Catch Thirtythree

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Nom du groupe Meshuggah
Nom de l'album Catch Thirtythree
Type Album
Date de parution 16 Mai 2005
Labels Nuclear Blast
Style MusicalMetal Expérimental
Membres possèdant cet album230

Tracklist

1. Autonomy Lost 01:40
2. Imprint of the Un-Saved 01:35
3. Disenchantment 01:43
4. The Paradoxical Spiral 03:11
5. Re-Inanimate 01:04
6. Entrapment 02:28
7. Mind's Mirrors 04:29
8. In Death - Is Life 02:01
9. In Death - Is Death 13:22
10. Shed 03:34
11. Personae Non Gratae 01:47
12. Dehumanization 02:55
13. Sum 07:17
Total playing time 47:06

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Meshuggah


Chronique @ Eternalis

11 Fevrier 2009
L’avant-gardisme musical est rarement associé à un succès commercial, la faute probablement à une ouverture d’esprit rarement partagée par le plus grand nombre.
Mais Meshuggah est un de ces rares groupes à avoir sut à travers le temps continuer dans la voie expérimentale qu’il avait lui-même tracé tout en fédérant un public de plus en plus nombreux, expatrié d’un progressif conservateur et d’un death en proie à une phobie évolutive.

"Chaosphere" avait imposé les suédois dans la cour des très grands notamment grâce au concept rythmique révolutionnaire des guitaristes fous Fredrik Thordendal et Mårten Hagström, surdoués ayant relevés le pari incroyable de jouer entre les temps et non plus les temps des partitions. Le son et l’atmosphère des morceaux s’en retrouveront complètement bouleversés. Complexe, exigu, étouffant, schizophrénique et excessivement lourd, la musique de Meshuggah deviendra rapidement aussi unique que difficilement accessible, un chaos sonore, une torture auditive pour des tympans ne s’attendant pas à un tel déluge révolutionnaire qui se rapprochera des travaux de Strapping Young Lad ou Fear Factory de la même époque.

Catch 33"" a donc la lourde ambition d’aller encore plus loin dans l’exploration de la mécanicité des riffs, dans le caractère asphyxiant de la musique, pachydermique des sons. Fidèle à une volonté de renouveau, cet album est le précurseur dans l’utilisation de la guitare huit-cordes créée par les fêlés du nord. Une corde apportant un grain d’une noirceur impénétrable.
"Autonomy Lost", premier filament de cet opus écrase l’auditeur dès les premières secondes, non pas sous une violence directe comme ce fut le cas par le passé mais sous un mastodonte sonore, un mur d’une épaisseur inimaginable. Les riffs sont lents et malsains, tournoyants tels des démons infernaux dans nos esprits pour installer une ambiance dérangeante et pesante autour de nous.
En quelques instants, la peur s’installe, chaque soubresaut rythmique est d’autant de frissons parcourant notre échine de long en large pour un voyage unique et imprévu, inachevé également.

"Catch 33" ne se présente pas comme une succession de titres mais comme une alliance de parties liées, formant une œuvre globale et non disséminée. Mais là où certains artistes parviennent à sortir complètement des sentiers battus lors de ce très risqué exercice, Meshuggah se perd inutilement en route et propose quelques raccourcis quelques peu grossiers, plus par nécessité que par conviction.

Expliquons-nous, le niveau musical est presque inégalable dans le créneau, les solos si particuliers du groupe, complètement déstructurés et étrange, comme autant de lueurs malsaines dans ces absolues ténèbres, sont toujours présents, notamment sur "Entrapment" ou "Dehumanization" mais utilisés avec plus de parcimonie.
En ce sens, les suédois opèrent un véritable coup de génie. Les excès techniques parfois abusifs des albums précédents sont ici utilisés lors de passages murement réfléchis, et provoquent un effet sans doute plus précieux et important (le fait de les utiliser toutes les trois minutes ne les avantageait plus !).

De même, l’enchainement mélodique des trois premières plages, formant un bloc monolithique et indissociable est très réussie, l’apparition progressif de chorus de guitare dans le paysage sonore dégageant un sentiment de perte de confiance et de contrôle grandissant au fur et à mesure que l’écoute se prolonge. Le terme glaçant devenant un euphémisme face à une telle froideur, une rigueur également présente dans le chant déshumanisé de Jens Kidman, hurlant de manière rédhibitoire pour un être sain d’esprit, fusion de haine et de désespoir poignant et belliqueux, dévoilant tout l’extrémisme dont l’âme humaine est capable.

