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Chronique
 | note : 18/20 | Encadré d'une part par le mythique "Master of Puppets", qui constitue l'apogée thrash de metallica, et d'autre part par le "Black Album", ouverture plus heavy et tournant plus commercial qui va asseoir la popularité des Américains auprès du grand public, la place de "...And Justice For All" est assez particulière.
C'est d'abord la dramatique disparition de son bassiste de génie, Cliff Burton, qui ampute douloureusement le solide line-up qui a amené metallica au sommet du thrash, et qui provoque la première forme de rupture. C'est sans doute également la grandeur et la réussite absolue de "Master of Puppets" qui oblige le groupe à aller plus loin et plus profondément dans son œuvre créatrice. Enfin, la dureté et la noirceur de cette période pour les musiciens ne sont sans doute pas pour rien dans la teneur du disque dont il est l'objet.
Si on devait choisir l'album le plus noir de la discographie de metallica, ce ne serait pas le "Black Album", mais bien "...And Justice For All", malgré la blancheur de sa pochette. Le premier titre, "Blackened", respectant la trame des albums de metallica d'alors, est un titre thrash sans fioritures, particulièrement violent et rapide. Le côté monumental et presque symphonique des premières notes de "Battery" est oublié ; les riffs sont plus épurés, le titre particulièrement âpre et dépouillé. Impression largement renforcée par la production très particulière du disque.
Abordons ce sujet sans attendre, tant il est polémique. Il est vrai que sur l'album, la basse est très discrète, masquée par des guitares au son puissant et froid. Et encore en avant, une batterie omniprésente (omnipotente), qui joue les premiers rôles et occupe un sacré espace. Certains crient au loup, estimant que du coup la qualité sonore en pâtit. J'admets que la musique de metallica devient du coup très froide, presque déshumanisée. Pourtant, peut-être est-ce l'habitude, je trouve que cette « faute » technique se colle au final parfaitement avec l'esprit du disque. Mais nous en parlerons plus loin...
Poursuivant sa trame conventionnelle, metallica propose donc en deuxième titre le morceau éponyme, long et plutôt lent. "...And Justice For All" va cependant beaucoup plus loin que ses glorieux prédécesseurs. Le côté progressif que l'on a parfois collé à metallica prend toute sa signification dans les enchaînements répétés mélodie en son clair / riff ultra lourd. Le résultat est implacable, oppressant. Le rouleau compresseur est en marche et ce morceau monumental et imposant, à la fois technique, léché et très austère procure un sentiment glacé et angoissant quand on arrive au bout des presque 10 minutes. Précision importante : metallica, déjà coutumier du fait, a encore rallongé la durée des titres, ce qui confirme là aussi une évolution plus prog.
Le métal noir, austère, dépouillé mais technique et pointu de metallica se retrouve quasiment tout au long de l'album, particulièrement dans des titres massifs, lents, implacables, où les rythmiques souvent réduites vous martèlent la tête, bien aidées en cela par Lars Ulrich qui martèle sa batterie comme jamais. Seuls les soli toujours aussi exquis et fins de Kirk Hammett apportent une bouffée d'oxygène dans la sévérité du paysage musical. On peut évoquer dans ce registre les chansons "The Eye of the Beholder", "The Frayed Ends Of Sanity" ou encore le fameux "Harvester of Sorrow" et son riff aussi célèbre qui symbolise à lui seul la teinte de l'album. Seul "The Shortest Straw", bien que de contenu comparable, bénéficie d'un tempo un peu plus rapide.
Pour autant, le disque est loin d'être indigeste, car entre ces longues minutes d'intransigeance, metallica nous sort un bijou : la fausse ballade "One", morceau somptueux, plus de sept minutes d'un bonheur rare mêlant noirceur, émotion, souffrance, colère quand au fil des minutes, l'intensité métallique augmente pour finir sur du thrash sublimé par le long solo de Kirk Hammett. Autre titre mythique qui vient varier les plaisirs, c'est l'instrumental "To Live Is To Die", poignant hommage à Cliff, lancinante et tellement sombre qu’elle en devient un monument de morbidité... Impressionnant.
