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| CD paru en1997 - Interscope Records |

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1. Intro
2. Pollution
3. Counterfeit
4. Stuck
5. Nobody Loves Me
6. Sour
7. Stalemate
8. Clunk
9. Faith
10. Stink Finger
11. Indigo Flow
12. Leech
13. Everything |
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| Chronique |
 18 / 20 |
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Que reste-t-il aujourd'hui de la scène neo-metal (ou nu-metal), maintenant que les retombées de la déflagration du milieu des années 90 se sont depuis longtemps atténuées ?
Pas grand-chose … si ce n'est une toute petite poignée de franches réussites restant gravées dans les mémoires (et accessoirement le polycarbonate) : l'éponyme de Korn (1994) ou encore "Adrenaline" des Deftones (1995), œuvres d'anciennes gloires qui ont fini par paumer leur bon gros baluchon de créativité musicale et d'inspiration compositionnelle sur les dangereux chemins du succès, tout occupés qu'ils étaient à boire les aguichantes paroles de la Déesse Mercantile émergeant d'un horizon resplendissant de pépites dorées. Une satanée gueuse qui aura très tôt fait tomber en son piège moult formations, absorbant le genre nu-metal tout entier pour en recracher un jus nauséabond, aussi consistant et savoureux que de la pisse d'âne.
Un constat désolant pour une scène encore en activité, uniquement bonne à produire de la guimauve aseptisée qui attire néanmoins suffisamment de public pour que les majors, toutes dévouées au culte de la susdite Déesse Mercantile, puissent en tirer suffisamment de profit, la palme de la plus énorme bouffonnerie revenant au simulacre de pseudo-violence stérile organisé par les neuf cagoulés de Slipknot, déféquant leurs bouses diarrhéiques alliant l'impact d'un Minipouce aux émanations sulfureuses d'une chevrette empaillée.
Les ricains de Limp Bizkit n'ont quant à eux, pas plus que leurs congénères, échappé au massacre.
Dévalorisé par des productions de plus en plus formatées et gavées de tubes proprets conçus pour cartonner sur les ondes, discrédité par les frasques extra-musicales de Fred Durst, son grand garnement de frontman, entre multiples prises de becs avec différentes personnalités en vue (Trent Reznor, Robb Flynn, …) et tapage d'incruste dans la presse people à grands coups d'idylle avec Christina Aguilera et de rumeurs de fricotage avec Britney Spears (à l'époque où la blondasse se la jouait sainte-nitouche), le quintet de Jacksonville s'est magistralement crashé et n'est plus aujourd'hui qu'une vaste pantalonnade.
Et pourtant, ce serait oublier de bien injuste manière que le "Biscuit Mou" fut jadis capable de sortir un disque remarquable : "Three Dollars Bill, Y'all$". C'était en 1997, à l'aube de l'explosion du nu-metal, autant dire une éternité sur l'échelle temporelle de la musique.
Limp Bizkit propose sur ce premier album une fusion neo-metal / hip-hop qui, si elle n'a rien de novatrice (l'épatante fusion metal / hip-hop créée par Rage Against The Machine existait déjà depuis quelques années, de même que Korn et Deftones s'étaient signalés par de très subtiles incursions de flow dans leur nu-metal), n'a que rarement, pour ainsi dire jamais, atteint un tel degré de véhémence et d'accroche, grâce à un gigantesque mur de riffs cartons grassement sous-accordés érigé par le fantasque guitariste Wes Borland, monstre de technique et d'habileté, posé sur le soubassement bétonné d'une impeccable rythmique assurée par les cousins Sam Rivers à la basse slappée et John Otto au beat caféiné, plantant un imposant décor discrètement enrichi des samples et scratches de DJ Lethal, devant lequel Fred Durst crache un flow digne d'un Zach De Le Rocha surboosté aux amphètes, hurle à s'en décoller la plèvre et vomit à s'en vider le fin fond des boyaux.
C'est du moins ce que l'on retient suite à la monumentale torgnole assénée par la quadruple combo "Pollution" / "Counterfeit" / "Stuck" / "Nobody Loves Me", survenant après une courte intro où des notes de synthé s'élèvent vers les cieux auxquels Durst adresse une très fervente prière. Quatre morceaux construits, tels quatre frères jumeaux, de manière similaire, selon un schéma couplet/refrain classique, s'achevant systématiquement sur un final ravageur, où l'intenable Borland ne cesse de balancer des couches de riffs de mastodonte comme Jésus multiplie les pains (dans ta gueule), tandis que ce sauvageon de Durst enchaîne les rafales de "fuck", "bitch" et autres "shit" comme Ryu les coups de tatane dans sa technique du Hurricane Kick. Une escalade de débauche aussi excessive que jouissive et qui laisse immanquablement sur le carreau.
Pourtant, au détour des ponts et outros judicieusement placés autour des instants les plus brutaux et jouant l'indispensable rôle d'espace respiration évitant de finir noyé sous une déferlante de coups, le groupe ne rechigne pas à offrir un jeu plus fin et nuancé, prenant une place plus prépondérante dans la seconde partie du disque où les toiles guitaristiques deviennent plus mélodiques (les notes étranges et éthérées de "Stink Finger") et expérimentales (les sautillantes dissonances de "Stalemate"), la rythmique basse/batterie plus subtile, tandis que Durst s'accorde quelques instants de répit (notamment sur les interludes à dominante hip-hop "Sour" et "Indigo Flow", où le chanteur adopte un flow posé mais très captivant) et DJ Lethal instaure un environnement ambiant parfois inquiétant ("Everything").
