1. A Grand Declaration of War 2. In the Lies Where Upon You Lay 3. A Time to Die 4. View from Nihil (Part I) 5. View from Nihil (Part II) 6. A Bloodsword and a Colder Sun (Part I) 7. A Bloodsword and a Colder Sun (Part II) 8. Crystallized Pain in Deconstruction 9. Completion in Science of Agony (Part I) 10. To Daimonion (Part I) 11. To Daimonion (Part II) 12. To Daimonion (Part III) 13. Completion in Science of Agony (Part II)
Après un titre caché très étrange de deux minutes, l’album s’ouvre sur le riff de conclusion du grand « Wolf’s Lair Abyss », avec un jeu de batterie très martial de la part de notre Hellhammer préféré, enfonçant bien le clou : cet album, c’est la guerre !
Pour illustrer sa croisade, Mayhem n’a pas voulu en faire trop comme Marduk sur leur excellent « PanzerDivisionMarduk » : ici, pas besoin de samples de combat, de bruits de tirs,… tout est dans l’ambiance, et dans le style.
L’album se scinde en deux parties : le première est la suite directe du mini de 1998. On y retrouve les mêmes influences, les mêmes riffs monstrueux, la même voix black de Maniac, avec tout de même beaucoup plus de passages au chant clair, très martial, très imposant ! Ici, c’est violent : on dirait que Mayhem veut prouver qu’il n’est pas mort, n’hésitant pas pour cela à faire des démonstrations de technique, aussi bien au niveau des guitares, que du chant (parfois superposé black/clair – du meilleur effet) et au niveau de la batterie, dont le son change assez radicalement : on se rapproche du son présent sur Thorns, c’est à dire très effleuré, très léger, mais d’une rapidité à couper le souffle.
Le style militariste du jeu d’Hellhammer donne cette atmosphère très puissante : tel un char fonçant sur son destin, les titres passent et trépassent pour se diriger vers la seconde partie du disque – « Il Principe » (la troisième en réalité, puisque le début est la deuxième partie d’une trilogie dont « Wolf’s Lair Abyss » est le début). Le seconde partie de la trilogie s’achève par une explosion à la fin du cinquième titre (oui, l’album en comporte treize, mais seuls huit sont nommés à l’arrière du CD…), et après un silence de quelques secondes (le temps de récupérer son audition après la déflagration), un petit discours chuchoté nous fait comprendre que si l’on est pas mort dans l’explosion, on en est pas loin… puis s’enchaîne un morceau à la rythmique très hip hop, voire rap, excellente coupure qui nous montre que Mayhem est capable de tout.
Cette partie, « Il Principe » est très étonnante. C’est ma préférée du disque car elle est très portée sur la découverte de nouveaux sons : Mayhem n’a pas froid aux yeux. L’époque Euronymous/Dead est finie, il est temps de le montrer, le black doit évoluer !
Les déchaînements de technique d’Hellhammer se font de plus en plus hallucinants, la construction des titres est surprenante, tantôt black, tantôt expérimental barré, « Il Principe » est un véritable champ d’expérimentations scientifique, passant tantôt d’un black très violent à du dark ambiant très froid et mécanique : l’influence que cet album aura sur Thorns est très forte, quasi palpable…
En bref, « Grand Declaration of War » est pour moi le meilleur album studio de Mayhem. Ils ont osé prendre le risque d’expérimenter, et cela leur a valu de nombreuses critiques de le part de leurs fans et de la part des pseudo metalleux imbéciles qui n’ont pas compris l’intérêt d’un renouveau dans le black metal. Malheureusement, soit ces critiques les ont atteint, soit ils ont privilégié le jeu de scène (il est vrai que « Grand Declaration of War » est très difficile à exécuter en live), mais le fait est que sur « Chimera », Mayhem a redescendu la barre, ce qui rend « Grand Declaration… » culte et les autres relativement fades à côté de celui-ci.