Les expérimentations spatiales de "Mind’s Mirrors" également ne manqueront pas de choquer. Amalgame des grincements d’"Elactic" et de voix robotiques et hypnotiques absolument superbes, ce passage est sans contexte la pièce la plus difficile à critiquer car absolument splendide d’inspiration et de musicalité (la mélodie suivant cet instant, répétitif, tournant dans sa boucle harmonique inlassablement avant de voir le paysage exploser dans une symphonie de sonorités glaciales et une nouvelle fois étouffantes).

Le très long interlude "In Death – Is Death" à l’influence cinématographique et l’ambiance morbide, macabre, planante tel un dieu en quête d’âmes tourmentées. Puis l’explosion haineuse de "Shed", jouissive de violence et de rage, prônant une autodestruction dont Jens semble devenu expert dans l’art de la déployée vocalement.

Non, individuellement, "Catch 33" est une œuvre volant au dessus des scènes actuelles, mais c’est dans sa globalité qu’il pêche. Car à vouloir être irrésistiblement dans une même trame, Meshuggah est parfois dans l’obligation de proposer des climats asymétriquement opposés…sans jamais avoir l’opportunité de revenir à son thème initial. Les morceaux se suivent dans un rapprochement temporel mais sont irrémédiablement séparés par des atmosphères musicales radicalement différentes.

Là où Beyond Twilight ou plus récemment Kalisia réussissent à garder une trame tout au long de leur œuvre, Meshuggah perd le fil qu’il a lui-même tissé, rendant l’écoute globale parfois décevante. On ressent comme un manque, ce sentiment d’avoir touché quelque chose de vraiment particulier de très près tout en sachant qu’un élément cloche, mais en identifiant cet élément malheureusement trop tard.
En effet, ce n’est qu’une fois l’écoute terminée que l’on s’aperçoit de cette analyse, faisant suite à de très nombreuses écoutes dont le constat se révèle aussi aliénant que presque découvert avec regret.
Les suédois passaient de très près à côté d’un génie musical qu’ils côtoient depuis leur début, "Catch 33" représente néanmoins la difficulté d’une réelle prise de risque, une manière qui, si elle n’est pas totalement réussie, devient de plus en plus rare avec le temps qui passe.
Sans être un couronnement, il est simplement une pierre magistrale de plus sur un édifice demeurant inviolable et inaccessible.


7 Commentaires

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NICOS - 27 Septembre 2010: Loki_gates: Je ne les ai pas tous écouté en effet, mais quelques uns quand meme. Je pense que ce groupe ne passe définitivement pas chez moi. Techniquement, c'est balaise. Mais aucun morceau ancré dans ma mémoire qui me donne envie de réécouter un album. Je ne suis pas le seul à avoir cet avis. C'est sans aucun doute pas fait pour les "vieux briscards" de la grande époque death metal dont je commence a faire parti.
Leur musique ne me touche finalement absolument pas, mais je reste interrogatif face aux excellentes critiques, qui ne me parlent pas.
NICOS - 27 Septembre 2010: Chab: Tu as peut etre raison, celà n'est peut etre pas accecible pour moi ( aye je me fais vieux). Mais au nombre d'albums de brutal death parfois complexes pour certains que je connais par coeur ( près de 2000), MESSHUGAH restera pour moi une enigme, comme d'autres groupes ( dans un style différant, OPETH qui ne passe pas non plus )
Chab - 27 Septembre 2010: Hey NICOS =D Ce n'était pas du tout par rapport à toi mon commentaire ^^ Mais j'apprécie la réponse que tu donnes :) Opeth, je n'ai jamais vraiment accroché aussi ! (Comme quoi :p) Peut être un jour, qui sait ? =)
 
donthatethecore - 29 Mai 2012: C'est un album collossal, devenu mon préféré de meshuggah aprés un certain temps.

Je cherche mais je ne voit sérieusement aucun point faible.

le concept autour du paradoxe et de la mort que tu ne peux qu'aceppter est génial.
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Chronique @ Svartolycka

08 Juin 2005
Ce quI est surprenant avec Meshuggah, c’est que le groupe poursuIt son bonhomme de chemIn sans encombre. Ayant redéfInI les codes qu’Il avaIt luI-même construIt au fIl des années, le combo suédoIs, toujours en recherche, ne joue jamaIs la carte de la facIlIté.
On savaIt depuIs "Nothing" Meshuggah avaIt trouvé une sonorIté propre : guItares à huIt cordes, productIon Impeccable et tItanesque. Cependant, on avaIt aussI découvert que le groupe aImaIt se lancer dans toutes sortes de défIs, le sublIme "I", réussIssant à surprendre et à prêter une nouvelle sIgnIfIcatIon à son vocabulaIre musIcal et technIque.

