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Liste des groupes Doom Death Lahmia Into the Abyss
CD, date de parution : 14 Mai 2012 - Bakerteam Records
Style: Doom Death

NOTE SOM : 17/20
Toutes les notes : 18/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. Drag Me to Hell
2. Nightfall
3. Silent Through the Screaming Crowd
4. The Tunnel
5. Into the Abyss
6. Glass Eyed Child
7. Grinding Dreams
8. Strenght from My Wounds
9. My Crown
10. Ab Aeterno

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6 avis 1 18/20
Chronique
17 / 20
    Eternalis, Dimanche 22 Avril 2012 parlez-en à vos amis  
Into Hell, Welcome to Paradise…

Genre étiré, malmené, torturé et trituré dans tous les sens, de sa facette la plus violente à la plus empreinte de facilité et de mercantilisme, quand ce n’est pas de l’opportunisme, le death mélodique est un genre tellement décrié que chaque nouveau groupe officiant dans le genre est forcément étudié à la loupe pour déterminer de quel « bord » il fait partie.

Du death mélodique astral et très technique de Scar Symmetry ou Skyfire en passant par les maitres plus agressifs et sans fioritures que sont Dark Tranquillity ou At the Gates, voir Amon Amarth pour les vikings, et sans oublier de mentionner les décriés Children of Bodom ou Soilwork, les ex-créateurs que sont In Flames aujourd’hui reconvertis vers d’autres cieux ou encore des groupes se casant difficilement (Opeth, Raintime, Insomnium, et bien d’autres…) ; il est difficile de savoir de quoi l’on parle quand on se nomme appartenir à la sphère death mélodique.

Nouveau groupe de l’écurie Bakerteam Records, Lahmia (et son superbe logo) est un groupe iatlien prenant ses racines dans le style le plus originel qui soit ; c’est-à-dire le death mélodique made in Gotebörg des premiers In Flames, At the Gates ou autres Dark Tranquillity des débuts. Rude et âpre, le son d’"Into the Abyss" évoque clairement cette époque grâce à une production puissante mais jamais policée ni abreuvée de claviers qui édulcorerait l’ensemble. L’artwork se veut d’ailleurs dans la même lignée puisqu’il a été dessiné par Niklas Sundin (guitariste de Dark tranquillity) « himself », et qu’il se montre très introspectif et difficile à saisir.

"Drag Me to Hell" débute le disque sur une litanie récitée par une voix ténébreuse, en latin, découlant sur le patronyme même du groupe. Un riff couillu mais technique entame le morceau, la batterie entame une légère descente de toms et le growl de Francesco Amerise se fait entendre. Criard tout en restant grave et largement compréhensible, son chant n’est pas sans rappeler celui du chanteur d’Insomnium époque "Above the Weeping World" mais avec une bonne dose d’agressivité en plus. Des pulsations plus brutales sautent sauvagement sur l’auditeur aux abords du refrain, aidées par une double pédale écrasante et des hurlements maitrisés de voix de maitre. Les guitares, techniques mais brutes, tout en réussissant l’exploit de faire ressortir une certaine virtuosité, laisse présager un disque surprenant d’un groupe encore inconnu quelques secondes précédemment. Les vocaux ne sont pas non plus sans rappeler ceux de Mickaël Stanne, même s’ils se veulent plus écorchés et moins monocordes. Mais alors qu’il était crédible de penser avoir cerné convenablement la bestiole, "Nightfall" se pose en petit farceur puisque la mélodie et l’ambiance ici se rapprochent bien plus d’un Amon Amarth survolté que d’Insomnium. Le pré-refrain particulièrement, dans ses riffs cisaillant soutenus par une double pédale vengeresse, font immanquablement penser à "Twilight of the Thunder God". L’apparition très brève du chant clair n’est en soi pas d’une grande utilité puisqu’en plus de ne rien apporter, il se relève très traditionnel et passablement juste. Néanmoins, le solo très technique qui suit nous le fait oublier très rapidement.

Difficile de se faire une idée donc ? Lahmia avec "Into the Abyss" navigue à travers les styles, les stimule et y ajoute une verve et une puissance que seule la jeunesse peut apporter ; mélange de fougue, de passion et d’urgence où le calcul n’a pas encore cours. Plus construit et progressif, "Silent Through The Screaming Crowd", continu de surprendre même si le chant clair ne sera, une nouvelle fois, pas très opportun tant il s’inscrit peu dans l’univers artistique des suédois, résolument plus sombre et tortueux que la moyenne du death mélo actuelle. De plus, il ne va pas sans dire que le chant hurlé de Francesco est très expressif et impressionnant dans ses résonances criardes, tant il respire la mélancolie scandinave, une rage sourde et emplie de tristesse et de déchirement. "The Tunnel" poursuit avec le même constat, ce mélange improbable entre Amon Amarth et Dark Tranquillity, liant la virilité guerrière du premier avec la poésie mélancolique et désenchantée du second. Je précise une fois de plus que la qualité sonore est un atout indéniable de ce premier album, propulsé comme il se doit par le son tranchant, net et précis que lui a attribué Jens Brogen (Paradise Lost, Amon Amarth, Katatonia, Opeth…).

Tournant majoritairement entre six et huit minutes, les compositions de Lahmia prennent le temps de poser des atmosphères, des sensations et des sentiments pour développer et répandre leurs mélodies et leurs riffs qui, écoutes après écoutes, apparaissent de plus en plus inspirés. Jeunes et incisifs, les musiciens interprètent avec une fraicheur, une rage et une envie folle une musique dans laquelle ils croient, et la sensation est très loin de celle de ces grands groupes qui semblent blaser après quinze ans de carrière. La passion se lit et s’écoute à travers cet album. Il n’y a qu’à écouter le titre éponyme, se permettant des incartades vers le black metal mais posant en plein milieu un solo splendide et lumineux comme seul les suédois peuvent se targuer de savoir le faire.

Inutile d’en faire un track by track, "Into the Abyss" est un album très riche (l’introduction au violon et la mélodie à pleurer de "Glass Eyed Child" ou encore "The Crown", long de huit minutes et bercé d’une lueur spectrale et maudite) qui nécessite de nombreuses écoutes avant d’en faire le tour. Lahmia est sans conteste l’une de mes plus grandes surprises en termes de death mélodique depuis un certain temps, et dans une veine de plus peu répandue de nos jours. Sans oser qualifier la musique de progressive, les italiens n’en sont pas moins des alchimistes qui ont osé composer sans aucune retenue, sans pression et avec le cœur des jeunes années…une âme vient de naitre…et c’est des profondeurs de l’enfer qu’elle nous vient. Into Hell, Welcome to Paradise…




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