Fils de la Haine

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Nom du groupe Killers (FRA)
Nom de l'album Fils de la Haine
Type Album
Date de parution 1985
Style MusicalHeavy Speed
Membres possèdant cet album115

Tracklist

Reissue in 1997 by Brennus Music
Reissue in 2015 by Killers
1. Le Fils de la Haine 03:45
2. Sacrifice 03:00
3. Rosalind 05:40
4. Pense à Ton Suicide 03:40
5. Au Nom du Rock 'n' Roll 03:25
6. Killers 04:50
7. Mercenaire 02:20
8. Le Magicien d'Oz 04:50
9. Heavy Metal 04:00
10. Chevalier du Déshonneur 03:30
11. Ahachtachta Chtilabeh !!! 00:25
Total playing time 39:25

Chronique @ largod

26 Mars 2013

Plaquage cathédrale

S’il y a bien une chose à ne pas confondre avec l’Aviron Bayonnais, c’est son cousin et frère de sang, mais amical ennemi sportif, le Biarritz Olympique. A l’origine, le rugby fut importé dans ces deux villes du pays Basque par un Landais ayant découvert à Bordeaux ce sport de gentlemen joués par des brutes certes, mais respectueuses des fondamentaux et des règles de ce jeu pratiqué à quinze contre quinze avec un ballon de forme ovale. Les derbys entre ces deux villes distantes de quelques kilomètres donnent l’occasion aux porteurs des couleurs bleu ciel et blanc de l’Aviron de venir taquiner le cuir des Biarrots porteurs de la tunique rouge, blanche et verte aux couleurs de l’Euskadi.

Ce sport est affaire de conquête à la base.
Il véhicule aussi des vertus de camaraderie, d’humilité, de don de sacrifice et bien entendu de courage. Tout le Sud-Ouest respire au rythme des mêlées enfoncées, des mauls acharnés et des cadrages-débordements d’école. Eté comme hiver. L’éducation de chaque jeune garçon passe immanquablement par l’école de rugby du village. Doit-on voir dans la culture Basque des réminiscences de combat, de hargne et parfois de haine maitrisée en provenance du substrat rugbystique ?
Qui sait…

Quoiqu’il en soit, Bruno Dolheguy a grandi sur les terres verdoyantes et généreuses des environs de Bayonne. Dès son plus jeune âge, autodidacte fier et convaincu, il va entamer l’apprentissage de la guitare. Auditeur assidu de musique Rock, les anecdotes que Bruno nous conte sur son site lorsqu’il évoque les débuts de Killers sont croustillantes. Ce sont les années de son premier groupe « Génocide », en hommage à qui vous savez, avec déjà Patrice Le Calvez au chant, mais aussi les années à écumer les bals de province. Ah les bals du week-end. Comme lui, j’en garde quelques souvenirs précieux. Lieux de rencontres, parfois amoureuses ou plus musclées, véritable creuset social et lieux de défoulement les plus habituels dans un pays humant l’air des années post soixante-huitardes. Dans le centre de la France, il y avait « Fréquence », jeune groupe qui reprenait un répertoire proche de celui que Génocide avait adopté et qui assurait plutôt bien.

Et oui, jeunes garnements rapides à la critique et aux jugements à l’emporte-pièce, à cette époque du début des années 80 les occasions de se divertir et d’accéder à la culture étaient moins immédiates que de nos jours. Il n’existait pas Internet (tout juste le téléphone, mais pas cellulaire), il n’y avait que trois chaines de télévision (avec déjà Michel Drucker en tête de gondole), les émissions de rock télévisées se comptaient avec une certaine facilité (une seule, « Les enfants du rock » sur Antenne 2), les salles de concert dignes de ce nom étaient faméliques (le POPB, à ne pas confondre avec le Biarritz Olympique Pays Basque soit BOPB, fut inauguré début 1984 tout comme le Zénith) et le pouvoir d’achat était déjà limité (surtout lorsque, comme votre serviteur, vous étiez fils d’ouvrier et fier de l’être).
Une seule solution donc : la persévérance et la flamme de la passion, seuls remèdes connus que l’on soit artiste ou fan pour étancher sa soif.

