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| 04 Octobre 1970 - Atlantic Records |

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1. Immigrant Song
2. Friends
3. Celebration Day
4. Since I've Been Loving You
5. Out on the Tiles
6. Gallows Pole
7. Tangerine
8. That's the Way
9. Bron-Y-Aur Stomp
10. Hats Off to (Roy) Harper |
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| Chronique |
 18 / 20 |
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Avec deux albums déjà cultes, le groupe revient en 1970 avec ce qui sera un album a part. En effet Led Zep a fait des émules et d’autres groupes anglais pointent le bout de leurs nez. J’entends par là Black Sabbath, Deep Purple et beaucoup d’autres. Mais contrairement à notre zeppelin de plomb, il prodigue un hard rock très agressif, ce qui deviendra plus tard le Heavy métal. Mais revenons a nos moutons et à ce Led Zeppelin troisième du nom. C’est vrai à peine 1 ans sépare le deux du troisième opus et pourtant le génial Jimmy Page a réussi a nous concocter une nouvelle mouture qui deviendra une grosse, une très grosse référence.
L’album s’ouvre un titre qui résonnera à travers les ages « Immigrant Song ». On dira que c’est le titre le plus typique de Led Zep. Puissant grâce à sa section rythmique en béton emmené par Bonham et Jones, ce titre prévaut également par la qualité du chant de Plant dont les vocalises typiques font mouche. Bien entendu Page reste le leader du son avec comme toujours un touché remarquable. Mais passé ce titre très Hard Rock, la surprise est plus que de taille car le groupe nous propose une tout autre mouture de Led Zep.
« Friends » est l’illustration parfaite de ce que voulait faire le duo de compositeur. L’explication doit probablement venir de leur retraite dans Bron-Y-Aur. Au calme et ne pleine quiétude, les compères nous proposent donc quelque chose de plus posé, de plus folk. Jimmy Page voulait faire un disque expérimental, Led Zep III en est le parfait représentant. Quelle magnifique idée que de faire un mixe entre une musique folk et des accents orientaux, le tout avec un grain de voix unique. Le groupe reviendra sur un titre plus énergique avant de faire de nouveau transpirer leurs influences Blues. « Since I’ve Been Loving You » est une énorme réussite et son caractère limite rétro est bluffant de sensibilité. La guitare y est féline et le chant toujours aussi prenant. Vos tripes n’ont qu’à bien se tenir.
Afin de poursuivre dans sa voie expérimentale, Page et consorts nous offrent un pléiade d’instruments sur « Gallows Pole » qui vient gonflé les possibilités. On retrouve donc du Banjo, de la mandoline et une interprétation a fleur de peau. La joie plane sur ce Led Zep III, preuve en est « Bron-Y-Aur Stomp » dont la bonheur est palpable sur chaque note. Dernier titre comme une sorte d’hommage à l’une des idoles de Page, Roy Harper. Emotions et frissons garantis.
Un disque à part qui a lui aussi été un gros succès. En l’écoutant on comprend mieux ce qui motivé Page lors de la formation du groupe. Il voulait être en perpétuelle évolution et la pari est réussi. Original, sincère, superbement arrangé et écrit, Led Zeppelin III fait date mais le groupe n’en est qu’à ses débuts et beaucoup de choses restent à découvrir.
1 commentaire |
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| Chronique |
 20 / 20 |
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1970.
Après deux albums qui ont cartonné, fait grand bruit et projeté le groupe sous les feux de la rampe, après une année (même 2 en comptant la Scandinavie en 68 et le début 70) de tournées dans le monde, et notamment aux USA, où le groupe connaît un énorme succès, remplissant des stades, le duo de compositeurs, fatigué, décide de se retirer à la campagne, pour composer, tirer au clair leurs ambitions et se reposer un peu.
Page et Plant s'isolent donc dans un cottage, le hameau de Bron Yr Aur. Armés de plumes et de guitares folk, ils prennent du bon temps et composent la plupart des titres de leur prochain album ainsi que quelques suppléments.
D'ailleurs, l'une des compositions issues de cette expérience n'est autre que Stairway To Heaven, de l'album sans nom. En fait, c'est Jimmy Page qui avait commencé la mélodie de ce morceau à la guitare, la notant dans un coin et l'oubliant.
Il la ressortira devant Jones et Bonham en studio, qui composeront subitement la plage instrumentale complète, puis Plant s'enfermera, et en quelques heures pondra les paroles les plus célèbres du groupe.
Mais revenons-en à nos moutons. L'album s'ouvre sur un classique Hard Rock toutes catégories : Immigrant Song. Le texte nous parle de Vikings, ces conquérants nordiques, et les vociférations suraigües de Plant nous emmènent au milieu des geysers et de la banquise qui se morcelle. Un régal intense pour ouvrir un album, 2min25 de bonheur.
Mais l'album commence réellement à partir du second titre, qui démarre dans une ambiance qui est à elle seule représentative de l'album. Des bruits de studio, feutrés, un murmure, et cette mélodie de guitare acoustique aux cordes métalliques, cet ensemble de cordes orientalisant, et cette voix, ces percussions ... Friends est un voyage, un hymne à l'amitié dans les ténèbres de la solitude, et les tourments d'un homme délaissé sont portés par ces vagues musicales étourdissantes .... Petite accélération finale inquiétante et fiévreuse, qui s'achève sur des ondulations sonores ronflantes ...
