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| Novembre 1995 - Osmose Productions |

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1. Devilskin
2. Black Mirror
3. Pretender to the Throne (Opus I: The Userper'S Spawn)
4. The Arcane Light of Hecate
5. Scarlet Witching Dreams
6. The Serpent and the Pentagram
7. Pretender to the Throne (Opus II: Battle at the Netherworld)
8. Spiritdance
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| Chronique |
 16 / 20 |
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Si on excepte Abigor en Autriche et dans une moindre mesure Behemoth en Pologne et Enthroned en Belgique, la supériorité nordique est impressionnante au niveau du Black Metal européen. Sans toutefois briser cette hégémonie, la Grèce est la seule à proposer des sorties parvenant à rivaliser en qualité avec les productions scandinaves.
Mais malgré l’immense potentiel décelé sur son premier méfait, Necromantia n’a pas comme Rotting Christ sorti un disque ayant marqué la scène d’une pierre blanche (c’est le cas pour Non Serviam et Thy Mighty Contract), mais leur deuxième album Scarlet Evil Witching Black (1995) sera d’un tout autre calibre.
Tout d’abord l’objet est doté d’une somptueuse peinture de Pano Sounas symbolisant au mieux l’occultisme dégagé par la musique du combo. Ensuite le côté innovateur presque expérimental est plus que jamais présent, mais ici tout se tient, le côté parfois bancal de Crossing The Fiery Path s’est envolé pour laisser à un Black Metal puissant et racé. Toujours mis en boîte au Sin Ena studio, Magus Wampyr Daoloth et Baron Blood ont bénéficié de suffisamment de temps pour permettre à Christos Hajistamou d’étoffer la production et de faire sonner cette étrange duo basse / basse 8 cordes, sans guitare.
Le style Necromantia est immédiatement reconnaissable, notamment la voix hargneuse et particulièrement inquisitrice de Magus WD ainsi que les rythmiques de basse si spéciales. Devilskin ouvre brillamment le disque avec ce Black simultanément atmosphérique et incisif dominé tant par la double basse virevoltante que par les passages de claviers intermittents mais appuyés. A signaler un solo de guitare final de toute beauté du sessioniste Divad.
Les linéaires mélodiques de Black Mirror développent un pouvoir hypnotique hors du commun et montrent que Necromantia a aussi pioché quelques influences dans la scène norvégienne entre ces deux albums, mais l’identité du groupe n’en pâti pas une seconde, les ambiances occultes étant encore bien présentes. Chacun des huit thèmes est développé méticuleusement sur 5 à 8 minutes, donnant une homogénéité redoutable à cet album qui ne contient aucun titre faible.
The Arcane Light Of Hecate offre des plans Ambiant avec voix narrative et même un passage de saxophone qui a tellement fait de bruit que pour certains Necromantia est connu uniquement pour être LE groupe de Black qui met du saxo dans ses compos. Les grecs sont bien plus que ça et Scarlet Evil Witching Black symbolise à merveille la rencontre du Black Metal à l’esprit authentique et d’expérimentations lorgnant vers l’ésotérisme.
La présence du fameux thème de la chevauchée des Walkyries de Wagner en introduction de Pretender of the Throne Opus II est un autre des multiples exemples d’innovations des grecs.
Comme Magus VD est cogérant de Black Lotus Records, il lui a été facile de rééditer cet album (et le précédent) par ce biais en 2005, en lui donnant une petite cure de jouvence au niveau de l’artwork, un titre bonus (une reprise de Manowar) et un livret complet joliment illustré : on n’est jamais mieux servi que par soit même, dommage tout de même pour l’incroyable pochette d’origine…
Très côté et auréolé à juste titre d’un statut culte dans l’underground, Scarlet Evil Witching Black est un disque particulier qui fait presque figure d’OVNI et qui du coup n’a pu rassembler les foules autant que Marduk, Immortal ou Darkthrone. Pourtant ce deuxième album du duo n’a rien à envier en qualité aux autres sorties majeures de l’époque, trop nombreuses pour être toute citées.
Les plus beaux trésors sont souvent les mieux cachés, mais grâce à la magie de la réédition vous n’aurez même pas besoin de jouer les archéologues, l’hésitation n’est donc plus permise.
BG
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