Quelques déflagrations surgissent encore soudainement, avec le rouleau-compresseur "Clunk", la décharge de chevrotine "Leech" ou les bouquets finaux de "Stalemate" et "Stink Finger", deux morceaux se développant suivant une montée en puissance progressive, mais Limp Bizkit varie son expression, ses structures, abordant même les rivages du progressif sur la longue dérive atmosphérique "Everything" clôturant l'album : un "pavé" éminemment éthéré, fleurant bon l'improvisation et où le quintet, en totale roue libre, nous fait voyager en apesanteur entre nappes vaporeuses, effets psychédéliques et rythmes hypnotiques, dans un microcosme abstrait chargé en effluves comateuses.
A l'inverse, le groupe s'est ménagé son tube en puissance avec "Faith", une reprise du hit interplanétaire de George Michael qui a le mérite de conserver intact le groove tonique de l'original tout en apportant un sérieux surplus d'énergie et s'achevant sur un concentré de riffs énormes et de scratches frénétiques. Un morceau qui s'intègre dans l'album sans paraître grumeleux ni verruqueux, depuis devenu un incontournable de la set-list live du combo.
Diversité, puissance et maîtrise sont les maîtres-mots de ce brillant "Three Dollars Bill, Yall$" qui démontre qu'il n'est pas nécessaire de monter une armée pour faire du tapage quand on a le savoir-faire pour le réaliser de manière réfléchie (n'est-ce-pas, ces messieurs du 'Knot …), sachant se modérer aux moments opportuns, et qu'on dispose d'un atout-maître en la personne de Wes Borland, capable de varier son jeu et ses sonorités à volonté : plus subtil ou plus bourrin, plus lourd ou plus véloce, plus cristallin ou plus charbonneux, de la caresse aux vives mandales en passant par l'écrasement à coups de pompes… on tient là un pur prodige de la six-cordes, assurément.
A l'image de son guitariste, "Three Dollars Bill, Yall$" reste constamment accrocheur, ne souffrant d'aucun remplissage ni d'aucun coup de mou, mais cet album demeure la seule et unique réussite de Limp Bizkit à ce jour, d'un point de vue artistique. Une réussite qui n'aurait certainement pas atteint un tel niveau d'excellence et d'authenticité sans le son rugueux et charnu made in Indigo Ranch qui a fait, depuis l'éponyme de Korn, la réputation du producteur Ross Robinson, fermement attaché à l'usage exclusif de l'analogique, résultant, pour peu que l'on sache bien se démerder avec des amplis, des micros et une table de mixage, en un son stupéfiant de densité avec un nombre relativement limité de pistes. Hermétique à la fièvre du numérique poussant à démultiplier les prises pour un résultat très souvent plat, le bonhomme a tout compris et leur a concocté le son qu'il leur fallait : épais, compact et percutant, tout en restant d'une clarté hyaline.
Le groupe, désireux de lui témoigner son estime, lui offre en retour un joli hommage avec la chanson "Indigo Flow", également écrite en l'honneur de l'esprit d'entraide qui régnait à l'époque dans la scène neo-metal. Pour l'anecdote, Reginald Arvizu alias "Fieldy", bassiste de Korn, s'était personnellement occupé de filer la démo de Limp Bizkit ("Mental Aquaducts") à Ross "The Boss", donnant un petit coup de main qui s'est ni plus ni moins transformé en puissant catalyseur de lancement de carrière.
Un esprit "de famille" représenté par le Family Values Tour, célébration à la cause originelle louable, mais qui est malheureusement et depuis longtemps tombée dans un grand bain de soupe aux biftons… à l'image de Limp Bizkit, à l'image du nu-metal … un groupe et un genre qui semblent bel et bien s'y être noyés à tout jamais.
5 commentaires |
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| Mini-Chronique |
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En 1994 sortent 2 groupes qui sont les précurseurs du style néo métal Korn et P.O.D. mais qui n'ont pourtant pas du tout le même style musical, en 1995 ils sont suivis par un groupe au style tout aussi unique appelé Deftones. Seul Korn et Deftones connaîtront un vrai succès tandis que P.O.D restera dans l'ombre. En 1997 sort un album complètement différent des 3 styles précédents, c'est Limp Bizkit qui arrive avec un style de rock sinistre mélangé à du hip-hop.
Three Dollars Bill, Yall$ est un bon album bien qu'il ne soit pas très varié. l' "intro" nous plonge directement dans quelque chose de spécial avec une ambiance de secte.
le titre "Pollution" qui commence très fort nous donne très vite l'envie de s'éclater sans parler de son rythme excellent.
"Counterfeit" commence plus lentement mais il est fait avec la même sauce que le premier morceau, il est pourtant bien meilleur question musicale et ambiance.
"Stuck" est le morceau le moins bien réussi même si l'ambiance est bien, ce morceau n'accroche pas.
"Nobody Love's Me" est un des morceaux les plus réussis, bien fait musicalement avec son changement de rythme permanent et son refrain qui nous accroche direct.
"Sour" avec son début très lent nous donne la permission de respirer un peu mais son refrain nous remet très vite dans l'ambiance sinistre et folle de l'album.
"Stalemate" avec son début changement musical est aussi un très bon morceau.
"Cluck" est fait dans la même veine que "Stuck", on s'en lasse très vite.
"Faith" qui est une reprise de George Michael, est la pièce unique de cet album.
"Stink Finger" est un morceau excellent grâce à son ambiance plus que torturée.
"Indigo Flow" qui est un petit remerciement aux groupes Deftones, Fear Factory et Korn, est un bon morceau qui nous permet de reprendre notre souffle avant que la guerre reprenne.
"Leech" est sûrement le morceau le plus rapide de l'album.
La longue plainte "Everything" qui est toujours très malsaine d'un coté et de l'autre très apaisante nous plonge dans des ambiances vraiment impossible à définir.
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