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Nevermore (USA-1) Dead Heart in a Dead World
CD, date de parution : 18 Septembre 2000 - Century Media
Produit par : Sneap Andy
Style: Power Metal
1 2

NOTE SOM : 17/20
Toutes les notes : 18/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. Narcosynthesis 05:31
2. We Disintegrate 05:11
3. Inside Four Walls 04:39
4. Evolution 169 05:50
5. The River Dragon Has Come 05:05
6. The Heart Collector 05:55
7. Engines of Hate 04:42
8. The Sound of Silence 05:13
9. Insignificant 04:56
10. Believe in Nothing 04:21
11. Dead Heart in a Dead World 05:05
Bonustracks (Video)
12. Next in Line
13. What Tomorrow Knows
Bonustracks (Box-Set Edition)
12. Love Bites (Judas Priest Cover)
13. All the Cowards Hide
14. Chances Three
Total playing time 56:33

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72 avis 1 18/20
Chronique
18 / 20
    Eternalis, Jeudi 29 Avril 2010 parlez-en à vos amis  
Le producteur aux mains d’or…

Nevermore avait déjà fait quelques émules avec un premier opus éponyme impressionnant de maturité et de technique, subjugué par un vocaliste atypique, le talentueux et psychotique (ce regard à même de vous mettre mal à l’aise lorsqu’il vous fixe…) Warrel Dane. Capable d’évoluer dans des registres lyriques complètements désenchantés et fous à lier en passant par des graves oppressants ou des medium désabusés, le chanteur de Seattle a clairement contribué, avec la technique ahurissante de Jeff Loomis, au succès planétaire de Nevermore.

Puis vint "Dreaming Neon Black", concept ambitieux et tragique, en partie autobiographique, relatant la longue chute aux enfers à travers la perte d’un être proche…et enfin, un an plus tard, la consécration artistique, celle qui fit que plus jamais Nevermore ne sonnerait comme les autres, qu’il deviendrait identifiable au premier riff. Et Nevermore fut produit par Andy Sneap…

Loin de rabaisser le génie créatif de la paire Loomis/Dane, l’impact qu’a eu Andy Sneap sur le rendu global conféra une dimension inédite à la musique du quatuor. A la fois plus mélodique et agressive, largement plus tranchante et dense, d’une teinte métallique claquante et jouissive, renvoyant les autres groupes à leurs chères études. Naquit de cette union de talent un "Dead Heart in a Dead World" dantesque, encore aujourd’hui parmi les meilleurs albums du groupe, talonnant de près le déjà mythique "This Godless Endeavor" qui verra le jour cinq années plus tard.

Les progrès de chaque musiciens sur son instrument est palpable, la production non comparable, les textes toujours très sombres et l’ensemble plus cohérent que jamais, sans jamais pourtant être monolithique.
"Narcosynthesis" ouvre le disque avec fureur sur un riff syncopé et lourd, tout en maintenant une double pédale oppressante et destructrice, marque de fabrique de la machine de guerre Van Williams. Le chant de Warrel alterne des envolées lyriques à couper le souffle, d’une beauté incroyable, et un chant plus grave et profond, sombre, pesant et lourd. Les leads de Jeff pleuvent par dizaine, lumineux et superbes, toujours profondément ancrés dans la musique et ne sombrant jamais dans la démonstration facile. Il n’y a qu’à écouter le solo d’une technique toujours aussi effarante, voir énervante (pour les pauvres mortels que nous sommes…) avant de partir sur un plan mélodique absolument magnifique, avant de repartir sur le tempo syncopé des débuts…une véritable épopée en quelques minutes…
Et s’il n’y avait que ce morceau introducteur…

"Dead Heart in a Dead World" fait partie de ces disques dans une discographie contenant presque autant de classiques que de morceaux. "Inside Four Walls", "The Dragon River Has Come", "We Desintegrate", "The Heart Collector", "Engines of Hate", "Dead Heart in a Dead World". Les perles s’enfilent les unes dans les autres dans une cohérence et une harmonie quasi parfaite.
Les radicaux "We Desintegrate" et "Engines of Hate" démontrent toute la violence dans les américains peuvent faire preuve. Ce dernier marque par les descentes de toms incessantes et par les riffs taillés dans le roc le plus cru et vif, d’où émergent des soli et des leads mélodiques tranchant radicalement l’auditeur et l’âme. Le chant de Warrel se fait quasi prophétique, vindicatif, presque mystique mais jamais hurlé, ajoutant encore un peu plus à l’exception de sa performance. Que dire des hurlements suraigus dont lui seul à le secret qu’il délivre sur les ponts de "We Desintegrate", qu’il reproduit de plus à la perfection en live, son chant prenant toute son ampleur lorsqu’il se fait vivant.
Néanmoins, si cet album est si important dans la discographie du groupe, c’est non seulement pour l’agressivité dont il peut faire preuve, mais également, dans une antinomie confondante, la plus profonde mélancolie, instaurant un certain malaise, car palpable.
L’intro acoustique de "The Dragon River Has Come" laisse perler une approche très subtile, avant qu’un riff d’une lourdeur pachydermique ne s’abatte sur l’auditeur, très lent et laissant beaucoup de place aux lignes vocales, plus fortes et émotionnelles que jamais. Un riff d’une lourdeur imparable gardant toujours à l’esprit de se fluidifier, souvent quelques infimes secondes, pour délivrer une once de mélodie et de soli, et ainsi éclaircir l’horizon quelques temps, avant de voir s’effondrer l’espoir l’instant suivant…espoir que Warrel semble avoir définitivement perdu. "The Heart Collector" suit la même voie, et deviendra un moment privilégié des concerts, l’un de ces instants où la communion entre le frontman d’exception et le public est intense et tangible dans l’air. Warrel s’y montre bouleversant de sincérité, d’une justesse parfaite, notamment sur un refrain incroyablement poignant (systématiquement repris par le public…) débouchant sur un soli où l’intelligence mélodique de Loomis éclate encore un peu plus. Quand à Believe in Nothing, que dire devant tant de sensibilité ? (Warrel...)

L’album s’achève dans une atmosphère lointaine, quelques grésillements accueillent l’auditeur, l’impression d’entendre les crépitements d’un vinyle créée une distance avec la musique, devenant spectateur de la chute émotionnelle du protagoniste. Tout est calme, l’eau dort…puis explose et rugit ! L’auditeur se retrouve rapidement sous un mur d’agression métallique (ces changements de rythmes à se tailler les doigts) tandis que Warrel continu sa litanie incantatoire, répétant inlassablement une fin annoncée et proche…plus proche que jamais. Puis le néant, le silence, tout s’étant stoppé dans un fracas final et tranchant, inattendu.

Tout est fini…Nevermore avait récité alors sa plus belle prière, offert sa plus grande pièce et ne savait peut-être pas encore qu’elle allait compter pour beaucoup comme l’œuvre majeure de la résurrection d’un power thrash plus mélodique et paradoxalement acéré que jamais. Nevermore était déjà grand, avec "Dead Heart in a Dead World", il posa définitivement les bases qui firent de lui un géant…





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