1. Vision Conquest
2. If the Truth Be Known
3. Inner Incineration
4. Malicious Intent
5. Unfit Earth
6. Circle of Hypocrisy
7. The Chains that Bind us
8. Mindsnare
9. Extremity Retained
10. Suffer the Children
11. Hiding Behind les paroles
Fin 1989, Mick Harris et Shane Embury ont la lourde tâche de remplacer Bill Steer & Lee Dorrian. C’est chose faite avec le recrutement des excellents Mark Greenway de Benediction, Jesse Pintado de Terrorizer, et Mitch Harris de Righteous Pigs & Defecation. L’arrivée de deux américains dans le groupe ne tient pas au hasard, le groupe se sent à l’époque très proche de la mouvance Death US, délaissant quelque peu son grindcore originel.
Dans ces conditions, le choix de l’ingénieur du son et du studio est tout désigné, s’agissant de Scott Burns aux Morrisound Studios de Tampa, passage obligé de tous les groupes death du moment. Les séances d’enregistrements sont toutefois difficiles, les membres du groupe manquent de sérieux, et Mick Harris énervé, décide de prendre les choses en main, mais se heurte régulièrement avec Scott Burns.
Le disque débarque en septembre 90 sur les platines, précédé de quelques semaines par le EP Suffer the Children, ayant déjà fait forte impression, avec son morceau éponyme au rythme pogotant suivi de son break particulièrement écrasant. Fini les incartades fougueuses d'une seconde ou d’une minute de la période Scum / From Enslavement, puisque sur la recette du culte mini LP Mentally Murdered, dans un trip grind certes plus discret, Napalm death compose désormais des titres avoisinant les quatre minutes, donc beaucoup plus aboutis. De surcroît, sur des vocaux de Barney au guttural très pur, Harmony Corruption prend alors des tournures death indéniables, à l’image du redoutable Unfit Earth et de ses backings signés Glen Benton et John Tardy.
Mais attention, même si la galette paraît plus sage et plus posée, Napalm Death n’a rien perdu de son identité. Le groupe demeure immédiatement identifiable, grâce à ses riffs inimitables et particulièrement incisifs, et à sa vitesse d’exécution hors norme, sur les blasts furieux de Mick Harris, qui arrive à apporter des tonnes de variations et de contre temps sur ses rythmes pourtant effrénés.
En 40 minutes, Napalm Death démontre ainsi tout son savoir faire, et faire taire d’un coup tous les détracteurs, qui pensaient que leurs premières réalisations n’étaient que de la rigolade. La complexité des morceaux et la précision des riffs d’Harmony Corruption lui permettent effectivement une écoute infinie et jamais identique. Aujourd’hui encore, l'album compte indiscutablement parmi les grand classiques du death, avec cette touche grind si particulière, qui le rend unique et le caractérise si bien. A conseiller à tous les deathsters qui ne le possèdent pas déjà.