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| 15 Septembre 2009 - Roadrunner Records |

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1. Dialectic Chaos
2. This Day We Fight !
3. 44 Minutes
4. 1,320'
5. Bite the Hand
6. Bodies
7. Endgame
8. The Hardest Part of Letting Go... Sealed with a Kiss
9. Head Crusher
10. How the Story Ends
11. The Right to Go Insane |
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| Chronique |
 17 / 20 |
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- Excusez moi, c'est juste pour un renseignement... Le nouvel album de Megadeth...
- Il est en rayon.
- Quoi, déjà ?!?
Voilà le dialogue que vous auriez pu entendre si vous aviez été chez mon disquaire il y a quelques jours. Venu à la base pour acheter un jeu vidéo et me renseigner sur la sortie de cet album, je suis reparti avec Endgame dans un sac, plus tôt que la date de sortie officielle, un sourire béat aux lèvres... C'est sûr, des surprises pareilles on en redemande, d'autant plus que d'après les nombreux aperçus mis à disposition des fans, ce nouvel opus s'annonçait très bien, tellement bien que beaucoup ( dont moi-même ) n'ont certainement pas dû se donner la peine d'écouter l'album en intégralité avant sa sortie pour se faire une idée, bien qu'il ait été disponible sur myspace en toute légalité.
Allons-y et disons-le franchement : l'album est une réussite sur toute la ligne. Dès le départ, une ( trop ) courte introduction instrumentale où Dave Mustaine et Chris Broderick se relaient dans une course de solos endiablés, nous plonge la tête la première dans l'album, avant d'enchaîner sur l'efficace "This Day We Fight!". Un conseil : échauffez-vous le cou avant d'écouter, parce que l'on part très vite dans un headbang effréné en rythme avec la musique, sans même s'en rendre compte. Du début à la fin : des riffs ingénieux, entraînants, des solos dantesques digne des plus grandes heures de Megadeth. Ajoutez à cela des claviers épisodiques et discrets, soulignant efficacement certains passages ( comme dans "The Hardest Part of Letting Go... Sealed With A Kiss" ) et on atteint de nouveaux sommets.
Peut-on oser la comparaison avec Rust in Peace, souvent considéré comme le meilleur album de Megadeth ? Si d'aventure ce n'est pas le cas, on est très tenté de la faire car le travail exécuté par le groupe est, comme dit plus haut, à la hauteur de ce qu'il a fait de mieux. Tout le monde ( ou presque ) a entendu le single "Headcrusher" : il s'agit d'un très bon morceau à l'image du reste de l'album et peu de chansons auraient fait tâche entre "Holy Wars" et "Hangar 18". N'eût été le son plus moderne, on se croirait réellement revenu à la belle époque, loin de Risk et autres sujets qui fâchent.
Alors, peut-on chercher la petite bête et faire des reproches à Endgame ? Allez, avec un peu d'objectivité, on peut reconnaître que les morceaux sont moins variés que sur d'autres standards tels que Peace Sells... But Who's Buying, mais c'est vraiment pour chipoter car malgré tout, on ne s'ennuie pas puisque les compositions ne sont pas répétitives pour autant. "Headcrusher", par exemple, n'a pas grand chose à voir avec la chanson titre, très sombre, décrivant un terrible système totalitaire ( d'où la pochette. ) Ce que certains appelleraient manque de variété, d'autres l'appelleraient cohérence... Et ici, c'est la deuxième option qui semble la plus proche de la réalité.
Est-il nécessaire d'en dire plus ? Endgame est un très bon album, très satisfaisant, aussi bon qu'on pouvait le présager et qui nous montre ( tout comme Heaven and Hell l'a fait il y a quelques mois ), que ce n'est pas parce que l'on a sorti son premier album de nombreuses années plus tôt et que l'on a eut une longue carrière avec des hauts et des bas que l'on a plus rien à dire.
55 commentaires |
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| Chronique |
 18 / 20 |
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Endgame poutre, violente, brutalise nos conduits auditifs, martèle nos oreilles, brise nos cervicales, démolit notre gorge et remplit de jouissance notre esprit.
La phrase est directe, sans fioritures et totalement dénuée de poésie. Une définition au final relativement proche de la teneur de ce douzième album du roux thrasher Dave Mustaine, qui n’aurait sans doute jamais parié sortir un disque comme ça il y a encore quelques années.
Certes, le dictateur musical n’a jamais été avare de compliments sur ses productions, bien au contraire, mais la teneur d’Endgame lui donnera cette fois entièrement raison. Les détracteurs vont avoir fort à faire pour y trouver un angle d’attaque convenable et crédible.
Quelques êtres en pleine crise de mauvaise foi pourront tenter de cracher sur cet éventuel plagiat du succès passé de Megadeth, mais ce serait mal connaître l’intelligence d’écriture de Mustaine qui, contrairement à certaines idées reçues, n’a jamais cessé d’avancer, en tentant de rester intègre, même sous la pression des maisons de disques (responsables de la dérive de la fin des années 90).
Loin du soporifique The World Needs A Hero, The System Has Failed avait prouvé que Megadeth avait encore des choses à dire, un morceau aussi génial et inspiré que "Die Dead Enough" le démontrait complètement. Pourtant, United Abominations, ainé de deux ans d’Endgame, ne rassurait pas complètement, inégal et globalement mou, sans pour autant être totalement insipide.
