Variation on Inductive Theories

Liste des groupes Death Progressif Misanthrope (FRA) Variation on Inductive Theories
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Nom du groupe Misanthrope (FRA)
Nom de l'album Variation on Inductive Theories
Type Album
Date de parution 1993
Labels Holy Records
Style MusicalDeath Progressif
Membres possèdant cet album41

Tracklist

1. Solstice of Poetries
2. Aquarium
3. Childhood Memories
4. La Démiurge
5. My Black Soul
6. Aeternitas
7. The Grey Orchard
8. Atlas
9. Monolith in Ruins
10. And Also the Lotus
11. Mourning Humanity

Chronique @ BEERGRINDER

04 Novembre 2011

audace musicale insensée pour les adeptes, bordel incompréhensible pour d’autres, Variations... est un peu tout cela

Venant de monter son propre label, Philippe Courtois de l’Argilière se lance dans le grand bain en signant les grecs de Nightfall, dont le premier full lenght Parade Into Centuries sera le premier disque estampillé Holy Records. C’est donc fort logiquement que Misanthrope, la formation du jeune guitariste chanteur entouré des frères Moréac (JJ à la basse et CH à la guitare) et de Ollivier Gaubert à la batterie, sort également son premier album par ce biais. Variations on Inductive Theories (1993) ne s’annonce pas vraiment dans la lignée brutale et directe des cadors hexagonaux, mais plutôt dans un Death atmosphérique original dont l’avant-gardisme cantonnera à un relatif anonymat, malgré quelques réactions enthousiastes dans l’underground (et également des moqueries…).

Arborant fièrement des tee-shirts The Gathering et My Dying Bride, les musiciens de Misanthrope marquent leur différence. Si le Death français connaît quelques heures de gloire avec Loudblast, Agressor, No Return, Mercyless ou Massacra, il a raté le train du Death / Doom (comme celui du Thrash Metal quelques années plus tôt) emmené par Paradise Lost et consorts. Les musiciens de Livry Gargan semblent vouloir réparer cette erreur, distillant dans leur Death Metal des touches atmosphériques et dépressives proches du Doom.

Aquarium propose un Death Metal étonnant, aux guitares enlevées et aux touches mélancoliques et plaintives. Mais l’univers du quatuor n’est pas aisément pénétrable, mélangeant parfois des plans progressifs complexes (pas toujours totalement maîtrisés) avec un Death Metal aux ambiances décadentes et plaintives, à ce titre Philippe utilise son chant de multiples façons, là encore pas toujours à la perfection : les voix claires de My Black Soul manquent de puissance et de justesse.
On précisera également qu’une production plus costaude aurait vraiment été souhaitable, l’enregistrement au Mélodie Studio de Dreux manquant un peu d’épaisseur.

Derrière les approximations, on perçoit pourtant un potentiel énorme, les plans guitares sont intéressants et variés (peut-être trop), JJ Moréac est déjà très adroit pour faire sonner ses quatre cordes, particulièrement sur Monolith in Ruins, et surtout une ambiance assez unique émane de ce disque : perversion, mélancolie, colère sont ici mêlées dans un maelström musical avant-gardiste qui part dans tous les sens.
Cependant la mayonnaise parvient parfois à prendre, notamment sur La Démiurge, au début lourd et lent presque sabbathien, avant une glissée progressive vers un Doom / Death plaintif saupoudré de quelques passages de guitares appuyés.
Parmi les morceaux marquants, Monolith in Ruins illustre bien la folie du combo. Il débute sur un étrange riff décalé, enchaîné par une accélération et un chant criard de Philippe. On notera aussi un solo de basse aérien de JJ.

Décriés par les uns, encensés par les autres, audace musicale insensée pour les adeptes, bordel incompréhensible pour d’autres, Variations on Inductive Theories est un peu tout cela, mais reste surtout un OVNI, fruit de l’imagination débordante de ses géniteurs. Les principes et l’imagerie sont posés, pour les morceaux ou les disques qui tuent il faudra attendre un peu.

BG

5 Commentaires

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DEADicace - 05 Novembre 2011: Excellente chronique qui me replonge 20 ans en arrière...

"je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître..."

En revanche, sur le livret, Holy était domicilié à Livry Gargan (93), chez Philippe Courtois, donc pas encore à la Ferté Sous Jouarre.

Enfin, ce n'est qu'un petit détail, histoire de dire que je le possède en original...tout comme les autres albums que j'ai référencé.

Merci pour ce devoir de mémoire.
BEERGRINDER - 05 Novembre 2011: Ah oui exact, j'étais tellement conditionné par mes commandes Holy Records régulières à cette adresse pendant pas mal de temps...

Je corrige, merci.
BEERGRINDER - 29 Juin 2013: Moi aussi je suis fans, mais ce disque est un maelström d'idées mal agrégées entre elles et le son est approximatif.

Le terreau est là en effet, mais dedans on a encore à faire à une jeune plante fragile qui ne sait pas encore trop vers quelle direction pousser.
LeMoustre - 27 Juillet 2016: De mémoire de conversation téléphonique lors d'une commande, nos amis de chez Holy, Séverine (co-fondatrice du label) et Philippe passaient leur BTS de commerce, et leur action commerciale consistait à produire un disque, et le distribuer, en l'occurrence le premier Nightfall.

Les bougres ont eu une excellente note, et ont ainsi monté leur label, Holy Records, bien connu des fans. Ainsi naquit le label.

Parallèlement, Misanthrope, avec ses influences Celtic Frost assumées, préparait ce premier jet. J'aime bien le terme OVNI, tant ce disque pue l'originalité. Déjà, on percevait le sens de la mélodie, des sons plaintifs, mais aussi le côté théâtral repris ensuite à renforts d'idées personnelles.

Dotée de lyrics recherchés, littéralement très personnels, musicalement originale et plutôt aboutie vu l'époque, cette oeuvre a sans doute marqué ses acquéreurs.

Quelques approximations, comme évoqué dans la chronique, un son unique (mais qui pue le début des 90's), je crois que cet album est finalement parmi les plus attachants du groupe, mélangeant langues de Molière et de Shakespeare avec un sens de la poésie étonnant.

Nombre de ces titres ne s'oublient guère (la doublette qui ouvre le disque, "My Black Soul", et... finalement presque tous les titres tant ils ont leur couleur propre.

Une oeuvre qui fait partie du patrimoine doom/death Français. Moins aimé ce qu'ils ont fait après Misanthrope Immortel, mais ça reste un must-have pour les adeptes de Celtic Frost, période Into the Pandemonium.
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