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Liste des groupes Metal Symphonique Lunatica Atlantis
Album, date de parution : 2001 - Auto-Production
Style: Metal Symphonique

NOTE : 15/20
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Tracklist
1. The Search Begins 02:10
2. World Under Ice 04:55
3. The Landing 04:07
4. Atlantis 05:24
5. Silent Scream 06:28
6. Garden of Delight 06:02
7. Time 04:02
8. Between Love and Hate 05:42
Total playing time 38:50

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16 avis 1 15/20
Chronique
15 / 20
    ericb4, Dimanche 12 Juin 2016 parlez-en à vos amis  
Une initiale offrande au doux parfum de mélysse synonyme de redoutable arme de séduction massive...

En ces temps d'agitation frémissante et de remaniements profonds sur la scène metal symphonique à chant féminin, l'effervescence et une progressive force créatrice ont gagné, au point de les habiter, les formations dominantes du genre. Aussi n'ont-elles eu de cesse de galvaniser les foules, laissant peu de marges de manœuvre aux nouveaux entrants, ces derniers devant bien souvent se contenter d'assurer quelques timides prestations, au mieux une fébrile intronisation en première partie de concert. Dans ces conditions, sans surprises, encore frileuses sont les jeunes recrues à venir se frotter aux redoutables assauts des Nightwish, Within Temptation et autres Edenbridge ou Theatre of Tragedy. Dans cette grisante, et parfois frustrante tourmente, quelles seraient alors les chances pour un groupe encore balbutiant de faire valoir ses gammes et ses arpèges auprès d'un auditoire au tympan non nécessairement disponible ?

C'est pourtant dans ce sillage stylistique, et sans complexe aucun, que s'est lancé dans la bataille le collectif suisse cofondé en 2000 par le claviériste Alex Seiberl et le guitariste Sandro D'Incau, rapidement rejoints par Andrea Datwyler (ex-Mescarbonic), chanteuse au charismatique grain de voix, cristallin, ample et vibratoire à la fois. Le line up s'est peu à peu étoffé pour voir émerger un sextet mû par une furieuse envie d'en découdre. Et ce, à l'instar de ce « Atlantis », fringante et prometteuse auto-production de 8 titres et premier album full length sorti un an à peine après la création du projet. Introduisons donc le cd dans le boîtier de la platine, asseyons-nous tranquillement et laissons le charme opérer...

Dans une dynamique contenue, arc-bouté sur un metal symphonique mélodique pur et de bonne facture, témoignant d'une production propre, où la qualité de l'enregistrement a pour corollaire un mixage équilibrant convenablement les parties instrumentales et vocales entre elles, le jeune combo marque déjà ses premiers points. Et ce, selon une recette qui, semble-t-il, a largement fait ses preuves chez ses maîtres inspirateurs.

Une classique entame du genre, recelant toutefois quelques subtiles vibes en substance, nous immerge prestement et avec douceur dans un grand bleu aux multiples coraux organiques en toile de fond. De jolis arpèges au piano sous-tendus par de plongeantes et enveloppantes nappes synthétiques introduisent ainsi avec légèreté « The Search Begins », laconique et gracieux instrumental a-rythmique et progressif d'ouverture. D'inspiration classique, ce mélodieux premier acte enchaîne opportunément sur son voisin de piste.
Par contraste, des riffs graveleux étreignant une section rythmique massive et évoluant en mid tempo entament « World Under Ice », énergisant titre d'obédience metal symphonique pur jus, non sans rappeler Eyes of Eden sur l'assise mélodique et avec des relents de Magica dans les montées en puissance. D'entrée de jeu, on observe pléthore d'arrangements de bon aloi, en parallèle desquels la sirène nous livre sans attendre ses premières attaques en règle sur nombre de séries de notes haut perchées, lestement modulées et parfaitement tenues. Au fil de ses inaltérables pérégrinations autant qu'au regard de la rigueur du tracé mélodique où elles s'inscrivent, on ne se déboute pas d'un iota de la magnétique offrande. Ce qui tient en partie aux qualités de mélodistes des maîtres d'oeuvre, perceptibles sur l'ensemble de la pièce et notamment le refrain, catchy à souhait. On comprend dès lors que l'on a affaire à un collectif doté de sérieux atouts et affichant clairement ses intentions. Dans cette mouvance, évoluant en low/mid tempo, « Garden of Delight » déploie d'ondulantes et somptueuses gammes pianistiques pour tenter de nous rallier à sa cause, dans le sillage d'un Within Temptation de la première heure. Un espace percussif devenu plus ample et martelant, de soufflantes rampes aux claviers, un fleuve d'aspirantes harmoniques et des riffs écornés nous assurent un envoûtant spectacle. Mis en habits de lumière par le rai de lumière vocal de la jeune princesse, cette dernière sachant user de ses charmes, mêlant puissance et rondeur du timbre, pour nous faire courber l'échine, le morceau offre ses plus beaux atours. Et la sauce prend, une fois de plus...

