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Il faut donc se replonger dans les années 60 et reprendre l’histoire là ou elle a commencé au sein des Yardbirds. Ce groupe un peu l’Alcatrazz des années 60. En effet on y retrouvera derrière la six cordes Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page, rien que ça. Courant 68, Page se retrouva tout seul à bord navire Yardbirds et devant achevé une série de concert il recruta une bande jeune loup : Robert Plant, John Bonham et John Paul Jones. Dans le coup n’aillant plus grand-chose a voire avec les Yarbirds d’antant un changement de nom s’imposa, Led Zeppelin est né. L’envie de rentrer en studio démange et il ne faudra pas beaucoup de temps avant que Led Zeppelin premier du nom ne voit le jour. Avec cet album le groupe posa définitivement les bases de ce qui allait devenir le Hard Rock. En effet les évolutions techniques sont considérables se qui permet à Page de jouer fort, très fort. C’est le deal et pendant longtemps Led Zep a été le groupe qui jouait le plus fort. Du blues jouer avec un son agressif et une énergie débordante, voilà ce qu’est le vrai Hard Rock. Mais Page n’est pas le seul a en avoir sous la semelle. Car si sa guitare est omniprésente, c’est sa complémentarité avec la voix incomparable de Plant qui fera la différence. Aussi bien pour son coté maniéré que par ses cris limite orgasmiques, son chant restera a jamais gravé dans la mémoire collective. Mais au-delà de se duo il y a aussi un batteur de génie qui démontre une rare violence dans sa frappe. Sa frappe qui même si elle assommerait un bœuf, était rempli d’un groove et d’un feeling rarement égalé. Faire de l’extrême avec des plans bluesy il fallait oser et Led Zep l’a fait. Dernier larron de la bande, John Paul Jones est un modèle pour tous les bassistes. Son sens inégalable de la rythmique et sa vista dans ses parties lead sont tellement indescriptibles qui faut l’entendre pour le croire. Ce disque est donc bel et bien un mythe et en plus il se veut aussi varier que possible. On y retrouve ainsi le magistral « Dazed And Confused » ou la puissance se mêle aisément avec le planant. Preuve si l’en ai que l’héritage des Yardbirds n’est pas mort, Page usant d’artifices expérimentaux comme l’archet. Imaginez vous en 69 avec un titre comme « Communication Breakdown », mais quelle claque. La puissance à l’état brut, le tout avec un touché phénoménal. Ce n’est pas pour autant que le groupe perd sa sensibilité et « Babe, I'm Gonna Leave You » est là pour nous le rappelé. Rempli d’émotion, ce titre au relent folk met parfaitement en avant toutes les sensations que peut faire passer Plant avec sa voix. Magnifique. Plutôt que d’être une année érotique, 69 est la date de naissance d’un véritable mythe qui court depuis maintenant quatre décennies et qui ne finira jamais de nous surprendre de part sa modernité et sa perfection d’écriture. Led Zep est né et restera a jamais dans l’inconscient collectif comme le groupe qui révolutionnera le monde de la musique, rien que ça.
Le premier album éponyme de Led Zeppelin sortait en Angleterre. Une pochette sobre, en Noir et Blanc saturé, reprenant la photo du crash du Hinderburg, le ton était donné. 1er morceau, Good Times, Bad Times, une guitare aguicheuse et agressive, une batterie au métronome fantastique. Un rock énergique et candide, avec toute la verve d'un chanteur pourtant si jeune, et un solo fulgurant, électrique au possible. S'ensuit le terrible Babe, I'm Gonna Leave You, plus de 6 minutes d'un folk acide et dépressif au possible, reprise d'un grand classique du folk traditionnel, popularisé par Joan Baez dans les années 60. Un chef d'oeuvre d'émotion pure et de violence déchaînée après des instants de retenue. Puis viens le terrible blues de Dixon, You Shook Me, là encore plus de 6 minutes de bonheur. Un morceau effarant de démesure, 3 solis, d'abord un solo de clavier suraîgu et démentiel, puis ce frénétique solo d'harmonica, laissant place aux foudres du génie des studios anglais, le tout s'achevant dans un concert du hurlements suraigus de jouissance à peine déguisée. Et là, c'est le drame. Dazed and Confused s'entame, sur un riff de basse à tuer n'importe qui. Une douceur inquiétante monte, s'élève. Stridences de guitare. Hurlement du chanteur qui entame ses stances démesurées et grandiloquentes. Puis vient ce break, ce terrible break aux frontière du psychédélisme et du rock progressif. Mais quel est ce genre ? Le Blues ? Le Rock ? Non, c'est du Progressive Blues, du Hard Rock, du Heavy Metal même ! Et voilà que Jimmy sort l'archet, un son transcendant, extra-terrestre qui violente les oreilles et malmène les crins ... Il repose l'archet et part dans une folie furieuse de virtuosité guitaristique, et entame ainsi un des plus grands soli de guitare de tous les temps, sur quoi le riff pachydermique reprend le pas, sur le râle apesanti du Robert Plant, qui achève le morceau dans un ronflement de guitare mêlé de murmures étouffés et orgasmiques, un tonnerre d'outrance et de tumulte sulfureux. La suite se calme, une intro d'orgue éblouissante presque cathédrale prend le pas, avant de nous envoyer le son d'un morceau pop au texte vindicatif sur une femme amorale dirons nous. L'embrouillamini de la fin s'enchaîne en fondu sur une piste instrumentale orientalisante, sur fond de percussions indiennes. Puis arrive le soufre, la frénésie à nouveau, et le riff endiablé de Communication Breakdown, son solo, son chanteur hurlant, sa fulgurance. Et là, quoi ? Encore une reprise de Dixon ? Hé Bah ouais, c'est Led Zep et ils vous font la nique, le blues, ils se le rapproprient, et font de ce morceau une légende du blues mineur, avec un solo des plus incomparable de virtuosité. L'album s'achève ensuite sur un brin de démesure, 8 minutes de folie pure teintée de Jazz et de Swing, How Many More Times, les femmes,les hommes, le sexe, la drogue, la drague... La vie quoi ! Stridences oniriques, de la voix ou des instruments, texte tonitruant au possible, provocateur et irrévérencieux, un morceau plein d'excès, à l'image de ses créateurs. Une légende.
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