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Heavy Symphonique Luca Turilli's Dreamquest Lost Horizons
CD paru en2006 - Magic Circle Music
Luca Turilli's Dreamquest : Lost Horizons, chronique, tracklist, mp3, paroles

NOTE : 17/20
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Tracklist
1. Introspection
2. Virus
3. Dreamquest
4. Black Rose
5. Lost Horizons
6. Sospiro Divino
7. Shades of Eternity
8. Energy
9. Frozen Star
10. Kyoto's Romance
11. Too Late
12. Dolphin's Heart
13. Gothic Vision

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8,11 €
Chronique
16 / 20
    Eternalis, le Samedi 31 Octobre 2009 parlez-en à vos amis  
La musique est riche. La musique est généreuse. Elle offre, elle donne mais ne reprend pas, ne demande rien, si ce n’est de l’attention. La musique s’apparente à la vie, mais pas à l’humanité. Elle est l’incarnation, dans sa forme artistique et non mercantile, de l’existence, de la profondeur et de la complexité des émotions. Elle est un moteur, un guide parfois, qui peut se jouer des conventions et des normes simplement parce que la vie n’est jamais identique à celle d’un être parallèle.

De même, une même entité peut parcourir plusieurs chemins radicalement différents, tenter des voies différentes, pour finalement les rallier en un seul et même typhon, afin, simplement, de créer. Luca Turilli fait partie de ceux là.
Il est désormais loin le temps où Rhapsody (of Fire) était un jeune groupe ambitieux, contant un concept chevaleresque novateur pour l’époque. Rhapsody a grandi, son compositeur principal et guitariste a muri, et parvient enfin à réunir ses trois mondes de prédilections : l’opéra, le métal et l’électronique. Luca Turrili’s Dreamquest.

A travers sa propre quête onirique, l’italien va aboutir à un album, pour le moment unique, symboliquement intitulé "Lost Horizons", et naviguant dans des contrées aussi aventureuses que finalement très connues.
Si la pochette, curieuse et attirante, délivre une touche romantique non négligeable, les nombreuses poses typiquement italiennes (dans le sens charmeur péjoratif du terme) de Luca à l’intérieur du livret auront de quoi faire sourire les plus détracteurs, tant ils semblent anachroniques à un album de prime aussi ambitieux.
La décision de choisir comme vocaliste principal Bridget Fogle (sous le pseudonyme de Myst) est en revanche un choix adéquat. Longtemps reléguée au rang de choriste (aux côtés d’Amanda Somerville) dans les productions d’Epica ou Rhapsody (dans le studio de Sascha Paeth évidemment), elle prend enfin une dimension complète, lorgnant véritablement vers une Simone Simmons légèrement plus agressive, plus actuelle, mais presque fragile et peu naturelle dans le véritable lyrisme, perdant la pureté au profit de la technique. A l’instar d’une chanteuse lyrique passablement ratée (ne nous appesantissons pas, Tarja Turinen restant probablement la seule véritable cantatrice que le métal est connu), mais néanmoins impressionnante (comparativement à la nouvelle masse infecte de pseudo chanteuse lyrique envahissant la scène).

Tout débute sur une litanie de quelques secondes…puis "Virus". L’aspect est net dès le départ. Luca, ayant abandonné sa guitare sur le disque au profit de Dominique Leurquin (guitariste live de Rhapsody) au profit des claviers, a largement mis en avant la vision électronique de sa musique, comme une continuité des expérimentations éparses de "Prophet of the Last Eclipse" (son second opus solo).
Une boucle électro qui se retient facilement, des guitares saccadés, presque scandées et narratives, et surtout une ligne de chant rageuse même si aigu, dans l’esprit mélodique d’un After Forever mais si propre aux mélodies que distille si habilement Luca.

Aux premières écoutes, ce déluge de chœurs, ponctués par une électronique omniprésente, pourra se révéler non pas indigeste, mais fortement répétitives, du fait également que les compositions s’enchainent sans réel ligne rouge, ni longue fresque épique si chère à l’italien.

Epique. Paradoxalement, et malgré les chœurs, le chant opéra, une façade électronique très dense et loin d’une unique boucle, ce souffle épique manque, et nous empêche d’être soufflés comme ce fut tant de fois le cas, et comme ce le sera sur le cinématographique et immense "Triumph or Agony".
Les solos ne sont pas nombreux mais interprétés avec virtuosité ("Deamquest" notamment), les lignes vocales évitent le piège d’une accroche trop facile et immédiate, mais cette sensation d’avoir touché de très près l’absolu sur "Prophet of the Last Eclipse" qui, devrait être ici décuplé, s’est malheureusement effrité avec le temps, comme perdu dans son propre concept.