L’année 1982 fut celle de la création de Killers.
Le line-up était complété par Jean-Marie Ducout à la batterie, Patrice Latapy à la basse et Didier Deboffe à la guitare solo. Les choses deviennent plus sérieuses et le groupe compose son propre répertoire en parallèle de la tournée dominicale des villes en périphérie de Bayonne. Pascal Chauderon s’empare des baguettes et Pierre Paul prend le poste de bassiste. Ne parvenant plus à concilier les bals et la création artistique d’un répertoire, Killers se concentre sur les répétitions et tente la chance à un tremplin rock sur sa bonne ville des bords de l’Adour en mars 1984. Pari gagné et en prime la possibilité de mettre en boite un 45 tours, objet si précieux pour percer enfin dans une France goûtant aux années Mitterrand.

Malgré les efforts consentis et l’arrivée en mai de l’ex-Airborne Michel Camiade au poste de batteur, l’essai ne sera pas transformé et les deux titres « Chevaliers du déshonneur » et « Au nom du Rock’n roll » ne sortiront finalement pas. Gorgés d’une expérience en studio riche d’enseignement, les cinq pistoleros continuent leur travail de composition et d’enregistrement de maquettes 2 pistes d’un matériel désormais plus conséquent. La montée à la Capitale s’impose donc, ainsi que son cortège de démarchages et rencontres en tous genres. Rentré au pays, Bruno reçoit un coup de fil de Madrigal qui leur proposait un deal sur Devil’s records, pépinière gauloise de ces années pittoresques. Direction donc l’autre capitale, celle du Sud-Ouest, Bordeaux, et ses studios Carat où s’enfermeront les membres du groupe pendant deux semaines.

Le résultat s’apparente à une grenade dégoupillée, fruit d’un extrait de rage fougueuse enfantée par une bombe humaine à dix bras.
Le son de ce premier album manque d’équilibre par moment, mais la naïveté de certaines paroles, le chant divinement nasillard et yaourté de Patrice, la furie dévastatrice des guitares, la basse engluée mais terrassante lorsqu’audible et surtout le jeu ultra-speed de Michel Camiade et l’impact sonore des différents titres vous transpercent de haut en bas telle une torpille Basque ayant atteint son but.

Tout était réuni pour faire de ce premier opus un album de légende. Et ainsi fut-il.
Malgré deux petites sorties de piste, la déferlante de « Fils de la Haine » fait penser à une charge d’un paquet d’avants All-Blacks.
Chacune des deux faces possède en effet son temps faible. A chaque fois, le bât blesse sur la naïveté des paroles et l’intention de distiller un hymne fédérateur qui manque de force de frappe au final. Manque d’expérience du haut-niveau peut-être. « Au nom du Rock’n roll » s’affiche sur un air Trustien mélangé à un riff AC/DC avec un refrain assez passe-partout agrémenté de chœurs horribles et d’un chant perce-tympan. Même le solo essaie de passer en force. Dominer n’est pas gagner. Comme au rugby il faut savoir concrétiser et la face 2 contient un « Heavy-Metal » au chant presque inaudible. Cependant, la basse de Pierre Paul tabasse fort sur ce titre plus mélodique faisant encore penser aux grands frères Australiens, avec son mid-tempo servi par un beat de batterie très sec. Gardons cependant le charme désuet et la fraicheur adolescente de ces deux titres en mémoire. Killers est avant tout un groupe qui fait parler son instinct et excelle lorsque la mèche consumée atteint le baril de poudre.

