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Grâce à l’apport d’Erik, ayant composé pas moins de cinq morceaux d’une étonnante qualité, Domination possède beaucoup de relief, alternant brillamment les titres accrocheurs aux accents Covenant, à l’image des redoutables Eyes To See & Dawn Of The Angry, à d’autres beaucoup plus lourds & écrasants, comme les intenses Caesar’s Palace & Inquisition, pointant en direction du culte Blessed Are the Sick. Au delà des parties purement métal, Domination contient parallèlement une coloration très sombre grâce aux interludes Melting & Dreaming, et à son final Hatework, transpirant une magie noire indescriptible. Enfin, sur le jeu phénoménal de Pete Sandoval et les riffs inimitables d’Azagthoth / Rutan, David Vincent éructe avec son charisme habituel des vocaux d’une épaisseur sans égale, renforçant l’immense caractère de l’album. Bill Kennedy livre également une production admirable, dotant Domination d’un son massif et particulièrement profond, tout en respectant l’essence même et l’extrême pureté de ses compositions. D’une technique et d’une brutalité sombre incomparables, Domination confirme une nouvelle fois la suprématie de MORBID ANGEL au sein de la scène death métal. Mais paradoxalement, nombre de métalleux lâchent le groupe à cette période, au profit d’une scène black renaissante, ignorant ou survolant dès lors et désespérément, la richesse et les subtilités du grand Domination. Fabien.
Telle est la devise de MORBID ANGEL. Vous me direz, rien que le nom du groupe en dit long sur les zouzous et la bouillabaisse sonore qu'ils produisent. De plus leur renommée ne saurait s'amaigrir malgré un dernier album assujetti aux mauvaises critiques. MORBID ANGEL fait parti de ces groupes ricains qui ont démocratisé le death metal aux cotés des autres piliers (vous savez très bien de qui je parle !). Sorti de leur Floride (le "zizi des Etats-Unis" comme le dit si bien Homer sans renier son indémodable classe !), qui est en quelque sorte le berceau du death metal US, Ils créaient la surprise en 1989 avec un Altars Of Madness au rythme thrashy, s'inscrivant dans la lignée d'un Scream Bloody Gore ou d'un Slowly We Rot. Cependant le son des Anges Morbides se veut être encore plus lourd et puissant. Et le jeu de Pete Sandoval à la batterie, exilé de Californie, met tout le monde d'accord. Son jeu de baguettes puissant et précis le cataloguait à la place des meilleurs batteurs de l'époque. Mais j'avais plutôt prévu de parler de Domination plutôt que d'Altars Of Madness. Je pense inutile de préciser que Domination est le quatrième album du groupe, les albums étant classés - suivant la première lettre du titre - par ordre alphabétique. Il est marqué par quelques changements, premièrement de producteur, et deuxièmement de guitariste rythmique puisque Erik Rutan (Hate Eternal) fait son apparition. On avait déjà pu observer une évolution de leur musique sur Covenant, l'album précédent, s'éloignant déjà bien loin des sentiers old school des premières productions. Domination se place donc dans la lignée de Covenant, envoyant des riffs tourbillonnant à la lourdeur extrême. "Lourdeur et puissance", telle est la ligne de conduite que MORBID ANGEL se tue à respecter et franchement sans ces caractéristiques leur musique n'aurait pas le même goût ! Et quel goût ! Les sonorités paraissent tellement diaboliques qu'on ressentirait presque la chaleur des ténèbres nous brûler les fesses, ce que je ressens beaucoup moins sur les productions qui sortent de nos jours. On ne retrouve plus cette même haine machiavélique que l'on pouvait retrouver sur les galettes d'il y a une quinzaine voire une douzaine d'année. Where The Slime Live en serait une bonne représentation, morceau au tempo plutôt lent où David Vincent nous dégueule ses tripes ensanglantées nappé des soli aux tapping hypersoniques et totalement déstructurés de Trey Azagthoth. Dawn Of The Angry représente à lui seul le savoir-faire de MORBID ANGEL : brutalité extrême. Lancé par une ouverture ravageuse, Dawn Of The Angry est un peu à l'image d'un Rapture qui ouvrait le bal sur Covenant. Caesar's Palace fait un peu figure d'OVNI, avec ses riffs extrêmement pesants et totalement accrocheurs, ce titre garantit, si votre système hi-fi vous le permet, vibration des murs à en faire tomber les jolis cadres de maman. Du moins il m'en fait vibrer les tripes. Hatework clôture l'album de la même manière que God of Emptiness ferme Covenant, et laisse s'échapper les démons avec une rage malgré tout retenue mais diaboliquement efficace. MORBID ANGEL confirme qu'il est bien inscrit en haut de l'affiche en signant un album efficace, aux ambiances chaotiques et à la brutalité destructrice littéralement apocalyptique ! On aurait malgré tout pu se passer des morceaux que sont Melting et Dreaming , instrumentaux qui, je trouve, sont plutôt dénués d'intérêts et cassent plus le rythme de l'album qu'autre chose. Mais bon je ne vais pas descendre la note de Domination pour 3 minutes de faux pas, on appuie sur suivant puis on relance le mode headbanger ! A écouter : Where The Slime Live, Caesar's Palace, Dawn Of The Angry, Hatework... Note : 17/20 Extrait de mon blog death-and-black.skyblog.com
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