1. Stabwound 02:48
2. The Stillborn One 04:24
3. Ignominious & Pale 04:01
4. Diminished To Be 04:59
5. Epitaph 04:15
6. Only Ash Remains 04:11
7. Seven 03:42
8. Symbiotic In Theory 04:36 les paroles
Onset of Putrefaction, premier album de Necrophagist entièrement composé et interprété par Muhammed Suicmez, a lancé sur les rails l’une des formations de brutal death européennes parmi les plus prometteuses et les plus douées de sa génération, mariant la brutalité de Nile et la technique d’Atheist avec une habileté déconcertante. Suicmez revient ainsi en 2004 avec un line up au complet, s’entourant de musiciens particulièrement talentueux, et décrochant un contrat inévitable avec la célèbre écurie Relapse. Le quatuor germanique rentre alors en studio pour ses nouvelles sessions d’enregistrement, supervisées en personne par son leader, débouchant sur la sortie d’Epitaph, en août de cette même année.
Dès l’excellent Stabwound, la machine Necrophagist se met en place, imposant la perfection du couple rythmique d’Hannes Grossmann et de Stefan Fimmers, servant les guitares rapides et précises du duo à quatre mains, Christian Muenzner et Muhammed Suicmez, qui enchevêtrent leurs riffs avec une aisance et une dextérité désarmantes. Les vocaux de Suicmez renforcent alors la brutalité de l’opus, grâce à un guttural d’une profondeur et d’une pureté remarquables.
L’immense talent de Necrophagist lui autorise en outre tous les plans possibles et imaginables, surprenant à chaque instant par la richesse des notes de son répertoire. Se dotant cette fois d’un véritable frappeur, en lieu et place de la batterie programmée de son premier album, le groupe dégage désormais un death beaucoup plus chaleureux. Il transcende alors littéralement son art en multipliant les soli de basse et de guitares, se livrant à des duels d’une splendeur éclatante. L'auditeur reste bouche bée devant tant de maîtrise, à l’image des incroyables Stillborn One ou Only AshRemains, pour ne pas citer tous les titres de l'album.
Rien, non décidément rien, ne vient entacher l’épaisseur et la richesse d'Epitaph, magnifié par l’intelligence de ses paroles, la sobriété de ses interprètes et la clarté de son enregistrement. L'album confirme ainsi l’énorme potentiel de Muhammed Suicmez et la forte identité de Necrophagist, rejoignant Spawn Of Possession et Psycroptic parmi les formations death les plus techniques, et s'imposant sans conteste parmi les maîtres du death métal actuel.
Pour commencer cette chronique, je vais un peu raconter mon parcours vis à vis de ce groupe, histoire d'illustrer les choses. La 1ere fois que j'ai écouté du Necrophagist, c'était sur la compile du H.S. Hard'N'heavy Fury Fest 2004, où le groupe était passé, avec, il me semble, Mutilate The Stillborn ... Bref, le déluge de notes m'avait copieusement fait chier, et je zappait le tout avec allégresse ... Un peu plus tard, je rencontre un mexicain, puis on devient pote et tout le bordel, puis on en vient à Necrophagist... Moi, resté sur mes impressions vieille de 3-4 ans, je me dis que c'est de la merde... Mais paf, je réécoute, pour la forme, et je kiffe ... enfin, quelques temps plus tard.
Tout ce laïus à la con pour dire que Necrophagist n'officie pas exactement de le easy-listening. Au menu donc, un allemand, totalement pro dans son domaine, la guitare, dirigeant avec maestria un line up plus ou moins changeant. Ainsi, on se retrouve avec une galette bourrée ras la gueule de solo néo-classique, véritable marque de fabrique de Necrophagist, qui auraient aussi bien pu se retrouver nuls à chier dans n'importe quel autre groupe. Pourquoi ca marche si bien ? Bah parce que toute la musique est véritablement technique, pas juste histoire de dire "Venez les mecs, on va foutre un truc vachement ouf au début et après on fait de la branlette" comme les mecs de Domination Through Impurity. Aussi, les grattes se contentent pas de faire vroum vroum, puis point barre, loin de là, on à le droit à des contretemps en folie, qui font qu'on ne parvient pas forcément à garder le tempo (en fait, on le perd même totalement), des harmonies pas dégueulasses pour un rond, un petit passage mélodique (promis, écoutez la chanson Epitaph), des passages plus mid space (The Stillborn one).
La basse est servie à merveille, le son étant chaleureux à l'américaine, mais pas étouffant afin de ne pas nuire à la consistance de la musique, bien audible comme il se doit, balancant en temps voulu un bon gros solo en taping (l'intro de Only Ash Remains est tout simplement incroyable) quand elle ne colle pas comme une ombre le rythme démenciel imposé par les grattes. Le jeu du batteur est comme il se doit, brutal, rapide, mais pas non plus bourrin, n'abusant pas forcément des bonnes choses que sont la double pédale légerement triguée et la caisse claire martelée.Vocalement, c'est pas spécialement varié, mais le chant est tellement profond est caverneux qu'on ne s'en lasse pas. pour le situer, ca se rapproche un peu de celui de Akerfeldt, mais avec le grui-grui en moins dans la gorge, mais tout comme le précédent, parfaitement compréhensible.
Cependant, malgré l'avalanche d'adjectifs appréciateurs, on ne verse pas dans la surenchère, le tout reste cohérent, et non pas, comme on pourrait le reprocher à un Spawn Of Possession par exemple, dans l'assemblage foutraque et démonstratif des riffs les plus techniques qu'ils ont pu trouver. Avant d'être technique, cela reste bien du death métal !