Pour le reste, le sentiment principal ressemble à celui que pourrait éprouver un arrière débutant sous un up-and-under botté par un ouvreur Irlandais dans un Aviva Stadium balayé par le vent et la pluie. Ça va chauffer au point de rencontre et ça risque de piquer fort…

L’ouragan débute sur une guitare en distorsion, un cri de bête puis riffing et frappe de toms achèvent une entrée en matière explosive. « Fils de la Haine » vous colle au mur avec une attaque atomique de double grosse-caisse et un riff de guitare d’une violence alors inconnue en France. La fougue du groupe se cristallise dans ce morceau ultra-speed d’où émerge un chant décharné, à la pointe délicieuse d’accent du Sud-Ouest, atypique ou insupportable selon les goûts. La tonalité de Patrice le Calvez est l’un des chromosomes clefs de Killers tout comme la démonstration de Michel Camiade derrière les fûts qui atteint des sommets de sauvagerie. La paire Deboffe-Dolheguy quant à elle envoie du bois sur la rythmique, le pont et l’outro, bave aux lèvres et toutes cordes dehors. « Qu’il s’appelle Juan, Ahmed ou Nordin, il sera toujours étranger, rejeté » comme le clame Patrice. La haine s’immisce insidieusement, Killers la dompte et nous la délivre sur un plateau doré.

Le rythme infernal perdure sur « Pense à ton suicide » et son riff thrash-core renforcé par une association basse-batterie attelée comme deux deuxièmes lignes dans une mêlée fermée. Ça pousse fort dès l’introduction aussi grandiloquente que du Manowar des grands jours. L’ami Camiade flirte avec le blast et le solo de Didier Deboffe, bref et incisif, vous fait l’effet d’un arrêt-buffet reçu de Thierry Dusautoir, avant une reprise de riff aboutissant à une orgie sonore totale. Le débit des paroles se met lui aussi au diapason de la ligne mélodique. Jouissif.

Et la finesse me direz-vous. Killers n’est pas en reste.
Agile comme un trois-quarts aile, le groupe prend en contre-pied son auditoire avec un instrumental « Le magicien d’Oz » d’une excellente facture. Sur un riff à la Anvil / Raven, la basse vrombit avec chaleur et Camiade, costaud au combat de près, change le rythme sur un appel du pied et l’aération surfe désormais sur un riffing stellaire. Le travail des guitares, somptueux de bout en bout, regorge de puissance contenue et de mélodie avant qu’un roulement cataclysmique ne clôture les débats.
L’introduction martiale de « Rosalind » faite de vers déclamés et d’un doux arpège de guitare débouche ensuite sur une ballade heavy au chant plus posé passant de grave à éraillé. Cette histoire d’un homme pleurant sa fille condamnée de sorcellerie transpire d’émotion dégagée par le chant de Patrice le Calvez avant que le groupe ne hurle sa haine dans une outro rebelle et décibelisée à outrance. Titre magnifique à la sensibilité, à la rage et au feeling à fleur de peau, toujours en limite d’implosion.
Dernier exemple de travail d’orfèvre avec « Chevalier du déshonneur ». On entr’aperçoit quelques secondes un riffing schizophrénique mais le morceau repose finalement sur un riff aussi massif qu’un pilier droit. La partie de guitare se distingue autant sur la rythmique, fluide et puissante, que sur le splendide solo et les interventions libres de Didier Deboffe. Le chant parfois strident ne fait pas d’ombre à ce titre mélodique à l’interlude andalous et aux fondations basse/batterie solides.

« Sacrifice » accélère la cadence sur un up-tempo plein de sève avec son riffing en cascade et ce chant à la limite du supportable mais au charme indicible. La grosse rythmique étouffe le solo comme un ballon dans une mêlée ouverte alors que l’accélération de fin de piste tient plus au chant qu’à la guitare proprement dite.
Bref et incisif, « Mercenaire » figure parmi les titres d’anthologie de Killers. La superbe introduction de Dolheguy / Deboffe ne laissait pas présager de ce riff à nouveau thrash-core. Le refrain mélodique et le lead en toile de fonds de Didier Deboffe m’ont souvent fait penser à du Dutronc ayant muté tel Hulk sous l’effet d’une surdose de rayons Gamma. Malgré les paroles incluses dans la pochette du vinyle, j’ai toujours compris et je perçois toujours « Mercenaire à Paris, mercenaire à Pantin » alors qu’il faut comprendre « Mercenaire par envie, mercenaire par besoin ». C’est grave docteur ?
En attendant, « Killers » termine le travail en proposant un brulot articulé sur deux axes, comme un talonneur empoignant ses deux piliers. La rythmique est tenue sur un jeu de toms couplé à une basse dominatrice et un riff angoissant et lugubre. Le chant guttural de Patrice le Calvez étonne par sa clarté d’outre-tombe. Puis arrive le lâcher de fauves, trop longtemps contenus. « Killers, Killers…. » et son refrain identitaire appuyé sabre au clair par un phénoménal Michel Camiade vous arrive pleine face. Le riff thrash-core démultiplie à nouveau la sensation de vitesse et de force alors que le solo ravage des tympans pris dans un maelstrom de décibels.