Si "Sospiro Divino" peut subjuguer pour les vocalises classiques de la belle, l’impression de plagiat du "Timeless Oceans" de Luca en solo gâche ce qui aurait pu et dû être intense, au vue particulièrement de ce pont immense, où Bridget parviendrait à donner des frissons aux plus insensibles des hommes.
"Lost Horizons" et sa vision orientale de l’electro est en revanche des plus intéressantes, originales, s’éloignant dans des paysages sonores que trop peu exploités (ou si Orphaned Land rencontrait les sonorités robotiques de Turilli) pour offrir l’une des compositions les plus ambitieuses de l’album, arabisante mais, de manière quasi antithétique, glaciale de par sa rythmique martelée et ses samples.
L’apport de bribes masculines, tout comme sur "Too Late", offre quelque chose de différent, presque malsain à cette musique devenant décadente et embrasant tout ce que l’art peut offrir. "Kyoto’s Romance" et son ouverture faites de cuivres angoissants et majestueux, avant de se faire rattraper par une mélodie typiquement heavy mélodique, qui se s’absentera parfois pour laisser place à une atmosphère planante et enchanteresse, amalgame de Queen et de l’indescriptible titre éponyme de son second opus solo (que ce soit le beat de caisse claire ou le solo le suivant).

Et si "Shades of Eternity" ou "Energy" feront offices de splendides tubes en puissance ("Energy" très proche de After Forever encore une fois), il manquera l’ultime touche d’inspiration qui, là où le talent existe, fait littéralement explosé les barrières émotionnelles de l’auditeur. "Shades of Eternity", très pop dans l’esprit, mais non moins intéressante, parviendra peut-être en revanche à attirer des publics très différents (ce refrain vocal complètement modifié en est l’exemple flagrant, tout comme ce solo langoureux parfait dans le genre), et ce sans jamais sacrifier la musicalité pure à l’appel commercial des sens.

Dreamquest offre un premier opus (y en aura-t-il d’autres un jour ?) ambitieux, complet et passionnant, mais d’où il émane parfois une désagréable sensation de roue libre, d’une inspiration inégale et probablement d’un manque de prise de risque encore plus grande. Néanmoins, c’est face à un travail de composition et de production (Sascha Paeth) colossaux que nous avons à faire, et ce dans une période très féconde de l’artiste (trois albums en à peine trois mois), sans doute trop.
Mais l’artiste est roi, seul dans son monde, unique juge et décideur de son œuvre et son talent…et Luca Turilli a depuis déjà longtemps affiché son nom parmi les plus grands de la nouvelle scène symphonique, et ce, dans sa forme la plus libre et large possible.

« Il n’y a de limite dans la composition que la propre barrière de mon esprit »
Luca Turilli


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19 commentaires
Mini-Chronique
20 / 20
    Aetius, le Vendredi 30 Mars 2007 parlez-en à vos amis  
Pour ma première chronique sur ce site, je me devais de commencer par ce qui est à mon avis une des meilleures sorties de l'année 2006, et pour l'instant le chef d'oeuvre de Luca Turilli. Ce que l'on peut en dire se résume en un mot: fabuleux!
Qu'y a-t-il de si exceptionnel dans cet album? Ce qui m'a frappé, c'est d'abord l'extraordinaire diversité des titres, qui sont tous par ailleurs très travaillés, avec des textes de bonne qualité (même si je ne comprends pas grand' chose à l'anglais...): Lost Horizons s'ouvre sur un appel du muezzin qui je dois l'avouer va très bien avec la suite; dans Kyoto's romance on retrouve des sonorités extrême-orientales; enfin Dolphin's heart ou Sospiro divino, très calmes avec un accompagnement de piano, sont de quasi airs d'opéra (et ce n'est pas moi qui adore l'opéra qui vais m'en plaindre). Cela m'amène à l'autre atout incontestable de l'album: la voix magnifique de la chanteuse, qui alterne parfois avec des choeurs, par exemple ceux en latin de Gothic vision, et qui contribue grandement à cette réussite. Il faudrait aussi parler de tous ces rythmes entraînants, ces refrains accrocheurs, ce sens de la compo...: tout y est, pour notre plus grand plaisir.
Pour conclure, si comme le disait Aristote la perfection est ce qui fait qu'on ne peut rien ajouter ou retirer à quelque chose sans le rendre moins bon, cet album en est une excellent illustration. Bravo Luca!
Ma note est donc un petit 20/20, qui je pense est largement mérité.

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