Enfin, comme pour signifier la conclusion finale de sa période thrash, metallica nous offre "Dyers Eve" : ce que je considère pour ma part comme le morceau le plus violent et le plus rapide de toute la discographie du groupe. Ul... technique, époustouflant dans la brutalité de ses accélérations, le morceau tourne à la démonstration, presque comme pour montrer une forme de suprématie absolue.
En conclusion, "...And Justice For All" pourrait être perçu comme un aboutissement artistique du metallica première époque. Le groupe est parvenu à un dépouillement incroyable sans pour autant perdre la consistance technique et artistique de sa musique. Celle-ci n'a jamais été aussi oppressante, violente, obscure. Complexe, froide, parfois presque contemporaine mais d'une richesse sous-jacente incroyable. Ce disque est par conséquent difficile d'accès, long à appréhender, exigeant pour ses auditeurs, ce qui n'est le cas pour aucun autre album de metallica. Pourtant, avec l'âge et le temps, il est devenu mon disque favori de metallica, car le plus riche en émotion, le plus profond et le plus personnel. Inclassable et forcément unique.
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9 commentaires
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Mardi 28 Aout 2007 |
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Chronique
 | note : 19/20 | Certainement le plus underground, le plus froid, le plus thrash, le plus violent, le plus anti-commercial, bref le meilleur album de la bande à Ulrich.
A commencer par l'électrisant (et écologiquement désespéré) Blackened, au riff légendaire. La voix de Hetfield est transformée (certainement par un meilleur mixage que pour Master of Puppets, qui était assez apocalyptique et brouillon). On peut presque palper la rage transmise à travers les hurlements de James et les soli fulgurants du sieur Hammett.
Le titre éponyme, ...And Justice For All, n'a rien de particulier à mon goût, mis à part son excellent groove de batterie et son extraordinaire solo de guitare, qui restera dans les annales.
Eye of the Beholder ; on rentre dans le vif du sujet, avec un riff déchirant, et la basse (très timide) qui se fait légèrement entendre, ce qui est moins le cas sur les autres titres. Morceau à mid-tempo, on est plus dans du heavy que du thrash dans la majorité de la compo.
Un grand moment du thrash metal ; One. Sous ses doux airs de ballade (la sublime intro), elle renferme une structure complexe avec de nombreux breaks. La seconde moitié du morceau est plus que mythique, avec son riff guitare/basse/double grosse-caisse speed et violent(grosses-caisses dont le son est, étrangement, relativement aigu). Le solo qui suivra est indescriptible, à moins de tomber dans l'excès de superlatifs...Si froid, et pourtant si beau. Bref, c'est un des, sinon LE meilleur(s) morceau(x) de cette fabuleuse galette.
The Shortest Straw: morceau rapide et bien thrash, comme on les aime. Hetfield chante avec ses "tordages de bouche" ("Shortest stroooaaaah" dans le refrain) comme lui seul sait les faire, la basse est omniprésente (pour une fois), le riff plutôt grave est excellent, notre marteleur de fûts nous sort un plan dont lui seul a le secret, un bonheur.
LA déception de l'album (ce n'est que mon humble avis): Harvester of Sorrow. Tempo mou, batterie et basse répétitives à l'excès, le chant n'est pas inoubliable, pas incroyable techniquement, il n'y a que le solo de guitare et les paroles pour sauver le tout... Ecoutable, mais sans plus. La seule tache sur un album immaculé (tout comme sa pochette).
The Frayed Ends Of Sanity : excellente surprise! La première moitié du morceau est heavy, comme le morceau précédent mais en bien plus accrocheur et diversifié.
Arrivé à la seconde moitié, on est accueilli par un nouveau riff, plus speed, et un excellent solo ressemblant quelque peu à celui de One (c'est dire si c'est un gage de qualité). Belle réussite que ce morceau.