Killers avait sorti la machine à baffe bien connu des stades de l’Ovalie. La rage et l’énergie dégagée au travers des dix chansons de ce premier album donnent un cachet indélébile à ce qui restera une de leurs plus belles victoires. Leur bouclier de Brennus en quelque sorte.
Et pour en revenir au début de ce propos, la dédicace figurant sur la jaquette intérieure de ce tonitruant album, loin d’être naïve, mérite la réflexion : « dédié à tous les Fils de la Haine en puissance… Puisse leur agressivité ne se manifester que pour le Heavy-Metal ». Il suffit de changer le dernier mot par rugby et la boucle est bouclée.
Finalement, tout est question d’éducation non ?


Didier – mars 2013
Que la main de Dieu s’abatte sur toi
Et fasse qu’en un moment tu te consumes

18 Commentaires

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PumpkinT - 18 Avril 2013: A l'époque j'animais une émission de metal sur une radio libre. Cet album nous a donné l'impression que les français avaient enfin compris ce qu'était le heavy metal.
Pour moi c'est un disque culte dans ce contexte. Et putain le groupe sur scène, il envoyait vraiment !
PumpkinT - 14 Juin 2013: @TasteofEternity : Je ne sais pas si l'on peut dire que TRUST était un grand frère de KILLERS. Chronologiquement sûrement, mais ils ne sont pas de la même famille. Trust c'est du bon hard rock basique, empreint de blues comme du AC-DC, quoi. Killers c'est un des premier groupe vraiment Heavy Metal en France. En même temps on a eu Vulcain, H-Bomb, Vitriol, High Power, Sortilège et d'autres... Mais de cette époque, c'est vraiment cet album qui m'a marqué le plus.
largod - 25 Novembre 2013: Merci Loup Gris. Ravi et fier d'apprendre que Mme Dolheguy a aussi apprécié ce papier. J'en suis rouge de plaisir.
LeLoupArctique - 16 Décembre 2014: J'aimerais en lire plus souvent des textes comme celui-ci ; merci beaucoup Didier de t'être intéressé à ces basques qui ont tant contribué au Heavy Metal français. Je ne connais malheureusement que les albums les plus récents, mais je comprends bien que les vraies perles sont sorties longtemps auparavant ...
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Chronique @ dark_omens

20 Juin 2016

Maladroit mais tellement révélateur du talent sous-jacent de ces Basques...

Au milieu de ces années 80, et alors que la paysage artistique Hard Rock/Heavy Metal hexagonal s’affirme avec force sur ces terres sans jamais véritablement parvenir à conquérir les contrées étrangère frileuses face à cette exception culturelle identitaire de nombres de ces groupes qui usent du français pour s’exprimer ; nait, du côté de Bayonne, au Pays Basque, un quintet baptisé Killers. Le groupe, dans lequel l’emblématique Bruno Dolheguy n’est alors que guitariste rythmique, exprime son désir de défendre les couleurs d’un Heavy Speed Metal naissant. Les basques sortent, en 1985 leur premier véritable LP intitulé …Fils de la Haine.