PartI comme l’on s’en doute, ces feIgnants notoIres n’allaIent sûrement pas meubler leur dernIer dIsque comme ça. Reprenant la sonorIté et la technIcIté acquIses sur "Nothing", devenant de moIns en moIns démonstratIves avec le temps (maIs vas-y lève toI pour refaIre les rIffs) aInsI que la trame non aIsée du mInI "I", Meshuggah transforme "Catch 33" en un objet hybrIde parfaItement maîtrIsé.
Passant de courts passages, composés tels des fragments, à des morceaux plus longs et plus expérImentaux (voIx électronIques, utIlIsatIon du sIlence), Meshuggah jongle adroItement entre puIssance, arpèges malsaIns et changements de rythme.

Soutenu par la brutalIté vocale de Jens KIdman et une productIon pour le moIns ImpressIonnante, "Catch 33" fascIne autant qu’Il étonne par sa fluIdIté. D’aIlleurs, cette productIon sI froIde et clInIque, pouvant porter à préjudIce les composItIons de certaIns groupes, maIntIen IcI tout le propos du dIsque. Ce souffle mécanIque réglé comme une horloge suIsse est la marque de Meshuggah, sa patte personnelle quI faIt reconnaître son style et son IdentIté. Ou, comment de l’unIformIsatIon émerge la personnalIté.

ParI Impensable démontrant d’autant plus sa réussIte, car surmonté avec fInesse et un perfectIonnIsme hors-paIr, "Catch 33" est une perle d’IngénIosIté structurée et de puIssance vertIgIneuse.
Mélange de fragments sous haute-tensIon, cet album est une pIèce oblIgatoIre pour ceux quI attendent un objet aussI novateur que puIssant. InutIle de moufter, Il faut être fou (ou sourd ?) pour ne pas apercevoIr la qualIté évIdente de cet opus.
Pour ceux quI l’IgnoraIent encore, un grand album.

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Commentaire @ Brice

12 Mai 2005
Lorsque nos amis de Dream Theater sortent un double CD, dont le deuxième n’est composé que d’une seule chanson, divisée en six parties, personne ne s’étonne. Les musiciens, rois du progressif, sont plus considérés comme des matheux que des musiciens.
Mais lorsqu’il s’agit de Meshuggah, beaucoup semblent surpris d’une telle initiative. Et pourtant… Les suédois nous avaient prévenus ! Souvenez-vous, leur EP « I » sorti en 2004, ce n’était qu’une seule chanson. Et celle-ci durait vingt et une minutes. Donc, dans la démarche, rien de bien surprenant.
Que penser de ce disque. De prime abord, nous remarquons que les zicos prennent un malin plaisir à jouer avec un son plus grave que tout le monde. Et si la marque de fabrique du Néo était les sept cordes, là nous passons à la catégorie supérieure, car les guitaristes jouent sur des huit cordes ! ! ! Alors pour être Heavy, c’est Heavy.
C’est d’ailleurs ce que nous remarquons dès la première partie du disque « Autonomy lost », nous sommes loin de la double grosse caisse à profusion. C’est lent, c’est lourd, c’est bon ! Et les vocaux enragés sont imparables. Tout d’un coup, alors que nous pensions toujours écouter la première piste, nous en sommes déjà à la quatrième. Le riff lourdingue se décline en effet sur les six premières parties. Le premier vrai changement nous vient de « Entrapment » qui fait office de premier break. Le titre tourne plus dans l'atmosphérique, un instrumental tout en ambiance qui n’est que le déclencheur d’une seconde partie tout aussi déjantée avec « In death – In life », « In Death – In Death ». « Shed » permet de nous reposer un petit peu, suite logique de « Entrapment », avant de repartir une dernière fois sur deux nouveaux morceaux bien lourds. « Sum » terminera le disque de manière assez planante et, sans que nous nous en apercevions, le disque reprend… La boucle est bouclée.
Alors avantage ou inconvénient, les parties ne sont pas divisibles et le disque se doit d’être écouté d’une seule traite pour être pleinement apprécié.
En tout cas, Meshuggah n’en est pas à son coup d’essai, mais réussit un coup de maître et confirme son statut de groupe à part… et de groupe culte.

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