To Live Is To Die... Hommage réussi à Cliff Burton. Le début de cet instrumental est composé de guitare acoustique lente, basse, batterie, pour ensuite passer aux autres développements du morceau. Chef-d'oeuvre technique aux riffs nombreux et magnifiques, ce morceau demeure aujourd'hui encore un idéal en terme de puissance et de technicité. Le groupe, en hommage au bassiste décédé, inséra une citation que Cliff aimait à dire:
"When a man lies, he murders some part of the world. These are the pale deaths which men miscall their lives. All this I cannot bear to witness any longer. Cannot the kingdom of salvation, take me home." L'instrumental finit ensuite comme il a commencé, en acoustique, sans batterie.
Dyers Eve ; titre tétanisant et ultra rapide, c'est aussi un des meilleurs titres de l'album. James hurle comme un damné, la basse n'est pas vraiment présente, les guitares sont électriques (au sens large du terme), mais le plus impressionnant reste le jeu de Lars. Martelant ses fûts aux mains, son jeu de grosse-caisse est fulgurant, le martelage est maintenu pendant l'intégralité du morceau, c'est à se demander comment un être humain peut être aussi rapide. Un titre qui laisse sur place, et qui laisse pantelant pendant plusieurs minutes.
Cet album n'est pas seulement un monument du thrash ; il est aussi un idéal du thrash metal, au même titre que le Reign In Blood de Slayer.
Néanmoins l'album est un des moins connus auprès du grand public, alors que c'est un des meilleurs. Il faut
QUE JUSTICE SOIT FAITE!
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2 commentaires
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Jeudi 27 Septembre 2007 |
Commentaire
 | note : 18/20 | | Je suis presque qu'en tous points d'accord avec Burt pour se qui du fait que l'album soit anti-commercial par la durée des chansons mais aussi parce que celle-ci change souvent de rythmique (one par exemple). Je ne suis pas d'accord sur le fait que les chansons sont plus lentes. Bon c'est vrai on n'a plus droit a un titre introducteur comme fight fire with fire ou battery mais cela ne veut pas dire pour audant que le groupe fait maintenant du doom metal.
L'album est en bonne partie du heavy plus que du thrash mais les titres phare de ...and justice for all sont les titres les plus frappant comme One ou harvester of sorrow ainsi que blackened. L'album possède le dernier due de Cliff Burton décèdé pendant la tournée de master of puppet: to live is to die, le plus long titre de l'album. Assez sinistre comme opus entre autre du a la mort de Cliff mais heureusement pour Metallica leur nouveau bassiste est loin d'être un débutant et il assure très bien sur cet album.
Un album sombre mais qui reste très metallica. La suite pour le groupe est moin drole pour les fans mais beaucoup plus pour leur porte-feuille (black album)si vous voyé se que je veux dire. | Vendredi 14 Septembre 2007 |
Commentaire
 | note : 19/20 | | Si je devais citer un album de Metallica, ce serait celui-ci incontestablement...
"And justice for all" fut le premier album de hard que j'ai écouté, il y a 20 ans maintenant, et j' ai accroché tout de suite par son ambiance lourde, qui contrastait avec tout ce que j'écoutais à l'époque (variétés uniquement).
Cet album est sombre, violent par ses paroles, agressif par des riffs puissants, peut-être y a t-il encore le spectre de Cliff Burton qui plane sur le groupe à ce moment là.
Le titre "One" est sans nul doute le titre phare de l'album, devenu indispensable en concert, très mélodique et lent au début avec une fin très rapide, beaucoup plus rapide que les autres titres de l'album d'ailleurs, histoire de contraster.
C'est un album qui marque la fin de la première époque de Métallica commencé avec "Kill'em all", mais qui n'annonce pas du tout le changement qui va se faire avec l'album suivant beaucoup plus "commerciale", au grand désespoir des fans de la première heure.
A l'époque du "Black album" les nouveaux fans ne connaissent même pas "And justice for all" et ne chercheront pas à le connaitre pour la plupart.
Tout fan de "Metallica" doit posséder cet album pour comprendre le groupe et sa musique, pour mieux apprécier des albums plus anciens et tout aussi riche.
J'ai beaucoup de mal avec leurs dernières réalisations, mais "and ..." a une place particulière. | Vendredi 20 Juin 2008 |

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