Commençons, tout d’abord, par en évoquer les aspects les plus difficiles. Car si l’album a des qualités, il faudra une certaine obstination pour en discerner subrepticement, derrière ce son creux alourdit d'une réverb trop présente, la teneur. Ce mixage confère aux titres de ce manifeste, et notamment aux plus rapides, un aspect un peu brouillon embarrassant (Le Fils de la Haine, Penses à ton Suicide, Sacrifice, Killers, Mercenaire...). Il devient même, parfois, en certains passages, complexe de distinguer chacune des nuances, même imparfaites, dispensées par chacun des protagonistes ici présents. Il convient, ensuite, de parler de cette immaturité qui confère à certains titres, loin d’être ratés cependant, un climat guilleret parfois déconcertant aux côté de certaines autres débauches (Au Nom du Rock n’Roll, Heavy Metal...).

Il suffirait alors, après une analyse aussi concise, de condamner cet album à un oubli caractérisé. Et la sentence serait, assurément, justifiée s’il n’y avait pas ces instants de grâce dans lesquels Killers fait preuve d'une certaine maestria. A cet instant évoquons le titres aux constructions subtiles, à l'atmosphère travaillée, à l’inspiration débordante, et qui bientôt deviendra un indiscutable incontournable, je veux parler de l’excellent Rosalind et de ses climats délicieusement changeants, et de ses refrains touchants où dans un râle Patrice vient susurrer ce prénom à nos esprits et nous faire partager toute la douleur du héros de cette histoire. Mais nous pourrions également citer Chevalier du Déshonneur qui, elle aussi, est une piste très réussie.

De plus, au-delà de cette esquisse maladroites où transparait quelques instants superbes quelque peu gâché par cette production d'un autre âge, il y a aussi la révélation déterminante du talent sous-jacent de ces musiciens.

Evoquons, surtout, même si les autres ne sont pas en reste, un Patrice Le Calvez dont la voix au timbre suraigu fera faire, aux médias connaisseurs de l'époque, un rapprochement fort à propos avec certains acteurs de la scène saxonne. Surnommé le Udo Dirkschneider français, l’homme va, en effet, et ce malgré quelques interventions encore parfois un peu trop hésitantes, se révéler.

Cette œuvre, …Fils de la Haine, aux défauts évidents, garde pourtant quelques charmes liés non seulement à la nostalgie de ces premiers instants fébriles, mais aussi, et surtout, à des qualités brutes qui ne demande qu'à être ciselées.

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BARONROUGE - 22 Juin 2016: J'ai bien aimé ta chronique ta critique sur ce skeud qui perso marqua quand même une nouvelle relève bien plus sérieuse et plus mature dans leurs têtes que certain "clowns " de l'époque , la seul la musique compte et rien d'autre , n'oublions pas que la scène Française avait une teinte plutôt caricaturale et absurde d'une mauvaise copie de nos voisins(bien-sûr c'est une opinion perso), déjà la langue française dans les textes c'est pas toujours le pied , bref passons , ce skeud c'est brut avec les dérapages d'un premier album pour un groupe intelligent et talentueux , j'suis pas un gros fan du "made in France" mais là il mérite une mise en avant plus sérieuse de la part des médias .
BARONROUGE - 22 Juin 2016: Merde ( j'ai glissé chef) ------- voilà avec Didier qui porte ce skeud au ange deux "chros" qui feront faire un choix dans le bon sens sans descendre cet album ."Killers" avait sorti la machine à baffe bien connu des stades de l’Ovalie et "Cette œuvre, …Fils de la Haine, aux défauts évidents, garde pourtant quelques charmes liés non seulement à la nostalgie de ces premiers instants fébriles, mais aussi, et surtout, à des qualités brutes qui ne demande qu'à être ciselées".
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Commentaire @ jeunemetalhead