Par ailleurs, le collectif affiche une visée alternative à cette première salve, une partie de son propos lorgnant vers l'efficacité, incluant en les combinant judicieusement pugnacité et truculence harmonique. Ainsi, l'entraînant « The Landing » aux allures d'un hit en puissance déverse de séduisants couplets et des refrains immersifs, dans l'ombre d'un premier Nightwish. Les riffs s'avèrent mordants, la rythmique pulsionnelle, la lead guitare enjouée et la maîtresse de cérémonie particulièrement habitée. Un headbang à peine voilé se dessinera à l'aune des vibes communiquées par un cheminement harmonique plus qu'engageant, où les changements de tonalité sont loin d'être rares et les variations plus présentes que jamais. Autant dire que le combo helvétique ne rate pas sa cible, celle de la captation de nos émotions les plus larvées. Dans ce sillage infiltrant, saisissant et frondeur titre à la sèche rythmique, à la manière de Theatre of Tragedy, « Time » lacère en douceur le tympan tout en nous imprégnant de ses somptueux accords et de ses inspirées portées, obéissant à un rigoureux cahier des charges. On est porté par un courant harmonique ascendant, nous propulsant loin du plancher des vaches, pour ne plus manifester le désir d'en redescendre. Caressé par le magnétique flux oratoire d'Andrea et fouetté par un bref mais captateur solo de guitare, on a d'autant moins de chances de lâcher la plage du tympan. Bref, un titre taillé pour les charts d'une redoutable efficacité mélodique, qu'on ne tardera pas à remettre en selle une fois la césure arrivée...

Mais nos acolytes se sont avérés plus virulents encore, sans y perdre en luminescence mélodique, loin s'en faut. Ainsi, le véloce « Atlantis », titre éponyme de l'opus, tout le long distille de soyeuses nappes synthétiques sur un tracé mélodique empreint d'insoupçonnées subtilités, voire d'un brin d'originalité. Faisant la part belle aux variations rythmiques et suivant une instrumentation souriante, manifestant une envie d'élévation atmosphérique, dans un champ harmonique qui lui est propre, le groupe ne s'est pas contenté de rester rivé à de rassurants accords pour l'emporter. Pour sa part, la belle se cale avec aplomb dans la structure d'ensemble, qui d'ailleurs y gagne en progressivité orchestrale, enjolivant de son léger vibrato les réjouissantes plaines qu'elle surplombe de ses célestes volutes. Dans une même énergie, des grunts ombrageux s'invitent au bal, par alternance, sur « Between Love and Hate », virulent et poignant instant power sympho qui libère son influx nerveux pour une folle cavalcade. A la déesse de nous prendre la main pour nous faire traverser cet incandescent et rayonnant paysage de notes, dont s'enorgueillissent, ici comme ailleurs, les refrains, imparables moments s'il en est. Un savant dosage entre offensive assise instrumentale et voluptueuse esthétique des formes s'esquisse en creux. Mention spéciale pour le pont mélodique octroyé, livrant quelques armes fatales, secret bien gardé dont semble détenir les clés notre joyeuse sarabande.

Enfin, pour compléter un tableau déjà riche en compositions, nos compères se sont aussi attaqués à la construction d'une imposante pièce mêlant metal sympho et progressif, exercice de style où ils se sont montrés particulièrement à leur aise. Sous des airs de petite fresque a-temporelle, comme le ferait Edenbridge, le volubile « Silent Scream », piste sympho progressive, lâche les chevaux pour une traversée sous haute tension. Et cela, sous l'égide de riffs meurtrissants étreignant une frétillante rythmique que vient embrasser la douce qui, bien en phase avec ses comparses, nous octroie de sulfureuses et prégnantes patines oratoires. On embarque volontiers pour un voyage épique où la luxuriante instrumentation sillonne les vallons encaissés sans discontinuer, corroborée à une lead guitare au picking maîtrisé et aux accords effilés. Un break opportun s'intercale, mais est prestement balayé par une reprise sur la crête d'un enivrant refrain, avant que les éléments ne se déchaînent un à un, jusqu'à la clôture de la sculpturale offrande. Une première pièce d'anthologie signée par la valeureuse troupe, en quelque sorte.

On ressort de l'écoute de la galette interpelé par les qualités techniques, mélodiques et interprétatives d'ensemble affichées par la verte troupe. Ils ont appris et déjà bien digéré les arpèges et les divers exercices imposés par le style de leurs sources d'influence, tout en ayant veillé à une professionnelle mise en valeur de leurs sémillantes compositions. Certes, encore peu de prises de risques et de variété atmosphérique et artistique transpirent de cette initiale production. On aurait pu souhaiter aussi une ballade, davantage de relief acoustique, d'autres schémas vocaux, l'introduction de choeurs, entre autres. Mais, pour un premier jet, même si l'originalité n'est pas vraiment de mise, le collectif s'en sort fort honorablement, ayant cette rare capacité à stimuler le désir d'immédiateté, nous poussant inconsciemment à remettre le couvert. La distribution des pistes sur la tracklist alterne les rythmiques et les atmosphères au point de ne jamais nous condamner à un quelconque temps de flottement. On comprend donc pourquoi cet album a rencontré un franc succès auprès d'un public de plus en plus réceptif à un style metal émergent et à ses gammes. Un accueil chaleureux qui a eu pour corollaire un enchaînement quasi ininterrompu de dates de concerts et de festivals (dont le Metaldayz festival, prestigieux événement en Suisse). C'est ainsi que l'histoire musicale de nos compères a commencé... On attend donc avec une impatience à peine voilée confirmation de leur potentiel à l'aune d'un second méfait de cet acabit.




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