Après le mini LP Resurrection Absurd, représentant les débuts du death metal germanique, aux côtés d'Atrocity et de Protector, le jeune label Century Media commercialise en mai 1990 le second 5 titres de Morgoth, couplant au passage les deux mini LP sous la forme d’un CD unique. Fort d’un logo plus travaillé et d’une illustration d’Axel remarquable, The Eternal Fall attire rapidement l’attention des jeunes death metalleux, cherchant une musique toujours plus forte.
A l’image de la pochette et des t-shirts d’Autopsy, Master & Bolt Thrower affichés par les membres au dos du LP, Morgoth joue un death metal lourd, brutal et morbide, croisement entre Leprosy, Slowly We Rot et Consuming Impulse. Si les deux premiers titres sont tapageurs (sans être blastés), avec leurs gros roulements de double grosse caisse, la musique prend ensuite une tournure plus sombre avec les accords disharmoniques de White Gallery, ou encore avec la touche de claviers sur le break de l’excellent Pits of Utumno, apportant à la fois un maximum de lourdeur, et ce climat très morbide.
L’ambiance restituée est au final très proche de Resurrection Absurd, les deux Mini LP se mariant alors à merveille, constituant un CD en tout point redoutable, même si, presque 20 ans plus tard, l'opus est loin de la technique et de la puissance de feu de nombres de formations actuelles.
Sorti pile au bon moment, à l’image d’un Slowly We Rot, le death metal gore d’Eternal Fall colle parfaitement à son époque, hissant du coup Morgoth au rang des fers de lance du death metal européen des early 90’s, parmi les groupes les plus respectés. Aujourd’hui encore, véritable témoignage d’un style désormais baptisé death metal old shool, l’infernal dyptique Resurrection/Eternal Fall s’insère obligatoirement dans toutes les collections death metal qui se respectent.