Dans ce contexte pas forcément reluisant mais laissant tout de même Megadeth parmi les dieux du métal, qui aurait pu penser se retrouver avec « ça » entre les oreilles.
La pochette, étrange et conceptuelle, semble conçue pour la polémique, comme Mustaine l’aime tant. Absence de Vic (néanmoins présent dans le superbe livret, nous changeant des précédents avec uniquement les textes), symbolique gouvernementale aliénante, aspect morbide, Megadeth n’y va pas avec le dos de la cuillère, tout en restant dans une optique plus symbolique que directe, sans violence stérile.
Puis, il y a ce nouveau guitariste, Chris Broderick, cité par Dave lui-même comme le meilleur gratteux avec qui il avait collaboré depuis Marty Friedman. Publicité gratuite ? Oh que non, Broderick démontre sur l’album qu’il est non seulement l’un des meilleurs six-cordistes de Megadeth mais également que le groupe a enfin trouvé un musicien purement « metal ».
Soyons clair, Al Pitrelli (qui n’aura pas collaboré à la bonne époque dirons nous), Chris Poland (ressorti des cartons sur "The System Has Failed") ou même le virtuose Glen Drover avaient un niveau technique énorme, mais ils ne s’acclimataient pas avec le groupe. La retenue de Poland ou la démonstration de Drover ne convenait pas. Chris s’affiche donc en parfait lieutenant de Mustaine, tant il le suit tout au long de l’album et, chose rare, parvient à nous faire douter quand à la provenance des solos (ceux de Mustaine étant d’ordinaire parfaitement identifiable tant son jeu saccadé est unique), heureusement notée dans le livret. Hurlantes et déchirantes, les solos de Broderick sont des perles comme l’on n’osait plus en attendre.
Exemple simple mais tellement probant : "Headcrusher", à se couper la tête de bonheur (haha). Incroyablement technique, rapide et démentiellement brutal pour le Megadeth actuel, les rythmiques effrayantes se succèdent dans un bonheur total. Le refrain, syncopé et taillé pour le live, voit un Dave plus vicieux que jamais, au mieux de sa forme. Shawn Drover montre tout son talent, de breaks techniques, avant le pont aux deux minutes. Jouissif ! Alourdissant le tempo, la compo prend son envol avant la déferlante soliste à pleurer de bonheur.
Alors certes, nous pourrons parler de Rust in Peace, tic facile du fan cherchant des références, mais Endgame est bien plus qu’un retour en arrière.
La paire introductive "Dialectic Chaos" – "This Day We Fight !", offre une vision neuve de la musique des américains. Ce riff central, écrasant au possible de "This Day We Fight !", apparaît comme une symbiose de ce que fut Megadeth et d’une étonnante modernité de production et de composition. Le son concocté par le prince Andy Sneap, métallique, rude et déchirant, est parfaitement adapté. Sur ce titre, il a une structure inédite, moins évidente, qui, comme à leurs débuts (notamment des compos comme "Wake Up Dead" ou "Devil's Island"), laisse loin derrière les schémas habituels en privilégiant la musique. Dave n’a pas chanté aussi bien depuis, au bas mot, quinze ans, maitrisant le morceau de bout en bout, baladant l’auditeur cherchant un point de repère. En vain. Jouissance extrême.
Si "1,320" évoquera l’atmosphère guerrière et pourrissante de So Far So Good So What (quelle vitesse d’exécution mama mia !), un morceau comme "44 Minutes", à l’instar de "Die Dead Enough", laissera place à une certaine forme d’expérimentation. Megadeth poursuit sa mutation, plus mélodique, plus chantée (comme il l'avait testée sur Youthanasia), à l’imposante introduction de batterie (magnifique). Les solos se font moins brutaux, mais la basse s’en retrouve mise en valeur, tandis que le refrain, ce refrain, verra un Dave Mustaine chanter comme il le fait si peu. Naturellement, sans rien saturé ni exagéré, une prestation belle, sincère qui nous collerait presque les larmes aux yeux.
Des larmes ? "The Hardest Part of Letting Go... Sealed With a Kiss" pourra se targuer d’être une des rares chansons du groupe à proposer des claviers et, à des années-lumière de la reprise aseptisée de "A Tout le Monde", provoquer un remue-ménage interne d’émotions. Acoustique mais légèrement grinçante (tout comme le contenu textuel de l'albul, traitant d’un projet de l’ère Bush sur de nouveaux camps de travail envers les émigrés, que Mustaine n’a pas peur de comparer au IIIè Reich), la compo est probablement la plus réussie dans le genre depuis bien longtemps.
"Endgame", quand à elle, renvoie légèrement au "United Abominations" de l’album précédent, avec ce genre de mid-tempo qui rentre dans la tête pour ne plus en sortir.
Megadeth l’a donc fait et risque fort d’exploser les charts de bien des pays tant l’album le mérite. Loin de toute mode, de tout cliché et des voix dissidentes, Endgame se place parmi les meilleurs albums metal de l’année.
"Endgame" poutre, violente, brutalise nos conduits auditifs, martèle nos oreilles, brise nos cervicales, démolit notre gorge et remplit de jouissance notre esprit. Enfin, je crois que je l’ai déjà dit …
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