qui évitent les intros clichés, et qui font preuve d'inventivité pour chaque album. Nevermore n'en est pas là ou ils en sont par hasard...
thetriptych - 21 Octobre 2010: Un album de ouf, littéralement. La perfection au rendez-vous.
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Chronique @ Tfaaon

25 Juin 2011

Un ultime chef d'oeuvre ...

Cela fait maintenant un an que Nevermore nous a sorti ce bien bel album intitulé The Obsidian Conspiracy , et quelques mois que Jeff Loomis et Van Williams (respectivement guitariste/compositeur et batteur, et membres piliers du groupe) ont annoncé leur départ du groupe pour dissension musicale et personnelle. Ce fut une grande tristesse pour le fan inconditionnel de ce groupe que je suis devenu il y a un peu moins d'un an ... J'avais découvert le groupe avec cet album, faisant qu'il aura toujours quelque chose de Tennessee pour moi ... Et c'est pour rendre hommage à ce groupe atypique et inspiré que je fais cette chronique de The Obsidian Conspiracy.

Let the conspiracy begin...
Nevermore commence cet album un peu comme le précédent album , l'inégal This Godless Endeavor, avec une chanson brutale, rapide, puissante et qui nous fait comprendre dès les premières secondes qu'on a affaire à un groupe pas comme les autres... Les fans qui craignaient un retour en douceur du groupe après les (très bons) albums solos de Jeff Loomis et Warrel Dane ont du être rassurés dès l'écoute des premières chansons... En effet, quand on écoute the Termination Proclamation, Poison Throne, Moonrise ou encore Without Morals, on se rend compte que le groupe n'a pas voulu se réunir à nouveau pour plaire à la ménagère moyenne ! Oui, amis métalleux, cet album tabasse sévère !!

Loomis déchaîne sa Shecter 7 cordes comme jamais, Van Williams signe sa meilleure performance de batterie avec le groupe (cf : écoutez donc She Comes in Colours ou la chanson titre pour voir de quoi je parle) et Warrel chante toujours aussi bien. Je dirais même plus que Warrel est au sommet sur cet album, tantôt moralisateur, tantôt prophète, tantôt chef de guerre de la monstrueuse machine métallique Nevermore. Il est sur cet album plus que jamais un des éléments qui font que Nevemore sonne comme aucun autre groupe. Les compos sont toujours très groovy ,avec toujours cette ambiance sombre et malsaine qui sied tant à Nevermore. Les solos, de toute beauté, nous montre que Jeff Loomis n'est pas en panne d'inspiration, et cela même si l'ami Jeff s'est un peu calmé au niveau de la vitesse. (par rapport aux albums précédents,ou à son excellent album solo, j'entends...). Mais c'est une heureuse initiative, car Jeff a su tirer le meilleur de son flot de notes habituel en nous distillant de très beaux soli et ô combien impressionnants d'exécution. (cf : celui de The Day You Built the Wall est très révélateur de cette orientation)
Ce disque comporte donc des moments très sombres et brutaux, mais il a également de beaux moments de douceur (douceur relative hein ?) comme la belle Emptiness Unobstructed, avec un beau refrain fédérateur et un couplet très doux avec des subtils et délicats arpèges de guitare claire.

La qualité monte sur The Blue Marble and the New Soul. La chanson semble se lancer comme une balade à l'ambiance malsaine (un peu à la manière de Sentient 6 ,tiré de This Godless ) avant que le groupe nous désoriente avec un final absolument majestueux où Warrel se surpasse vocalement et où Jeff nous a encore concocté un très beau solo en milieu de morceau. Suit ensuite un diptyque de chansons qui est l'un des plus mortels que mes cervicales ont jamais supporté. Et Nevermore nous met un grand coup de bluff (encore ???) en le plaçant à la fin de l'album, après avoir joué des chansons plus calmes en milieu de disque. She Comes in Colours commence comme une ballade, avant que la machine Nevermore ne se réveille une fois de plus pour nous envoyer 6 pieds sous terre une nouvelle fois avec des riffs absolument dantesques, une batterie infernale et un Warrel Dane impérial. Et vient ensuite la chanson titre ... Ou comment terminer la conspiration de la meilleure manière... Pour nous prouver que Nevermore est bien un groupe qui se fixe comme objectif de réduire en bouillie les cerveaux et cervicales de leur pauvres fans. (le break d'intro est un des mieux pensés que j'ai jamais écouté). Et comme si on était pas assez satisfait après ces 10 chansons d'une qualité exceptionnelle, le groupe nous livre deux excellents covers sur l'édition limitée : l'orientale et envoûtante Temptation de Tea Party et... la très belle Crystal Ship des légendaires Doors !!!

Le groupe nous sort un beau bluff une fois de plus en frappant là où on ne les attendait pas, en s'appropriant le style du groupe de Jim Morrisson pour nous livrer leur version de Crystal Ship qui sonne vraiment "The Doors selon Nevermore". (ce qui est, je pense, la meilleure conception qu'on puisse avoir d'une reprise ).

le mot de la fin ? Nevermore a donc enfanté un monstre, à la fois dur et beau comme la pierre d'obsidienne... Une pierre d'obsidienne magnifiquement bien "taillée" par le travail de production de Peter Wichers et de Andy Sneap, ami de longue date du groupe, au mastering et au mixage. Personnellement, je pense que c'est leur album le plus inspiré et varié , alliant parfaitement des moments de douceur délicate , avant de nous broyer la tête avec des passages métalliques de pur génie. Voilà une belle façon pour un groupe de rendre un hommage à ses fans et à sa musique avant de se retirer de la scène... (hélas).

PS: si vous comptez vous le procurer, optez pour l'édition limitée.
Dotée d'un beau packaging voulant imiter l'obsidienne, vous aurez droit aux deux belles reprises, ainsi qu'à un dvd où Jeff vous apprend à jouer des titres de l'album !! Elle est pas belle, la vie ?

21 Commentaires

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Tfaaon - 11 Juillet 2011: concernant Dead Heart , on a pas le même point de vue, puisque je considère que c'est le moins bon album de Nevermore que j'ai écouté à ce jour . (parmi Nevermore , Enemies of Reality , This Godless , Obsidian , et Dead Heart , donc )
megalex1986 - 11 Juillet 2011: Ah et bien donc nous avons 2 avis différents, et c'est tant mieux. Mais tu saurais dire ce que tu n'aimes pas dans Dead Heart ?
Tfaaon - 11 Juillet 2011: bah , les chansons , tout simplement ... :s

à part la monstrueuse "the river dragon has come" , les chansons ne me font pas beaucoup d'effet ...

Tu vois, genre Narcosythesis et compagnie, j'aime pas trop... Et c'est pas faute d'avoir essayé, pourtant !

je peux te dire qu'avant leur concert à l'élysée montmartre , j'ai écouté cet album autant que les autres...

Mais voilà, je dis pas que c'est un mauvais album .
ca reste du Nevermore, donc j'aime bien . Mais je trouve que cet album n'a pas l'excellence des autres que j'ai écouté . (même leur Ep est meilleur pour moi )
megalex1986 - 11 Juillet 2011: Bon et bien chacun son avis, pour moi les compos de cet album sont ultras percutantes. C'est peut-être parce que j'ai d'abord découvert Dead Heart en premier.
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