1. Dominated Resurgency
2. The Way Of All Flesh
3. Dominion Of Terror
4. Geared For Gain
5. Stillborn
6. Ordain The Hierarchy
7. Carnivorous Misgivings
8. Genetic Affliction
9. Ethnic Cleansing
10. Disciple Of Abhorrence les paroles
Fabien, le Mercredi 05 Septembre 2007 note : 14/20
Après le culte Ten Commandents et l’excellent Retribution, voici Stillborn, le troisième album de Malevolent Creation, sortant en cet automne 1993 sous le label Roadrunner. Entre temps, la formation floridienne perd le redoutable Rob Barrett, heureusement remplacé au pied levé par l’excellent Jon Rubin, transfuge de Monstrosity.
A travers une nouvelle pochette DanSeagrave, très réussie au passage, Stillborn annonce la couleur d’un death metal ancré dans la tradition floridienne. Son style lourd et écrasant, satisfaisant le fan acharné de death metal US, laisse toutefois un goût amer au métalleux désireux de voir la scène death metal évoluer, à l’image d'Individual de Death ou d'Heartwork de Carcass, indéniablement plus ambitieux.
Mais, même si les titres de Stillborn sont certes conventionnels, il n'en demeurent pas moins d’une qualité technique toujours remarquable, à l’image des très bons Way Of All Flesh & Stillborn, tranchants et superbement construits. La force de Malevolent Creation réside en effet dans ses rythmiques dévastatrices, avec le martèlement du dieu Alex Marquez à la batterie, au jeu terriblement puissant et carré, sur lequel s’appuient les guitares lourdes et acérées du duo Fasciana / Rubin.
Afin de conférer un nouvel angle à ses compositions, Malevolent Creation change toutefois d’ingénieur du son, tentant l’expérience avec Mark Pinske, auteur des sessions d’enregistrement d’Elements, 3ème album d’Atheist. Malheureusement, la production de Stillborn étouffe littéralement les morceaux, ceux-ci n’obtenant pas la clarté et le mordant insufflés dans les prod's précédentes de Scott Burns. Les guitares se perdent alors dans un mixage brouillon, manquant d'intensité et ne parvenant dès lors pas à s’exprimer. Stillborn manque ainsi de cette puissance, qui symbolise pourtant l’essence même de Malevolent Creation.
Proposant des titres certes moins accrocheurs, servis de surcroît par une production en demi-teinte, Malevolent Creation rate donc le coche du troisième album. Le groupe est dès lors délaissé par de nombreux métalleux, qui désertent par ailleurs de nombreuses formations death metal, commençant sévèrement à se mordre la queue. Heureusement, la pureté et qualité intrinsèque de Stillborn, ajoutée à la foi inébranlable de Phil Fasciana, permettent à la formation de conserver une légion de fans irréductibles, désormais acquise à sa cause.