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Liste des groupes Death Brutal Krabathor Orthodox
CD paru en1998 - Morbid Records / Pavement Music
Krabathor : Orthodox, chronique, tracklist, mp3, paroles

NOTE : 16/20
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Tracklist
1. Orthodox
2. Liquid
3. Shit Comes Brown
4. To Red Ones
5. Tales of Your History
6. Touch the Sun
7. Body as a Cover
8. Parasites
9. About Death

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NEUF
Chronique
16 / 20
    BEERGRINDER, le Samedi 30 Aout 2008 parlez-en à vos amis  
La signature avec Morbid Records avait permis à Krabathor de faire circuler son nom ailleurs qu’en République Tchèque et les pays de l’est, coïncidant qui plus est avec l’arrivée à maturité de leur musique bien identifiable sur Lies.
Avec Skull derrière les fûts, s’étant rodé sur le mini Mortal Memories, le trio complété par Bruno et Christopher est désormais fin prêt à nous donner le meilleur de lui-même.

La pochette est à première vue plutôt étrange, c'est une photo de l'italien Oliviero Toscani (célèbre pour ses affiches Benetton entre autres), il s'agit d’une sorte de guerrier africain tribal portant une Kalachnikov et un os (peut-être humain), en guise de massue on imagine, et un coup de massue sur la tête c’est justement ce que vous pourriez recevoir si vous n’avez jamais jeté une oreille à ce Orthodox (1998). En effet Morbid Records à cette fois mis les moyens sur la table, ainsi pour ce quatrième album Krabathor bénéficie enfin d’une production digne de la puissance de ses compositions, point qui diminuait quelque peu l’impact de leur néanmoins très réussi précédent album Lies (1995).

A l’entame du titre Orthodox, on est saisi par le mur que forme la guitare de Christopher et par la basse de Bruno, vrombissante comme une tronçonneuse, cependant la batterie n’en est pas pour autant oubliée et est parfaitement audible dans le mixe, notamment la caisse claire : sèche et au son naturel. Ce premier titre nous plonge directement et sans préavis dans le Death plutôt brutal et très précis des tchèques : rythmiques surpuissantes, accélérations dévastatrices et compositions sans fioritures, on imagine également sans peine les doigts de Bruno parcourant le manche de sa basse telle une araignée, d’autant plus que celle-ci fait office de rythmique pendant que Christopher fait ses soli, un peu l’esprit d’un enregistrement live en somme, le son béton en plus.

Une fois la machine lancée, rien ne vient perturber la machinerie, deux ou trois riffs apparemment assez simples et hop ! On les réunit et on obtient un morceau de Krabathor, facile quand on a la formule, oui mais j’ai bien dit « apparemment » simple car si on tend bien l’oreille ce n’est pas si évident de chiader ses plans là, Liquid aux fortes influences Thrash brutal démontrant les racines anciennes du combo, comporte d’ailleurs son lot de riffs alambiqués.
On trouvera aussi des relents Grind (rien que sur la durée du titre 1 : 12) sur Shit Comes Brown, déflagration nucléaire « in your face » dans l’esprit de Bestial War (Mortal Memories), mais le festival est loin d’être fini, avec The Red Ones Bruno et ses acolytes proposent un titre moins rapide mais dont vos cervicales se souviendront et qui est de plus doté d’un refrain qui s’imprimera à coup sûr dans votre disque dur individuel : Give us power !!, Give us power !! Les titres (à part le tout dernier) sont cantonnés entre trois et quatre minutes, rendant chacun d’eux parfaitement digestes pour peu que le Death Metal soit votre dada.

Les soli, bien que souvent un peu courts, jouent très bien leur rôle en apportant une touche de mélodie (Touch The Sun), toute relative bien sûr puisque nous sommes en présence d’un groupe de Death ne faisant quand même pas dans la dentelle : de toutes façons ce n’était pas encore la mode du Death mélodique (qui a dit Death de gay ?).
On trouvera aussi avant la fin de ce Orthodox d’autres riffs acérés et complexes (Body As A Cover) et quelques accélérations dévastatrices (Parasites) avant la chanson finale About Death.
Ce dernier titre est un peu à part du reste de l’album avec ses 6 minutes, elle est plutôt basée sur un tempo lent, comporte un poil de synthé…et pourtant l’essence du Death Metal est bien présente dans les ambiances dark de ce titre, notamment au travers des soli, des riffs lourds et appuyés, et d’une accélération centrale que l’ont sent arriver et qu’on accueille avec la plus grande joie.

Si on regarde attentivement les crédits, on s’aperçoit que Bruno et Christopher se partagent le travail au niveau du chant (4 morceaux pour Bruno, 5 pour Christopher), en fait chacun chante les titres qu’il a composé, mais les deux ayant un timbre très proche cela ne nuit nullement à l’homogénéité de la galette.

Sorti du contexte on pourrait se dire que 31 minutes sont un peu courtes pour ce CD (et encore ceux qui disent ça ne doivent pas posséder Legion ou Once Upon The Cross) mais je dirais au contraire que c’est la durée parfaite : aucun titre « bouche trou », pas le temps de s’ennuyer et l’envie de se remettre Orthodox dans la platine dès que celui-ci est fini.

Au final voici un album de Death brutal (pour l’époque) efficace et inspiré, à un moment ou le Death avait du mal à se renouveler et tourner un peu en rond. Krabathor aurait pu jouer un rôle plus important dans cette scène mais l’éclosion de la nouvelle génération du Death Metal (Nile, Cryptopsy, Anata,…) doublé d’un éclatement du line-up consécutif à un clash entre les deux têtes pensantes Bruno et Christopher en décideront autrement.
Il nous restera ce Orthodox en témoignage. Certes la carrière des tchèques continuera mais pas avec le même brio, et malgré l’intégration dans le groupe d’une légende du Death US, ils ne retrouveront jamais leur meilleur niveau (comme Shevshenko à Chelsea en somme), et c’est ce que nous verrons sur Unfortunnetely Dead.

BG


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