26 Juin 2011

Killers n'est pas spécialement connu du grand public contrairement à Trust. Pourtant, c'est l'un des plus fiers bastions du Metal français, sûrement les plus innovants et avant-gardistes avec Satan Jokers qui pour moi sont l'élite du Metal français qui sort la même année l'impressionnant, technique et violent "Satan Jokers III". Je n'ai malheureusement pas vu de chronique sur cet excellent album ô combien crucial, c'est pour cela que je m'en charge avec bonheur ! Pour ceux qui ne connaissent que Killers avec Bruno au chant (qui se contentait à l'époque des chœurs et de ses riffs assassins à la guitare), tenez vous prêt, car la surprise est grande ! Tout d'abord, le son très cru des années 80, crade, glauque. Ensuite, l'énergie dégagée furieusement intense et juvénile, ainsi que la voix unique du premier chanteur du groupe Patrice Le Calvez, aiguë et criarde (même s'il maîtrise les passages les plus mélodiques) dotée d'un grain époustouflant de saleté et de rage. "Le Fils de la Haine" ouvre les hostilités et autant vous dire que je fus littéralement terrassé par cette torpille !!!!! Très rapide et violent, subjugué par des solos de malades, de riffs défilant à la vitesse de l'éclair et tranchants comme la faux qui orne la pochette, le premier batteur pédalant comme un damné et Patrice hurlant à la mort, je dirais sans doute qu'il s'agit du premier titre de Thrash Metal français !!!!!!!

Killers tue et repousse les limites !
Le plus heavy mais non moins puissant "Sacrifice" (ces riffs de guitare !) nous fait bien headbanguer, plus subtil mais tout autant jouissif par ses changements de rythmes et duels de guitares. On succombe à la glauque mais superbe pièce qu'est "Rosalind" qui dégage beaucoup d'émotions. Ça repart comme en 40 avec le speed/thrash et recommandé "Pense à Ton Suicide" (vous vexez pas c'est du cynisme) avec ses attaques de guitares, une batterie bulldozer, ses refrains imparables. "Au Nom du Rock 'n' Roll" surprend par ses côtés ouvertement Hard Rock. "Killers" nous angoisse avec son intro de la marche des morts, ses couplets inquiétants et ses refrains très explosifs qui s'achèvent sur un solo qui nous perce les tympans ! Le speed plus mélodique "Mercenaire" d'une exécution sans faille, nous impressionne par ses solos et son tempo toujours aussi reposant ! Le majestueux instrumental "Le magicien d'Oz" nous emmène dans des contrées épiques et extraordinaires tandis que le lourdingue "Heavy Metal" est un véritable hymne avec ses riffs en fusion, cette voix vomie, ses refrains fédérateurs. "Les Chevaliers du Déshonneur", titre à la fois agressif et mélodique, bénéficiant d'un break acoustique de toute beauté avant de repartir sur un tapping final, clôt cet album culte qui assied Killers comme une valeur sûre du Metal hexagonal mais montre aussi que le combo basque est le premier groupe de notre douce France à passer à la vitesse supérieure avant la déferlante extrême No Return, Loudblast, Agressor et consorts.

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ZazPanzer - 13 Décembre 2011: Je me suis gavé de Killers encore toute cette après-midi, mais il faut reconnaître que le son de lead guitar sur Danger de Vie est quand même insupportable ! Mais comme tu le disais, les compos ont une telle fraîcheur qu'on pardonne facilement. J'ai les quatre premiers en copie cassette, je vais "régulariser" ça en CD cette semaine, le groupe vend tous ses albums à 6 euros en direct via Amazon Marketplace.
swit35 - 14 Décembre 2011: Tu peux aussi aller sur le site du groupe ou contacter Bruno... il répond à coup sur

En effet la guitare sur Danger est risible... A la Santé de Bon... Inoubliable
albundy57 - 16 Janvier 2013: Ouais je confirme tous vos dires, tout leur merchandising est dispo sur le site pré-cité et à un prix défiant toute concurrence (port compris dans le prix!!!).
Ces mecs ne sont pas là pour se faire du fric sur le dos des fans, ce sont des passionnés jusqu'au fond du slip... Respect total!!
Hawkmoon - 12 Avril 2013: Merci pour ta chronique !
Je les ai découverts à Toulouse à la fin des années 80...
Je crois que je vais faire comme les collègues et me faire la totale !
Hail & Kill !
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