... Poursuivies par un gratouillement de guitare dans les aigus. Celebration Day commence, de manière joyeuse et guillerette. Pourtant, malgré le rythme, la mélodie barrée, le refrain "Mama I'm so Happy, I'm gonna join the band, we're gonna dance and sing in celebration" mais la chanson est très ironique et parle de déportation. Et là on comprend peut être mieux certaines intonations rageuses du chanteur ...
La 4ème piste commence. Doucement, c'est un blues. La batterie martèle d'entrée avec gravité un rythme lent et saccadé, pesant. Les claviers se font mélancoliques, le décor est planté. Since I've Been Loving You, ou le plus grand blues qu'un groupe de blancs ait jamais fait, selon les grands bluesmen noirs (BB King & Co, rien de moins). Une chanson déchirante, parlant d'adultère. Un homme qui se tue au travail pendant que sa femme s'envoie en l'air. Le morceau est une descente aux enfers, une scarification. Robert Plant n'a jamais aussi bien chanté, aussi bien hurlé, aussi bien gémi que sur ce morceau. Impossible de ne pas avoir la chair de poule et le poil hérissé quand il part dans les aigus. Et ce solo ! Le solo de ce morceau, magnifique, long, déroulé avec une exceptionnelle maîtrise en fait un des plus grands de tous les temps également, il est d'ailleurs enseigné en Angleterre dans les écoles de musique aux futurs prodiges de la 6 cordes. A la fin de ce solo, un hurlement dans le vide. Repris par la musique qui trépigne. Le morceau se calme, pour repartir de plus belle, dans le désespoir le plus profond, au bord du gouffre et de la folie. "Don't you hear them fallin' ?" ... Quand le morceau se termine, on reste pantois en général, un brin démoralisé même.
Mais heureusement, Out on the Tiles est là ! ^^ Un morceau énergique, rapide, entraînant et joyeux, pour clore la première face du vinyle. Un vagabond se promène et chante le long des routes. Le rêve américain à l'ancienne quoi.
Comme vous l'aurez compris, la première face était plutôt "branchée" électrique. Pourtant l'isolation à Bron Yr Aur a porté ses fruits les plus délicats, et la deuxième face a surpris bien des gens à l'époque de parution du vinyle. Car si Led Zep laissait pressentir un penchant pour le folk et ce genre de trip sur son deuxième album notamment (Ramble On, Thank You), ce qui attend l'auditeur là est carrément différent.
On attaque avec Gallows Pole, une de mes chansons préférées du groupe : Jimmy sort un attirail d'instruments à gratter, et surtout la mandoline (qu'il retrouvera un album plus loin, sur The Battle of Evermore). Gallows Pole (Le mat de potence) est une reprise d'une chanson traditionnelle anglaise. L'histoire d'un pauvre type qu'on va pendre et qui tente de corrompre un bourreau infâme : le bourreau lui prend tout, argent, or, sœur, mais finit par le faire danser sur le mat de potence ... La gradation du morceau est jouissive, les instruments se pointant les uns après les autres au fil des couplets et des personnages - et du désespoir de la victime. Là encore, l'interprétation fait mouche, et l'ironie finale est perceptible, dans un déluge instrumental où se noient les hurlements féroces du bourreau satisfait.
On calme le jeu avec une petite balade , Tangerine (= mandarine), une petite histoire de cœur, assez banale mais jolie, un morceau nostalgique qui commence puis s'arrête, laissant juste les musiciens compter la mesure avant de reprendre (One, two, three, four, one, two, free...). Un solo avec un joli effet, mais un peu trop court cependant.
Vient à présent That's The Way, une balade très folk, mais beaucoup moins mielleuse, quoique nostalgique. Je n'ai jamais vraiment compris ce texte, pourtant simple. Une amitié impossible ? Un amour impossible ? Un rejet pour cause de différence ? Les maux d'une société en tous cas. La mélodie est superbe, l'interprétation sensible, et le final très sympathique.
Bron Y Aur Stomp, hommage au fameux cottage, est quant à lui un morceau folk très rythmé, qui parle d'un "blue-eyed merle", le merle étant une race de chien. Et oui, c'est une chanson sur le chien du chanteur ! ^^ Curieux mais incroyablement réussi et joyeux, rien de tel pour mettre la pêche et taper dans ses mains ... A noter que sur Physical Graffiti, un morceau instrumental acoustique est appelé Bron Yr Aur.
Enfin, le morceau le plus ovniesque de l'album le conclut.
Hat's off to (Roy) Harper est un hommage détonant à un grand nom de la musique blues/folk, dont Led Zeppelin est résolument fan. Un morceau joué sur des cordes métalliques, avec un bottleneck, offrant ainsi une saturation de slide, et une voix trafiquée au micro. C'est excessif peut être, mais ça passe.
En conclusion, un album au final quasi conceptuel, basé sur une construction en opposition de genres, tantôt violent, tantôt calme, qui régale et surprend depuis bientôt 40 ans, et qui malheureusement n'a pas forcément toujours la reconnaissance dûe : l'album n'est pas dans le top 500 du mag' Rolling Stones, et c'est une des moins bonnes ventes du groupe (seulement une dizaine de millions d'exemplaires).
Mais il reste un incontournable de leur discographie, et un indispensable de toute médiathèque qui se vaut. Un 20 très mérité.
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