Chargement ...
Vous allez être redirigé
| Chronique |
 |
|
Alors que Gyorgi Ligeti vient de s’éteindre (le 12 juin dernier), peu de personnes se rendent compte de l’importance qu’avait le compositeur hongrois sur la scène musicale au sens large...
On savait que Lustmord n’allait pas s’arrêter, suite à « Zoetrope » bande originale d’un court-métrage de Charlie Deaux mais aussi descente vertigineuse et sombre dans les abysses de la psyché humaine. Deux ans plus tard le compositeur anglais revient sur le devant de la scène pour prouver, une fois de plus, qu’il n’a de leçon à prendre de personne. Agissant toujours seul ou se trouvant un projet de collaboration de temps à autre, Brian Williams n’a pas son pareil pour créer des structures ambiantes inédites et indémodables et « Carbon Core », le nouvel album ne va sûrement pas dire le contraire.
On savait que l’Anglais avait une prédominance pour les atmosphères cosmiques, tout ce qui était lié de près ou de loin à l’espace. De plus, le compositeur a toujours mis l’accent sur le travail quasi scientifique du son et de ses flux. Deux raisons pouvant faciliter Lustmord à l’immersion de son auditeur (spectateur) dans les méandres de ces compositions « cinématographiques » (l’album « Metavoid »).
À ce titre, « Carbon Core » est l’un des albums des plus angoissants et glauques qu’est composé à ce jour Brian Williams (si ça ce n’est pas le plus...). Dés les premières secondes, on se sent happé et projeté dans un espace « intra-dimentionel ». Oui, quand on écoute ce disque on a l’impression qu’un intervalle sidéral est mouvant au sein de notre corps. Une émotion dont Brian Williams s’est montré pour le moins garant et expert grâce notamment à son « étude » de densité effectuée sur les textures sonores. Un travail inégalable qui se répercute encore ici...
Je me souviens encore du choc émotionnel ressenti à l’écoute de « Lux Aeterna » de Ligeti, œuvre choral apparaissant dans le film de Stanley Kubrick « 2001, l’Odyssée de l’Espace ». Ligeti avait créé la partition du silence, celui qui vous fige vous terrorise et vous plonge dans un sentiment de terreur diffus. Brian Williams, lui, est le détenteur de se savoir (l’école spectrale : décomposition du timbre, évolution temporelle du son, perception), et même plus, de cette science. Sa musique se fait par instant silence où l’on peut tout imaginer et ressentir dans ces interstices allongés...
Apparitions fantomatiques d’instruments à cordes et de chœurs, drones persistants sortant tout droit de je ne sais quels abysses cosmiques, percussions fonctionnant en écho. Chaque « note » et trituration est pensées pour que l’auditeur (spectateur) se sente le plus près possible de la « sensation du rêve », celle qui fige, terrorise, tourmente et torture la perception. Exploit à mettre au compte d’un minimalisme de plus en plus flagrant des titres de Lustmord couplé à la puissance grondante des basses acquerrant ici une présence palpable...
J’en reviens toujours pas...
Gyorgi Ligeti est peut-être décédé, mais son successeur est là. Il s’appelle Brian Williams, son projet est Lustmord et jamais les compositions de l’anglais ne se sont aussi rapprochées de la terreur du silence du « Requiem » du Hongrois... « Carbon Core » est son exemple le plus flagrant. En un mot : Immense...
0 commentaire |
|
|