Verwüstung

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Nom du groupe Moloch (UKR)
Nom de l'album Verwüstung
Type Album
Date de parution 19 Mars 2014
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album2

Tracklist

Re-Issue and Remastered in 2017 by Argento Records with a different tracklist and one bonustrack.
1. Todesstille
2. Blutmond
3. Spiritueller Selbstmord
4. Negativität
5. Nur der Tod Ist Wirklich
6. Die Kalte der Ewigkeit
7. Du Bist Nichts in Dieser Sterbenden Welt
8. Verwüstung
9. A Frederic Chopin Symphony (Hidden Track)
TRACKLIST 2017
1. Blutmond
2. Die Kalte der Ewigkeit
3. Negativität
4. Nur der Tod Ist Wirklich
5. Du Bist Nichts in Dieser Sterbenden Welt
6. Todesstill
7. Grosse Geister aus dem Vergessenen Königreich der Stille
8. Verwüstung

Chronique @ Icare

05 Avril 2017

Moloch plonge l'auditeur dans des abysses de souffrance dont il ne sortira probablement jamais indemne.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Sergiy Fjordsson est un homme occupé : non content de s’occuper de son label Depressive Illusions et d’officier au sein de Saturn From Essence à la discographie pléthorique, le bonhomme nous gratifie avec Moloch d’une moyenne de pas moins de sept sorties par an, en cumulant splits, démos, compiles et albums.

Moloch n’est certainement pas inconnu aux amateurs de Burzum : parmi tous les groupes qui vouent un culte à l’art musical de Varg, le one man band ukrainien tire son épingle du jeu, tant par sa production incroyablement abondante que par la qualité – certes irrégulière mais bien réelle – de cette dernière. Du black hypnotique et glacial aux ambiances dépressives à l’ambiant cheap aux claviers Bontempi, l’ami Sergiy a largement exploré toutes les périodes musicales de son idole, et le Verwüstung dont il est question ici est certainement l’album le plus violent, cruel, glacial et sans compromis de Moloch, d’aucuns diront son meilleur.
Précisons qu’il s’agit ici d’une version remasterisée de l’album de 2014 qui verra le jour sur vinyle, l’original étant déjà épuisé depuis longtemps. Une bonne initiative de la part d’Argento Records donc, qui nous permet de redécouvrir l’album le plus intense et le plus belliqueux de la longue discographie de l’Ukrainien.

A l'écoute de la galette, surprise pour ceux qui connaissaient la version originale, Blutmond nous jaillit directement à la gueule sans aucune intro, propulsé par ce riff fier et guerrier et le martelage impitoyable de Gionata Potenti. Les cris de Sergiy sont effrayants, extrêmement arrachés et haineux, faisant réellement froid dans le dos et conférant une intensité hypnotique et malade au titre, et le tout sonne glacial, mécanique et désespéré, notamment grâce au jeu millimétré du batteur qui fait fumer sa double ainsi qu’à ces quelques ralentissements nauséeux aux dissonances particulièrement malsaines. L’album continue avec Die Kälte der Ewigkeit qui lance ses arpèges lancinants et ses guitares bourdonnantes à l’assaut de notre raison comme une meute de loups affamés, et les cris maudits du chanteur, vibrants de douleur et de folie, résonnent désagréablement dans notre crâne.
Pour résumer, Verwüstung s’apparente à un mélange bien haineux entre Burzum (évidemment, surtout sur Nur der Tod ist Wirlich, au rythme plus lent, avec cette double à la résonance moribonde et ces hurlements possédés qui rappellent vraiment Vikernes) et un Hate Forest plus mid tempo mais tout aussi intense, soit en quatre mots : simple mais foutrement efficace.
L’exploit du one-man-band est de parvenir à mêler haine, mélancolie et violence dans un maelström d’émotions extrêmes particulièrement équilibrées, l’une ne l’emportant jamais sur l’autre : Moloch est dépressif et belliqueux en même temps, plongeant l’auditeur dans des abysses de souffrance dont il ne sortira probablement jamais indemne.

Si le remastering a permis de rebooster un peu le son, l’ensemble gagnant en profondeur et en puissance sans pour autant perdre ce côté froid et déshumanisé qui nous propulse sur les steppes gelées d’Ukraine au milieu de milliers de cadavres pourrissants, on peut se poser légitimement cette question : pourquoi diable l’ordre des titres a-t-il été changé ? Pourquoi avoir relégué Todesstill en sixième piste, originellement introduction au clavier sourde et angoissante parfaite pour faire monter insidieusement la tension avant la déflagration de Blutmond? Pourquoi avoir carrément supprimé Spiritueller Selbstmord de la tracklist, bon titre qui aurait permis d’allonger un peu la partie metal de la galette? Et surtout, pourquoi scinder l‘album en deux, en réunissant en deuxième partie tous les titres ambiants de l’Ukrainien, soit près de 23 minutes, donnant l’étrange impression de s’écouter deux EP totalement différents à la suite, l’un de black aride et désolé et l’autre d’ambiant fantomatique?
Alors oui, Grosse Geister aus dem Vergessenen Königreich der Stille, nouveau titre exclusivement composé pour cette sortie, est plutôt agréable et apaisant, mais ce sont 6,34 minutes de plages de clavier sombres et énigmatiques qui s’intercalent entre Todesstill et le final éponyme, soit 11,06 minutes d’un piano hanté qui vomit ses notes erratiques et dissonantes au compte-gouttes dans une ambiance sépulcrale de vieille cathédrale en ruines.

Vous l’aurez compris, au final, cette réédition de ce qui est sans doute l’une des meilleures réalisations de Moloch ne vaut pas l’original, surtout à cause de choix douteux, et c’est bien dommage car en soit, Verwüstung reste un putain de bon album dans cette branche de metal noir burzumien, à l’âme noire et à l’intensité rarement égalée…
Il faut se rendre à l’évidence et reconnaître que pour une fois, les vieux cons n’ont pas tort: eh oui, on dira ce qu’on voudra, mais c’était mieux avant…

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